Votre idée va devenir une réalité
Les obstacles et les solutions
Les obstacles Les obstacles
et les et les
solutions solutions
Accepter
les rebondissements
et les anticiper
Les péripéties ne sont qu’une succession de rebondissements. Toutes les histoires sont un enchaînement d’obstacles et de solutions permettant de les franchir. Notre vie n’est qu’un épisode de South Park ! Vous avez probablement déjà posé vos yeux sur cette série d’animation destinée aux adultes, mettant en scène les aventures de quatre enfants d’école primaire. Les créateurs de la série, Trey Parker et Matt Stone, ont cherché comment ils pouvaient écrire des épisodes qui nous tiennent en haleine, avec une fluidité naturelle. En d’autres termes, ils ont réfléchi à une narration dont le rythme soit le plus proche possible de celui de la vraie vie. C’est très malin de leur part car, quand on prend un peu de recul pour le voir, dans l’histoire de votre vie il n’y a pas de temps mort où vous vous « ennuyez » de vivre. Ce que vous vivez s’enchaîne avec fluidité.
Trey et Matt ont travaillé, analysé puis se sont attelés à simplifier ce qu’ils avaient compris pour trouver l’essence du rythme de la vie jusqu’à produire la méthode la plus minimaliste possible à appliquer aux scénarios de leur série. Cette technique tient en deux mots : but et therefore, dans la langue de Molière : « mais » et « et donc ».
Le « mais » symbolise un obstacle, le « et donc » symbolise la réaction. Essayons tout de suite de l’appliquer à une histoire que nous connaissons tous, celle de Harry Potter (vous commencez à comprendre que cette saga est un gros centre d’intérêt pour moi) :
Harry mène une vie de routine chez sa tante, mais il reçoit une lettre de Poudlard et donc part à l’école des sorciers. Mais, il découvre que des gens ne l’aiment pas et donc il se fait des amis. Mais ils découvrent que… ne comptez pas sur moi pour vous gâcher l’histoire si vous ne l’avez pas encore lue !
Pour votre vie, c’est la même chose ; pour votre objectif, projet ou idée, il en sera de même. Une succession naturelle de « mais » et de « et donc ». Si je prends le temps de vous expliquer cette logique, c’est pour vous démontrer qu’il est naturel que votre parcours soit une succession d’obstacles auxquels vous allez devoir réagir. Personne ne cherche à vous mettre des bâtons dans les roues, vous n’êtes pas victime de malchance ou de l’acharnement d’une force obscure, c’est naturel. Et s’il n’y a plus d’obstacles, c’est que les péripéties sont terminées et que vous êtes arrivé au bout de votre idée.
Vous pouvez prendre un temps d’avance sur les obstacles qui peuvent survenir. Votre cerveau est comme l’intelligence artificielle développée par OpenAI (le fameux ChatGPT que redoutent tant les professeurs depuis quelques mois). Plus vous calibrerez votre question, meilleures seront les réponses qui vous seront fournies. L’idée est de vous poser des questions pièges sur l’objectif que vous cherchez à atteindre. Voici celles que je me pose systématiquement :
V Qu’est-ce qui pourrait m’empêcher d’aller au bout de mon idée ?
V Quels sont les obstacles qui pourraient me faire peur ?
V Qu’est-ce qui pourrait me ralentir ?
V Quel événement pourrait me décourager ?
Ne prenez pas cette méthode à la légère, c’est très enrichissant ! En me posant ce genre de questions au début de l’écriture de ce livre, j’ai identifié les points suivants :
V Si je perdais mon texte, je serais découragé au point d’abandonner ce projet d’écriture. Alors j’ai mis en place un rituel, celui de réaliser deux sauvegardes chaque jour et de m’envoyer par mail mon propre texte en fin de journée.
V Ce qui me fait peur est d’être en manque d’inspiration, d’avoir surestimé la quantité de choses que je peux apporter sur ce sujet, malgré mon expérience. Alors quelques mois avant d’écrire le livre, j’ai noté toutes les thématiques qui me passaient par la tête et qui avaient du potentiel et me semblaient avoir leur place dans l’ouvrage.
V La chose qui pourrait me ralentir est la fatigue accumulée. Je mène beaucoup de choses de front et lorsque je rajoute l’écriture d’un livre aux briques déjà existantes, la moindre fatigue supplémentaire peut faire s’écrouler l’édifice. Alors je mets en place une hygiène de vie, comme le ferait un athlète. Je me lève chaque matin à 5 heures. Je supprime de ma vie le plus possible de trajets futiles. Je désinstalle les jeux que je pourrais avoir sur mon téléphone en n’en gardant qu’un seul pour faire des pauses. Je ne bois pas une goutte d’alcool. Je me couche tôt quand je n’ai pas de spectacle le soir. Je m’hydrate correctement, mais je mange des choses qui me font plaisir, etc.
