Bouillon de poulet pour l'âme des soeurs

Canfield Jack · Chapitre 32 sur 83

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Bouillon de poulet pour l'âme des soeurs

3 - Rivalité Familiale

Susan confia à Ellie que c’est alors qu’elle était étendue sur son lit ce soir-là, réfléchissant à quel point elle se sentait proche d’Hannah, qu’elle aperçut la ménorah et réalisa que sa sœur avait raison. Le dernier tour d’Hannah aurait toujours des chandelles qui brûleraient plus longtemps et plus brillamment que toutes celles de Susan, parce que, pour Susan, les lumières d’Hannah ne s’éteindraient jamais. Elles seraient toujours présentes dans son cœur afin que Susan les voie quand elle sentirait le besoin de se reconnecter à sa sœur Hannah.

Tout ce que Susan avait à faire était de fermer les yeux et de se souvenir des chandelles dans la fenêtre, celles qu’Hannah avait allumées la dernière fois que ce fut son tour.

Eileen Goltz

3

RIVALITÉ FAMILIALE

Les sœurs ont probablement la relation

la plus compétitive au sein de la famille,

mais une fois qu’elles ont grandi,

leur relation devient la plus solide.

Margaret Mead

Une histoire moderne du temps des fêtes

Plus que le père Noël, votre sœur sait quand vous avez été bonne ou mauvaise.

Linda Sunshine

Enfants, ma sœur et moi étions des ennemies. Wendy, ma cadette de trois ans, empruntait mes vêtements et les laissait éparpillés sur le plancher. On se battait à savoir qui utiliserait la salle de bain en premier et combien d’eau chaude il restait. Par moments, nous nous tirions les cheveux dans des bagarres interminables.

En grandissant, notre aversion se transforma en tolérance, en acceptation et ensuite en amitié. Aujourd’hui, elle est non seulement ma meilleure amie, mais également ma partenaire de méfaits, alors que nous tentons de défaire

les traditions dingues de nos parents auxquelles ils ne veulent pas renoncer. Il y en a une, en particulier, contre laquelle nous tentons chaque année de nous insurger, mais sans succès.

Depuis autant d’années que je puisse me souvenir, moi et Wendy devions lire à haute voix La nuit avant Noël, à notre famille, la veille de Noël. Cette routine se répétait chaque année.

Après la messe de minuit, Wendy et moi recevions l’instruction de monter à l’étage où nous trouverions de nouveaux pyjamas. Puis, revêtues de nouveaux vêtements, nous descendions en gambadant pour une collation de fin de soirée : des biscuits confectionnés maison et du vin. On s’assoyait devant le foyer et on lisait l’histoire, dans le livre qui appartenait à ma grand-mère.

Wendy a vingt-sept ans ; j’ai trois ans de plus qu’elle. Nous lisons encore cette histoire. En fait, nous recevons encore de nouveaux pyjamas, bien que la lingerie ait remplacé les pyjamas pour enfants.

Chaque année, nous jurons d’arrêter cette lecture. Lorsque nous mentionnons à nos parents que nous sommes trop vieilles pour cela, ils rient.

Ma mère déclare : « Le père Noël ne viendra pas ce soir s’il n’y a pas de lecture. » Elle ne plaisante pas !

Le père Noël continue de nous laisser des cadeaux en échange de biscuits et du lait, malgré que le lait ait été remplacé depuis bien longtemps par de la bière. En réalité, le lapin de Pâques se cache encore dans nos paniers, mais, ça, c’est une autre histoire.

Il faut reconnaître que Wendy et moi avons fait bien des bassesses afin de rendre notre lecture désagréable, espérant que cela nous dispenserait de cette tâche annuelle. Une année, nous avons lu l’histoire avec le nasillement de la campagne. L’année suivante, nous avons lu un mot à la fois, très lentement.

Une autre année, nous l’avons lue le plus vite possible. Notre famille trouva ces variations amusantes et ne considéra aucunement mettre un terme à cette tradition.

Alors, Wendy et moi avons décidé de nous venger. Il y a sept ans, nous avons planifié notre première revanche.

Nous avons acheté un gril à nos parents, mais, plutôt que de simplement le leur donner, nous avons décidé qu’ils travailleraient pour l’obtenir : une punition pour toutes ces années de lecture.

Cette année-là, lorsque mes parents ouvrirent le cadeau, ils découvrirent

une énigme à résoudre. Après l’avoir résolue, ils en trouvèrent une autre qui les rapprochait de leur cadeau. Trente minutes plus tard, après avoir couru partout dans la maison, ils ont trouvé le gril sur le perron.

Nous avons quand même dû lire l’histoire l’année suivante. Alors, nous sommes devenues plus méchantes.

Nous avons rempli une énorme boîte avec des arachides en styromousse.

Nous avons inséré un message roulé dans trois arachides, qui dirigeait mes parents vers leur cadeau. Notre chance s’envola quand, au bout de quinze minutes de recherche, mon père trouva une arachide codée.

L’année suivante, nous avons usé de notre intelligence dans notre plan de revanche.

La boîte que mes parents ouvrirent contenait un piège : un tapis du jeu Twister. Afin de trouver leur présent, ils devaient se rendre à un coin du tapis.