Extraterrestres, Secret d'Etat

Jean Gabriel Greslé · Chapitre 6 sur 16

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Extraterrestres, Secret d'Etat

4 Les éléments matériels

Le nettoyage de la principale zone d’impact, celle que les témoignages les plus récents situent à cinquante kilomètres environ au nord de Roswell, semble avoir été mené à bien dans des délais très brefs. La première destination des débris et des corps ne fait aucun doute : ce fat la base aérienne de Roswell. L’aéronef presque intact, dont la forme est suffisamment originale pour avoir été remarquée, peut difficilement avoir été transporté dans une caisse, même de grandes dimensions. Aucun témoignage ne le décrit sur la base, pourtant très fréquentée, et son transport près de la ville ne serait certainement pas passé inaperçu. Sa destination est donc, à ce jour, inconnue. L’engin peut, théoriquement avoir été démonté, mais c’est peu vraisemblable car il apparaît comme assez massif. De plus, nul témoignage ne décrit cette opération. Comme aucun hélicoptère de transport lourd n’existait à cette époque, c’est probablement par la route et de nuit qu’il a été déplacé vers l’une des bases secrètes de l’État du Nouveau-Mexique.

La plus proche, White Sands près d’Alamogordo, constitue une bonne hypothèse. Elle est gigantesque, cent cinquante kilomètres du nord au sud et plus de soixante kilomètres de large. Elle abritait en outre un terrain d’aviation tellement secret que son nom, Holloman Air Force Base, n’était jamais mentionné à l’époque.

La base de recherche atomique de Sandia, près d’Albuquerque, possédait elle aussi un terrain d’aviation militaire très bien équipé, Kirtland Air Force Base.

Reste la plus éloignée, Los Alamos, berceau du Manhattan Project, qui avait permis la mise au point des premières bombes atomiques. Située au nord-est de Santa Fe, elle était encore active à cette époque et toujours aussi bien protégée.

Quant aux morceaux de l’épave et aux débris divers recueillis sur la propriété de « Mac » Brazel, tous les témoignages semblent confirmer que leur destination avait été, après quelques détours pour certains, la base aérienne de Wright, près de Dayton dans l’Ohio. Ce qui allait devenir le gigantesque complexe de Wright-Patterson abritait alors l’Air Institute of Technology et l’Air Matériel Command, dirigé par le général Nathan Twining. Ce service comprenait entre autres un organisme du renseignement, le T-2, nommé un peu plus tard l’Air Technical Intelligence Center, ainsi que l’Engineering Division T-3. Ces deux organismes allaient participer aux premières analyses.

Le brigadier-général Thomas Jefferson Du Bose a consigné dans un affidavit des éléments importants concernant la destination des

matériaux récupérés{28} :

En juillet 1947, j’étais affecté à la base aérienne de Fort Worth,

Texas{29}. J’étais chef d’état-major du général Roger Ramey, commandant la VIIIe Air Force. J’avais le grade de colonel.

Au début de juillet, j’ai reçu un appel téléphonique du major-général Clements McMullen, commandant en second du Stratégic Air Command. Il m’a demandé ce que je savais de l’objet récupéré à proximité de Roswell, Nouveau-Mexique, dont la presse avait parlé. J’ai appelé le colonel Blanchard, commandant la base aérienne de Roswell et lui ai demandé de m’envoyer les matériaux à Fort Worth, dans un conteneur scellé. J’en ai informé le major-général McMullen.

Après l’arrivée de l’avion avec les matériaux, j’ai demandé au commandant de la base aérienne, le colonel Al Clark, de prendre en charge les matériaux et d’en assurer personnellement le transport par B-26 pour le major-général McMullen à Washington DC[..] Le matériel montré sur la photo prise dans le bureau du major-général Ramey est un ballon météo [..] destiné à détourner l’attention de la presse.

Une interview de cet officier fut diffusée en 1995 par Channel 4 en Angleterre. Il y confirme publiquement la substance de ce document. Nous savons ainsi que la destination d’une partie au moins des débris fut bien l’Air Matériel Command à Wright Field. Les matériaux transportés avaient une grande importance du fait de leur origine, qui était déjà connue de l’état-major du Stratégie Air Command. La presse avait bien été trompée par le général Ramey et le major Marcel avait été contraint de jouer la comédie.

