La vie simple

Charles Wagner · Chapitre 10 sur 16

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La vie simple

VIII L'esprit mercenaire et la simplicité.

VIII

L'esprit mercenaire et la simplicité.

 

Nous venons de coudoyer en passant un certain préjugé fort répandu, qui attribue à l'argent une puissance magique. Rapprochés ainsi d'un terrain brûlant, nous ne l'éviterons pas; mais nous allons y poser le pied, persuadés qu'il y a sur ce point plusieurs vérités à dire. Elles ne sont point neuves, mais elles sont si oubliées!

Je ne vois aucun moyen de nous passer de l'argent. Tout ce qu'ont pu faire jusqu'à ce jour certains théoriciens ou législateurs qui l'accusent de tous les maux, c'est d'en changer le nom ou la forme. Mais ils n'ont jamais pu se passer d'un signe représentatif de la valeur commerciale des choses. Vouloir supprimer l'argent est une tentative analogue à celle qui voudrait supprimer l'écriture. Il n'en est pas moins vrai que cette question de l'argent est très troublante. Elle forme un des éléments principaux de notre vie compliquée. Les difficultés économiques où nous nous débattons, les conventions sociales, tout l'agencement de la vie moderne ont porté l'argent à un rang si éminent qu'il n'est pas étonnant que l'imagination humaine lui attribue une sorte de royauté. Et c'est par ce côté que nous devons aborder le problème.

Le terme d'argent a pour pendant celui de marchandise. S'il n'y avait point de marchandise l'argent n'existerait pas. Mais tant qu'il y aura de la marchandise il y aura de l'argent, peu importe sous quelle forme. La source de tous les abus dont l'argent est devenu le centre réside dans une confusion. On a confondu dans le terme et dans la notion de marchandise des objets qui n'ont aucun rapport ensemble. On a voulu donner une valeur vénale à des choses qui n'en peuvent ni doivent en avoir aucune. Les idées d'achat et de vente ont envahi des provinces où elles peuvent être à juste titre considérées comme des étrangères, des ennemies, des usurpatrices. Il est légitime que du blé, des pommes de terre, du vin, des étoffes soient à vendre et qu'on les achète. Il est parfaitement naturel que le labeur d'un homme lui procure des droits à la vie et qu'on lui remette en main une valeur qui représente ces droits. Mais ici déjà l'analogie cesse d'être complète. Le travail d'un homme n'est pas une marchandise au même titre qu'un sac de blé ou un quintal de charbon. Il entre dans ce travail des éléments qu'on ne peut évaluer en monnaie. Enfin, il est des choses qui ne sauraient s'acheter: le sommeil par exemple, la connaissance de l'avenir, le talent. Celui qui nous les offre en vente peut être considéré comme un fou ou un imposteur. Pourtant il y a des gens qui battent monnaie avec ces choses. Ils vendent ce qui ne leur appartient pas et leurs dupes paient des valeurs illusoires en monnaie véritable. De même, il y a des marchands de plaisir, des marchands d'amour, des marchands de miracles, des marchands de patriotisme, et ce titre de commerçant qui est si honorable quand il représente un homme faisant commerce de ce qui est en effet une denrée commerciale devient la pire flétrissure quand il s'agit des choses du cœur, de la religion, de la patrie.

Presque tout le monde est d'accord pour trouver honteux qu'on trafique de ses sentiments, de son honneur, de sa robe, de sa plume, de son mandat. Malheureusement ce qui ne souffre aucune contradiction dans la théorie, ce qui, dit comme nous le disons, ressemble plutôt à une banalité qu'à une haute vérité morale, a une peine infinie à pénétrer dans la pratique. Le trafic a envahi le monde. Les vendeurs se sont installés jusqu'au sanctuaire, et par sanctuaire je n'entends pas seulement les choses religieuses, mais tout ce que l'humanité a de sacré et d'inviolable. Ce n'est pas l'argent qui complique la vie, la corrompt et l'altère, c'est notre esprit mercenaire. L'esprit mercenaire ramène tout à une seule question: Combien cela va-t-il me rapporter? il résume tout dans un axiome: Avec de l'argent, on peut tout se procurer. Avec ces deux principes de conduite une société peut descendre à des degrés d'infamie qu'il est impossible de dépeindre et d'imaginer.

