Bibliographie Cornélienne Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres de Pierre Corneille
Xv.—traductions ou Imitations des Ouvrages de Corneille en Diverses Langues.
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 4 parties.
Sixième édition de la traduction de Pels; elle n'est pas citée par Van Lennep.
. C r m , Treurspel. (Na Corneille.) Door M W Bilderdijk. Te
Amsterdam, bij Immerzeel en Comp. M.DCCC.IX [1809]. In-8 de 11 ff. prél. (y compris le titre gravé) et 102 pp.
Cette pièce forme la première partie du t. IIIe des tragédies (Treurspelen) de Bilderdijk. Elle est précédée d'une épître dédicatoire au roi Louis et d'un avant-propos.
«Guillaume Bilderdijk, né le 7 septembre 1756, mort le 18 décembre 1831, a été le plus illustre poëte que la Hollande ait produit depuis Vondel. Pour l'imagination, il a eu parmi ses compatriotes peu de rivaux; pour la facilité, il n'a pas eu son pareil. Il a traité tous les genres avec un rare bonheur. Dans ses œuvres poétiques (dont le libraire Kruseman a donné en 1856-59 une nouvelle édition en 16 volumes), on ne sait ce qu'on doit le plus admirer, la beauté des images et de la diction, ou l'immense savoir du poëte, qui montre toujours qu'il connaît à fond la matière qu'il traite. Bilderdijk, en effet, était non-seulement un littérateur érudit, mais un jurisconsulte distingué, familier avec la plupart des langues de l'Europe, avec le latin, le grec, l'hébreu et divers autres idiomes orientaux; distingué par de profondes connaissances en médecine, il dessinait et gravait lui-même les vignettes qui ornaient ses ouvrages. Outre ses poésies, il a publié divers travaux historiques et linguistiques, un traité de perspective, etc.
«Dans sa dédicace, Bilderdijk se plaint en vers magnifiques de la faiblesse de son talent qui l'empêchera de faire sentir les beautés de l'original, et plus encore de ce que le siècle actuel ne produit plus de grands hommes comme Corneille; mais il se dit soutenu par l'espoir que, sous les auspices d'un roi, protecteur des belles-lettres, la terre batave verra naître une époque fertile en génies, comme le siècle d'Auguste.
«Dans la préface, il raconte, en premier lieu, comment le roi, pénétré de la décadence du théâtre, et désirant relever le goût de la nation pour la poésie dramatique, avait exigé de lui une traduction nouvelle de la pièce de Corneille. Le public, poursuit-il, jugera s'il a rempli la tâche qui lui était donnée et s'il s'est pénétré de l'esprit de son devancier. Il doit cependant appeler l'attention du lecteur sur un ou deux points que, pour bien apprécier Corneille, l'on ne saurait négliger. «A l'époque où écrivait Corneille, dit-il, cette délicatesse de sentiments, cette pureté d'expression, cette élégance raffinée, en un mot, qui depuis caractérise les écrivains français, était encore dans l'enfance. Corneille était noble, sublime, parfois divin, et quel vrai poëte peut manquer de l'être? mais il l'était par lui-même et parce qu'il était pénétré de l'esprit (plus que de la manière de dire) des anciens. Il ne pouvait cependant se soustraire à l'influence d'un siècle qui était au-dessous de lui et qu'il avait encore à relever. Il s'ensuit que parfois, s'accommodant au style oratoire de son époque, il se sert d'images moins bien placées dans la bouche des personnages qu'il fait parler, ou peu en harmonie avec la matière qu'il traite.
«Par la même raison, il approche parfois un peu trop, si ce n'est du style, au moins du ton de la comédie. Je cite comme un exemple du premier de ces défauts le passage où Émilie, qui, d'après ce qu'exigent les règles de la bienséance actuelle, devrait conserver dans toutes ses paroles cette réserve de jeune fille qui n'est que la pudeur portée au plus haut degré, où Émilie, dis-je, s'attribue, pour ainsi dire, des enfants:
Enfants impétueux de mon ressentiment,
Que ma douleur séduite embrasse aveuglément.
«De même Auguste se sert d'une expression impropre, quand il dit:
Je vois trop que vos cœurs n'ont point pour moi
de fard.
«Les lecteurs sagaces trouveront aisément chez Corneille de ces fautes dont Racine est presque toujours exempt, et nous n'en accusons pas le grand poëte, mais l'état de la poésie à l'époque où il vivait; elles ne déparent pas ses lauriers, mais ne doivent point être données aux commençants comme des exemples à suivre.
«Je citerai, parmi les passages où Corneille s'écarte du ton de la tragédie, les réponses d'Euphorbe à Maxime (act. III e re , scène I), et celle de Maxime à Cinna, dont la tournure est absolument celle de la comédie; les vers suivants, par exemple:
C'est ce qu'à dire vrai je vois fort difficile.
L'artifice pourtant vous y peut être utile;
Il en faut trouver un qui la puisse abuser;
Et du reste le temps en pourra disposer....
Vous pourriez m'opposer tant et de tels
obstacles,
Que pour les surmonter il faudrait des miracles;
J'espère toutefois qu'à force d'y rêver, etc.
