Une journée à Pise : guide historique, artistique et commercial

Chapitre VIII

Au sortir de la tour, l'étranger qui prendra la nouvelle et large rue Torelli trouvera à gauche la petite église de S. Ranieri ou S. Ranierino (pl. 33, B C I), église succursale de la Primatiale, construite en 1864, après la démolition de l'église du même nom qui se trouvait située à l'angle de la rue conduisant à l'Archevêché et dont la porte, dit la tradition, avait été dessinée par Michel-Ange. Attenante à cette église est l'habitation Curiale qui dépend du Dôme ainsi que les Archives des registres Baptismaux. En face, une petite rue mène à l'Arcivescovado (pl. 3, C I), (palais Archiépiscopal), édifice d'un aspect imposant construit en 1116 et rebâti vers la fin du XVIe siècle, agrandi par la suite et achevé en 1849.

Ce palais a une élégante cour, au centre de laquelle se trouve une statue de Moïse, oeuvre de Vaccà de Carrare. La chapelle supérieure a été peinte par les frères Melani. Les archives archiépiscopales renferment des manuscrits antiques très précieux.

En continuant de suivre cette rue, on arrive au célèbre Bain de Néron (pl. 4, DI) près de la Porta a Lucca. C'est un ancien sudatorium des temps romains, de forme octogone, avec quatre majestueuses niches et des arcs à l'intérieur. Les savants ont beaucoup disserté sur cet imposant monument où donne accès une grille (cancello) ayant de chaque côté une inscription en marbre.

Vient ensuite l'église du martyr pisan saint Torpè (pl. 12, DI), construite sur l'emplacement du palais de Néron.

C'est près de là, dit-on, que se trouvait l'ancienne habitation royale du monarque Pélops, fondateur de Pise.

 

IX

SAINTE-CATHERINE

Après avoir suivi une partie de la rue Sainte-Anne, si l'on tourne à gauche par celle de Sainte-Catherine, on arrive à l'église de ce nom (pl. 17, E 2), qui se présente avec sa façade de style gothique, ornée de plusieurs rangs de colonnes. A côté est le séminaire et le collège (pl. 7, E 1), jadis couvent des Dominicains, où vécurent des hommes illustres tels que: B. Giordano de Rivalto, Dominique Cavalca, Barthélemy de S. Concordio et Alexandre Spina, inventeur des lunettes.

La bibliothèque du Séminaire contient plus de 40,000 volumes et des manuscrits très anciens. Parmi les personnes qui l'ont enrichie, il faut citer l'archevêque Franceschi et le cardinal Corsi. Le dernier a légué à ce pieux institut sa riche bibliothèque dans la salle de laquelle on admire, entre autres choses, des peintures sur panneau du Traini, ancien et illustre peintre pisan.

A propos de ce célèbre couvent, il est intéressant de lire la Chronique de Fr. Dominique de Peccioli. L'église construite en 1253, d'après le dessin de Guillaume Agnelli, possède à l'intérieur deux beaux monuments funéraires en marbre; l'un de ces monuments est le mausolée de l'archevêque Saltarelli par Nino Pisano(1342). Les tableaux des autels représentent des saints de l'ordre des Dominicains. Celui de saint Thomas d'Aquin, par Franc. Traini, pisan (1340), est très estimé. Le saint y est représenté assis au moment où lui viennent d'en haut les rayons du savoir; plus bas que lui, se trouvent les nombreux disciples de sa doctrine. A côté de l'autel est une chaire que la constante tradition dit être celle d'où le savant Docteur, se trouvant à Pise, dicta ses saintes leçons. Une inscription en caractères gothiques, placée sur cette chaire et recouverte d'une plaque en cristal, dit:

HIC PISIS HAC IPSA HOSPES SUM SEDE LOQUTUS. PISAS ET SEDEM NUNC QUOQUE GRATUS AMO.

Le tableau du pisan Tempesti, représentant la Vierge du Rosaire, est d'une belle conception.