Entre deux feux
Chapitre 2 - Les conditions à réunir (1): le parlementarisme
CHAPITRE 2
Les conditions à réunir (1) : le parlementarisme
[…] la Liberté, d’un vol sûr et rapide,
Étend ses doux rayons jusque dans nos climats,
Son feu divin vient fondre nos frimats.
De l’Angleterre à l’Amérique
L’humanité étend ses loix
Un Souverain doux, juste et politique Veut nous faire jouir de nos droits.
SAMUEL NEILSON, La Gazette de Québec, 1792
L es travaux les plus récents de l’historien Christian Blais ont montré comment les années qui suivent la cession de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne en 1763 constituent les prodromes du parlementarisme au Canada. Il y a, bien sûr, une vie intellectuelle à l’avenant :
Dans la ville de Québec, de 1764 à 1791, il se trouve par ailleurs des marchands, des relieurs, des
libraires et des encanteurs qui annoncent des livres à vendre dans les journaux. Réjean Lemoine
recense 26 occurrences des Commentaries on the Laws of England de Blackstone, dont quatre
traductions françaises. L’Esprit des lois de Montesquieu est recensé 15 fois, soit neuf titres français
et six en anglais. Le Parliamentary History de William Cobbett est annoncé à quatre reprises. Cette
offre diversifiée témoigne qu’il existe, dans la Province de Québec, une demande en matière de
droit constitutionnel et parlementaire 1.
On instaure, dans la colonie, un Conseil législatif qui, selon l’Acte de
Québec de 1774, est composé de « 17 à 23 personnes résidant dans la colonie. Les conseillers législatifs ont officiellement le pouvoir de rendre des ordonnances “pour la paix, le bien-être et le bon gouvernement” avec le
consentement du gouverneur2 ». Plusieurs de ces conseillers sont pétris de la culture des Lumières et connaissent bien les théoriciens du parlementarisme anglais, comme l’Écossais William Grant (1744-1805) et son ami, le noble
canadien Charles-Louis Tarieu de Lanaudière (1743-1811)3.
Un coup d’œil au catalogue de 1785 de la première bibliothèque publique
de souscription au Québec, la Quebec Library – créée en 1779, mais qui n’ouvre ses portes qu’en 1783 –, permet justement de voir la disponibilité de nombreux ouvrages susceptibles d’enrichir les débats politiques. En français seulement, on y trouve les Commentaires de Blackstone, les Lois civiles de Domat, Essai sur l’entendement humain de Locke, les Œuvres d’Helvétius, de Hume et de Montesquieu, Politique et philosophique de Raynal, plusieurs œuvres d’Anciens (Salluste, Cicéron, Démosthène), Histoire de la Nouvelle-France par le père Charlevoix, Don Quichotte de Cervantès, les œuvres des
philosophes (Voltaire, Rousseau), de Racine, de Corneille, de Boileau, etc.4. Bilingues, les collections de la Quebec Library, d’abord abritées dans le palais
épiscopal, deviendront surtout anglophones au e 5 XIX siècle.
Bref, depuis la cession du Canada à la Grande-Bretagne, il y a des débats
politiques dans la colonie6, alimentés par la publication de La Gazette de
Québec 7 dès 1764, par la présence d’ouvrages constitutionnels et par l’existence de chansons, de poèmes, de placards, de feuillets, de pamphlets. Comme dans la tradition britannique, l’écrit devient un outil efficace entre les mains de ceux qui seront bientôt des hommes politiques ou des députés. Les pamphlets, qu’on peut définir comme des « short texts, typically in octavo format, often between 8 and 48 pages or longer, printed on cheap paper and sold
unbound 8 », sont évidemment prisés. Rappelons au passage qu’un des brigadiers de James Wolfe pendant la Conquête, George Townshend (1724-1807), aussi député de Norfolk à la Chambre des communes britannique, a non seulement fait des caricatures de ses adversaires politiques et de ses supérieurs, dont certaines alors qu’il était à Québec, mais il a également écrit
des pamphlets les dénonçant9. Nul doute que cette culture du pamphlet a durablement marqué les administrateurs et les conseillers de la province de Québec et du Bas-Canada, construisant à la fois le parlementarisme et l’espace public de débats que celui-ci suscite.
Les années qui précèdent l’entrée en vigueur de l’Acte constitutionnel
en 1791 et la création d’une Chambre d’assemblée au Bas-Canada sont encore plus riches de ce point de vue. John Hare rappelle que, « pendant les années 1788-1791, les réformistes et leurs adversaires livrent une bataille serrée pour influencer l’opinion publique autant dans la colonie qu’en Angleterre.
On voit apparaître des écrits – pétitions, mémoires, esquisses, lettres satiriques et même des poèmes – concernant les débats constitutionnels dans les
journaux de la colonie10 ». Les réformistes, pour reprendre les termes de cet auteur, l’emportent finalement et la Chambre d’assemblée est instituée. Il s’agira désormais, pour eux, de faire connaître la nouvelle Constitution et ses avantages. Et ils devront aussi débattre, pendant la campagne électorale de l’été 1792, du mérite des candidats. C’est là, dans ce processus d’éducation et de délibération, que naissent les premières figures d’hommes politiques doublés d’hommes de lettres.
