Bouillon de poulet pour l'âme des soeurs
2 - le Lien Entre Sœurs
Outre les encouragements prodigués à sa sœur Rachael (et aux deux autres qui ont suivi), Anny a toujours senti que c’était de son devoir en tant qu’aînée de la famille de préserver l’innocence de ses sœurs. Comme grande sœur, c’est elle qui se réveilla en pleine nuit pour s’assurer que la Fée des dents n’avait pas oublié Rachael la première fois qu’elle perdit une dent. Et lorsque le poisson rouge de sa sœur Elliana succomba, Anny fut celle qui le remplaça avant même qu’Elli ne réalise qu’il avait subi une mort prématurée. Anny a toujours voulu préserver les douces illusions de l’enfance de ses sœurs même si elle-même était devenue une adulte.
De mon point d’observation unique en tant que leur mère, j’ai observé le comportement de ces sœurs. Certes, j’ai souvent eu à refréner cette urgence d’intervenir, comme dans le cas du portique de jeux. Il ne faut pas oublier que les sœurs se disputent et argumentent, inventent et partagent des secrets, et souvent elles m’excluent de leur monde.
Ces moments appartiennent aux sœurs et non à leur mère, peu importe à quel point j’aimerais en faire partie. Mais je sais que ces moments privilégiés entre elles cimentent les liens fraternels et qu’ils les conduiront vers l’âge adulte, dans un lieu où, un jour, je n’y serai pas. Mais, c’est correct ainsi.
Après tout, j’ai aidé à la création de cette relation, je l’ai encouragée et favorisée. J’y occupe vraiment une place importante.
Et je sais où se trouve cette place, où elle doit être. C’est là, derrière la fenêtre de la cuisine, à observer.
Marsha Arons
2
LE LIEN ENTRE SŒURS
Votre sœur est la seule personne sur terre qui partage votre héritage, votre passé,
votre environnement, votre ADN,
votre structure osseuse et votre mépris
pour la stupide tante Girdy.
Linda Sunshine
La chanson de ma sœur
Nous avons entendu une chanson, nous l’avons entendue en harmonie.
Maxene Andrews,
des Andrews Sisters
L’attentat terroriste dans la ville d’Oklahoma a terrassé notre communauté ; mais six semaines plus tard, nous procédions, comme à l’habitude, à la cérémonie de remise des diplômes du plus grand collège d’OKC, dans l’église du quartier. Il était de notre devoir d’assurer le déroulement de cette cérémonie de fin d’année pour nos étudiants. Dans notre
« Petite Nation Unie », comme j’aimais bien l’appeler, nous étions une fervente communauté de croyants, et nos jeunes catholiques vietnamiens
priaient aux côtés de nos baptistes afro-américains. Cette cérémonie était leur dernière avant de quitter joyeusement pour le monde de l’université et celui du travail.
Bien sûr, des décisions législatives impliquant la séparation de l’église et de l’état signifiaient que, désormais, les étudiants et les parents étaient entièrement responsables de cet événement. Les étudiants devaient se rencontrer par eux-mêmes pour la préparation et pour donner le ton au programme. En tant que directrice de l’établissement, même s’il était difficile de « lâcher prise » sur une cérémonie de cette nature, je l’ai fait quand même.