Combien cela va-t-il me rapporter? Cette question si légitime tant qu'il s'agit des précautions que chacun doit prendre pour assurer sa subsistance par son travail, devient funeste aussitôt qu'elle sort de ses limites et domine toute la vie. Cela est si vrai qu'elle avilit même le travail qui est notre gagne-pain. Je fournis du travail payé, rien de mieux; mais si je n'ai pour m'inspirer pendant ce travail que le seul désir de toucher ma paye, rien de pire. Un homme qui n'a pour motif d'action que son salaire fait de la mauvaise besogne. Ce qui l'intéresse n'est pas le travail, c'est l'argent. S'il peut rogner sur sa peine sans retrancher de son gain, soyez sûr qu'il le fera. Maçon, laboureur, ouvrier d'usine, celui qui n'aime pas son labeur n'y met ni intérêt, ni dignité, et c'est en somme un mauvais ouvrier. Le médecin qui n'est préoccupé que des honoraires est un homme auquel il ne fait pas bon confier sa vie, car ce qui le met en mouvement c'est le désir de garnir sa bourse avec le contenu de la vôtre. S'il est de son intérêt que vous souffriez plus longtemps, il est capable de cultiver votre maladie au lieu de fortifier votre santé. Celui qui n'aime dans l'instruction de l'enfance que le profit qu'elle procure est un triste professeur, car ce profit est médiocre, mais son enseignement plus médiocre encore. Que vaut le journaliste mercenaire? Le jour où vous n'écrivez que pour le sou, votre prose cesse de valoir même ce sou. Plus le travail humain touche à des objets de nature élevée, plus l'esprit mercenaire, s'il intervient, le stérilise et le corrompt. On a mille fois raison de dire que toute peine mérite salaire, que tout homme qui consacre son effort à entretenir la vie doit avoir sa place au soleil,—et quiconque ne fait rien d'utile, ne gagne pas sa vie, en un mot n'est qu'un parasite. Mais il n'y a pas de plus grave erreur sociale que d'en arriver à faire du gain l'unique mobile d'action. Ce que nous mettons de meilleur dans notre œuvre, qu'elle se fasse à la force des bras, par la chaleur du cœur, ou la tension de l'intelligence, c'est précisément ce que personne ne peut nous payer. Rien ne prouve mieux que l'homme n'est pas une machine, que ce fait: deux hommes à l'œuvre avec les mêmes forces, les mêmes gestes, produisent des résultats tout différents. Où est la cause de ce phénomène? Dans la divergence de leurs intentions. L'un a l'esprit mercenaire, l'autre a l'âme simple. Tous les deux touchent leur paye, mais le travail de l'un est stérile, l'autre a mis son âme dans son travail. Le travail du premier est comme le grain de sable qui reste toute l'éternité sans qu'il en sorte rien, le travail de l'autre est comme la graine vivante jetée au sol, il germe et produit des moissons. Il n'y a pas d'autre secret pour expliquer que tant de gens n'ont pas réussi en employant les mêmes procédés extérieurs que d'autres. Les automates ne se reproduisent pas et le travail du mercenaire ne produit pas de fruit.

 

Sans doute nous sommes obligés de nous incliner devant le fait économique, de reconnaître les difficultés de la vie; de jour en jour il devient plus urgent de bien combiner ses moyens d'action pour arriver à nourrir, à vêtir, à loger, à élever sa famille. Celui qui ne tient pas compte de ces nécessités impérieuses, qui ne calcule pas et ne prévoit pas, n'est qu'un illuminé ou un maladroit, tôt ou tard exposé à tendre la main à ceux dont il méprise la parcimonie. Et cependant que deviendrions-nous, si ce genre de souci nous absorbait tout entiers? si, parfaits comptables, nous voulions mesurer notre effort à l'argent qu'il nous rapporte, ne plus rien faire qui n'aboutisse à une recette et considérer comme choses inutiles ou peines perdues ce qui ne peut pas s'aligner en chiffres sur un livre de comptes?

Nos mères ont-elles touché quelque chose pour nous aimer, nous élever? Qu'adviendrait-il de notre piété filiale si nous voulions toucher quelque chose pour aimer et soigner nos vieux parents?

Qu'est-ce que cela rapporte de dire la vérité? du désagrément, quelquefois des souffrances et des persécutions. De défendre son pays? des fatigues, des blessures et souvent la mort. De faire du bien? des ennuis, de l'ingratitude, des ressentiments même. Il entre du dévouement dans toutes les fonctions essentielles de l'humanité. Je défie les plus fins calculateurs de se maintenir dans le monde sans jamais faire appel à autre chose qu'au calcul. Sans doute on proclame intelligents ceux qui s'entendent à «faire leur pelote». Mais regardez-y de près. Combien, dans leur pelote, y a-t-il de fil qu'ils doivent au dévouement des simples? Auraient-ils bien réussi, s'ils n'avaient rencontré dans le monde que des malins de leur espèce ayant pour devise: Pas d'argent, pas de Suisse! Disons-le hautement: c'est grâce à quelques-uns qui ne comptent pas trop rigoureusement, que le monde se soutient. Les plus beaux services rendus, les plus dures besognes sont en général peu ou point rétribués. Heureusement qu'il restera toujours des hommes prêts aux fonctions désintéressées et même à celles qui ne sont payées qu'en souffrances, et qui coûtent l'argent, le repos, la vie. Le rôle de ces hommes-là est souvent pénible et ne va pas sans découragements. Qui de nous n'a entendu faire des récits d'expériences douloureuses où le narrateur regrettait ses bontés passées, le mal qu'il s'était donné pour ne récolter que des déboires. On conclut généralement ces confidences en disant: j'ai été assez bête pour faire ceci et cela. Quelquefois on a raison de se juger ainsi parce que c'est toujours un tort de jeter les perles aux pourceaux; mais que de vies dont les seuls actes vraiment beaux sont précisément ceux dont on se repent à cause de l'ingratitude des hommes! Ce qu'il faudrait souhaiter à l'humanité, c'est que le nombre de ces actes bêtes aille grandissant.

