Beautiful Paradise - volume 9 (French Edition)

L. Powell Heather · Chapitre 5 sur 5

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Beautiful Paradise - volume 9 (French Edition)

5. Le temps du bonheur

 

Quelques mèches rousses indomptables s’échappent encore de mon chignon. Mes yeux s’attardent sur le collier de William, celui qu’il m’a offert pour mon anniversaire. Tout est si paisible, aujourd’hui. À mon poignet se balance le petit bracelet de Sabine.

Je souris de plaisir dans la robe vaporeuse et sexy que je porte aujourd’hui. Sa mousseline d’un blanc étincelant et les brillants argentés dont elle est constellée font ressortir mes yeux et le décolleté en V arrondit ma poitrine avantageusement. J’hésite encore sur le choix des chaussures. Je suis terriblement tentée par ces escarpins vertigineux qui, je le sais, allumeront les yeux de William, mais convaincue que, de toute façon, je passerai le plus clair de mon temps pieds nus sur la plage. Ou bien une paire de sandales plus sages.

J’ai du mal à croire qu’il ne s’est écoulé que deux mois depuis le cyclone. La construction de notre maison, sur notre île, vient de s’achever.

Mais je dois faire vite, les invités ne vont pas tarder à arriver et je veux être prête pour les recevoir. J’ai tellement hâte…

Un léger bruit, derrière moi, me fait sursauter. Dans le miroir, j’aperçois l’homme que j’aime, qui vient se placer derrière moi et entreprend de mordiller ma nuque, les bras enroulés autour de ma poitrine.

– Tu es à couper le souffle, ma chérie, dit-il en adressant un doux sourire à mon reflet.

– C’est cette robe, commenté-je en riant. Tu es fou ! Tu n’aurais pas dû me l’offrir, j’en possède déjà tellement.

– C’est toi, Solveig, qui rend cette robe magnifique et non l’inverse, réplique-t-il le plus sérieusement du monde. Et si je suis fou, mon ange, ce n’est que de toi, ajoute-t-il en déposant un baiser sur l’arrondi de mon épaule.

Une demi-heure plus tard, nous sommes tous réunis sur la plage et une véritable flottille de bateaux s’agite gaiement sur le large ponton que nous avons installé, dans l’anse la mieux protégée de l’île. Parmi eux, La Grande Aventure, ce petit bateau blanc que m’a offert William peu de temps après notre rencontre et que j’ai finalement baptisé ainsi, en hommage à tout ce que nous avons traversé ensemble et à la femme que je suis devenue grâce à ça.

– Solveig, je ne peux pas m’arrêter de regarder cette bague, fait Violaine en riant, montre-la moi encore !

Amusée et docile, je tends la main en rougissant. Effectivement, le diamant qui couronne l’annulaire de ma main gauche est d’une taille intimidante.

– Deux mois déjà que vous êtes fiancés… commente mon amie d’un air rêveur, les yeux rivés sur la pierre étincelante. Quand allez-vous nous annoncer la date du mariage ? J’ai hâte d’être ta demoiselle d’honneur, figure-toi !

– Nous n’avons pas encore décidé, rétorqué-je en riant. Il y avait plus urgent : la construction de la maison, la remise en état de Hannah Beach… et mes nouvelles fonctions ! dis-je joyeusement.

– Qui aurait cru que ma meilleure amie coordonne un jour des missions ultrasecrètes et aussi périlleuses, commente Violaine.

– Et que nous serions ici toutes les deux, dans ce paradis, ajouté-je, émerveillée. À ce propos, Sabine ne tarit pas d’éloges à ton sujet, tu sais ?

– Tu plaisantes ! Je passe mes journées à entendre « Sol par-ci, Sol par-là ». Je crois que tu manques sérieusement à Sabine, me confie-t-elle en souriant. Je n’ai jamais autant entendu ton prénom que depuis que je travaille à Hannah Beach ! Mais c’est tant mieux, parce que depuis que tu vis ici, il me semble que tu es loin. À moi aussi, tu me manques, tu sais.

– Je viens vous voir presque tous les jours ! me défends-je en riant.

C’est si bon de passer du temps avec Violaine. En réalité, nous ne nous voyons pas souvent en tête à tête car elle est aussi accaparée que moi par son travail, qu’elle semble prendre très à cœur.

