La maîtresse, suivi de Contes pour laisser rêveur

Le contact

 

I. Inventaire.

 

Rouge sous sa voilette comme la doublure du petit sac qu’elle porte à la main, Blanche entre dans la chambre de Maurice.

BLANCHE : Ah ! il faut vous aimer ! J’ai cru que le patron de l’hôtel allait m’arrêter, quand je suis passée devant la loge, sans rien dire. Dans le couloir, je marchais comme au bord d’un trou. Les numéros ne se suivent pas, et mes gants frottés contre le mur sont pleins de crasse.

MAURICE : Chère amie ! De temps en temps, j’ouvrais la porte pour vous guetter, vous prendre par la main. Je venais de la fermer. Je ne vous entendais pas. Vous marchiez si doucement. Enfin je vous ai manquée. C’est toujours ainsi que ça se passe. Mais vous voilà. Défaites-vous.

 

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Ôtez votre manteau, votre chapeau. Comment vous portez-vous ? Avez-vous froid ! Voulez-vous que j’allume du feu ? Il est tout prêt. Je n’ai qu’à mettre une allumette.

BLANCHE : Oh ! non, j’étouffe assez.

MAURICE : Voulez-vous prendre quelque chose, un verre d’eau sucrée avec du cognac dedans ?

BLANCHE : Non, je n’ai pas soif. Je voudrais seulement m’asseoir.

MAURICE : Tenez, dans mon fauteuil. Vous serez mieux que sur une chaise. Vous regardez ma chambre ?

BLANCHE : Oui. Elle paraît un peu petite.

MAURICE : Pour trente francs par mois, dans ce quartier, c’est tout ce qu’on trouve : une table, deux chaises, un lit. Le lit est très bon.

BLANCHE : Jamais je n’avais vu une chambre de garçon. C’est drôle.

MAURICE : C’est drôle à voir une fois. On s’y habitue.

 

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BLANCHE : Les dessins de vos rideaux me réjouissent. Là, on dirait un homme qui bêche.

MAURICE : Vous vous trompez. Il passe une rivière, dans un bateau. La bêche, c’est un bateau.

BLANCHE : Je distingue mal. J’ai trop chaud. J’ai de la buée sur les yeux. Votre pendule va bien ?

MAURICE : Elle n’est pas à moi. Elle appartient à l’hôtel et elle va quand je la remonte, rarement. Elle marcherait si je voulais, mais son tic tac m’étourdit. Il me semble être en moi, partir de mon cœur, comme si j’avais une forte fièvre.

BLANCHE : Cette porte donne dans votre cabinet de toilette ?

MAURICE : Non, elle donne dans la chambre de mon voisin, ou plutôt de mes voisins, car j’en ai un nouveau presque chaque nuit. La chambre n’est pas louée au mois. Cela a son bon et son mauvais côté. En général, mes voisins tantôt sont tranquilles et tantôt font du bruit, ce qui donne une moyenne supportable. Au contraire, si j’avais un voisin inamovible, nous chercherions sans

 

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doute à nous lier, et on ne sait jamais sur qui on tombe. Je préfère ma solitude. Quant à mon cabinet de toilette, il est dans ce coin, le long du mur, derrière la chaise. On change la serviette à ma discrétion.

BLANCHE : Et les autres ?

MAURICE : Sur le palier, communs à l’étage. Il suffit de pousser.

BLANCHE : Bien tenus ?

MAURICE : Aucun excès. Comme pour la surveillance des squares, on s’en rapporte au public. Du reste, j’y fréquente peu. Dans le jour, j’ai le café, le restaurant, les maisons d’amis où l’on m’invite à dîner, et dans la nuit, je ne me dérange jamais.

BLANCHE : Vous pourriez être malade.

MAURICE : Je n’y tiens guère.

BLANCHE : Personne n’y tient.

MAURICE : J’aurais l’hôpital.

BLANCHE : Ne prononcez pas ce mot. Il sent la farine de lin. On sait quand on entre à l’hôpital,

 

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on ne sait plus quand on en sort. Ainsi, aucune parente ne vous soignerait dans votre chambre, ni une mère, ni une sœur. Je suis contente qu’on me laisse ce beau rôle. Je ne vous abandonnerai pas, moi, et j’ai la réputation d’une patiente garde-malade, douce pour ceux que j’aime, s’entend, car les autres me dégoûtent.

MAURICE : Vous êtes une charmante femme, Blanche, et si j’ai quelque petite maladie à faire, je tâcherai de profiter du temps que durera notre amour.

