Dictionnaire François—Onontagué
Dictionnaire
FRANÇOIS-ONONTAGUÉ,
ÉDITÉ
D’APRÈS UN MANUSCRIT DU 17e SIÈCLE
PAR JEAN-MARIE SHEA.
NOUVELLE YORK:
A LA PRESSE CRAMOISY.
1859.
SUPPLÉMENT GRAMMATICALE
=Des Noms et des Verbes.=
Tous les noms sont indéclinables, et les verbes se conjuguent peu près tous les uns comme les autres. La plupart des noms ont leur terminaison en a. Pour les verbes ils l’ont presque tous differente, c’est ce qui en rend la conjugaison difficile: Ex. gnon8es, j’aime; guech8ahens, je hais; guechakch, je cherche; gnigonha, je couds; ktag8as, je crains; kuenigonrondahach, je donne de l’esprit; garaganhek, j’ai envie ou je desire; gatchonch, je delie; gassonderag8ach, je dessoude; degarattat, je cours; guechnoré, je depesche un ouvrage; kuenoyentanik, je donne un dementi, gatahennota, je perche en canot, ainsi des autres.
Pour en faciliter la conjugaison on trouvera à chacun des verbes la première personne de tous les temps, et j’en conjuguerai quelques uns pour servir de règles aux autres.
Une des plus grandes difficultés de cette langue vient de ce que les verbes n’ont point de substantif. Exemple. Du verbe aimer on ne dit point amour; de haïr, on ne dit point haine, et l’on est obligé pour se faire entendre d’user de circumlocutions, qui sont tout fait incommodes pour les commençants. Ex. J’aime la vie, ils tournent, j’aime cela par quoi l’on vit.
Les verbes n’ont point aussi d’infinitif; au lieu duquel ils se servent souvent du futur. Exemple. Je veux aller, ils disent j’irai ou je crois que j’irai; quelque fois d’un autre temps, comme, je l’ai veu batre, ils disent, j’ai veu qu’on le batoit, et quelque fois du present: Exemple. J’ai envie de danser, on dit, j’ai envie que je danse.
La pluspart des verbes au present la première personne commancent par la lettre g ou k qui determine si c’est d’une chose ou d’une personne que l’on parle. Exemple: gnon8es, j’aime quelque chose; kuenon8es, j’aime quelqu’un; chenon8es, tu aimes quelque chose; chenon8es, tu aimes quelqu’un; hanon8es, il aime quelque chose; chagonon8es, il aime quelqu’un.
Cette difference se trouve dans tous et fait distinguer la chose dont on veut parler.
La seconde personne commence toujours par ch.
La troisieme par ha ou a simplement, et par chago etc, lorsqu’il s’agit d’un homme ou d’une femme qu’on aime ou qu’on hait ou qu’on bat etc.
Il faut remarquer que lorsque la personne qui aime, hait ou frape, frape hait ou aime une autre personne, tous les verbes actif commencent par ke et ont chago la troisieme personne. Ex. kenon8es, chagonon8es, keyenta, chagoyenta.
Mais si le verbe n’a rapporte qu’a une chose inanimée, comme: j’aime le pain, je frape un arbre, on met un g au lieu de ké à la premiere personne, et le troisieme a ha au lieu de chagô. Ex. gnon8es, hanon8es; guienta, hayenta. Cette règle est la même pour tous les verbes.
Au pluriel, à la premiere personne, on met devant le verbe ag8a, nous; a la seconde s8a, à la troisieme hati; Exemple, ag8anon8es, nous aimons; s8anon8es, vous aimez; hatinon8es, ils aiment.
Et lorsque la personne est jointe avec le verbe, il ne faut qu’en changer les premieres lettres pour denoter celui qu’on fait agir ou celui dont on parle. Exemple:
Je t’aime, gonnon8es. Tu m’aime, chkenon8es. Je l’aime, henon8es. Tu l’aime, hêchènon8es. Il t’aime, heanon8es. Il m’aime, hagnon8es. Il l’aime, hônon8es. Nous vous aimons_, ded8atatenon8es. Vous nous aimez, des8atatenon8es. Ils s’aiment, dehontatenon8es.
Cela se pratique egalement, et il y a exception dans tous les verbes.
Il en est de même du mot gadat, lequel audevant de chaque verbe auquel il peut convenir signifie je me. Exemple: Je m’aime, gadatenon8es; je me hais, gadatech8ahens.
Tous les tems se forment du present mais quelques uns avec tant d’irrégularité que je ne crois pas qu’on puisse ny les partager par conjugaisons, ny donner aucune regles facilles pour les conjuguer; le futur seul est—mettant en audevant du verbe. Exemple:
Gnon8es, j’aime. Engnon8es, vel engnon8enha, j’aimerai.
Gaktendia, je pars. Engaktendia, je partirai. Higué, je vas. Engué, j’irai etc..