À la découverte du parlementarisme à l’anglaise
Il y a eu un emballement discursif à ce propos chez les nouveaux sujets
britanniques dès le e XVIII siècle. Le développement de l’imprimerie, en 1764, dans la province of Quebec en aura bien sûr été une condition sine qua non, même s’il semble difficile, du moins dans une perspective commerciale, de critiquer l’Église ou les autorités coloniales, qui constituaient elles-mêmes une
clientèle non négligeable11. Il n’empêche que des éditeurs-imprimeurs comme les frères Samuel et John Neilson à Québec publient des brochures, des feuillets, des placards politiques. Une analyse statistique des premiers imprimés canadiens (de 1752 à 1840) montre même que la politique est le quatrième sujet en importance en ce qui a trait au nombre de titres après les diverses publications gouvernementales, la religion et la société en général. La
littérature et les beaux-arts arrivent en cinquième position12.
La pédagogie parlementaire est à l’ordre du jour. En janvier 1792, quelques
mois avant les premières élections, des marchands anglais et des citoyens canadiens se réunissent à la taverne Frank’s, rue Buade, à Québec, pour fonder le Club constitutionnel, où on discutera deux fois par mois, le samedi soir, de tous les sujets possibles, sauf ceux concernant la religion et la révolution en
France13. Ses coprésidents sont Charles-Louis Tarieu de Lanaudière et William Grant, tous deux conseillers législatifs, ce qui donne à penser qu’un noble canadien et un marchand écossais s’approprient alors le système parlementaire. En février et mars 1792, sous le pseudonyme de « Solon », un auteur présente l’Acte constitutionnel dans La Gazette de Québec. Il cherche à le « rendre intelligible au peuple de cette province ». Selon John Hare, « Solon » pourrait être Jonathan Sewell (vers 1766-1839), bientôt solliciteur général du Bas-Canada, plus tard député de William-Henry (Sorel) de 1796 à 1808 et juge en chef du Bas-Canada. Sewell fera paraître, quelques mois après le texte de Solon, An Abstract from Precedents of Proceeding in the British House of Commons / Extrait des exemples de procédés dans la Chambre des communes de la Grande-Bretagne. Son objectif est analogue à celui de Solon : « L’utilité évidente d’un pareil ouvrage à cette époque a engagé l’Éditeur à le publier, car on a cru ne pouvoir offrir rien de mieux approprié aux Procédés de législatures fondées sur la Constitution Britannique que la pratique actuelle de la Chambre des Communes de la Grande-Bretagne, qui est le résultat d’une
longue expérience14. »
Donc, au printemps 1792, Solon écrit dans La Gazette de Québec : « Nous
regardons comme étant du devoir des Curés, des Seigneurs, des Notaires, Maîtres d’école et Marchands instruits, de répandre nos productions, parmi le peuple de les lire, de les expliquer, de manière qu’en jouissant d’une
constitution libre il n’en ignore pas la nature et la valeur15. » Ce travail à la fois de pédagogie et de découverte pour les élus se poursuivra tout au long
du XIXe siècle. C’est dans cet esprit qu’on créera deux bibliothèques législatives, une pour la Chambre d’assemblée et l’autre pour le Conseil législatif, en 1802. Celles-ci sont contemporaines de la Bibliothèque du Congrès américain (1800) et précèdent même celle de la Chambre des communes à Londres (1818). Comme le montre Gilles Gallichan, dès « le début des années 1820, la Bibliothèque de la Chambre a déjà perdu son caractère de bibliothèque
exclusivement juridique et elle devient plus universelle16 », voire littéraire. Elle
est ouverte au public à partir de 1825, en dehors des sessions parlementaires17.
Les parlementaires eux-mêmes veulent transmettre des connaissances en
matière de parlementarisme à leurs compatriotes afin de leur permettre de mieux comprendre les rouages – et aussi les frontières, sans doute – de cet espace public de délibération. Joseph-François Perrault (1753-1844), député de 1796 à 1804, traduit ainsi en 1803 le Lex Parlementaria, un recueil de droit parlementaire britannique attribué à George Petyt qui remonte à 1690. La Chambre d’assemblée en finance la traduction et l’impression à 200 exemplaires. En 1805, le même Perrault publie un Dictionnaire portatif et abrégé des loix et règles du parlement provincial du Canada, qui prend la forme d’un glossaire. Dans sa dédicace à ses « compatriotes de la province du Bas-Canada », il espère « faciliter la connaissance des loix constitutionnelles de [leur] parlement et des règles qu’il s’est imposées pour procéder régulièrement
aux affaires publiques18 19 ». Son ouvrage est tiré à 400 exemplaires. Notons enfin un autre ouvrage de Perrault, Questions et réponses sur le droit civil du Bas-Canada (1810), qu’il dédie aux étudiants en droit qui doivent passer leur examen de fin de cléricature pour devenir avocats. Dommage que Perrault n’ait jamais réussi lui-même à finir sa propre cléricature. Un but pédagogique semblable guide les ouvrages sur le parlementarisme et sur le droit canadien. En 1809, l’étudiant en droit Justin McCarthy fait paraître – non sans difficulté
20 – un Dictionnaire de l’ancien droit du Canada. Son objectif n’est pas différent de celui de Joseph-François Perrault, le parlementaire et protonotaire : il espère son traité de « quelque utilité » grâce, notamment, à la mise en ordre alphabétique des « anciennes lois de ce pays ». Ordonnancer le savoir pour le plus grand nombre n’est pas sans rappeler ce que les Lumières ont cherché à faire en Europe. Et puisque personne ne vit vraiment en serre chaude, on peut imaginer qu’il en a été de même au Bas-Canada.