L’étude des matériaux

Le témoignage du général Arthur E. Exon est important pour plusieurs raisons. Vétérant de 135 missions de combat comme pilote pendant la Seconde Guerre mondiale, il totalisa plus de trois cents heures de vol en théâtre d’opérations. Obligé de sauter en parachute au-dessus de l’Allemagne en 1944, il passa un an dans un camp de prisonniers avant d’être libéré en avril 1945. Après la guerre, il effectua un complément d’études à l’Air Institute of Technology et se trouva affecté au quartier général de l’Air Matériel Command, à

Wright Army Air Field{30}, sous les ordres du général Twining. Il resta sur cette base, où il occupa différents postes, jusqu’à son affectation au Pentagone, en 1955, avec le grade de colonel. Quelques années plus tard, en 1964, il prendra le commandement de la base de Wright-Patterson et sera promu brigadier-général

le 20 août 1965.

Alors qu’il avait encore le grade de major, équivalent de commandant dans l’armée française, et qu’il suivait un stage de formation, il apprit l’arrivée dans les laboratoires de la base d’échantillons de matériaux aux caractéristiques surprenantes. Il déclara en mai 1990 à Kevin Randle :

Nous avions appris que des matériaux arrivaient au terrain de Wright [..] De nombreux échantillons furent apportés dans notre laboratoire sans que leur origine soit connue.

D’après le général Exon, les chefs des laboratoires de la base mirent sur pied un projet spécial d’étude approfondie de ces matériaux. Nul ne connaissait leur origine. Certains optaient pour l’Union soviétique, mais la plupart pensaient à une origine extraterrestre. Le futur général, qui terminait à l’époque un stage à l’Air Institute of Technology, n’eut jamais accès aux résultats.

Les différents témoignages concernant les échantillons étudiés se recoupent assez bien et font état de quatre types principaux de

débris{31} :

• Une sorte de plastique d’apparence métallisée qui se froissait facilement mais reprenait seul sa forme originale de surface plate, très lisse et sans la moindre trace de pliure.

• Une matière très mince, extrêmement légère et très résistante dont la couleur évoquait de la feuille de plomb ou d’étain. Beaucoup plus sombre que du papier d’aluminium, elle réfléchissait peu la lumière. Elle dissipait très rapidement la chaleur d’un chalumeau oxyacétilénique sans brûler ni se déformer et se révélait d’une solidité extrême. Rien ne semblait pouvoir tordre, couper ou casser cette matière qui aurait résisté aux chocs répétés d’une masse de huit kilos au cours d’essais, assez peu scientifiques, effectués sur le ranch même de Brazel. Ce dernier témoignage provient du major Marcel lui-même.

• Des barres de section en I, très légères et résistantes. De couleur claire, elles évoquaient un peu le balsa, mais seulement par leur faible densité. Elles portaient pour certaines des inscriptions en relief, colorées en rose pâle ou parme. Décrits par le fils du major Marcel, les caractères ou symboles inconnus qui les décoraient n’étaient ni du russe ni du japonais.

• Des fils épais qui ressemblaient à du nylon, les plus longs ne dépassant pas quelques centimètres. Un témoignage non confirmé leur attribue les caractéristiques des faisceaux de fibres optiques modernes.

D’autres matériaux sont mentionnés, comme par exemple « du parchemin qui ne brûlait pas » et quelque chose ressemblant à de la bakélite ou à du plastique.

Les matières dont étaient faits ces échantillons présenteraient, si elles étaient disponibles sur le marché mondial, un intérêt considérable. Le plastique autolissant qui efface de lui-même ses plis les plus marqués révolutionnerait à lui seul une partie de la technique spatiale. Des matériaux comme le mylar aluminisé possèdent bien une certaine mémoire moléculaire, mais ils conservent après pliage des marques impossibles à éliminer, ce qui diminue leur pouvoir réfléchissant, dans un collecteur d’ondes électromagnétiques par exemple. Une récente mission russe a partiellement échoué car un important panneau de ce type ne s’est pas déplié correctement après avoir été stocké à l’avant d’une fusée. Le seul métal qui soit léger et plus résistant que l’acier, le titane, est loin d’avoir les caractéristiques des éléments récupérés sur le terrain de « Mac » Brazel. Une feuille mince de titane serait brisée par un coup de masse et, surtout, elle prendrait feu très rapidement si elle était chauffée par un chalumeau.