Tous les verbes n’ont n’y participes n’y gerondif n’y supins, au lieu du participe aimant, ils disent celui qui aime ou qui aimoit; pour le gerondif en aimant on tourne lorsqu’il aimoit; pour le supin aimer, ils disent que l’on aime.
=Remarques pour Servir la Conjugaison.=
Les verbes qui se terminent en ta font ti au proeterit parfait. En âha font ahi. En iakch font iagui. En ensek font sehi. En dinha font dihi. En tanik font tani. En hahach font hahagui. En ekkon font–-. En dié font diehi. En g8a font g8en. En k8a font k8i. En chis font chihi. En onk font on mettant 8a au commencement.
Ex. kiotionk, j’affille; 8akiotion, j’ai affilé. En niahi font ni. En gué font guetti. En chionch font chion, mettant 8a au commencement. En enha font enhi ou enti. En anha font hai. En dik font dihi. En onk font ton en mettant 8a devant. En attat font tati. En inonk font non, mettant 8a devant. En 8anik font–-. En dé font dehi. En dik font dihi. En riek font riehi. En na8as font–-. En 8es font 8ehi. En hens font henhi. En das font dahi. En ronk font ronh8i. En niaha font ny. En 8ach font 8i. En g8as font g8en. En tanik font tani. En rach font rah8i. En onha font on, mettant 8a avant le mot. En kach font k8en. En hach font hahi. En hek font hai. En konk font konhin. En tahah font tah8i. En seron font seronni. En êna font êni. En hroch font roh8i. En châa font chahi. En hen font henhi. En das font dahi. En de font dehi. En riek font riehi. En sek font sehi. En g8ach font g8en. En tonk font tonni. En chonch font chonh8i.
=Verbes dont les Conjugaison sont Marquées cy dessus.=
Présent. Passé.
kah8itta. kah8itti. kehniaha. kehniahi. grondiakch. grondiagui. konhadinha. konhadihi. gadatchensek. gadatchenséhi. kenigonrhatanik. 8akenigonrhatani. deguettohahach. deguettohahagui. guiena. 8aguieni. kninonk. 8akninon. kerihostanik. kerihostani. 8agnechaa. 8aguechiahi. akchis. akchihi. guektonk. guektonh8i. 8atkekonhen. 8atkekonhenhi. kiotionk. 8akiotion. degarattat. degarattati. skenak8endas. skenak8endahi. aguiôde. aguiodêhi. de8agueriendaninseron —seronni. kenondadie. kenondadièhi. kkahienha. kk8ahienhi. gadektonk. 8agadekton. 8aguientenha. 8aguientèhi. 8aguiadohanha. 8aguiadôhahâhi. grohroch. g8ohroh8i. sagatog8a. sagatoga8en. ketinhrek. ketinrhahi. kenon8ariakonk. 8akenon8ariakon. hagreserintahach. hagreserintah8. keyena8asek. keyena8asehi. guientonk. guientonni. gatchonch. gatchonh8i. guech8ahens. guech8ahenhi. kehedgiaronk. kehedgiaronh8i. ktag8as. ktag8en. kah8ach. kah8i. keyataguenriek. keyataguenriéhi. keyena8asek. keyena8asehi. kenon8es. kenon8ehi. keyattarong8ach. keyatterong8en. keyodas. keyodahi. gadiatag8ariechionch 8agakiatag8ariechion. guionha. 8aguion. kenosserach. kenosserah8i. kerorkach. kerork8en, vel kerorkah8i. dekenatanhach. dekenatanhahi.
=Remarques.=
Comme il m’est impossible de conjuguer les verbes dans leur entier et que dans la suite[1], je ne marquerai les tems que de ceux qui se formeront differamment, on voudra bien pour leur conjugaison venir aux remarques que je fais icy.
[Footnote 1: Apres la lettre A du dictionnaire.]
L’imparfait se forme du présent y adjoutant k8a à la fin.
Le proeterit parfait sert à former le plusq. parfait du present en ajoutant hna à la fin; et change lui même selon la terminaison des verbes.
Le futur se forme du présent en mettant en au devant du present.
Le présent du subjonctif est le même que de l’actif.
Le proeterit imparfait se forme en mettant a devant le présent.
Le parfait est le même qu’a l’indicatif.
Le plusq. parfait du subjonctif se forme du plusq. parfait de l’indicatif mettant devant le verbe aon ou a.
Le futur du subjonctif se forme du proeterit parfait de l’indicatif en mettant a au commencemen et la lettre k à la fin. Ex: kenon8ehi, j’ai aimé; akenon8êhik, j’aurai aimé.