BLANCHE : Toujours, Maurice, toujours.

 

II. La patronne.

 

BLANCHE : Vous n’avez jamais reçu de femme ici ?

MAURICE : Blanche, vous êtes la première. La patronne même de l’hôtel n’y entre que pour le service. Quand elle m’aime, elle reste discrètement dehors. Voici comment les choses

 

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se passent : Je sais que son mari est parti. Je prends un livre, de préférence un livre de vers, sinon un livre de prose que je découpe en tranches minces, et je déclame avec des éclats de voix espacés, comme si je rencontrais régulièrement une fève. Le résultat ne se fait pas attendre. La patronne monte les escaliers, s’assied sur la dernière marche et m’écoute.

Et je l’entends dire :

« C’est moi qui voudrais avoir un petit mari comme ça ! »

Elle le dit gentiment, sans amertume, sans se plaindre d’une union mal assortie. De mon côté, je ne l’encourage pas vers l’adultère. Quand je veux qu’elle redescende, je cesse de déclamer, à moins qu’un voyageur importuné ne m’arrête, en frappant du bout de sa canne le plancher où je trépigne et que j’ébranle.

L’enchantement se brise comme cristal. La patronne retourne à sa loge. Je ferme un livre que je n’ai jamais pu finir. Le silence retombe et tout rentre dans l’ordre.

 

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BLANCHE : Que les hommes sont fats ! Mes compliments pour votre conquête.

MAURICE : Je ne m’en vante point, mais elle en vaut une autre. D’où qu’ils viennent, les témoignages de sympathie flattent ma vanité. On ne s’offre pas tous les jours des femmes comme vous. J’ai pour principe de rester bien avec mes propriétaires. Une fois par mois, la patronne donne un coup d’œil dans ma chambre et l’enjolive. Je dois à son amabilité ces rideaux où un homme bêche, au moyen d’une barque.

BLANCHE : Et vous lui devez sans doute ces roses sur la cheminée ?

MAURICE : Soyez donc aimable. Je les ai achetées ce matin, en votre honneur, madame.

BLANCHE : Merci, Maurice. Au fond, vous êtes exquis. Elles sentent fort bon.

MAURICE : J’en garantis la fraîcheur. Quoique d’une espèce commune, elles durent longtemps, si l’on prend soin de renouveler l’eau du pot.

BLANCHE : Le pot vous appartient ?

MAURICE : Ah non ! tout de même, j’ai

 

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meilleur goût. Quelle horreur, hein ? Je le livre à vos railleries.

BLANCHE : Certes le contenant ne correspond guère au contenu. Mais ce pot n’est pas vilain, il est plutôt bizarre.

MAURICE : Votre indulgence transforme toute ma petite mansarde.

BLANCHE : Au contraire, Maurice, elle m’a plu dès mon entrée. Et nous sommes bien dans une vraie mansarde, n’est-ce pas, au sens exact du mot ? et je pourrai dire maintenant : J’ai vu une mansarde ; je sais ce qu’on appelle une mansarde et j’y ai dormi.

 

III. La toilette.

 

MAURICE : Blanche, n’avons-nous pas assez causé ? Si nous nous couchions !

BLANCHE : Maurice, un petit moment.

MAURICE : Dans ce petit moment perdu, nous

 

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pourrions mettre une éternité remplie d’un bout à l’autre.

BLANCHE : Une minute. C’est si doux d’échanger nos idées et de rapprocher bord à bord nos cœurs.

MAURICE : Mais nous ne savons plus que dire et la chute des paroles ressemble à celle des feuilles mortes, sur l’eau plate comme un papier glacé, quand il ne fait pas un souffle de vent. Chère Blanche, déjà la flamme de la bougie chauffe la bobèche. Couchons-nous, veux-tu ?

BLANCHE : Quel ennui que vous n’ayez point de cabinet de toilette !

MAURICE : Voulez-vous que je me tourne contre le mur ?

BLANCHE : Oui, là, je n’oserais jamais me déshabiller devant vous.

MAURICE : Capricieuse !

BLANCHE : Pour cette fois obéissez, et cachez-vous au creux de la fenêtre.

MAURICE : Comme ceci. Par les fentes des persiennes, j’apercevrai peut-être, en guise

 

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d’étoile, la lampe d’une servante attardée dans sa cuisine.

BLANCHE : Votre fenêtre ouvre donc sur la cour ?

MAURICE : Toutes les fenêtres des mansardes sérieuses ouvrent sur la cour. Sans ce gros pâté de maisons, on aurait une belle vue, sur l’autre rue.