sont de la comédie toute pure.» «Après avoir dit quelques mots du mérite de la pièce de Corneille, Bilderdijk continue ainsi:
«Lorsque Voltaire attaqua le monologue d'Émilie qui commence la pièce, le qualifia de long et d'inutile, et ne l'attribua qu'à la complaisance du poëte envers les acteurs désireux de briller dans un long discours, il trouva de nombreux échos. Il n'a pas tout à fait tort peut-étre dans les raisons qu'il avance, mais il oublie ce que la tragédie était du temps de Corneille; il oublie que c'est grâce à lui, et grâce à Racine après lui, que la déclamation d'apparat du théâtre latin fit place à des expressions partant du cœur et à un goût se modelant sur celui des Grecs. En condamnant les monologues, Voltaire oublie que la tragédie ne doit pas uniquement représenter l'action qui en forme le nœud, mais aussi les ressorts dont elle résulte, et pour ainsi dire sa conception dans le cœur humain. Les personnages ne doivent pas seulement agir et parler, mais sentir, penser et souffrir; et quelquefois le spectateur, pour trouver dans la pièce des enseignements et une nourriture pour son cœur, doit apprendre à connaître celui qui paraît en scène, non par un dialogue, où malgré toute la confiance qu'il accorde à son interlocuteur, quelque réticence est nécessaire ou probable, mais tel qu'il parle lorsqu'il se montre comme il est, lorsqu'il préfère lire dans son propre cœur. Pour faire voir que le monologue d'Émilie est loin d'être inutile, il suffit de remarquer qu'aussitôt qu'on le supprime, la conversation d'Émilie avec sa confidente paraît sous un tout autre jour, et que son caractère prend quelque chose d'odieux, ce qui n'a pas lieu lorsque son monologue nous a appris à connaître ses vrais sentiments. C'est ce monologue qui nous montre, qu'en suivant l'impulsion de ce qu'elle croit son devoir, elle agit en dépit d'elle-même; que lorsqu'elle donne à Flavie des réponses aussi positives, aussi acerbes, aussi peu conformes à son sexe, elle a refoulé dans son cœur tout sentiment plus doux: c'est ce monologue qui nous prépare à entendre avec indulgence ce qui, sans cela, exciterait chez nous la répugnance et l'indignation. On aime à voir un esprit altier chez une princesse que son âge, sa position et une longue habitude de la domination ont élevée au-dessus de son sexe, et chez laquelle le doute timide d'une jeune fille serait déplacé; mais le front virginal qui ne rougit pas, le jeune cœur qui ne tremble pas à l'idée d'un assassinat, la jeune fille qui ne doit pas mille fois s'enhardir et se cuirasser avant de se résoudre et de soutenir sa résolution même contre la plus légère objection, nous fait horreur. Il serait même à désirer que l'hésitation d'Émilie n'eût pas été attribuée uniquement aux craintes qu'elle ressent pour son amant, et qu'une secrète reconnaissance pour les bienfaits d'Auguste, même quelque aversion pour l'action elle-même qu'elle contemple, y eussent quelque part. Mais le génie de Corneille se plaisait à créer des caractères audacieux et gigantesques, et il faut bien entrer dans le monde où il vit quand on veut sentir ses beautés.
«Mais non-seulement le monologue était nécessaire: il est amené tout naturellement. Qu'y a-t-il de plus naturel, en effet, au moment où l'on va prendre une résolution suprême contre laquelle le cœur se débat, que ce besoin de s'occuper à chaque instant de soi-même, de considérer sous toutes ses faces le projet qu'on va former, tantôt de reculer d'effroi, pour se forger l'instant d'après des prétextes plausibles de se précipiter à corps perdu dans l'exécution? C'est ainsi qu'à coup sûr on doit se représenter la situation d'un conspirateur, même alors que les considérations personnelles de reconnaissance et de relation intime ne subsistent pas.
«On a cependant, dans les derniers temps, supprimé ce monologue à la représentation. On a agi de même avec la prophétie de Livie au cinquième acte, qui manque même dans la traduction de Nil Volentibus. Personne, à ce qu'il paraît, n'a senti que par cette omission le spectateur ne peut être satisfait qu'à demi. Malheureux aristarques, vous voulez toujours en savoir plus que le poëte, sans songer que lorsqu'il s'abandonne au torrent impétueux de ses sensations profondes, il arrive toujours à bon port comme y arrive toute chose qui suit l'impulsion que la nature lui imprime! «La pièce, dites-vous, n'est-elle donc pas finie, lorsque la conjuration a avorté, lorsque et Cinna, et Émilie, et Maxime sont sauvés?»—Non, mes amis, elle n'est pas finie. Car ce n'est pas le sort de Cinna, d'Émilie, qui tient notre âme en suspens: c'est celui d'Auguste. Auguste périra-t-il ou régnera-t-il en paix? Voilà le problème qui nous est soumis, et qui n'est pas résolu. On prévoit déjà vers le commencement, on est sûr dès le commencement du quatrième acte que la conjuration de Cinna ne réussira pas; mais ce qu'on ne sait pas et ce que nous tenons à savoir, c'est si l'homme, qui captive de plus en plus notre cœur et qui va échapper à la onzième tentative d'assassinat, n'aura plus rien à craindre d'entreprises pareilles. Plus la bonté dont il fait preuve en pardonnant à ses assassins est touchante, plus il montre de noblesse dans la manière dont il pardonne, plus nous formons le vœu que cette bonté lui soit à la fin salutaire. «Que le conseil de Livie ne te soit pas fatal!» Ce vœu, le poëte l'a pressenti, il l'a lu dans le cœur du spectateur, et il a eu soin d'y répondre. Oui, Livie, dont les conseils ont gouverné, ont guidé, ont convaincu Auguste; Livie à laquelle il doit cette grandeur d'âme qui nous ravit; Livie, dont les avis paraissaient empruntés à la divinité; Livie est mue par une inspiration prophétique, et elle annonce à son époux la fin de ses terreurs et de son incertitude, un règne désormais calme et prospère sur un peuple qui l'adore. Y a-t-il quelque âme assez froide pour vouloir se passer de cette prophétie, je ne lui envie pas sa tiédeur, mais, pour moi, j'admire le poëte de ce que, dans les vingt-quatre vers dont elle est composée, il a su donner à sa tragédie une perfection qui, sans cela, lui aurait manqué. J'exige seulement qu'Auguste, dans la joie que lui cause la perspective qui lui est ouverte, rende grâces de son bonheur à celle dont les conseils l'y ont conduit. Corneille a-t-il pu négliger de lui faire exprimer sa gratitude envers Livie? ou bien devons-nous la lire dans ce vers:
Ainsi toujours les dieux daignent nous inspirer.
«Je le voudrais, pour l'honneur du poëte. Quoi qu'il en soit, j'ai mis dans sa bouche ce que sentait mon cœur, et celui qui trouve oiseux les quatre vers que j'y ai consacrés, est libre de les supprimer.»