=Des Pronoms.=
Moi, i. Mon, i haga8en. Toi, is. Ton, is sa8en. Lui, ahonrha. Son, ahonrha horen. Nous, onguionrha. Notre, onguionrha ong8a 8en. Vous, dzionrha. Votre, dgionrha s8a 8en. Eux, ononrha. Leurs, ononrha ona8en.
Le pronom mon, ma, s’exprime de même que le verbe possessif j’ai par les lettre hak qu’on met audevant de la chose appartenant à la place des deux premieres qui composent le mot simple. Ex. gahonha, un canot; hakkonha, mon canot; gachionra, un fusil, hakchionra, mon fusil.
=Des Adjectifs de Nombre.=
1. unskat, vel skata. 2. tegni. 3. achen. 4. gayêri, 5. 8isq ou 8ichk. 6. hayak. 7. tchiatak. 8. tegueron. 9. 8aderon. 10. 8assen. 11. 8assin skata kahré. 12. tegni kahré. 13. 8assin achen kahré. 14. 8assin gayéri kahré. 15. h8isque kahre 8assin. 16. 8assin hayak kahré. 17. 8assen tchiatak kahré. 18. 8assen tegueron kahré. 19. 8assen 8aderon kahré. 20. te8assen. 30, acnen ni8assin. 40, gayeri ni8assin. 50, 8ichk ni8assin. 60, hayak ni8assin. 100, 8assen ni8assin. 1000, 8assen teh8enniah8i. 10,000, 8assen ni8enniaé serassen. 1/2, sate8achenonk. 1/4, gayeri degayagui. 1/8, achen na degayagui.
Le sixieme, hayakotonta; second, tegni 8atonta, te8assen satonta, tchiatak otonta. Six fois, hagak nion. Trois à trois, achen chon.
=Des Adverbes.=
On trouvera très peu d’adverbes, la pluspart étant joints avec les verbes et ne composant qu’un seul mot. Ex. je cours vite, guianoré; tu cours vite, chianoré etc; je parle bien, grisahienk, chrisahienk, harisahienk, qui vaut autant que de dire, j’entend faire un discours.
Voicy quelques uns des plus usité.
Par, par la ville, gauataguéchon. Ou, kanin; ou vas tu? kanin8aché. Icy, tonin; reste icy, tonin stak, vel tchiderondak. L , hechi. Dou, kanin; dou viens tu? kanin dachetta. De là, tô; je viens de là, tô daguetta. Par ou, kaninhag8a. Par icy, tô hag8a. Par là, nen hag8a. Aujourd’huy, onkkuen. Demain, hiourhenna. Hiers, haehetek. Aprez demain, endgiourhenna. Tout les jours, chetechon. Une fois, skata. Pourquoy, hot karihonnias. Oui, nêtô, vel nayé, vel toguech. Non, hi , vel hyakien. Courage, tchiaguen. Voil , le voil , hi gayen Ensemble, tedgziarins, an duel Bien, issoa, vel 8yaneré. Beaucoup, kstkâte, plusieurs. Moins, 8cht8ikha. Peu, un peu, 8cht8iha. Ainsi, es ce ainsi, netô quen niout; c’est ainsi, nètô. Es ce cela, n quen.
Les comparatifs et superlatifs s’expriment seulement en montrant la chose ou la personne don’t il s’agit, ou la denotant. Ex. Celui la est plus fort, il faut tourner, c’est la le fort.
Les noms n’ayant ny comparatifs ny superlatifs, les adverbes n’en ont point non plus.
Des Prépositions.
Aupres, aktaa. Chez, tcha. Autour, detegiot8atassé. Au dela, chi hag8a. En deça, garo hag8a. Dans, agonhsa. Hors, dehors, asté. Entre, permi, achenonk. Aupres, tout pres, touchkuenha Après, ônâguén. Derrierre, ônâguén. Au dessus, hetken. Le long, aktatié. Jusques la, tcha hiodokta. Devant, ouhenton. Contre, aktaa. Au dela, chi hag8a. Seullement, kueng8a. Trop peu, 8dgidacht8i. Pas encore, son. Tout juste, netôdgik. Ce n’est pas cela, tigâté. C’est autre chose, hôyadzik. Sans, naguens. En cachette, dassetigué. Sous, hagonh8a. Dessus, en haut, henkuen.
Des Conjonctions.
Si, ne. Aussi, ong8a. Alors, tôqué. Soit qu’importe, tocheg8a. C’est pourquoi, nagarihonniaha. Encor, ôrach. Pas encore, son. Parceque, nagarihonniaha. Nes ce pas q, nayé quen, vel neto quen. Eh bien, voyez n’est point usité, ta sen est le mot qui en approche le plus.
Le point interrogant s’exprime par qu’en qui vaut le nonne des latins. Ex. nes ce pas? neto qu’en.
L’interrogation s’exprime en mettant ken à la fin du mot suivant. Ex. es ce toi, isken; cela est-il bien, netô ken, vel 8hianeré ken.