BLANCHE : Vous trichez. Ne regardez pas, il est trop tôt.

MAURICE : Quelle femme ! pardon, je ne recommencerai plus, et consciencieusement, je laboure la vitre avec mon nez.

BLANCHE : Cette eau, dès qu’on la verse, fait un bruit d’enfer.

MAURICE : Avez-vous fini ? Je n’entends plus rien. Est-ce que vous faites votre prière ?

BLANCHE : Ne plaisantez pas avec les choses sacrées, vous me froisseriez beaucoup. Quand j’aurai fini, je tousserai.

MAURICE : Je grille, Blanche. J’aurais dû vous dévêtir moi-même. Je suis plus adroit que vous.

 

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BLANCHE : Patientez jusqu’au bout, ou je me rhabille. Seigneur ! que votre lit est haut ! Il touche le plafond.

MAURICE : Voulez-vous que je vous prête ma courte échelle ?

BLANCHE : Merci. La table suffira.

MAURICE : Vous y êtes ? Une, deux, trois.

BLANCHE : Comptez jusqu’à trente.

MAURICE : Ah ! tant pis, je fais demi-tour. Mais si, vous y étiez. Du moins, peu s’en fallait. Je n’ai vu qu’un pied.

BLANCHE : Riez, riez, cher et honnête garçon. Je vous suis reconnaissante de vos menues délicatesses. Elles m’émeuvent, et vous n’aurez pas affaire à une ingrate. Maurice, je vous attends.

MAURICE : À mon tour d’enlever mes voiles. Vous m’avez communiqué votre pudeur, et je cherche la façon de m’y prendre, pour ôter, sans vous paraître grotesque à travers le rideau, ma culotte.

BLANCHE : Je ferme les yeux.

 

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MAURICE : Ouvrez-les au contraire, ouvrez-les tout grands. Je ne porte point de flanelle, et d’aspect ni trop, ni trop peu engageant, quand on ne considère que l’extérieur, je gagne beaucoup, si l’on passe outre, et je fais la volte, si l’on touche.

BLANCHE : On n’est jamais mieux loué que par soi-même. Pourquoi ouvrez-vous la porte ?

MAURICE : Pour mettre nos bottines sur le paillasson.

BLANCHE : Les miennes aussi ?

MAURICE : Aussi. Je ne suppose point que vous ayez l’intention de vous faire cirer demain matin, au coin de la rue, comme si vous veniez de passer la nuit dehors, en province.

BLANCHE : Que dira le garçon ?

MAURICE : Il dira : Mon Dieu, accordez-moi la grâce de cirer chaque matin et de faire brillamment reluire ces bottines odorantes.

BLANCHE : Grande bête !

MAURICE : Bonjour.

 

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BLANCHE : Bonjour. Tu ne souffles pas ?

MAURICE : Non, je veux te voir, toute.

 

IV. L’ami Osoir.

 

BLANCHE : Maurice, on monte.

MAURICE : Chère Blanche, s’il te plaît, occupons-nous de nos affaires.

BLANCHE : Maurice, entendez-vous ? On frappe.

MAURICE : Qui peut venir à cette heure ?

BLANCHE : Mon Dieu ! si on entrait !

MAURICE : Impossible, Blanche. J’ai donné deux tours de clef et j’ai poussé le verrou.

BLANCHE : On cogne de plus en plus fort. Je me cache sous les draps.

MAURICE : Je vais dire à cet animal qu’il s’en aille.

BLANCHE : Maurice, ne parlez pas, ne me

 

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compromettez pas, je vous en supplie. Si quelqu’un me savait ici, je serais perdue.

MAURICE : Je reconnais le coup de poing d’Osoir, un ami intime et discret, mais têtu, je vous préviens. Il vaudrait mieux le mettre au courant.

BLANCHE : Maurice, si vous dites un mot, je me jette par la fenêtre.

MAURICE : Bravo ! voilà une idée ingénieuse qui vous classe honorablement parmi les personnes de sang-froid, chère folle.

BLANCHE : Je suis folle. Mais pour l’amour de moi, Maurice, taisez-vous.

MAURICE : Je me tais. Posez votre main sur ma bouche et que l’ami Osoir démolisse, s’il veut, la maison.

OSOIR : Ouvre donc, Maurice. Dors-tu ? fais-tu le sourd ? Tu es rentré, puisque tes bottines sont là.

BLANCHE : Il écrase nos bottines, les bottines indicatrices.

MAURICE : Ça n’a point d’importance.