On dénote le même intérêt pour l’éducation parlementaire chez le
Dr Jacques Labrie. Député de 1827 à 1831, Labrie croit que le règne du gouverneur Craig a été un accélérateur pour plusieurs :
Les choses en étaient là, lorsque les violences de Sir James Craig vinrent ouvrir les yeux des
habitants et leur apprendre à mieux placer leur confiance. D’un autre côté, la presse, ce puissant
palladium de la liberté, avait déjà commencé à déchirer le voile mystérieux, dont le despotisme
aime à se couvrir ; l’amour des études constitutionnelles s’était accru ; déjà les habitants parlaient
de leurs droits avec beaucoup plus de hardiesse que par le passé ; et la question de l’exclusion des
juges d’un siège dans l’Assemblée ayant successivement amené deux dissolutions de parlement, ils
apprirent à s’unir davantage pour la défense de droits, pour lesquels ils acquéraient d’autant plus
d’attachement qu’ils commençaient à les mieux connaître21.
Afin d’élargir les connaissances de ses concitoyens à propos de la
Constitution anglaise, le Dr Labrie s’emploie à traduire un extrait de… roman. En effet, dans Les Premiers Rudimens de la Constitution britannique (1827), il traduit un épisode du roman d’éducation Fool of Quality de l’écrivain irlandais Henry Brooke, paru entre 1765 et 1770. Le personnage principal, M. Fenton, enseigne au jeune Harry tout ce qu’il y a à savoir sur la Constitution anglaise.
Dans sa traduction, le Dr Labrie retranche toutes les marques dialogiques et les traits fictionnels pour ne conserver que l’exposé sur la Constitution. Une telle attitude ne surprend guère dans la mesure où le genre romanesque est d’emblée suspect parce que susceptible, croit-on alors, d’exciter les passions. Labrie explique son choix en distinguant les genres romanesques français et anglais :
Nous savions que chez les Anglais la branche de la littérature, à laquelle appartient l’ouvrage
précité de M. Brooke, (The Fool of Quality,) est loin de ressembler à la même branche chez leurs
aimables voisins : gourmande, et force d’un trop grand luxe de végétation, elle n’a pas, comme
chez eux, uniquement produit une infinie variété de fleurs brillantes, d’une parfaite beauté, mais
stériles, ou sans résultat solides. Nous connaissions même qu’elle n’offre à la jeunesse aucuns des
fruits empoisonnés, qui font trop souvent le danger des romans français. Sous les plumes
d’hommes vertueux, de génie, et d’un grand savoir, sous celles de Richardson, des Swift, Sterne,
Fielding, Brooke, Scott, Goldsmith, et d’une infinité d’autres du même mérite, des ouvrages de
délassement ont versé sur un peuple actif et sagement occupé, des sources pures et abondantes de
moralité et d’instruction saine et profitable 22.
On voit déjà se profiler ce que d’autres – comme Amédée Papineau et
Étienne Parent – diront plus tard : la littérature ne doit être au Bas-Canada que si et seulement si elle est utile. On lira un roman parce qu’il nous instruit. Mieux encore, on n’en extirpera que le discours, oubliant ce que les ressorts fictionnels peuvent occasionner comme effets multiples. Paradoxalement, comme nous le verrons, on trouve ces mêmes ressorts fictionnels dans moult écrits électoraux et documents gouvernementaux.
Frontispice des Premiers Rudimens de la Constitution britannique. Collection de Jonathan Livernois.
Pierre-Stanislas Bédard (1762-1829), député de 1792 à 1812 et fondateur du
journal Le Canadien en 1806, apparaît comme un esprit éclairé qui goûte les joies et les peines des problèmes mathématiques, de la philosophie et des
questions constitutionnelles, dont il s’avère être un fin connaisseur23. En témoignent ses « Notes de philosophie, mathématiques, chimie, musique, grammaire, politique et journal, 1798-1810 ». On devine qu’il en a rédigé certains passages pendant ses treize mois passés en prison, en 1810-1811, à la suite de son arrestation, sur ordre du gouverneur Craig, pour « pratiques
traîtresses24 ». Bédard y témoigne de cet esprit encyclopédique qui passe sans coup férir d’une discipline à l’autre. Entre un problème mathématique, une portée musicale, un plan de cadastre, la composition de l’air et de l’eau, on voit apparaître les noms de Descartes, Locke, Hume, Rousseau, Condillac,
Condorcet25. Voilà ce qui s’offre à un homme des Lumières qui, à la manière du Voltaire enthousiaste dans ses Lettres anglaises, peut embrasser tout le savoir de son époque.