– Oh ! Luke ! fais-je en sursautant, découvrant que celui-ci nous a rejointes, suivi de près par Sam et les jumeaux. Comment ça va au port ? demandé-je, certaine de connaître déjà la réponse.

– Au top ! s’enthousiasme-t-il.

– Au top ! l'imitons-nous tous en chœur, habitués désormais à ce que nous répond Luke chaque fois qu’on lui pose cette question.

Avoir réalisé son rêve l’a complètement transformé et je ne l’ai jamais vu si épanoui. Tout semble le rendre heureux depuis qu’il est responsable de la capitainerie.

Et que Violaine est entrée dans sa vie… songé-je en jetant un regard vers les deux amoureux qui ne cessent de se lancer des regards émerveillés et tendres.

Un peu plus loin, sous un arbre, Robin et Sally s’embrassent comme des adolescents, pensant probablement être à l’abri des regards.

Laissant mes amis papoter près du buffet installé devant notre longue piscine qui s’étend jusque sur la plage, je rejoins William et ses parents, en grande conversation.

– William, mon chéri, dit sa mère, ils ont parlé de toi à San Francisco et du don faramineux que tu as fait pour faire avancer les recherches sur la paralysie. J’ignorais que tu t’intéressais à cette question, ajoute-t-elle, admirative.

– Oui, dit-il en m’adressant un regard en coin, c’est une vieille histoire. Une mission qui a mal tourné, explique-t-il d’une voix qui ne laisse pas de doute sur le fait qu’il n’en dira pas plus.

Je songe à Lana, à son frère, à tout ce que nous avons traversé tous les deux et je réalise, peut-être pour la première fois, que tout cela est terminé. Notre vie peut commencer…

William m’attire à lui pour me prendre par la taille, et dépose un petit baiser tendre sur ma tempe. Un délicieux frisson me parcourt et je me serre plus près de lui encore.

– Je suis très fier de toi, mon garçon, dit son père en lui donnant une bourrade à l’épaule.

– Et moi je suis très heureux que vous soyez ici pour fêter la fin de nos travaux, répond William pour changer de sujet. Les séances de dédicace de ton nouveau livre sont une aubaine, dit William à ses parents.

– Monsieur Burton, votre livre est extraordinaire, m’exclamé-je avec enthousiasme. Je n’ai pas pu m’arrêter avant de connaître le fin mot de l’histoire ! Vous savez piéger vos lecteurs avec beaucoup de talent, ajouté-je. La fin est tout simplement géniale, fais-je, sincère.

– Merci Solveig, dit-il, non sans une certaine satisfaction. Il faut dire que les Bahamas et la période dramatique durant laquelle nous sommes arrivés ont fourni une source d’inspiration des plus riches.

Puis je les écoute deviser encore un moment, avant de rejoindre Sabine, en grande conversation avec Jackson.

Celui-ci a rajeuni d’au moins dix ans depuis qu’il est devenu l’associé de Sabine et il s’est montré d’un soutien très précieux, littéralement passionné par la reconstruction de Hannah Beach. Des décombres de celle-ci, ils ont récupéré un nombre étonnant de matériaux, mais aussi des bibelots plein de détails qui font que la nouvelle maison d’hôte est chargée de son histoire, mais aussi de celle de tous les habitants de l’île.

Sabine, elle, est méconnaissable et un sourire bienheureux ne quitte plus son visage. Le départ de monsieur Hermann – qui a quitté le village à la suite de son échec, abandonnant son club de vacances pour fuir vers une autre île afin de se refaire une vertu – a beaucoup profité à la maison d’hôte et la nature écologique et humaniste du projet a fait l’objet de beaucoup de publicité dans la presse. Le succès de Hannah Beach est tel que les réservations sont complètes jusqu’à la fin de la saison, en octobre prochain… et nous ne sommes qu’à la fin du mois de janvier !

– Ma chérie, s’exclame ma tante en me voyant arriver, tu es resplendissante.

– Je suis d’accord avec votre tante, ajoute Jackson, en souriant.

– Merci, fais-je en rougissant.

Je remarque alors que Jackson tient un magazine à la main. Je lui lance un regard interrogateur.

– Nous étions en train de découvrir le reportage de l’exposition de Miller White, le célèbre photographe. Celle-ci se déroule à Nassau et j’aimerais beaucoup la voir.

