La Légende des sexes: Poëmes hystériques

Edmond Haraucourt · Chapitre 29 sur 50

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La Légende des sexes: Poëmes hystériques

Que pour mes fauves ardeurs

L’art du pinceau sans pudeurs

A dévêtues:

Vos formes, obstinément,

Me tirent comme un aimant;

J’ai de longs regards d’amant

Pour les statues.

 

Doux, je promène ma main

Aux rondeurs du marbre humain,

Et j’y cherche le chemin

Où vont mes lèvres.

Ma langue en fouille les plis;

Et sur les torses polis,

Buvant les divins oublis,

J’endors mes fièvres.

 

—Ainsi, toujours tourmenté

Par des soifs de volupté,

J’emplis de lubricité

Mes vers eux-mêmes;

Et quand mes nerfs sont lassés,

Quand ma bête crie: assez,

J’onanise mes pensers

Dans des poèmes!