Le polycarbonate est bien un plastique très résistant aux chocs mais sous une forte épaisseur. Il brûle très bien et le rayonnement solaire finit par le dégrader. En dehors des faisceaux de fibres optiques, il n’existe toujours pas de matériaux qui présentent des caractéristiques semblables à celles qui avaient été remarquées à Roswell.

La destination des corps et autopsies

« Pappy » Henderson était pilote, commandant de bord, et responsable d’une escadrille, le premier Air Transport Unit, utilisant des avions-cargo C-54. C’est lui qui assura le convoyage, entre la base aérienne de Roswell et celle de Wright, d’une caisse de grandes dimensions : vingt et un pieds, soit plus de six mètres de long. Elle aurait pu, à la rigueur, contenir une partie du « fuselage » récupéré à condition que celui-ci ait pu être découpé. Il semble plus raisonnable de penser qu’elle ne contenait que des débris et peut-être une partie des corps. C’est grâce au témoignage de son épouse Sappho Henderson, de sa fille Mary Kathryn Goode et de l’un de ses amis, M. Kromschroeder, que l’on a pu connaître la participation de O.W. Henderson à la première récupération, aux côtés du colonel Blanchard, et au transport des matériaux vers l’Air Matériel Command. On lui doit une description sommaire des « étrangers » qu’il fit à sa fille et à son épouse. Cette dernière déclara dans un affidavit :

En 1980 ou 1981, il prit un journal dans une épicerie de San Diego, où nous vivions. L’un des articles décrivait le crash d’un ovni dans la région de Roswell avec des corps non-humains découverts à côté du vaisseau. Il me montra l’article et me dit : « Je veux que tu lises cet article, car c’est une histoire vraie. Je suis le pilote qui a transporté l’épave de l’ovni à Dayton dans l’Ohio. J’imagine que je peux t’en parler dans la mesure où ils le mettent dans le journal. Cela fait des années que j’aurais voulu te le raconter». «Pappy» ne parlait jamais de son travail à cause de son habilitation.

Il décrivit les êtres comme étant petits avec des têtes [trop] grosses pour leur taille. Il me dit que le matériau dont était fait leurs costumes était différent de tout ce qu ’il avait vu auparavant. Il me dit qu’ils avaient une apparence étrange. Je crois qu’il a mentionné que les corps avaient été mis dans de la neige carbonique pour les préserver? À l’époque où il m’a dit cela, il n’avait pas connaissance du livre [The Roswell Incident] qui avait été publié au sujet de cet incident.

 

Le transport initial des corps vers la base de Roswell est bien attesté. Plusieurs témoignages le certifient, depuis leur découverte près du véhicule « étranger » jusqu’à leur arrivée à la base militaire.

Les déclarations de l’employé des pompes funèbres Glenn Dennis sont de première importance car elles confirment d’autres observations plus fragmentaires. C’est grâce à lui que l’on possède quelques informations sur l’autopsie interrompue de l’un des cadavres, car il avait recueilli les confidences de la jeune infirmière

disparue{32}. La présence de deux chirurgiens ou médecins légistes étrangers à la base est, elle aussi, attestée. Les éléments qui suivent sont tirés d’un affidavit signé le 8 juillet 1991 par Glenn

Dennis, et contresigné par Walter G. Haut{33}.

D’après Glenn Dennis, la jeune fille était entrée pendant son service dans la salle où l’autopsie était en cours, pour y chercher des médicaments. Les deux médecins lui avaient demandé de rester pour prendre des notes sous leur dictée. Les seuls détails connus de cet événement proviennent des souvenirs du jeune homme et son affidavit comprend des croquis, réalisés au moment des faits sur les indications de la jeune infirmière. Ils représentent la face et le profil d’une tête, un bras et deux vues différentes d’une main droite et d’une main gauche. L’un des docteurs aurait dit : « Nous n’avons jamais rien vu de semblable ; il n’y a rien dans les livres de médecine qui ressemble à ça. »

La climatisation avait été coupée pour empêcher que la puanteur se répande dans tout l’hôpital et l’atmosphère était irrespirable. Ils décidèrent donc de faire transporter les corps dans l’un des hangars.