«La traduction de Bilderdijk, bien supérieure à celle de Pels, a remplacé celle-ci au théâtre, où elle jouira de la faveur publique toutes les fois qu'elle trouvera de bons interprètes.» V. L.
. C r m , Treurspel. (Na Corneille.) Door M W Bilderdijk. Te Leyden,
by L. Herdingk en Zoon. M.DCCC.XXIV [1824]. In-12 de 68 pp. et 1 f.
La traduction de Bilderdijk a été, en outre, réimprimée en 1852, dans le o Klassiek Pantheon , n 47, in-16.
XII
. P , A M , Treurspel. Uit het Fransch van
den Heer P. Korneille nagevolgt, door Frans Ryk. T'Amsterdam, by de wed: van Gysbert de Groot, op den Nieuwendyk, 1696. Pet. in-8 de 64 pp. en tout.
Traduction de Polyeucte, par François Ryk. Elle est précédée d'une longue épître en vers d'A. Bogaert, «rimailleur du temps».
. P , A M , Treurspel. Uit het Fransch van
den Heer P. Korneille nagevolgt, door Frans Ryk. T'Amsteldam, By de Wed: van Gijsbert de Groot, Boekverkoopster, op den Nieuwendyk, tusschen de twee Haarlemmer Sluizen, in de Groote Bybel, 1707. Pet. in-8 de 71 pp.
Simple réimpression de la traduction de Ryk.
. P , A M . Treurspel. Uit het Fransch van
den Heer P. Korneille nagevolgt, door Frans Ryk. Te Amterdam, by de Erven van J. Lescailje en Dirk Rank, 1724. Pet. in-8.
«Le titre est orné d'une vignette représentant la ruche d'abeilles obligée, etc. Outre l'épître de Bogaert, on trouve dans cette édition un avis des éditeurs, qui avouent qu'en réimprimant cette tragédie, ils vont sur les brisées d'un confrère, chose qu'en général, disent-ils, ils ne se permettent pas. Les raisons qui les ont portés à agir de la sorte sont, à ce qu'ils prétendent, 1o le désir de publier une édition plus correcte que les deux prédentés; 2o l'assurance que leur a donnée le traducteur que, n'ayant jamais reçu un sou pour son travail, son droit sur son œuvre était resté intact.» V. L.
. P , A M , Treurspel. Het Fransch van
den Heer P. Corneille nagevolgt, door Frans Ryk. Te Amsteldam, by Izaak Duim, op den Cingel, tusschen de Warmoesgragt en de Drie-Kooningstraat. S. d. [vers 1750]. In-8 de 4 ff. dont le premier est blanc, 68 pp. et 2 ff. blancs.
Réimpression publiée par la société Melioribus non Pluribus; elle est précédée de l'épître de Bogaert à Ryk, mais ne contient pas de privilége.
«Cette édition, qui ne porte pas de date, est une reproduction exacte de l'édition de 1724. Elle n'en diffère que par le fleuron du titre. La ruche est remplacée par l'agneau dans les flammes, accompagné de la devise: Perseveranter.» V. L.
. P , A M , Treurspel. Het Fransch van
den Heer P. Corneille nagevolgt, door Frans Ryk. Te Amsteldam, by Izaak Duim, 1754. Pet. in-8 de 4 ff. et 68 pp.
«Reproduction exacte des éditions précédentes. Elle est ornée d'une nouvelle vignette très-belle d'exécution, composée par le graveur S. Fokke, et qui représente Apollon sur le Parnasse, entouré des Muses. Apollon envoie Melpomène à la rencontre d'un poëte, qu'elle couronne de lauriers.
«Le fait seul que la traduction de Ryk, toute faible qu'elle fût, eut jusqu'à cinq éditions, prouve en faveur du succès que la tragédie obtint près du public d'Amsterdam. On ne la voit cependant plus figurer sur l'affiche depuis l'année 1774.» V. L.
XIII
. D D P , Treurspel. Uit het Fransch van den Heer
Corneille. 't Amsterdam, by de Erfgenamen van Jacob Lescailje, 1684. Met Privilegie. Pet. in-8.
Traduction en vers de La Mort de Pompée, par Bidloo.
«Le titre est orné d'un fleuron représentant une ruche entourée d'abeilles; la ruche est placée dans un cercle formé par deux branches de laurier et surmonté des armes d'Amsterdam. Sous la ruche on lit la devise de l'ancienne chambre de rhétorique Yver (Zèle): In Liefd' bloejende (Fleurissant en amour). En tête de la traduction se trouve le privilége donné aux régents.
«Le droit d'imprimer accordé aux héritiers Lescaille porte la date du 6 décembre 1684. Au mois d'août 1685 parut une critique de la traduction sous le titre suivant:
«D O T P , door het Konstgenootschap In Magnis voluisse sat est. T' Amsterdam, by Aart Dirksz Oossaan, Boekverkooper, 1685. Pet. in-8.
«Au titre se lit la devise de la société, écrite sur une banderole qu'un aigle volant vers le soleil tient dans son bec.
«La société In magnis voiuisse sat est était une des sociétés hollandaises qui, au e e XVII et surtout au XVIII siècle, s'occupaient de travaux littéraires. Elle fut établie en 1682; c'est du moins de cette année que date le privilége que lui accordèrent les États pour la publication de ses œuvres. Bon nombre de ses membres travaillèrent à l'opuscule dont il s'agit, lequel ne contient pas moins de six pièces de vers (épigrammes et satires) à l'adresse du traducteur, suivies d'un examen critique, qui compte vingt pages. Toutes ces pièces tendent à prouver que l'auteur de la traduction n'entend ni le français, ni les règles de la syntaxe, ni celles de la prosodie.
