La terre du passé

Anatole Le Braz · Chapitre 56 sur 77

Pages du PDF

La terre du passé

IV en Vannes

IV

 

EN VANNES

 

CHEZ LES GRÉSILLONS

 

I

 

Savez-vous un nom plus charmant que celui de Groix, en Breton G ', qui veut dire fée?… Au soleil de midi, sous un clair ciel

d'août, nous nous embarquions à Lorient pour rendre visite à l'île. Sitôt le vapeur en marche, un admirable panorama de mer s'ouvrit devant nos yeux. L'immense estuaire étincelait, baignant à droite et à gauche des grèves aux sables éclatants, des promontoires finement découpés, des îles blondes, comme alanguies par la sieste sous les panaches immobiles de leurs pins.

Partout des villas, des villages, des grappes de maisons riantes aux noms sonores, Larmor, Kerroman, Penn-Mané. Brizeux avait raison: cette langue vannetaise a de mélodieux arrangements de syllabes, d'une douceur hellénique… Port-Louis, vers le sud, semblait une bourgade de légende, bâtie sur les eaux.