On trouve également cette volonté dans la publication de brochures
politiques, comme celle de Denis-Benjamin Viger (député de 1808 à 1829, de 1841 à 1844 puis de 1845 à 1847). Dans les Considérations sur les effets qu’ont produit en Canada, la conservation des établissemens du pays, les mœurs, l’éducation, etc., de ses habitans, publiées en 1809, l’épigraphe est tirée de La République de Platon, et la citation qui conclut l’ouvrage est de Gaspard-André Jauffret, aumônier de l’empereur Napoléon. Entre les deux, une série d’exempla tirée de l’histoire gréco-latine, médiévale ou plus récente (surtout le repoussoir de la Révolution française) qui alourdit le propos et rappelle le caractère quelque peu laborieux de la leçon de collège. L’originalité littéraire n’est nullement visée. Viger repasse plutôt par des sentiers mille fois empruntés pour mieux montrer la nécessité de conserver les mœurs d’antan.
Associé au parti des bureaucrates, donc adversaire politique du parti
« canadien » à peine naissant, Ross Cuthbert, qui a consacré son poème L’Aréopage (1803) aux faux Démosthène de la Chambre d’assemblée, revient à la charge contre le livre de Viger. Cuthbert témoigne, dans un ouvrage anonyme intitulé An Apology for Great Britain in Allusion to a Pamphlet Intituled « Considerations, & c. par un Canadien, M. P. P. » (1809), de la grandeur de la mère patrie anglaise. Signe, peut-être, qu’il est également partie prenante de cet esprit encyclopédique qui anime plusieurs de ses collègues députés, il publie New Theory of the Tides (1810), où il s’oppose cette fois-ci aux vues de Newton sur les rapports entre la Lune et les marées.
Mises en récit électorales
Tous ces ouvrages pédagogiques contribuent à créer l’espace délibératif bas-canadien, amenant les uns et les autres à prendre la plume pour découvrir et faire découvrir la politique parlementaire. À une époque où les notions de littérarité et d’originalité ne sont pas des conditions sine qua non pour se représenter comme homme de lettres, il serait difficile de ne pas y voir un des terreaux d’où la vie littéraire a émergé. Sans compter ce que les élections elles-mêmes ont pu susciter comme protofictions politiques.
Revenons donc aux premières élections de l’été 1792. John Hare et Jean-
Pierre Wallot rappellent le climat qui règne alors :
Les nouvelles et les idées se colportent. Par exemple, les chansons pullulent ; les candidats élus et
défaits, leurs organisateurs, des professionnels, des curés, des habitants plus instruits s’évertuent à
répandre leur évangile politique et social en lisant et commentant les journaux de leur choix à ceux
qui ne savent pas lire26.
Il y a d’abord ces chansons politiques qui, dès le début du régime
britannique, marquent l’espace public. Dans la province de Québec, on trouve
des chansons politiques dans 27 La Gazette de Québec dès 1765. Le conseiller législatif Charles-Louis Tarieu de Lanaudière en compose quelques-unes à l’occasion, notamment, des élections en 1792 afin de promouvoir la
candidature de son ami William Grant28. Mais il existe d’autres formes de fictionnalisation et de mise en récit du politique lors de ces premières
élections. Parmi plusieurs feuillets et placards29, on en trouve un, apposé sur les murs de la haute-ville de Québec, qui soutient William Grant (voir ci-contre).
D’un côté, une planche présente la prospérité associée aux marchands, leur
« soutien » à la société de Québec ; de l’autre, une seconde planche dénonce les malheurs associés aux avocats, leur manière de profiter des malheurs des autres pour s’enrichir. Dans cette fiction à deux temps, tout se passe comme si une méfiance paradoxale envers les avocats s’insinuait déjà, malgré le fait que les professions libérales se développeront à grande vitesse au début
du XIXe siècle. Ces avocats ne penseraient qu’à s’enrichir au détriment de leurs concitoyens, tandis que les marchands et entrepreneurs locaux, qui deviendront deux cents ans plus tard des « hommes d’affaires pragmatiques », savent comment régler les problèmes de leurs concitoyens.
On revoit là un thème qui percolera dans le discours social30, notamment dans
des romans du e XIX siècle comme Jean Rivard d’Antoine Gérin-Lajoie : « Les avocats ne vivent que du fruit de la chicane. Pour se faire connaître, ils sont à l’affût de toutes les contestations électorales qui leur servent de prétexte à de
violentes et vaines harangues sur toutes les questions politiques du jour31. »
« À tous les électeurs », attribué à John George Hochstetter, 1792, bibliothèque de l’Université McGill,
Livres rares et collections spécialisées, elf Lande no 1934.