«Le traducteur mérite en général les reproches qui lui sont adressés; cependant l'animosité des membres de la société paraît devoir être principalement attribuée à une critique amère que lui-même aurait faite d'une traduction de Cinna, publiée par l'un d'entre eux. L'esprit de camaraderie qui régnait parmi ces messieurs devait naturellement les exciter à tirer vengeance d'un pareil affront. Nous ignorons si le traducteur de Pompée leur répondit; s'il le fit, il eut soin de garder l'anonyme, en quoi il fit preuve de tact.
«L'anecdote suivante est citée comme une des preuves nombreuses de cet esprit de camaraderie dont nous parlons. A la fin de la représentation de certaine pièce nouvelle, un des spectateurs, se tournant vers une de ses connaissances, lui demande ce qu'il pense de la tragédie qu'ils viennent de voir. Vous concevez, répond l'autre, que je ne puis en faire l'éloge, l'auteur n'étant pas membre de notre société.» V. L.
. D D P , Treurspel.
Govard Bidloos Tooneelpoëzy; Leiden, J. A. Langerak, 1719, in-4, pp. 333-448.
. [P , Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille op
nieuws gevolgd, onder de Zinspreuk Le Tems est un grand maître. Amsterdam, 1728. Pet. in-8?]
Traduction en vers par Charles Sébille.
Nous n'avons pas vu cette édition, qui n'est pas citée par Van Lennep, mais dont la date nous est fournie par le privilége de l'édition suivante.
. P , Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille op
nieuws gevolgd, onder de Zinspreuk Le Tems est un grand maître. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis, 1737. Met Privilegie. In-8 de 4 ff., 60 pp. et 2 ff. pour le privilége.
Seconde édition de la traduction de Sébille. Le privilége, daté du 27 mai 1728, est renouvelé à la date du 16 août 1737.
«Il existe deux sortes d'exemplaires de cette édition. Les uns ont été tirés dans le format pet. in-8, en usage à Amsterdam pour les pièces de théâtre; les autres, au contraire, ont été imprimés dans le format gr. in-8, et réunis à deux autres pièces également traduites par Sébille: la Mort de César, de Voltaire, et le Joueur, de Regnard.
«Le titre des deux espèces d'exemplaires est orné d'un beau fleuron de S. Fokke, où la ruche obligée est posée sur une console qui se détache d'un petit édifice. Cet édifice, sur les deux côtés duquel sont placées des statues de Melpomène et de Thalie, est surmonté des armes d'Amsterdam. La ruche est entourée de livres et d'abeilles, et près d'elles se tiennent, comme de coutume, un vieillard infirme et deux orphelins; au fond, le cheval ailé.
«La tragédie est précédée d'un avis, dont nous traduisons la partie essentielle.
«Avis.
«On ne m'accusera pas de vanité si j'ai essayé de donner une nouvelle traduction en vers de cette œuvre d'un auteur français (considéré par moi comme le premier entre tous), la précédente n'ayant pu satisfaire le public. Le peu de succès qu'elle a eu doit être attribué, selon moi, à la précipitation avec laquelle le traducteur s'est acquitté de sa tâche. Peut-être, en y mettant plus de soin et plus de temps, eût-il écrit de meilleurs vers: mais il paraît avoir agi avec une hâte déplorable.
«Quant à la méthode que j'ai suivie, je n'en dirai que ceci: On a toujours critiqué, et avec raison, les quatre premiers vers de Pompée. Je les ai, je crois, délivrés de l'amphigouri qu'on y remarquait. De là même manière, malgré ma haute estime pour l'auteur français, j'ai ça et là changé ou bien entièrement retranché quelques passages; j'ai même osé glisser dans la tragédie quelques vers de ma composition, quatre surtout que j'ai mis dans la bouche de Cornélie (acte e e III , scène IV).
«La définition que fait Ptolémée de la défaite du grand Pompée à Pharsale a aussi donné sujet à bien des observations qui me paraissent justes; mais elle est si belle, que je n'ai pas voulu la laisser de côté, tout en reconnaissant que je suis resté bien au-dessous de mon modèle.
«Un auteur, quelque grand qu'il soit, n'est qu'un homme, et par là sujet à faillir.
«J'ai été souvent surpris en entendant des traducteurs répondre à ceux qui leur signalaient des fautes qu'ils avaient commises: «Je l'ai trouvé ainsi dans l'original.» Mauvaise excuse vraiment, surtout dans la bouche de ceux qui traduisent des vers; car les remplissages, les mauvaises locutions et les rimes forcées abondent chez les poëtes français tout comme chez les nôtres, etc.»
«La traduction de Sébille, incomparablement meilleure que l'autre, figurait encore au répertoire du théâtre d'Amsterdam au commencement de ce siècle. Il y a cependant plus de cent ans qu'on ne l'a représentée.» V. L.
XIV
. D L , Blyspel.
Lodewjk Meyers Tooneelpoëzy; t'Amsterdam, by Jacob Lescaille, 1658, in-4.
Traduction en vers du Menteur, par Louis Meyer, poëte assez estimé du XVIIe siècle. Elle est précédée d'une épître dédicatoire dont voici la traduction:
«A Madame, Madame Anne de Hoorn, épouse du noble et très-vénérable seigneur Messire Corneille de Hooswyck, seigneur de Hooswyck, Diemerbrock et Papekop, Bourgmestre et Conseiller de la ville d'Amsterdam.