Les corps décrits et dessinés par Glenn Dennis ne ressemblent en rien au cadavre de l’inconnue qui a défrayé la chronique pendant l’été 1995 et dont la télévision nous a obligeamment montré l’autopsie. Cette péripétie doit être considérée, jusqu’à preuve du contraire, comme n’ayant aucun rapport avec Roswell.

Selon un affidavit signé par le lieutenant Robert Shirkley, qui était au moment des faits officier de sécurité au service des opérations aériennes de la 509e escadre de bombardement, les corps avaient été disposés dans le hangar 84. Une partie du personnel qui avait participé à la récupération, à la garde ou au transport des débris et des corps, avait été muté et dispersé dans différentes bases en moins de quinze jours.

Le seul nom connu qui puisse être associé à une autopsie des cadavres est celui du médecin légiste de la base aérienne, le Dr Jesse B. Johnson Jr, mais il décéda avant d’avoir pu être interrogé par les enquêteurs.

Il existe peu de certitudes concernant la structure anatomique des êtres inconnus sinon les détails qui précèdent. Des témoignages recueillis par un chercheur américain, Léonard Stringfield auprès de deux médecins donnent quelques précisions qui semblent recouper le témoignage de la jeune infirmière. Ils doivent cependant être pris avec beaucoup de réserve car ils ne sont attestés par aucun document. Ils pourraient même concerner des événements autres que ceux de Roswell.

Les êtres étaient humanoïdes et leurs tailles s’échelonnaient entre

trois pieds et demi et quatre pieds et demi{34}. Leur poids était proche

de quarante livres{35}.

La tête était plus grande qu’une tête humaine et possédait deux grands yeux ronds (bien qu’une source décrive des yeux orientaux ou mongols, enfoncés et très écartés). Le nez, peu défini, n’était qu’une simple protubérance. La bouche était une petite fente débouchant sur une cavité fermée de faibles dimensions. Elle ne semblait pas fonctionnelle pour l’ingestion de nourriture ou comme moyen de communication et ne possédait pas de dents. Les oreilles ne comportaient ni lobes, ni protubérances de chair, seulement des ouvertures de chaque côté de la tête.

La pilosité était presque complètement absente, hormis un léger duvet noté par l’un des témoins. Le cou, ainsi que le corps, était mince. Les bras, longs et maigres, atteignaient pratiquement le genou. Les mains avaient quatre doigts sans pouce opposable avec une légère palme entre les doigts.

La couleur de la peau allait du beige, légèrement hâlé ou brun, à une sorte de rose grisâtre et même de gris-bleu pour les corps conservés à très basse température. La texture était décrite comme reptilienne, la peau était souple, extensible et mobile sur les tissus musculaires ou osseux. Il n’existait aucun muscle strié, aucune odeur1 ou trace de transpiration.

L’examen microscopique des tissus révélait une structure présentant comme une trame de lignes perpendiculaires. La peau était granulée comme celle de certains lézards tels que l’iguane ou le caméléon.

Aucun organe de reproduction ou de parties génitales. Volume et structure cérébrales inconnus. Le fluide corporel était incolore et ne contenait ni globules rouges, ni lymphocites, ni transporteur d’oxygène. Aucun tube digestif, aucun canal digestif ou intestinal, aucune zone rectale ne sont décrits.

Une confirmation de l’existence de cadavres non-humains détenus

par les autorités provient du docteur La June Foster{36}, spécialiste réputée de la structure des os et principalement des colonnes vertébrales. Elle était titulaire d’une habilitation élevée car elle avait souvent travaillé pour le FBI. C’est à Washington DC qu’elle fut convoquée pour l’examen anatomique de corps humanoïdes.

Elle croit possible que l’un des êtres ait été vivant et ne soit mort que peu de temps avant l’examen qu’elle effectua. Le séjour de la spécialiste dans la capitale dura un mois. Elle en revint très affectée, d’autant qu’on lui avait fait savoir qu’en cas d’indiscrétion de sa part elle risquait de perdre sa clientèle ou même sa vie. En ce qui concerne les corps dont elle étudia la colonne vertébrale, elle confirme les dimensions anormales de la tête, l’étrangeté des yeux et le fait qu’il ne s’agissait pas de représentants de l’espèce humaine.