Il y a là, sur ce placard destiné à faire mousser la candidature de Grant, une
représentation claire du choc des idées, l’histoire du marchand et celle de l’avocat étant séparées par un simple filet. Cette forme de confrontation n’est pas sans rappeler le dialogisme de plusieurs écrits de l’époque des Lumières. On pense notamment à de nombreux dialogues philosophiques, comme Le Neveu de Rameau de Diderot, marqué par l’incertitude du sens, par un caractère indécidable, qui déstabilise le lecteur et les positions des personnages. Quelques dialogues paraissent d’ailleurs au Bas-Canada lors des élections de 1792. On y donne l’impression d’une discussion qui cherche à faire advenir la vérité, même si on emploie la forme dialogique en l’évidant de sa volonté délibérative. On comprend rapidement de quel côté penche la
« vérité » : celui de la politique. On note, par exemple, Conversation au sujet de l’élection de Charlesbourg (1792 ou 1793), que Marie Tremaine attribue à
Michel-Amable Berthelot d’Artigny32. Cet homme a été défait dans Québec en 1792. Contestant les résultats, il est finalement élu sans opposition l’année suivante, tandis que son adversaire élu a choisi de représenter une autre circonscription où il l’avait également emporté. Dans ce dialogue, deux personnes discutent de la vente de leur vote au plus offrant. La première, vantant la grandeur de la nouvelle Constitution et l’importance de bien choisir ses représentants, compare ce geste déshonorant à une trahison envers son pays ; la seconde, contente de vivre sous le régime britannique et d’en avoir fini avec le régime français, considère du même souffle que la Constitution est mauvaise et que les députés ne font que se quereller et faire des lois qui ne les concernent pas. Le cliché de l’inutilité et de la puérilité parlementaire ne date donc pas d’hier. Finalement, les deux personnages tombent d’accord sur l’importance de la Constitution. Le deuxième homme, rapidement converti aux vertus du parlementarisme britannique, conclut en disant que tous ceux qui vendent leurs voix « méritent que toutes les femmes et toutes les filles du pays leur arrachent à chacun un poil de sa barbe, pour les ôter du rang des
hommes33 ». Rien que ça.
Un autre texte est publié en 1792 sous le titre de Dialogue sur l’intérêt du
jour, entre plusieurs Candidats et un Électeur libre et indépendant de la Cité de Québec. John Hare l’attribue ou bien à l’architecte et artisan Jean Baillairgé, ou bien à un de ses fils (François ou Pierre-Florent), ou bien à tout ce beau
monde34. Quoi qu’il en soit, les notions de volonté générale et d’égalité de droits qu’on y trouve donnent à penser que l’auteur (ou l’un des rédacteurs) a quelque connaissance philosophique,
comme François Baillairgé, qui a été lecteur de Rousseau et qui a vécu quelque
temps à Paris35.
L’électeur du dialogue en question rencontre à tour de rôle plusieurs
candidats : le seigneur, le négociant, l’avocat, le « Mécanique, artisant [sic], ouvrier », le laboureur. Il dialogue avec chacun d’eux, écoute leurs propositions (audi alteram partem, dit-on en droit romain), répond finement en bon connaisseur des « droits primitifs de l’homme » qu’on lui a
« usurpés » mais que la « divine providence 36 » vient de lui rendre. S’il n’est guère enthousiaste quant à la candidature de l’avocat – on présente les mêmes doléances que sur le placard qui faisait mousser la candidature de Grant –, l’électeur ne l’est pas davantage quant à celle du négociant ou du seigneur. Ce sont les hommes à hauteur d’homme, l’artisan et le laboureur, qui auront finalement son vote. Malheureusement pour lui, Jean Baillairgé ne sera jamais élu à la Chambre d’assemblée. Et d’autres dialogues continueront à essaimer
lors des élections subséquentes 37.
Le périodique
La production d’imprimés politiques, qu’il s’agisse d’annonces de candidature, de dialogues ou de placards, est volumineuse. Aux élections de 1804, John Neilson imprime 7 247 circulaires – dont 4 250 en français – pour une douzaine de candidats (George Pyke, John Mure, John Young, William Grant, David Munro, J. Woolsley, Justin McCarthy, John Black, J. Planté,
M. Macnider, Denis-Benjamin Viger et F. Huot38). En 1808, il n’en imprime plus que 2 850. Cette diminution s’explique par le développement de journaux
tels que le 39 Quebec Mercury (1805) et Le Canadien (1806). En effet, assez tôt
au e XIX siècle, c’est bel et bien le journal qui constitue le principal vecteur littéraire et intellectuel. Lucie Robert a écrit à ce propos : « Il existe […] un autre moyen que le livre pour la diffusion et la constitution d’une “pensée” – plus que d’une littérature – originale : le journal reproduit plusieurs textes oraux prononcés à l’origine en chaire, au tribunal ou à la Chambre, qui
donnent en outre naissance à une prose volumineuse 40. » On aura reconnu au passage les trois genres d’éloquence de la rhétorique aristotélicienne : le démonstratif (la chaire), le judiciaire (le tribunal) et le délibératif (la Chambre).
On rend compte des débats de la Chambre d’assemblée dans La Gazette de
Québec 41 dès la première séance de 1792. Gilles Gallichan rappelle néanmoins que les journaux ne publient que rarement des résumés de ces séances,
craignant les réactions et les représailles des parlementaires 42. La tradition est britannique : les débats y ont longtemps été tenus secrets, à telle enseigne qu’en 1609 le député Edward Dering a été expulsé du Parlement et placé en détention à la Tour de Londres parce qu’il avait osé publier certains de ses discours prononcés en Chambre. Les débats sont donc parfois « fictionnalisés » dans les journaux pour contourner l’interdit : par exemple, Edward Cave, fondateur du Gentleman’s Magazine en 1731, fait paraître les Debates of the Senate of Great Lilliput, qui ne se déroulent pas véritablement dans l’univers de Jonathan Swift. Tous y reconnaissent les débats de la
Chambre des communes londonienne43.