«Madame, un étranger ose se jeter à vos pieds pour implorer votre protection, tout indigne qu'il se reconnaisse d'obtenir cette haute faveur. C'est un Menteur, né en Espagne, et qui, ayant traversé la France, a l'intention de voir aussi les Pays-Bas. A son arrivée à Paris, il a été accueilli si favorablement que, non-seulement il n'a pas regretté d'avoir quitté sa patrie et d'avoir appris une langue autre que la sienne propre, mais que l'audace lui est venue de s'embarquer pour la Hollande, où, tout en parlant français, il a su charmer tous les gens de goût par son esprit; ce succès lui a donné le courage de plier sa langue à parler aussi notre idiome. Il y a près de six ans qu'il l'a appris par mes soins, et l'expérience lui ayant démontré que lors de sa venue en France il avait bien fait d'échanger ses mœurs et son nom espagnols contre ceux de la France, il a suivi le conseil que je lui ai donné d'élire domicile à la Haye, de prendre un nom hollandais et de conformer sa façon de parler et d'agir à celle qui est en vogue chez nous, afin d'être par là mieux reçu de nos concitoyens. Et maintenant, sur le point de quitter le foyer de son précepteur, il n'ose se hasarder en plein air, s'il ne lui est permis de s'abriter sous les ailes de Votre Seigneurie, laquelle, connaissant à fond la langue française, saura saisir le sens de ses paroles, lorsque, par ci, par là, il lui échappera quelque solécisme. Le jugement sagace de Votre Seigneurie, qui mesure aux bonnes choses les éloges qui leur sont dus et qui ne se laisse point séduire par les mauvaises, toutes fardées qu'elles soient, saura discerner les endroits où il s'écarte de l'esprit et de la gentillesse française et ceux où il a su en approcher. Et quoiqu'il tire son plus grand lustre d'un vice haï de tout le monde et qui le rend indigne de toute faveur, il s'est pourtant mis dans la tête qu'il suffisait de s'orner de l'éclat de votre nom pour obtenir l'estime des Hollandais. Quant à moi, tout en reconnaissant la témérité d'une conduite aussi arrogante, je ne regrette pas de la lui avoir inspirée. Si votre bienveillance pour les Muses et pour ceux qui les cultivent daigne consentir à lui offrir l'asile qu'il réclame, il ne saurait s'y réfugier qu'en
présentant en même temps à Votre Seigneurie l'hommage de mon profond respect, et qu'en me fournissant l'occasion de remercier Votre Seigneurie des nombreuses faveurs qu'elle accorde à nos Muses scéniques en leur faisant l'honneur de sa présence, et de lui témoigner la vive reconnaissance que je ressens pour les bontés dont Elle m'a comblé, et dont jamais la mémoire ne périra dans mon cœur. J'aurais bien aimé témoigner ma gratitude en offrant à Votre Seigneurie un sujet noble auquel ma Muse espère donner le jour; mais, comme son fruit n'est point encore à terme, et que je me flatte que l'œuvre à laquelle deux esprits aussi éminents que Lopez de Vega et Corneille ont travaillé, n'aura pas été tout à fait gâtée par la traduction, je n'ai pas voulu attendre plus longtemps pour vous faire connaître l'ardeur de mon cœur reconnaissant, espérant que Votre Seigneurie daignera jeter un regard de bonté sur ce que je me permets de lui offrir, et me permettra de me nommer,
«Madame,
de Votre Seigneurie,
le très-humble, très-obligé et très-dévoué serviteur,
«L. M .
«Anne de Hoorn appartenait à une famille patricienne d'Amsterdam, qui compte encore aujourd'hui plusieurs rejetons. C'était une femme d'un haut mérite, très-versée dans les littératures nationale et étrangère. Elle protégeait les gens de lettres, surtout Vondel, qui, dans des temps malheureux, fut tiré par elle de l'indigence.
«La dédicace est suivie d'un couplet adressé aux Lecteurs, et dont voici le sens:
«Tout homme qui aime à entendre mentir avec esprit et tromper père, maîtresses, amis et valets, doit faire connaissance avec ce Menteur-ci; mais qu'il se garde d'en suivre l'exemple, à moins qu'il ne soit certain d'être né sous la même planète.» V. L.
. D L , Blyspel. De lastste druk. T'Amsterdam, by de
Erfgenamen van J. Lescailje en D. Rank, 1721. Pet. in-8.
«Édition revue et corrigée, dans laquelle tous les personnages portent d'autres noms que dans la première édition. Il est presque certain qu'elle avait été précédée d'une autre édition séparée; mais nous n'avons pu la découvrir.
«L'épître dédicatoire nous a déjà appris que le traducteur a transporté la scène de Paris à la Haye, et en général il a adapté avec assez de bonheur les situations et le dialogue au nouveau cadre qu'il a choisi. Les vers de Meyer, sans être des meilleurs, coulent avec assez de facilité, et, si la traduction n'est pas assez bonne pour satisfaire le lecteur qui connaît l'original, elle n'est pas assez mauvaise pour nuire à l'effet que la pièce a pu produire sur la scène.
«Après l'inauguration du nouveau théâtre d'Amsterdam, en 1774, le Menteur ne parut plus sur l'affiche.» V. L.
Les vers de Huygens, dont nous avons parlé ci-dessus, attestent en même temps que cette traduction le succès que le Menteur eut en
Hollande. Voy. le no 318.
XVI
. R , P P . Uit het Fransch van den Heer
Corneille. Te Amsterdam, by Aart Dirksz Oossaan, Boekverkooper op den Dam, op de hoek van de Beurs-straat, 1687. Met Privilegie. In-12 de 4 ff. prél. et 80 pp.
Traduction en vers par François Ryk.
«Le titre est orné du fleuron de la Société littéraire In Magnis
voluisse sat est o (voy. le n 966).
«La tragédie est précédée d'une épître dédicatoire et du texte du privilége accordé à la Société le 16 octobre 1687. Voici la traduction de l'épitre:
«A Madame Jacoba Victoria Bartolotti Van den Heuvel, épouse du très-honorable seigneur Koonraad Van Beuringen, ancien bourgmestre et conseiller de la ville d'Amsterdam.
«Madame, parmi les pièces de théâtre composées par la sieur Corneille, cet excellent auteur français, celle de Rodogune, Princesse des Parthes, n'est pas considérée par lui comme la moins bonne, soit par rapport aux incidents qui en forment le nœud, soit par rapport au tumulte des passions qui y sont développées. L'amour, l'ambition, la soif de la vengeance,
l'affection inaltérable que se portent deux frères rivaux, jointe à une tendresse respectueuse pour une mère dénaturée, s'y montrent tour à tour, et sont propres non-seulement à exciter une attention soutenue chez le spectateur, mais à faire vibrer les cordes les plus sensibles de son âme; et c'est surtout à émouvoir que, suivant les connaisseurs, doit tendre la tragédie. On voit ici le crime puni de sa propre main, tandis que l'amour et la vertu, après avoir couru les plus grands dangers, finissent par triompher.