– Une exposition de Miller White à Nassau ! m’enthousiasmé-je. Oh ! comme j’aimerais y aller, moi aussi. Quel en est le sujet ?

– NOUS en sommes le sujet, commente Sabine, incrédule.

– Nous ? répété-je, sans comprendre.

– Oui, nous, les habitants de cette partie des Bahamas, et les suites du cyclone. Tiens, regarde, fait-elle alors que Jackson me tend le magazine.

Et en effet, je vois devant mes yeux une sélection de photos vues d’avion, prises durant les semaines qui ont suivi le cyclone. L’exposition a pour nom La Reconstruction et chaque cliché est d’une beauté étourdissante.

Quand je pense que mon photographe préféré était aux Bahamas et que je n’en ai rien su ! Il faut absolument que nous allions voir ça avec William.

Mais le bruissement d’un moteur près de la plage me fait sursauter. Tout à coup, je me sens fébrile et mon cœur s’emballe.

Je reconnais les deux silhouettes qui s’apprêtent à descendre du bateau, piloté par Cole. L’une, petite et frêle, des cheveux aussi blonds que les miens sont roux et le visage dissimulé derrière une large capeline. Telle que je la connais, elle doit râler depuis qu’elle a posé le pied ici : la chaleur, le vent, les remous du bateau, tout a le don de l’agacer, mais je suis impatiente, cette fois, de retrouver cette fébrilité perpétuelle qui fait d’elle une femme aussi énervante qu’attachante. Lui, haut et mince, les yeux d’un bleu presque transparent, écoute patiemment ses récriminations à coup de « nous sommes bientôt arrivés, ma chérie » et mon cœur se gonfle de joie à l’idée de pouvoir enfin le serrer dans mes bras.

Et sans plus réfléchir, je délaisse mes hauts talons pour m’élancer à perdre haleine vers mes parents.

Je suis à la fois nerveuse et impatiente. Nerveuse, parce que je sais à quel point j’ai changé en quelques mois. Ils ont quitté une adolescente un peu perdue et ils retrouvent une femme. Mais je suis si impatiente de leur montrer à quel point je suis heureuse et, par-dessus tout, de leur présenter William.

Le grand amour de ma vie.

Les retrouvailles sont émouvantes et, en effet, je peux voir dans le regard de mes parents qu’ils cherchent leur fille derrière la jeune femme épanouie qui se tient devant eux. Et le spectacle autour d’eux les impressionne : jamais ils n’ont mis les pieds dans un endroit si luxueux que la grande maison dans laquelle nous vivons, William et moi, sur cette île qui a la forme exacte d’un cœur. Mais je sais que d’ici quelques heures, tout sera rentré dans l’ordre et je les accompagne près de nos autres invités pour leur présenter tout le monde.

Sans attendre, Sabine se jette au cou de son frère, qu’elle n’avait pas revu depuis si longtemps. Leur complicité semble intacte.

Enfin, le cœur battant, je leur présente enfin l’homme de ma vie. Celui-ci me tient par la main et je peux deviner, à la manière dont ses doigts s’enroulent autour des miens, une pointe de nervosité, inédite chez lui.

William est capable de faire face avec un sang-froid confondant à n’importe quelle situation désespérée, mais se sent nerveux à l’idée de rencontrer mes parents.

Cette idée m’attendrit terriblement.

– Voilà donc l’homme extraordinairement chanceux qui a décidé de me prendre ma petite fille, dit mon père, intimidé, mais ému, en lui serrant la main.

– Je suis très heureux de vous rencontrer, monsieur Delacourt, fait William en souriant. Et oui, vous avez entièrement raison, je suis extraordinairement chanceux, ajoute-t-il en coulant un doux regard vers moi qui me fait fondre instantanément.

– Nous étions si impatients de faire enfin votre connaissance, ajoute ma mère, en le détaillant des pieds à la tête, avant d’ajouter en riant : je crois que Solveig est plutôt chanceuse, elle aussi.

– Maman ! fais-je, gênée.

Puis, après avoir échangé quelques mots, nous entraînons mes parents à l’intérieur de la maison, pour la leur faire visiter et leur permettre de s’installer tranquillement, avant de nous diriger vers l’extérieur et rejoindre nos invités.

Mais tout à coup, William, me saisissant par la main, m’entraîne vers un recoin de la terrasse abrité des regards.

