det 6. Mes amis de la forêt enchantée : Émilie Pique-Piquant a une idée géniale
4 - La rivière menacée
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La rivière menacée
La roue à eau grinça et arrêta lentement de tourner.
Le dragon jaune s’éloignait en battant des ailes. Il ricanait encore.
— Maintenant, la forêt va se dessécher ! Tout ne sera que sable ! Hihi ! Je pourrai prendre un bon bain de soleil, tout ce que j’aime !
Goldie et Lili coururent rejoindre Manon. La famille hérisson était pétrifiée. Nathan Pique-Piquant avait les yeux écarquillés et son museau pointait vers le ciel.
— Nathan ? Nathan ! l’appela Manon, mais il ne répondit pas.
— C’est terrible, soupira Goldie. Vous vous souvenez ? Seul un dragon peut défaire le sort qu’il a lancé !
Au bord des larmes, Manon gémit :
— On dirait quatre petites statues. On ne peut pas les laisser comme ça !
— Quatre ? répéta Lili.
Goldie attrapa sa main.
— Oh, mais oui, remarqua-t-elle. Il n’y en a que quatre. Il manque… Émilie !
Elles regardèrent partout autour d’elles et entendirent un léger couinement. Un petit tas de feuilles et de pétales commença à bouger. Un minuscule museau apparut.
— Émilie ! s’écria Lili. Tu avais tellement de feuilles sur tes piquants que le dragon ne t’a pas vue !
Elle prit le petit hérisson dans ses bras.
— Que va devenir ma famille ? demanda Émilie, blottie contre Lili.
Manon lui caressa la joue du bout du doigt.
— Ne t’inquiète pas, répondit-elle doucement. Nous trouverons un moyen pour obliger Poussière à inverser son sort ! Il faut qu’on réfléchisse.
Émilie plissa ses petits yeux pleins de larmes.
— Papa et Maman disent toujours que je suis très forte pour réfléchir, je vais vous aider !
Le cœur serré, elles abandonnèrent les quatre petites statues pour retourner à la rivière. Les animaux, groupés près de la ligne de départ, attendaient toujours qu’il y ait assez de courant pour s’élancer.
La famille Bec-Plume avait commencé une bataille de bombes à eau. Élie hurla de joie quand un ballon éclata, trempant toutes ses plumes.
— Regardez ! s’écria Mme Bec-Plume. Les filles et Goldie sont de retour !
La chatte dorée expliqua vite aux animaux ce qui s’était passé. Tous étaient très inquiets. Agathe Brille-Brillant, la pie, passa son aile autour d’Émilie pour la réconforter.
— La course ne peut pas avoir lieu, dit-elle. Pas tant que les pauvres Pique-Piquant seront ensorcelés !
Lili observa quelques instants la rivière. Quelque chose semblait avoir changé.
— Est-ce que la rivière n’est pas moins profonde ? demanda-t-elle.
Émilie courut sur la rive.
— La roue a dû s’arrêter, cria-t-elle. La rivière va disparaître !
Goldie agita nerveusement ses moustaches.
— Il faut sauver la famille Pique-Piquant, sinon la roue ne tournera plus et la rivière s’asséchera à jamais !
Les Saute-Vert se mirent à bondir dans tous les sens, paniqués.
— Au secours ! Qu’allons-nous devenir, s’il n’y a plus d’eau ?
— À l’aide ! cria à son tour Agathe Brille-Brillant. Les arbres et les fleurs vont mourir, et nous n’aurons plus rien à boire !
— Il faudra quitter la Forêt Enchantée, gémit Bernard le blaireau.
— C’est exactement ce que veut Grizelda, répondit Manon. Est-ce que quelqu’un a vu vers où se dirigeait le dragon ?
— Il a dit qu’il voulait profiter du soleil, dit Émilie. Il a même parlé de « bain de soleil » ! Et de sable… il cherche peut-être une plage ?
Lili félicita le petit hérisson.
— Bravo, Émilie ! Tes frères ont raison, tu es vraiment intelligente.
Le museau d’Émilie devint encore plus rose.
— Il y a une plage plus loin sur la rivière, dit Goldie. On l’appelle la Crique de Corail. Il suffit de suivre la rive. Venez vite !
Émilie Pique-Piquant se glissa dans la poche de Manon en veillant à ne pas la blesser avec ses piquants.
— Bonne chance ! leur crièrent les Trotti-Trotta.
— Attention à vous, ajouta Bernard le blaireau. Soyez prudentes.
— Ne vous inquiétez pas, répondit Goldie. Nous allons sauver les Pique-Piquant !
Manon hocha la tête.
— Après tout, nous avons un petit hérisson très, très intelligent pour nous aider !
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