«La Muse française prend plaisir ici à marier aux cyprès funèbres le myrte cher aux amants, et toutes ces raisons, jointes à la majesté et à l'excellence du style dans lequel la pièce est écrite, ont engagé notre Société à l'offrir au théâtre dans notre langue.
«Comme Votre Seigneurie, depuis sa plus tendre jeunesse, a montré un goût singulier pour la poésie et le beau langage, nous avons osé lui dédier cette traduction, dans l'espoir que, dans sa bonté, elle ne la dédaignerait pas, mais voudrait bien l'accepter avec l'hommage respectueux de ceux qui se tiendront éternellement obligés à Votre Seigneurie, et se disent,
«Madame,
de Votre Seigneurie,
les très-humbles serviteurs.
«Sous la devise:
«I M .»
«Frans ou François Rijk était un des membres les plus zélés de la Société In Magnis voluisse. Il traduisit différentes pièces de Corneille, de Racine et d'autres poëtes français. Quoique, parmi les traductions qu'il a faites, celle de Rodogune ne soit pas la meilleure, la pièce obtint cependant beaucoup de succès au théâtre, et ce fut surtout lorsque, dans les dernières années du XVIIIe siècle et dans les premières du e me XIX , M Wattier fut chargée du rôle de Cléopâtre, que le public s'y porta avec enthousiasme. Après la retraite de cette tragédienne, la pièce disparut du répertoire.
«Koenraad ou Conrad Van Beuningen, mari de Jacqueline-Victoire Bartolotti Van Heuvel, avait été le bras droit du Grand Pensionnaire de Witt, et chargé par lui des négociations les plus délicates aux cours de Danemark, de France et d'Angleterre. Après la mort de de Witt, il continua de servir l'État dans divers postes éminents, jusqu'au jour où des symptômes d'aliénation mentale se découvrirent chez lui et forcèrent les magistrats à confier à sa femme la gestion de ses biens. Il mourut en 1693. Mme Van Beuningen, durant le séjour qu'elle fit à Paris de 1660 à 1666, avait probablement appris à connaître et à apprécier les pièces de Corneille, et ce fut cette circonstance surtout qui engagea la Société In Magnis voluisse à lui dédier la traduction de Rodogune.» V. L.
Sur Mme Wattier, Van Lennep ajoute la note suivante:
« me M Wattier, connue également sous le nom de Ziesenis, qui était celui de l'architecte distingué qu'elle avait épousé, débuta en 1780 au théâtre d'Amsterdam comme jeune première, dans la tragédie, la comédie et l'opéra-comique. Le 11 novembre 1793, elle remplaça la première tragédienne dans le rôle de Cléopâtre et obtint un immense succès. Sa réputation, depuis ce temps, ne fit que grandir, et ceux qui l'ont connue s'accordent à dire que, si dans son art elle a pu avoir des rivales, aucune d'elles ne l'a surpassée. Elle unissait à un port majestueux une beauté antique, des yeux étincelants de passion, une voix également propre à charmer et à faire frémir de terreur ceux qui l'écoutaient. Un vieil amateur nous racontait un jour qu'il avait joué dans Rodogune avec Mme Wattier sur un théâtre de société. «Lorsque,» nous disait-il, «elle nous adressait ces mots: Mes enfants, prenez place, c'était bien le diable si vous aviez pu rester debout.» Napoléon, l'ayant vu jouer, la nomma sur-le-champ sociétaire de la Comédie française, titre qu'elle conserva jusqu'à la fin de 1818. Invitée par l'impératrice Joséphine à la Malmaison, elle y joua, avec Talma, deux scènes d'Hamlet, lui en français, elle en hollandais.»
. R , P P . Uit het Fransch van den Heer
Corneille. Te Amsteldam, by de Erven van J. Lescailje en Dirk Rank, op de Beurssluis, 1721. Met Privilegie. Pet. in-8 de 4 ff. et 80 pp.
Cette édition est absolument calquée sur la précédente. Le titre porte le même fleuron que le n o 936.
. R , P P . Uit het Fransch van den Heer
Corneille. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis, 1744. Met Privilegie. Pet. in-8 de 4 ff. et 80 pp.
Troisième édition, restée inconnue à Van Lennep. La Bibliothèque nationale en possède un exemplaire.
XVII
. T , M M , Treurspel. Uit het Fransch van den
Heere P. Corneille. Labor excitat artem. Te Rotterdam, by Joh. van Doesburg, Boekverkooper, 1715. Pet. in-8 de 7 ff., 82 pp. et 1 f. blanc.
Traduction en vers par le libraire Jean Van Doesburg; on la dit fort recommandable.
Les feuillets préliminaires comprennent un très-médiocre frontispice gravé par Bleyswyk (frontispice qui est gravé sur un feuillet séparé); le titre imprimé; 2 ff. pour une dédicace en vers à «Dominique Roosmale, ancien échevin de la Schielande, amateur de la poésie,» dédicace signée: J . V D ; 3 ff. pour un Avis au lecteur et les noms des personnages.
«Le traducteur avoue dans sa préface que la tragédie de Théodore n'a pas réussi à Paris, mais il attribue le peu de succès de cette pièce moins à son manque de mérite qu'à la prudence excessive des spectateurs français, et cite à l'appui de ce qu'il avance l'opinion que l'abbé d'Aubignac a émise sur cette même tragédie.
«L'espoir du traducteur que le public hollandais aurait le goût moins difficile que celui de Paris ne s'est point réalisé. Peut-être même n'a-t-il jamais été mis à l'épreuve. La pièce ne paraissant pas sur le répertoire d'Amsterdam, on peut être à peu près sûr qu'elle n'a pas été représentée ailleurs.» V. L.