– Ma chérie, me murmure-t-il en me prenant dans ses bras. Je suis fou de bonheur, fou de joie, fou d’amour…

Ses bras se resserrent contre moi et nous échangeons un long baiser, voluptueux et tendre, de ceux que nous ne devons pas faire durer trop longtemps car sinon, je ne réponds plus de rien. C’est le souffle court que mon amoureux reprend la parole.

– Marions-nous, murmure-t-il contre mes lèvres. Marions-nous maintenant.

Je le regarde, interloquée.

– Ma chérie, ils sont tous là, tous ceux que nous aimons ! ajoute-t-il, comme si je n’étais pas déjà convaincue.

– Maintenant ? dis-je en souriant, les yeux brillants d’émotion, mais d’une voix qui, en réalité, dit oui.

– Jackson peut nous marier, il en a l’habilitation. Et regarde, tu es habillée en blanc !

Le cœur battant à tout rompre, je me niche au creux de son cou pour prendre la mesure de ce que nous allons faire. Quelle idée extraordinaire !

Puis nous nous regardons, éclatant de rire en même temps à la perspective de causer une surprise de taille à nos invités. Et je songe que, chaque fois que le bonheur semble avoir atteint son sommet, William trouve encore le moyen d’aller plus loin.

Je découvre avec lui l’existence d'un bonheur sans limites.

Puis William reprend un air plus sérieux.

– Mais je dois encore te révéler quelque chose avant que tu ne deviennes ma femme…

– Un secret ? fais-je en riant. Mais combien en as-tu encore ?

– C’est le dernier, reconnaît-il, avec une mine un peu déconfite qui redouble ma bonne humeur. Je voulais t’en parler depuis un moment, mais j’attendais une occasion particulière. Puis il ajoute, un rien nerveux : je crois que ça te fera plaisir.

– De quoi s’agit-il ? dis-je avec une impatience enfantine.

– Je voudrais te montrer une photo, ma photo préférée, prise par Miller White…

– À propos de Miller White, dis-je, il y a cette exposition, à Nassau, tu sais qu’il…

– Oui, je sais, coupe-t-il en souriant. Je sais, répète-t-il en me regardant d’un air plein de mystère. Tiens, ajoute-t-il en me tendant une petite photo en noir et blanc, qu’il extrait d’un petit portefeuille dissimulé dans la poche intérieure de sa veste. Voici la plus belle photo jamais prise par ce photographe.

Intriguée, je me saisis du petit morceau de papier, légèrement abîmé par endroits. Je comprends qu’il est dans ce portefeuille depuis longtemps, comme ces photos que l’on désire garder avec soi en permanence et qui sont un peu des talismans…

Et tout à coup, mon cœur s’arrête.

Sur la photo, le profil nerveux d’une jeune femme. Son regard étonné, grand ouvert, semble se perdre au loin et une mèche de cheveux balaye son visage. Elle affiche un air grave et doux. On voit qu’elle vient de prendre une grande décision, quelque chose qui lui fait peur et la transporte à la fois. Elle vit un moment déterminant de son existence.

En quelques ombres bien choisies, un cadrage audacieux et l’instant saisi exactement au bon moment, l’image raconte tout ça. Chacune des nuances de l’émotion qui traverse la jeune femme, à ce moment-là. C’est saisissant.

Mais il y a autre chose…

Cette femme… cette femme sur la photo, c’est moi.

Je lève les yeux vers William. Je ne suis pas sûre d’avoir compris et en même temps, c’est comme si je le savais depuis toujours. Ce regard aigu porté sur ce qui l’entoure, les appareils photo dans son appartement de San Francisco et ces photos qu’il m’a toutes offertes, je le comprends à présent, à des moments clés de notre histoire… Et tous ces tirages, découverts un jour, par hasard chez lui…

– Miller White… tu es… bredouillé-je, émue et incrédule.

– Oui, mon ange. Je suis Miller White. Cette photo ne m’a pas quitté depuis notre rencontre.

Sous le choc, je ne dis plus un mot et un silence s’installe entre nous jusqu’à ce que je reprenne mes esprits et demande enfin :

– Mais pourquoi ? Pourquoi n’as-tu rien dit ?