V Ce qui pourrait m’empêcher d’aller au bout de mon idée est clairement les retours négatifs de mon entourage professionnel ou personnel. Lorsque je suis dans ma phase d’écriture intensive, je fais taire mon esprit critique vis-à-vis de mon travail. J’avance. La quantité l’emporte sur la qualité dans cette première phase et les améliorations viendront dans un second temps. Tant que je ne suis pas à la troisième ou quatrième version du livre, je sais que les critiques constructives des personnes qui comptent pour moi feraient naître un torrent d’émotions dévastatrices, que je ne saurais pas contrôler. Alors, j’ai décidé il y a longtemps que personne ne lirait la moindre ligne avant cette troisième ou quatrième version d’écriture. Je suis protégé.
Penser « solution »
Une fois que vous avez aiguisé votre habilité à anticiper les problèmes majeurs, passez à l’affûtage de votre flexibilité à résoudre les problèmes. Votre cerveau peut être entraîné à tous les exercices. Par défaut, il s’est habitué à identifier les problèmes et à se concentrer dessus. Vous pouvez améliorer son système de détection en prenant l’habitude de vous concentrer sur les solutions, en pensant « solution » plus que « problème ».
C’est une très belle phrase à lire, ça fait plaisir à l’intellect et je ne suis pas le premier à donner ce conseil, mais dans le monde réel, ça veut dire quoi concrètement ? Comment on « pense solution » ?
Tout d’abord en commençant par prendre le réflexe de tout considérer comme une opportunité, plutôt que comme un problème. Vous verrez que ça n’est pas toujours évident. Heureusement pour vous, plus vous vous forcez à avoir cet état d’esprit, plus il deviendra un réflexe mental. Votre cerveau va prendre en compte la façon dont vous voulez penser et fera ce qu’il faut pour être votre allié.
Prenons un exemple concret, il y a une dizaine de jours j’étais en tournée et la batterie de mon ordinateur m’a lâché. Personne ne pouvait me dépanner. Je ne pouvais plus avancer sur le livre. Le réflexe naturel aurait été de m’en plaindre et de chercher par tous les moyens un chargeur (et, une fois trouvé, je n’aurais plus eu de temps pour écrire). Je me suis forcé à le voir comme une opportunité et j’ai pris un papier et un crayon pour travailler sur le plan de ce livre pendant quelques heures. Jusqu’à maintenant, j’avais écrit sans logique d’organisation, enchaînant tous les sujets que je voulais aborder pour vous transmettre ce que j’ai pu comprendre et expérimenter sur la merveilleuse aventure d’aller au bout de ses idées. Mais je n’allais pas vous livrer un texte en vrac, il allait falloir y mettre une logique, une structure, qui vous aide plutôt qu’elle vous perde.
Avoir l’esprit porté sur les solutions, c’est se focaliser sur ce qui est possible plutôt que sur ce qui n’est plus possible. Bien sûr, vous devrez souvent trouver une solution compatible avec votre obstacle, mais parfois vous trouverez une solution pour explorer quelque chose que vous n’aviez pas envisagé. Dans tous les cas, vous avancez sans être bloqué. Cette habilité que vous allez développer va vous permettre de beaucoup mieux retenir ce que vous voyez, découvrez et apprenez. Et puisque notre cerveau fonctionne par associations d’idées, vous serez beaucoup plus créatif pour associer des souvenirs et obtenir des solutions originales et inattendues.
Enfin, vous devez être exigeant quant à la définition que vous donnez à l’obstacle, au problème. Savoir préciser un problème, c’est être en mesure de comprendre quelle est la bonne solution, celle qui ne vous prendra pas plus d’énergie ou d’efforts qu’il est nécessaire pour franchir la barrière. Si mon problème est de ne pas avoir d’idées de titre pour la couverture de ce livre, je ne vais pas entrevoir la bonne solution. Mais si je comprends que je n’arrive pas à trouver de titre parce que :
V je veux que ce titre parle à tout le monde ;
V je ne sais pas comment montrer que les conseils de ce livre s’adressent à la vie professionnelle comme à la vie personnelle ;
V je ne veux pas que le titre soit trop long ;
V etc.
Alors je trace une ligne précise pour dessiner la forme de mon obstacle : les solutions qui commencent à me venir en tête sont des exemples de titres courts, impliquant tout le monde et assez généralistes. Pour être franc avec vous, je n’ai pas encore le titre que je vais donner au livre, mais le simple fait d’avoir pris ce problème en exemple me fait entrevoir des solutions qui ne demandent qu’à être affinées et optimisées.
Vous le constatez, la machine est lancée ! Il suffit de choisir l’une de ces lignes pour la transformer en objectif (en objectif « intelligent », évidemment) et vous avez des moyens concrets d’avancer vers ce qui était au départ un objectif flou et impalpable.
OceanofPD F.com