XVIII
. C G H , Treur-Spel met op-dragt aen Syne
Doorluchticheyt Leopoldus Wilhelmus, Aertz-Hertog van Oosten-Rijk, Hertog van Bourgoignien, Gouverneur General van de Neder-Landen. Tot Brussel, by Claudius de Griek, boekverkooper, 1650. In-4 de 4 ff. et 55 pp. (dont la dernière est chiffrée par erreur 43).
«Le poëte Claude de Griek exerçait la profession de libraire à Bruxelles, sa ville natale. Son Héraclius est une version presque littérale de celui de Corneille, qui avait été publié trois ans auparavant; mais l'auteur paraît ne pas s'en douter. Ni sur le titre, ni dans l'épître dédicatoire à l'archiduc Léopold-Guillaume, il ne prononce le nom de Corneille.» A. W.
. H , Treurspel. T'Amsteldam, by d'Erven van Albert Magnus,
op de Nieuwendyk, in den Atlas, 1695. Pet. in-8 de 4 ff. et 80 pp.
Traduction en vers par François Ryk.
«La vignette sur le titre représente Melpomène assise, tenant une lyre sur le genou droit et une ruche sur la genou gauche. A ses pieds sont des attributs de théâtre; derrière elle, un personnage allégorique branlant d'un air furibond un poignard et une torche; plus bas, un satyre tenant les armes d'Amsterdam; au fond, un amphithéâtre, et, plus loin encore, le Parnasse avec Pégase. Au bas, la devise Yver in liefd' bloeiende (zèle fleurissant en amour).» V. L.
«Ryk ne prononce pas plus le nom de Corneille que son devancier, mais il avoue du moins, dans une dédicace en vers qu'il adresse à Laurent Baak, que la pièce n'est pas originale. «J'espère, dit-il, que vous ne trouverez pas mauvais que je vous fasse hommage de ce byzantin français costumé à la hollandaise.» A. W.
«Laurent Baak était issu d'une famille de riches négociants, tous aimant et pour la plupart cultivant les belles-lettres. La maison de son grand-père, appelé Laurent comme lui, servait de point de réunion à Hooft, Vondel et autres beaux esprits du temps. Le Laurent Baak dont il est question ici se distingua aussi comme auteur.» V. L.
. H , Treurspel. T'Amsterdam, by Izaak Duim, 1737. Pet. in-12.
«Reproduction de l'édition de 1695, mais avec un nouveau fleuron.
«Le succès d'Héraclius fut moindre que celui de quelques autres pièces de Corneille. Il fut représenté, pour la dernière fois, sur le théâtre d'Amsterdam en 1782.» V. L.
. H . Treurspel. Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekverkooper
op den hoek van den Voorburgwal en Stilsteeg, 1762. Met Privilegie. Pet. in-8 de 4 ff. et 80 pp.
Au titre, le fleuron décrit sous le no 737.
XIX
. A . Treurspel. Verciet met Zang, Dans, Konst- en
Vliegwerken. T'Amsterdam, by Kornelis Sweerts, 1699. Pet. in-8, front. gravé.
«Traduction en vers par François Ryk. Elle est précédée d'une dédicace à Jo'nas Witsen, bailli d'Amsterdam. Le poëte y raconte que la famille de Witsen a produit nombre de Persées qui ont sauvé la patrie du dragon ennemi venu pour la dévorer.» V. L.
. A . Treurspel. Verciert met Zang, Dans, Konst- en
Vliegwerken. T'Amsterdam, by H. vande Gaete, 1715. Pet. in-8 de 4 ff. et 54 pp.
Réimpression restée inconnue à Van Lennep. Le frontispice est signé de Schynvoet.
. A , Treurspel. Verciert met Zang, Dans Konst- en
Vliegwerken. T'Amsterdam, by David Ruarus Boekverkooper, 1730. Met Privilegie. Pet. in-8 de 64 pp., front. gravé de Schynvoet.
. A . Treurspel. Verciert met Zang, Dans, Konst- en
Vliegwerken. Amsterdam, by Izaak Duim, 1739. Met Privilegie. Pet. in-8.
«Chacune de ces éditions est ornée d'une gravure différente, toutes représentant Andromède attachée au rocher et Persée combattant la monstre. Ce fait, que la pièce fut réimprimée jusqu'à trois fois dans l'espace de quarante ans, tend à prouver qu'elle plaisait au public, attiré sans doute par le spectacle qu'on y déployait. On ne cessa de la donner chaque année jusqu'en 1789. Après cette époque, on ne la retrouve plus sur l'affiche.» V. L.
XXI
. [N , Treurspel. Uit het Fransch van den Heer P. Corneille
gerymd door Kataryne Lescailje. Amsteldam, 1684. Pet. in-8?]
Nous avons déjà cité le nom de Catherine Lescailje, née en 1649,
morte en 1711 (voy. le no 945).
»Dès sa plus tendre jeunesse, elle avait composé des poésies, et Vondel, dans des vers qu'il lui avait adressés, l'avait qualifiée de «moderne Sapho». Quoiqu'il y ait beaucoup à rabattre de cette qualification, Mlle Lescailje mérite d'être placée au rang, sinon des grands poëtes, au moins des meilleurs versificateurs de son temps. Après la mort de son père, elle dirigea la maison de librairie connue sous le nom des héritiers Lescailje, au commencement seule, plus tard conjointement avec Thierry Rank, qui avait épousé la fille d'une de ses sœurs. Elle-même ne voulut jamais se marier, probablement de crainte que le mari qu'elle aurait pris ne compromit le crédit et la prospérité de la maison qu'elle dirigeait avec tant de succès.» V. L.
Nous n'avons pas vu l'édition de 1684, que Van Lennep n'indique pas. Nous en rétablissons la date d'après le privilége de l'édition suivante.
. N , Treurspel. Uit het Fransch van den Heer P. Corneille
gerymd door Kataryne Lescailje. Te Amsteldam, by de Erfg: J: Lescailje, op de Middeldam, op de hoek van de Vischmarkt, 1692. Met Privilegie. Pet. in-8 de 3 ff. et 68 pp.
Au titre, un fleuron avec la devise: Perseveranter.
