det 6. Mes amis de la forêt enchantée : Émilie Pique-Piquant a une idée géniale
2 - La roue à eau
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La roue à eau
— Une course en bateaux ? Génial ! Je suis tellement impatiente, s’écria Lili.
— J’ai une autre surprise pour vous, ajouta Goldie en souriant.
Elle ramassa un panier posé entre les racines du Chêne Enchanté, souleva le couvercle et le tendit aux filles.
— Mmm…, fit Lili, des petits pains aux fleurs !
— Oh ! dit Manon. Des gâteaux aux cerises ! Et de la limonade à la fraise !
— Pour la Course de l’Eau Vive, chacun apporte un pique-nique à partager avec ses amis, expliqua la chatte dorée en refermant le panier.
Lili et Manon échangèrent un regard ravi. Tout était si joyeux dans la Forêt Enchantée !
— La course aura lieu sur la Rivière des Saules, continua Goldie. Vous vous souvenez de notre aventure là-bas ?
— Bien sûr, nous avions sauvé Élie Bec-Plume, répondit Lili. Peut-être allons-nous le voir aujourd’hui ?
Lili sourit en repensant à l’adorable petit caneton.
Goldie et les filles traversèrent la clairière. Quand elles arrivèrent devant le Salon de thé du Champignon Vénéneux, Marie Trotti-Trotta les salua par la fenêtre.
— Coucou ! cria la souris.
Elle prenait le thé avec son amie la taupe Lola Nez-Pointu.
— Bonjour, Marie, dirent en chœur Lili et Manon.
Snif ! Snif ! Le petit nez rose de Lola s’agita dans leur direction.
— Ça sent le miel…, dit-elle en clignant des yeux. Je connais cette odeur… Oui, je sais ! C’est Manon !
Lili éclata de rire.
Lola agita de nouveau son nez. Snif ! Snif !
— Oh, là, ça sent la fraise… c’est Lili !
— Merci, Lola, rit encore Lili. Est-ce que vous allez aussi à la Course de l’Eau Vive ?
— Dès que nous aurons terminé notre goûter, répondit Marie. J’ai hâte d’y être !
En chemin, Lili, Manon et Goldie rencontrèrent de nombreux animaux qui se rendaient à la rivière. Certains portaient des paniers de pique-nique, d’autres des couvertures. Tous bavardaient joyeusement.
— Quelle magnifique journée ! s’exclama Lili.
— C’est grâce à la Serre de Lumière qu’il fait toujours beau ici, se souvint Manon.
Une famille d’écureuils, les Queue-Touffue, prenait soin de la serre. Elle était magique et, malgré les grands arbres, elle chauffait et illuminait toute la forêt.
Récemment, la sorcière Grizelda avait envoyé son dragon des glaces. Il avait jeté un sort aux écureuils et gelé la serre. Si Manon et Lili ne l’avaient pas convaincu d’inverser son sort, la Forêt Enchantée aurait été plongée pour toujours dans le froid et l’obscurité !
— On arrive à la Rivière des Saules, dit Goldie.
Les animaux étaient déjà rassemblés sur la rive. L’eau scintillait comme mille diamants sous le soleil.
— Regardez, ajouta-t-elle en pointant la patte. Plusieurs équipes sont déjà sur la ligne de départ !
Les Bec-Plume, la famille de canards, papotaient sur leur péniche. Les Saute-Vert, une famille de grenouilles, étaient assis sur une immense feuille de nénuphar. Les tortues de la famille Carapace portaient toutes des bonnets de bain aux couleurs de l’arc-en-ciel. Même leur barque était rouge, orange, jaune, vert, bleu et indigo !
Manon fit un petit signe aux Croque-Bois. Les castors avaient pris place à la queue leu leu dans un canoë.
Sur la berge, les animaux avaient disposé leurs pique-niques. Assise à une longue table de banquet, un cygne, Sylvia Aile-Blanche, hocha élégamment la tête quand elle reconnut les filles.
— Nous avons une dernière chose à faire avant le départ de la course, dit Goldie. Suivez-moi !
Elles remontèrent la rivière jusqu’à une magnifique roue à eau. Elle tournait lentement, en soulevant l’eau avec un très joli bruit, « splich »… « splich »…
Tout près, une famille de hérissons se roulait dans l’herbe. Ils plantaient sur leurs piquants les pétales de fleurs et les feuilles qui tapissaient la rive. Ensuite, ils allaient se secouer pour les faire tomber loin de la roue à eau.
L’un des hérissons se précipita vers les filles.
— Henri Pique-Piquant ! s’écria Lili.
— Bonjour, Manon ! Bonjour, Lili ! dit Henri.
Deux adorables hérissons encore plus petits que lui les regardaient avec curiosité.
— Je vous présente mon frère Nathan et ma toute petite sœur Émilie, ajouta Henri.
Émilie Pique-Piquant portait un très joli diadème. Elle était encore recouverte de feuilles et de pétales qui sentaient drôlement bon.
— Oh, j’adore tes cheveux blonds, dit-elle à Manon.
— Merci ! Moi, j’adore ton diadème, répondit Manon.
— Émilie l’a gagné dans un concours, expliqua Henri Pique-Piquant. Il fallait résoudre des énigmes très difficiles.
Lili sourit.
— Bravo, Émilie. Tu dois être très intelligente !
— Oh oui, répondit fièrement M. Pique-Piquant. Notre Émilie est un génie !
Le museau d’Émilie rougit aussitôt.
— Ton diadème est encore plus beau avec tous ces pétales sur tes piquants, s’écria Lili. On devrait t’imiter et en accrocher dans nos cheveux !
Émilie éclata de rire.
— Ce n’est pas pour être belle que je fais ça, expliqua-t-elle. C’est notre travail : nous ramassons les saletés pour que rien ne bloque la roue à eau.
Mme Pique-Piquant commença à nettoyer les piquants d’Émilie et ajouta :
— La roue fait couler la rivière. Si elle s’arrêtait de tourner, la rivière disparaîtrait !
— Il n’y a que les Pique-Piquant qui savent s’occuper de la roue, dit Goldie aux filles. C’est pour ça que nous avons un grand service à leur demander !
M. Pique-Piquant sourit à la chatte dorée.
— Tout ce que tu voudras, Goldie.
— Pourriez-vous faire couler la rivière plus vite ? demanda-t-elle. Cela aidera les bateaux à prendre le départ de la course !
Les jeunes hérissons poussèrent des cris de joie.
— Bien sûr, répondit leur père. Que chacun prenne sa place…
Lili et Manon échangèrent un regard joyeux. Elles étaient tellement impatientes de voir les petits hérissons à l’action !
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