Il y a aussi plusieurs cas de figure au Bas-Canada. Par exemple, dans la
première série du Canadien, de 1806 à 1810 (année de l’arrestation de l’imprimeur Charles Lefrançois et de trois députés liés à ce périodique), on trouve des comptes rendus succincts de ces débats, un peu comme des procès-verbaux, des résumés de discours et des discours complets (notamment à l’ouverture des sessions) ainsi que des comptes rendus de débats assez détaillés, comme en mars 1808, tandis qu’on discute de l’expulsion des juges élus de la Chambre d’assemblée. Dans ces derniers cas, on a presque l’impression de lire une de ces pièces dramatiques qu’on trouve également dans Le Canadien de l’époque (épigrammes, devinettes, chansons, poèmes épars et autres pièces littéraires). Ainsi, le 8 avril 1809, un dénommé « Scientificus », maniant adroitement l’art de l’ironie, reproduit un extrait de la pièce du « Molière danois », le « professeur » Ludvig Holberg, intitulée Erasmus Montanus (1723). La filiation rabelaisienne est évidente : un peu comme dans le cas de l’écolier limousin, on s’y moque d’un jeune étudiant pédant qui échafaude les pires sophismes à la conclusion desquels les pierres sont transformées en oiseaux. Il s’agit pour Scientificus d’attaquer obliquement un auteur du journal ennemi du Canadien, le Quebec Mercury, qui semble de la même eau que le personnage d’Erasmus Montanus. En somme, on reproduit une pièce avec sa facture habituelle (actes, scènes, répliques) dans une perspective politique. Et on publie des débats politiques où on suit des « personnages » qui débattent, comme dans une pièce de théâtre. De nouveau, on voit bien les analogies formelles. À cela, il faut ajouter la représentation de la justice : dès les quatrième et cinquième numéros du Canadien, parus les 13 et 20 décembre 1806, on reproduit en détail les « Plaidoyers de la Cause en Appel entre Lavergne et le Curé et les Marguilliers de la paroisse de St. Léon Legrand, et le Procureur du roi intervenant pour Sa Majesté », cause importante qui a mis au jour les prérogatives du politique sur la création de nouvelles paroisses au Bas-Canada. En juin et juillet 1807, on rend compte du « Dépôt du Testament Olographe de feu l’Honorable Antoine Juchereau Duchesnay & procedures de la Cour du Banc du Roi du District de Québec, au sujet du dit Dépôt », dont on suivra le déroulement comme une sorte de fiction, avec moult péripéties, débats et plaidoiries, d’autant qu’il
reproduit un conflit politique – reconnaissance ou non du testament par les
autorités britanniques – sur le terrain juridique44. En août 1807, on détaille
certaines séances de la Cour d’appel45.
Les formes sont les mêmes pour la fiction et pour la politique. Cela est
encore plus évident dans les années 1830, où les « répliques » sont clairement attribuées aux députés qui les ont prononcées, leurs noms étant mis en exergue.
Cela n’a pas échappé à Micheline Cambron, qui aurait voulu, annonce-t-
elle dans un collectif consacré au Canadien, prospecter les formes que pourrait prendre une « étude de la facture littéraire de la représentation du politique » – encore à faire – dans ces journaux :
Je signalerai à tout le moins que la description des travaux de la Chambre emprunte le plus souvent
sa facture au théâtre, que les lettres de lecteurs proposent fréquemment de petites fictions, que l’on
s’amuse à imaginer les paroles ou les écrits de certains personnages que l’on veut stigmatiser. De
plus, les textes politiques sont contaminés par les fictions qui les jouxtent. Tout cela fait que nous
n’avons jamais cherché à dissocier totalement le littéraire du politique46.
Et vice-versa ? Au Bas-Canada, la fiction écrite, qui a un ancrage bien réel
dans la presse mais qui n’y a pas non plus d’espace propre (elle se trouve dans de longues colonnes de textes où elle se mêle aux informations, aux opinions
et aux publicités 47), est directement liée aux débats parlementaires.
Il faut ajouter à cela que plusieurs hommes politiques sont passés et
passeront par les journaux tout au long du e XIX siècle. Ils en auront été les rédacteurs, de Pierre Bédard à Louis-Alexandre Taschereau en passant par Augustin-Norbert Morin, Joseph-Adolphe Chapleau, Joseph-Alfred Mousseau, Guillaume-Alphonse Nantel, Laurent-Olivier David, Arthur Sauvé et plusieurs autres. Polygraphes, touchant à tous les aspects d’un métier qui n’est pas encore spécialisé – il faudra attendre l’émergence de la figure du
reporter et d’une presse à grande diffusion à la fin du e XIX siècle –, ils sont au carrefour d’un ensemble de discours épars. Cela ne va pas sans former la pensée et le style de ces hommes. Difficile de ne pas confirmer ce que je proposais précédemment : la politique, la littérature, le droit et le journalisme ont un socle commun. Et les hommes politiques de l’époque le concèdent eux-mêmes par une représentation de soi qui n’est pas innocente, tant s’en faut.
De quelques représentations picturales
Au Bas-Canada, les hommes politiques de la fin du e XVIII siècle et du début
du e XIX siècle se sont souvent fait représenter, lorsqu’ils commandaient leur portrait, en lettrés. Roger Le Moine et Yvan Lamonde ont montré, dans leurs travaux, que la possession de livres et la mise en valeur d’une bibliothèque étaient une marque de distinction qui alliait savoir et pouvoir : Nam et ipsa scientia potestas est (« La connaissance est le pouvoir »). Lamonde a écrit : « Le livre et la bibliothèque, en particulier, font partie des attributs, des accessoires utilisés pour identifier et montrer un statut social. Avoir, pouvoir,
savoir ont chacun des attributs48. » Pour illustrer cette idée, pensons à un portrait de Joseph Papineau (1752-1841), député par intermittence entre 1792 et 1814, réalisé par Louis Dulongpré en 1825. Bibliothèque, plumes et drapé rouge ou bourgogne : c’est « la formule du portrait royal et aristocratique,
fixée au 17e siècle, qui place le modèle assis, en demi-figure, sur le fond d’un
lourd rideau libérant l’arrière-plan49 ».
Son fils Louis-Joseph reprendra sensiblement la même pose dans ce portrait
du peintre Antoine Plamondon en 1836.
Voici le parfait lettré. On voit des rangées de livres aux titres illisibles en
arrière-plan. D’autres, au premier plan, sur la table, témoignent du travail intellectuel de l’homme de lettres presque égaré en politique. On y voit entre autres des ouvrages de Démosthène, Cicéron, Aristote, Montesquieu et Jefferson.
Le cas de Pierre-Amable de Bonne (1758-1816), député à partir de 1792 et
de manière intermittente jusqu’en 1810, mérite lui aussi d’être souligné. On le voit ici dans un portrait réalisé par William Berczy en 1808.
L’historien de l’art Didier Prioul a analysé la défiance de celui qui se donne
à voir en train de lire 50 L’Esprit des lois de Montesquieu. À une époque où le député Pierre Bédard se bat pour que les juges comme de Bonne ne puissent pas siéger en même temps à la Chambre d’assemblée, ce dernier se fait représenter en lecteur de l’œuvre qui, justement, a affirmé la nécessaire séparation de l’exécutif, du législatif et du judiciaire. Comme le dit Prioul, « on se méfiera de son abord facile pour n’y voir, grâce au livre et au piège de la signature (Montesquieu), que la représentation d’un bel esprit éclairé par les Lumières, alors qu’en fait, il s’agit avant tout d’une question de politique
personnelle 51 ».
Outre ces mises en récit politiques que nous avons vues (et qui mèneront à
des fictions politiques du e XIX siècle), on constate donc, dès le début du parlementarisme québécois, une représentation de soi, chez plusieurs hommes politiques, en hommes de lettres. Comme il s’agira maintenant de le voir, l’élaboration d’une formation scolaire commune et l’élaboration d’une vie littéraire y auront largement contribué.
1. Christian Blais, Aux sources du parlementarisme dans la Province de Québec, 1764-1791, f. 275.
2. « Acte de Québec (1774) », Encyclopédie du parlementarisme québécois, Assemblée nationale du
Québec [www.assnat.qc.ca/fr/patrimoine/lexique/acte-de-quebec-(1774).html].
3. Sophie Imbeault, Les Tarieu de Lanaudière. Une famille noble après la Conquête, p. 135-136.
4. Catalogue of English and French Books in the Quebec Library, 1785.
5. Marcel Lajeunesse, e e Lecture publique et culture au Québec. 19 et 20 siècles, p. 12.
6. Voir la section « L’occupation de l’espace public (1784-1793) » dans Bernard Andrès (dir.), La Conquête des lettres au Québec (1759-1799), p. 371-560.
7. Michel Morin, « La découverte du droit constitutionnel britannique dans une colonie francophone : La Gazette de Québec, 1764-1774 », La Revue juridique Thémis de l’Université de Montréal, p. 329-331.
8. Thomas Munck, Conflict and Enlightenment. Print and Policital Culture in Europe, 1635-1795, p. 264.
9. Sophie Imbeault, « George Townshend et Québec : tensions dans le camp britannique », Nouvelle-France. Histoire et patrimoine, p. 40-52.
10. John Hare, Aux origines du parlementarisme québécois, 1791-1793, p. 24.
11. John Hare et Jean-Pierre Wallot, « Les entreprises d’imprimerie », dans Patricia Fleming, Gilles Gallichan et Yvan Lamonde (dir.), Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, vol. I : Des débuts à 1840, p. 78.
12. Sandra Alston et Jessica Bowslaugh, « Analyse statistique des premiers imprimés canadiens », dans Patricia Fleming, Gilles Gallichan et Yvan Lamonde (dir.), ibid., p. 97.
13. John Hare, Aux origines du parlementarisme québécois, 1791-1793, p. 38. Ce club fait long feu et disparaît au printemps 1793.
14. « Préface », dans Jonathan Sewell, An Abstract from Precedents of Proceeding in the British House of Commons / Extrait des exemples de procédés dans la Chambre des communes de la Grande-Bretagne, n. p.
15. « Solon », dans John Hare, Aux origines du parlementarisme québécois, 1791-1793, p. 131-132.
16. Gilles Gallichan, Livre et politique au Bas-Canada, p. 252.
17. Rémi Ferland et Jean Levasseur, Dictionnaire des artisans de l’imprimé à Québec, p. LXVII ; Gilles Gallichan, Livre et politique au Bas-Canada, p. 257-258.