Les ff. prélim. contiennent un front. gravé dans le genre de Romain de Hooghe, un titre imprimé et 1 f. pour le privilége.
Le privilége est daté du 19 septembre 1684 et renouvelé le 31 mars 1692.
. N , Treurspel. Uit het Fransch van den Heere P. Corneille,
door Kataryne Lescailje. T'Amsteldam, by Izaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis, by den Dam, 1734. Met Privilegie. Pet. in-12 de 72 pp. chiffr.
La traduction de Catherine Lescailje a été en outre réimprimée dans le recueil de ses poésies (De Dichten van Katharyne Lescailje, Amsterdam, by de Erfg. van J. Lescailje, 1731, 3 vol. in-4, t. IIIe, pp. 401-484). Elle est encore portée, en 1782, au catalogue des pièces jouées sur le théâtre d'Amsterdam, bien qu'elle fût dès lors abandonnée.
XXII
. P , K L . Treurspel, gevolgd naar het
Fransche van den Heer P. Corneille. Te Amsteldam, by de Erfgenamen van J. Lescailje en Dirk Rank, 1723. Met Privilegie. Pet. in-8.
Traduction en vers, par Sybrand Feitama.
. P , K L . Treurspel, gevolgd naar het
Fransche van den Heere P. Corneille. Nooit te voren gedrukt.
Tooneelpoezy van S. F[eitama] onder de Zinspreuk: Studio fovetur ingenium; te Amsteldam, by P. Visser en A. Slaats, 1735, 2 vol. in-4, t. Ier, pp. 275-354.
On ne s'explique guère cette mention: Nooit te voren gedrukt (imprimé pour la première fois).
. P , K L . Treurspel. Naar het Fransche van
den Heer P. Corneille gevolgd, onder de Zinspreuk: Studio fovetur ingenium. Verbeterd in dezen tweeden druk. Te Amsterdam, by Izaak Duim, Boekverkooper, op den hoek van den Voorburgwal en Stilsteeg, 1756. Met Privilegie. In-8 de 4 ff. et 67 pp., front. gravé.
Édition revue et corrigée.
. P , K L , Treurspel. Naar het Fransche
gevolgd, onder de Zinspreuk: Studio fovetur ingenium. Amsterdam, 1773. In-8.
Les ff. prélim. comprennent un très-beau frontispice, dessiné par Buys et gravé par Vinkeles.
«Quoique la traduction de Feitama soit une des meilleures qu'il ait écrites, elle n'a pas reparu au théâtre après l'année 1774.» V. L.
XXIII
. E , Treurspel. Dit het Fransch van P. Corneille. T'Amsterdam, by
de Erfgen: van J. Lescailje en Dirk Rank, op de Beurssluis, 1720. Met Privilegie. Pet. in-8. de 11 ff. et 96 pp.
Les ff. prélim. contiennent un beau frontispice de J. Goeree; le titre porte l'agneau au milieu des flammes, avec la devise: Perseveranter.
Traduction en vers, par Balthasar Huydecoper.
«Cet auteur, né en 1699, mort en 1778, appartenait à une famille patricienne d'Amsterdam, dont plusieurs membres remplirent des postes éminents dans la république. Lui-même fut échevin dans sa ville natale et bailli de l'île de Texel. Il écrivit quelques tragédies, dont deux surtout, Achille et Arsace, obtinrent un succès mérité. Il publia, en outre, plusieurs ouvrages de critique et de linguistique, dans lesquels il fit preuve d'un goût sûr et d'une profonde érudition, et qu'aiment encore à consulter les Hollandais qui veulent apprendre à bien écrire leur langue.
«La traduction est précédée d'une épître dédicatoire en vers, adressée au fameux professeur P. Burman, à Leide, épître dont nous essayons de donner ici la traduction:
«Le roi Œdipe, cet exemple de toutes les infortunes humaines, ce prince le plus malheureux qu'ait vu l'antiquité, reparaît sur la scène, non dans un habit nouveau, ni versant des pleurs que je lui fais répandre, ni tel qu'il a paru pour la seconde fois à la cour de France, applaudi par tous; mais tel que Corneille l'a fait briller, étoile resplendissante, illuminant de ses rayons l'Hélicon français, tel enfin qu'il se montra aux spectateurs émus jusqu'aux larmes de ses malheurs. Celui-là est digne du supplice de Marsyas, qui, présumant trop de ses forces, ose disputer au grand poëte de la France la couronne qui lui appartient. Tel le soleil lorsqu'en plein midi il réjouit et vivifie les champs qu'il éclaire, tel autrefois apparut Corneille. Un autre [Voltaire] arrive, pâle lune à minuit, et veut se mesurer avec lui: c'est Diane qui osa défier son frère. Mais le soleil fend-il les nuages et se montre-t-il dans sa splendeur, on voit aussitôt pâlir le disque de la lune. De même Corneille relèvera la tête, lorsque tout le monde aura vu flétrir et s'user par le temps et la rouille le clinquant qui l'aveugle aujourd'hui. Mais, sachant ce qui arrive à d'autres, je dois prévoir, etc.»
«La préface est bien écrite, mais elle est trop longue pour la reproduire ici.
«Huydecoper nous apprend pourquoi l'Œdipe de Corneille n'avait point jusque-là trouvé de traducteur; ou plutôt, dans un dialogue amusant, il en fait donner la raison par certain aristarque qui prétend que la pièce est la plus belle que son auteur ait écrite, et par là ne saurait être rendue en hollandais, que la Société littéraire Nil volentibus, qui a tout traduit, n'a pas osé s'y frotter, etc., jugement, comme on peut le croire, peu encourageant pour Huydecoper, qui venait d'achever sa traduction, et qui, malgré cela, ne laissa pas de la faire représenter. Le reste de la préface est consacré à la dissection de l'Œdipe de Voltaire, dont il fait une critique amère et généralement assez juste; il avertit le lecteur qu'il s'est permis de fondre en six lignes ce que dit Thésée dans la V e e scène du III acte, depuis les mots: