Votre idée va devenir une réalité
Le plaisir d'une fin évidente
Le plaisir Le plaisir
d’une fin d’une fin
évidente évidente
Nous sommes d’accord que ce titre est étrange. Je cherchais un mot court qui puisse symboliser un concept essentiel lorsque nous avançons vers un « objectif progressif ». Ce genre d’objectif qui ne se termine jamais réellement d’ailleurs.
Prenons l’exemple de ma carrière sur scène. J’ai souhaité créer un spectacle de mentalisme, d’humour et de science (vaste programme !). Une fois le spectacle créé, j’ai souhaité le jouer dans des salles toujours plus grandes. Cet objectif de faire un spectacle est donc un objectif socle qui s’est exprimé via des ramifications progressives. Il existe un petit côté « toujours plus » inhérent à notre cerveau d’être humain qui tend malheureusement toujours vers une montée exponentielle des attentes et des désirs.
Ce que l’on peut constater directement est que le propre des « objectifs progressifs » est de ne jamais avoir de fin. Cela signifie une sorte de frustration permanente, une privation du sentiment de l’aboutissement et du travail bien fait. Même en célébrant les petites victoires. Pour qu’une histoire existe, il faut qu’elle ait un début et une fin. Sans vouloir faire le philosophe de bas étage, c’est justement la fin qui signifie le début de quelque chose.
Dans ce livre, nous réfléchissons ensemble à comment aller au bout de ses idées, comment avoir la satisfaction de voir ses projets avancer, comment réussir les objectifs que l’on s’est fixés. En toute objectivité, même si vous aviez toutes les méthodes du monde, certains objectifs sont plus abstraits et ne se terminent jamais (embellir son jardin, développer sa société, apprendre une langue étrangère, etc.). Comment faire pour ne pas perdre le feu sacré et ne pas subir les baisses de motivation ? L’énergie et l’intérêt que l’on met dans un projet subit une sorte de cycle, avec des hauts très stimulants, mais aussi des creux de vague dangereux, qui peuvent amener votre objectif vers une voie de garage où personne ne viendra jamais le reprendre en main et le réactiver.
Comme vous vous en doutez, j’ai bien entendu réfléchi à la question pour essayer de mettre en place des garde-fous. Il faut absolument avoir des compensations pour contrebalancer cette vie où les choses s’enchaînent sans fin. Une compensation est une tâche que vous allez réaliser et qui sera terminée de manière irréfutable. Il n’y a aucune suite possible. Quand c’est terminé, votre cerveau ne peut que le constater et ça lui fait du bien.
Je ne vais pas avoir la prétention de vous dire quelles activités vous pouvez mettre en place dans votre vie, tout dépend de ce que vous aimez faire ou pas. Mais voici des exemples personnels :
V Les casse-tête : j’adore faire des casse-tête, ouvrir des boîtes secrètes, faire des escapes game solos, résoudre des sortes d’enquêtes. Je peux passer des heures dessus (mon record est de dix-sept heures sur un casse-tête appelé Excalibur), une fois que c’est résolu c’est indéniablement terminé.
V Il est important également que je puisse terminer des choses qui demandent moins ou pas de réflexion. Ça focalise mon attention, me détend, et comble mon besoin de « choses qui se terminent assurément à la fin ». Et pour ça, rien de mieux que les Lego ! Ne croyez pas que je sois un éternel adolescent (quoique j’avoue que j’ai des passions ludiques, mais n’oublions pas que les mammifères apprennent grâce aux jeux). Construire un Lego ne demande pas beaucoup de réflexion, il suffit de suivre la (parfois énorme) notice étape par étape. Pour certaines constructions, cela peut durer plusieurs jours (ce fut mon cas pour le « chemin de traverse » de la licence Harry Potter qui compte 5 544 pièces). Contrairement à un puzzle, vous n’avez pas à chercher où vont les pièces : c’est juste un jeu de construction. Et une fois que c’est construit, il n’y a plus rien d’autre à faire que de ressentir le sentiment de plénitude, du travail bien fait, de la tâche terminée.
V J’en ai également d’autres plus utiles et plus ou moins longues : laver les fenêtres de ma maison, faire la comptabilité du mois écoulé, ranger mon armoire à pharmacie en vérifiant les dates de péremption, résoudre un Rubik’s Cube, etc.
Ne faites pas de ce chapitre une vérité absolue ou un process. Comme pour le reste de ce livre, je cherche à partager avec vous mon expérience pour que vous puissiez y piocher des méthodes, vous les approprier en les modifiant (ou pas), et surtout à vous donner des pistes de réflexions. À ce titre, j’ai pu constater et expliquer pourquoi plus je suivais des objectifs que je qualifierais d’infinis, plus il fallait que j’aie, en parallèle, des actions dont la fin était évidente. Il s’agissait d’équilibrer.
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