det 6. Mes amis de la forêt enchantée : Émilie Pique-Piquant a une idée géniale

3 - Grizelda !

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Grizelda !

 

Les hérissons se dandinèrent vers la rivière. À l’intérieur de la roue à eau, il y avait cinq roues plus petites où chacun s’installa.

— Prêts, les Pique-Piquant ? demanda M. Pique-Piquant.

— Prêts ! crièrent-ils à l’unisson.

— Attention… Un… Deux… Trois, ON ROULE !

Aussitôt, tous se mirent en boule. Ils roulaient sur eux-mêmes, faisant tourner chacune des petites roues. L’engrenage cliquetait et faisait accélérer la grande roue. La rivière coulait de plus en plus vite !

— Waouh !…, s’exclama Lili.

Les hérissons tournaient si vite qu’elle n’arrivait pas à les suivre des yeux.

— Pas étonnant que seuls les Pique-Piquant puissent faire ce travail, dit Manon.

Mais tout à coup Goldie poussa un cri.

— Oh, non ! Regardez !

Une sphère de lumière passa au-dessus des arbres. Une sphère verte qu’elles reconnurent tout de suite.

— Attention, c’est Grizelda ! cria Manon aux hérissons.

Émilie Pique-Piquant cessa aussitôt de tourner.

— La sorcière… gémit-elle.

Toute la famille de hérissons sauta de la roue. Blottis les uns contre les autres, ils tremblaient de peur.

La sphère éclata en une pluie d’étincelles et une grande femme maigre apparut. Ses cheveux verts s’agitaient comme des serpents. Elle croisa les bras et tapa du pied.

— Tous en boule ! s’écria Mme Pique-Piquant.

En un instant, tous les hérissons s’enroulèrent et dressèrent leurs piquants.

— Vos petits amis ont l’air très effrayés, ricana Grizelda. Mon dragon des glaces a échoué, mais j’ai d’autres dragons pour faire fuir tous les animaux de la forêt. Bientôt, elle sera à moi pour toujours ! Ha ! Ha !

Lili ne voulait surtout pas lui montrer qu’elle avait peur. Elle cria courageusement :

— On ne les laissera pas s’attaquer aux animaux !

— Ha ! Nous verrons ça, ricana Grizelda.

Puis, d’un claquement de doigts, elle disparut.

Goldie glissa ses pattes dans les mains des filles.

— Que va-t-elle encore nous faire ? murmura-t-elle.

Mais il ne se passa rien. Lili et Manon observaient la forêt, toujours aussi merveilleuse, toujours aussi calme. Les Pique-Piquant sortaient leurs museaux quand retentit un terrible rugissement.

— Raaaaaargh !

Un dragon tournoyait au-dessus d’eux !

— Je suis Poussière, le dragon jaune. J’ai le pouvoir de tout dessécher ! Bientôt, la Forêt Enchantée sera un désert !

— Tu ne peux pas faire une chose pareille ! cria Manon. Que deviendraient tous les animaux ?

— Hé ! Hé ! Quelle importance ? répondit Poussière.

Et il descendit en piqué.

 

— Oh ! s’écria Manon. Il fonce sur la famille Pique-Piquant !

— Courez ! hurla Lili. Courez ! Cachez-vous !

Mais les Pique-Piquant étaient si terrorisés qu’ils ne pouvaient plus bouger.

Poussière poussa encore un rugissement et se mit à marmonner : Ô Magie, transforme ces hérissons en pierres…

Ô Magie… Que plus jamais ne coule la rivière !

Lili, Manon et Goldie, épouvantées, virent les hérissons devenir tout gris. Leurs piquants d’abord, puis leurs pattes. Leurs petits corps s’immobilisèrent.

Manon se précipita vers Henri. Il était tout dur, tout froid… Elle le serra contre elle et murmura :

— Pauvres Pique-Piquant… Le dragon de Grizelda les a changés en pierres !

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