18. Joseph-François Perrault, Dictionnaire portatif et abrégé des loix et règles du parlement provincial du Canada, p. A2.
19. John Hare et Jean-Pierre Wallot, Les Imprimés dans le Bas-Canada, 1801-1810, p. 107.
20. Gilles Gallichan, Livre et politique au Bas-Canada, p. 92.
21. Jacques Labrie, Les Premiers Rudimens de la Constitution britannique traduits de l’anglais de M. Brooke ; précédés d’un précis historique, et suivis d’observations sur la constitution du Bas-Canada, pour en donner l’histoire et en indiquer les principaux vices, avec un aperçu de quelques-uns des moyens probables d’y remédier ; ouvrage utile à toutes sortes de personnes et principalement destiné à l’instruction politique de la jeunesse canadienne, p. iv.
22. Ibid., p. vii-viii.
23. Gilles Gallichan, « Pierre Bédard : le devoir et la justice. 1 re partie – La liberté du Parlement et de la presse », Les Cahiers des Dix, p. 101-160.
24. Vincent Giard, Réal Godbout, Van, VoRo, Christian Blais, Michel Giguère et Magali Paquin, 1792. À main levée.
25. Pierre Bédard, « Notes de philosophie, mathématiques, chimie, musique, grammaire, politique et journal, 1798-1810 », Archives du Séminaire de Québec (Musée de la civilisation du Québec), manuscrit M-241.
26. John Hare et Jean-Pierre Wallot, Les Imprimés dans le Bas-Canada, 1801-1810, p. 3.
27. Une des premières chansons politiques, intitulée Chanson nouvelle, y a été publiée le 28 février 1765. Maurice Carrier et Monique Vachon, Chansons politiques du Québec, tome I : 1765-1833, p. 25.
28. Sophie Imbeault, Les Tarieu de Lanaudière, p. 123.
29. Marie Tremaine, A Bibliography of Canadian Imprints, 1751-1800, p. 357-363.
30. Gilles Gallichan, « La Bibliothèque du Barreau de Québec : l’émergence d’une institution », Les Cahiers de droit, p. 130.
31. Jean-Charles Falardeau, Notre société et son roman, p. 21.
32. Marie Tremaine, A Bibliography of Canadian Imprints, 1751-1800, p. 358.
33. Anonyme, Conversation au sujet de l’élection de Charlesbourg, p. 10.
34. John Hare, Aux origines du parlementarisme québécois, p. 158.
35. Luc Noppen dans David Karel, Luc Noppen et Claude Thibault, François Baillairgé et son œuvre (1759-1830), p. 8.
36. Anonyme, Dialogue sur l’intérêt du jour, entre plusieurs Candidats et un Électeur libre et indépendant de la Cité de Québec, p. [1].
37. « Conversation au sujet de l’élection du comté de Québec », Le Canadien, 14 mai 1808.
38. John Hare et Jean-Pierre Wallot, Les Imprimés dans le Bas-Canada, 1801-1810, p. 69.
39. Ibid., p. 137.
40. Lucie Robert, L’Institution du littéraire au Québec, p. 101.
41. Jocelyn Saint-Pierre, Histoire de la tribune de la presse à Québec, 1871-1959, p. 45.
42. Gilles Gallichan, Livre et politique au Bas-Canada, 1791-1849, p. 164.
43. Jocelyn Saint-Pierre, Histoire de la tribune de la presse à Québec, 1871-1959, p. 29-30.
44. Réal Brisson, « Juchereau Duchesnay, Antoine », Dictionnaire biographique du Canada
[www.biographi.ca/fr/bio/juchereau_duchesnay_antoine_5F.html].
45. er Le Canadien, 1 et 12 août 1807.
46. Micheline Cambron, « À la recherche de l’utopie », dans Micheline Cambron (dir.), Le Journal Le Canadien. Littérature, espace public et utopie, 1836-1845, p. 70-71.
47. Guillaume Pinson, La Culture médiatique francophone en Europe et en Amérique du Nord. De 1760 à la veille de la Seconde Guerre mondiale, p. 115.
48. Yvan Lamonde, « La représentation de l’imprimé dans la peinture et la gravure québécoises (1760-1960) », dans Bernard Andrès et Marc André Bernier (dir.), Portrait des arts, des lettres et de l’éloquence au Québec (1760-1840), p. 75-76.
49. Didier Prioul, « Livrimages. Pouvoir, plaisir et persuasion de la lecture », dans « Tous ces livres sont à toi ! » De l’œuvre des bons livres à la Grande Bibliothèque (1844-2005). Catalogue de l’exposition inaugurale de la Grande Bibliothèque de la Bibliothèque nationale du Québec, p. 114.
50. Ibid., p. 112-113.
51. Ibid., p. 112.
Louis-Joseph Papineau, 1836, Antoine Plamondon,
huile sur toile, 122 cm x 106,8 cm. Achetée en 1974,
Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa. Photo :
MBAC.
Pierre-Amable de Bonne, 1808, William Berczy,
huile sur toile, 82 cm x 67 cm. Collection du Musée
national des beaux-arts du Québec. Don de Guy
Marcoux (1991.113). Photo : MNBAQ, Patrick
Altman.
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