 

Croquis provenant de l’affidavit de Glenn Dennis

 

Un témoignage de seconde main est fourni par Mary Kathryn Goode, fille de «Pappy» Henderson. Il n’est pas très détaillé mais recoupe les autres. Il fut signé le 14 août 1991 :

Mon père était Oliver W. Henderson. Pendant mon enfance, il nous arrivait souvent de passer la soirée à regarder les étoiles. Une fois, je lui ai demandé ce qu’il cherchait. Il me dit: «Je cherche des soucoupes volantes. Elles sont réelles, tu sais.»

En 1981, pendant une visite chez mes parents, mon père me montra un article de journal décrivant l’écrasement au sol d’un objet volant non-identifié et la récupération de corps étrangers [à la Terre] près de Roswell au Nouveau-Mexique. Il m’a dit qu’il avait vu le vaisseau détruit et les corps décrits dans cet article, et qu’il avait transporté les débris dans son avion vers l’Ohio. Il décrivit les « étrangers » comme étant petits et pâles, avec des yeux en amande et de grosses têtes. Il dit qu’ils avaient une apparence humanoïde mais qu’ils étaient différents de nous. Il pensait qu’il y avait trois cadavres.

 

Il me dit que le sujet avait été top secret et qu’il lui était interdit d’en discuter avec qui que ce soit, mais qu’il considérait avoir le droit de m’en parler dans la mesure où tout avait été publié dans un journal.

La disparition de l’aéronef et du survivant

Les seuls témoignages concernant ces événements, sur la base aérienne de Roswell, proviennent des gardes, des officiers et de quelques employés administratifs civils.

Rien pour l’instant ne permet de savoir comment ou vers quelle destination l’aéronef endommagé fut initialement transporté. Le témoignage de Robert E. Smith, un aviateur de la première «unité de transport» de Roswell, confirme l’importance des débris récupérés et la participation de « Pappy » Henderson à leur transport. Il décrit le plus grand morceau qu’il ait manipulé comme ayant une longueur de près de sept mètres. De nombreuses caisses furent chargées à bord de plusieurs avions cargo C-54 et les opérations de manutention prirent entre six et huit heures. Ce témoin ne croit pas, pour plusieurs raisons, à l’explication d’un accident survenu à un avion, même expérimental. Il a brièvement touché un morceau d’une substance inconnue qui reprenait sa forme initiale après avoir été froissée ; il se souvient avoir rempli plusieurs caisses de terre récupérée sur les lieux du sinistre ; les restes d’une épave d’avion, en cas d’accident, n’étaient jamais transportés par avion vers une destination inconnue mais tout simplement jetés au rebus.

De plus, Robert Smith avait noté des convois de camions arrivant à la base et de curieux « inspecteurs » en civil qui montraient des cartes d’identité non-militaires, d’un type inconnu, quand ils étaient arrêtés par une sentinelle. Il apporte un élément nouveau, le fait que la base aérienne de Wright était en chantier et partiellement fermée en juillet 1947. Il pensait que la destination la plus sûre pour les matériaux aurait été les installations du Manhattan Project à Los Alamos. Ce n’est qu’une supposition.

Aucun témoignage sérieux ne permet de savoir dans quelles conditions et par qui le survivant, s’il a jamais été autre chose qu’un fantôme, fut hébergé. Son hypothétique survie dura-t-elle quelques heures, quelques jours ou quelques mois ? Fut-il rendu à ses semblables ou retenu comme otage ? Nul, à vrai dire, ne le sait et les bruits qui courent à son sujet n’ont pour l’instant aucune base sérieuse.

Plusieurs témoignages supplémentaires font état d’un être vivant. À deux reprises, au cours de l’émission de Channel 4, des témoins confirmeront son existence. La fille de Dan Dwyer affirma : « L’un d’eux était encore vivant et marhait« There was one that was still alive and was walking around. » Phyllis Mac Guire, fille du shérif Wilcox, déclara que sa mère lui avait souvent parlé de corps et d’un

survivant{37}.

 

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