– À cause de mon travail. Je ne voulais pas risquer de rendre mes missions connues du grand public. Je voulais simplement pouvoir travailler tranquillement. Et ensuite, j’ai voulu attendre le bon moment pour t’en parler, mais il s’est passé tant de choses… Mais à présent, je ne pars plus en mission, cette couverture n’a plus de sens et je ne pouvais pas t’épouser sans que tu saches absolument tout à mon sujet, ajoute-t-il, une note malicieuse dans la voix.

– Oh ! mon amour ! m’écrié-je en me jetant dans ses bras. Je suis si fière de toi ! ajouté-je, le souffle coupé par l’émotion, avant de lui donner un long baiser.

***

Il n’est pas plus de six heures du soir et le soleil a déjà largement entamé sa marche vers l’horizon qui se pare de tous les roses, les oranges, les verts imaginables. Le spectacle est infiniment beau. Je suis infiniment heureuse.

J’ai cueilli un bouquet rose et blanc parmi les bougainvilliers et les frangipaniers qui entourent la maison, et je le serre contre moi, le cœur battant la chamade.

Depuis la maison, les notes suaves d’un concerto de violon dansent dans l’air. Et devant moi, à quelques mètres du rivage, ils sont tous là.

Je les regarde avec amour, savourant cet instant solennel qui marque les dernières secondes de ma vie de jeune fille. William, dans son costume clair, me contemple et m’attend. Il est plus beau que tous les princes de contes de fées réunis, avec ses boucles brunes flottant au vent, encadrant à la perfection ses mâchoires carrées, ses sourcils décidés et ce regard unique, brun pailleté de vert, plus brillant que jamais…

Alors, je m’avance vers lui, vers eux, tandis que la musique me porte vers le bonheur et que j’entends Jackson prononcer ces mots :

– Nous voici réunis aujourd’hui pour unir cet homme et cette femme…

Peu à peu, le temps autour de nous se suspend. La voix de Jackson me parvient de très loin, comme en rêve. William, vêtu d’un costume clair, me prend doucement les mains. Un sourire radieux illumine son visage cerclé de boucles brunes. Son regard brillant dit tout ce qu’aucun mot ne peut traduire… Et, pendant que la voix de l’homme que j’aime s’élève dans le silence, mon cœur, comme une nuée d’oiseaux ivres de joie, s’envole vers les sommets…

– Solveig, commence-t-il d’une voix vibrante d’émotion, tu m’as fait passer de l’ombre à la lumière. Depuis que tu es entrée dans ma vie, je chéris chaque seconde passée auprès de toi. Ta présence est le plus beau cadeau qu’il m’ait été donné de recevoir et je jure que faire ton bonheur, te protéger et te choyer sera mon unique priorité, aujourd’hui et jusqu’à ma mort. Acceptes-tu de devenir ma femme ? demande-t-il d’une voix douce, ses yeux dansant au fond des miens.

– Oui, murmuré-je, tandis que des larmes de joie baignent doucement mon visage.

Durant un long moment, nous nous regardons simplement, souriants, heureux.

Puis je réalise que c’est à mon tour de parler, maintenant. Tout le monde est suspendu à mes lèvres, mais le visage serein de William m’encourage.

– William, dis-je d’une voix atténuée par l’émotion qui me submerge, tu m’as révélée. J’ai peine à me rappeler celle que j’étais avant de te connaître. La vie près de toi est une surprise perpétuelle. Chaque jour, tu m’émerveilles. Tu es le soleil de ma vie. Je jure que j’emploierai chaque instant de ma vie à faire de toi un homme heureux et voir sur ton visage ce merveilleux sourire, qui me comble de joie. Acceptes-tu de devenir mon mari ? demandé-je à mon tour doucement.

– Oui, mon amour, c’est ce que je désire le plus au monde, dit-il en approchant doucement son visage du mien.

Pendant que nos lèvres se joignent, je peux entendre Jackson prononcer la phrase rituelle :

– Tu peux embrasser la mariée, dit-il en riant, car nous n’avons pas attendu son consentement.

Tout le monde rit et les applaudissements fusent.

Mais sous sommes ailleurs, perdus dans le bonheur absolu qui nous enveloppe, dans ce monde qui n’appartient qu’à nous.

Et nous nous embrassons pendant que le soleil se couche enfin, embrasant le ciel de lueurs magiques pour emporter avec lui nos serments d’amour éternels, immuables.

Aujourd’hui et pour l’éternité.

 

FIN.

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