 

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D’abord, je peux très bien, sans qu’on me traite de banquier, posséder deux paires de bottines. Ensuite le couloir est si mal éclairé, qu’Osoir ne distingue pas les vôtres des miennes.

BLANCHE : Chut ! plus bas !

OSOIR : Que c’est fort de faire poser les gens ! Si tu es couché, relève-toi. Il patouille dans la rue à ne pas mettre son chien dehors. Il pleut comme du chien et je suis trempé comme un chien. Ouvre donc.

MAURICE, bas : Je t’écoute, pour que toute ta meute s’égoutte sur notre descente de lit.

OSOIR : Ouvre, ou j’enfonce la porte et je flanque ton matelas sens dessus dessous. D’ailleurs, j’ai à te parler.

BLANCHE : Il n’a rien à vous dire. Il veut vous attraper.

MAURICE : Pauvre garçon ! il lui tombe peut-être un duel.

BLANCHE : Qu’il s’arrange seul. Maurice, je vous défends de risquer votre vie.

OSOIR : Ouvre, es-tu mort ?

 

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MAURICE, bas : Oui, pour quelque temps.

OSOIR : Ou n’es-tu que malade ? J’y pense ; tu dois être malade. Si tu n’ouvres pas, humanité oblige, sur-le-champ, je réveille un serrurier.

BLANCHE : Quel nigaud !

MAURICE : Lui, très intelligent, au contraire. Point d’esprit, mais du fond. On l’apprécie lentement. Il a besoin d’être expliqué.

BLANCHE : Il va tout gâter. Un autre devinerait.

MAURICE : C’est manque d’habitude de sa part. Vous ai-je trompée en affirmant que je n’amène jamais de femme chez moi ? Il s’y fera. Blanche, à force de chuchoter, je m’étrangle. Finissons, par crainte du serrurier.

BLANCHE : Puisqu’il le faut ! De la prudence, Maurice ! trouvez un prétexte qui sauve tout.

MAURICE : Laissez-moi faire. C’est toi, Osoir ?

OSOIR : Tu t’en doutes déjà ?

MAURICE : Et qu’est-ce que tu veux, mon

 

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vieux ?

OSOIR : Tu te moques de moi, maintenant !

MAURICE : Vraiment, tu le mérites. Une boule de billard a plus de nez que toi. Je ne reçois pas ce soir. Repasse une autre fois. J’ai quelqu’un.

BLANCHE : Oh ! je ne sais plus où me fourrer.

OSOIR : Comment, quelqu’un ? Qui ça ? Ah ! Oh ! parfait, j’y suis. Compris, incroyable. Encore un ami fichu. Ça devait t’arriver comme aux autres. Flambées, sans bruit, les résolutions ainsi qu’une traînée de poudre répandue sur la table. Jamais de femme chez soi ! s’en servir, pas s’y asservir. Ouiche ! Et dire que je finirai comme toi ! Enfin, compliments. Peut-on voir ?

MAURICE : Veux-tu t’en aller, imbécile !

OSOIR : De la fierté ! sérieux, alors. Mince, excuses ! Dérangez pas. Femme du grand monde, titrée peut-être ! Complet. Beau début. Monsieur, madame, au plaisir ! je vous en souhaite. Après vous. Chacun son tour. Quel malheur ! Quel malheur !

MAURICE : C’est un fait exprès. Le cochon a

 

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bu, pour la première fois de sa vie. Le vin ou l’absinthe lui produit un effet étrange. Il bégaie. Il glousse. Il secoue la tête, et sa voix s’égrène en perles fausses qui dégringolent les escaliers.

Blanche ! Blanche ! où êtes-vous ? Pourquoi pleurez-vous ?

BLANCHE : Je meurs de honte à me voir tombée si bas ! Cet homme m’a traitée comme la dernière des dernières.

MAURICE : Il est ivre. Il ne vous connaît pas. Vous ne le connaissez pas. Sa grossièreté peut-elle vous offenser ? Prend-on la campagne en horreur à cause de quelques flaques d’eau croupie ? Blanche, bouderez-vous jusqu’à l’aube ?

BLANCHE : Ah ! si j’avais su ! Le châtiment commence. J’expie ma faute.

MAURICE : Quelle faute ? Quel châtiment ? Si vous aviez su quoi ? C’est la visite tardive de mon ami Osoir qui vous met en cet état ! Blanche, approchez votre visage douloureux, afin

 

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que je le sèche au feu du mien et que, sous une tendre pression, j’étouffe vos précoces remords.

 

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