 

J'en arrive maintenant au credo de l'esprit mercenaire. Sa qualité est d'être bref. Pour le mercenaire la loi et les prophètes sont contenus dans ce seul axiome: Avec de l'argent on peut tout se procurer. À regarder la vie sociale superficiellement rien de plus évident. «Nerf de la guerre», «preuve sonnante», «clef qui ouvre toutes les portes», «roi du monde»!… On pourrait, en recueillant tout ce qu'on a dit de la gloire et de la puissance de l'argent, faire une litanie plus longue que celle qui se chante en l'honneur de la Vierge Marie. Il faut avoir été sans le sou, ne fût-ce qu'un jour ou deux, et avoir essayé de vivre dans le monde où nous sommes, pour se faire une idée de ce qui manque à celui dont la bourse est vide. J'engage ceux qui aiment les contrastes et les situations imprévues à essayer de vivre sans argent pendant une demi-semaine seulement, et loin de leurs amis et connaissances, du milieu enfin où ils sont quelqu'un. Ils feront plus d'expériences en quarante-huit heures qu'un homme établi pendant toute son année. Hélas! ces expériences quelques-uns les font malgré eux, et lorsque la ruine véritable s'abat sur leur tête ils ont beau rester dans leur patrie, parmi les compagnons de leur jeunesse, leurs anciens collaborateurs et même leurs obligés, on affecte de ne plus les connaître. Avec quelle amertume ils commentent le credo mercenaire: avec de l'argent on peut tout se procurer, sans argent impossible de rien avoir. Vous devenez le paria, le lépreux, celui dont chacun se détourne. Les mouches vont aux cadavres, les hommes vont à l'argent. Aussitôt que l'argent se retire le vide se fait. Il en a fait couler des larmes le credo mercenaire! larmes amères, larmes de sang pleurées par ceux-là mêmes qui avaient peut-être été jadis les adorateurs du veau d'or.

Et pourtant ce credo est faux, archi-faux. Je ne vais pas marcher à l'attaque, avec de vieilles rengaines comme celle de l'homme riche égaré dans un désert et qui ne peut même pas se procurer une goutte d'eau pour son argent; ou celle du millionnaire décrépit qui donnerait la moitié de ce qu'il possède pour acheter à un solide gaillard sans le sou, ses vingt ans et sa robuste santé! Je n'essayerai pas non plus de vous prouver qu'on ne peut pas acheter le bonheur. Tant de gens parmi ceux qui ont de l'argent et surtout parmi ceux qui n'en ont pas, sourient de cette vérité comme du plus usé de tous les clichés. Mais j'en appellerai aux souvenirs, aux expériences de chacun pour faire toucher du doigt le grossier mensonge que recouvre un axiome que tout le monde va répétant.

Garnissez votre bourse du mieux que vous pourrez et partons ensemble pour une ville d'eaux, comme il y en a beaucoup. Je veux dire un de ces endroits jadis inconnus, pleins de gens simples, respectueux, accueillants, parmi lesquels il faisait bon vivre et sans grande dépense. La Renommée aux cent trompettes les a tirés de l'ombre, leur a enseigné le parti qu'ils pourraient tirer de leur situation, de leur climat, de leurs personnes. Vous partez, sur la foi de dame Renommée, et vous vous flattez qu'avec votre argent vous pourrez vous procurer une retraite paisible, et loin du monde factice et civilisé, tisser un peu de poésie dans la trame de vos jours.—La première impression est bonne: le cadre naturel et certaines coutumes patriarcales, lentes à disparaître, vous frappent d'abord favorablement. Mais à mesure que les jours passent l'impression se gâte, les dessous apparaissent. Ce que vous considériez comme du vieux authentique, pareil aux meubles de famille séculaires, n'est que du truquage pour mystifier les gobeurs. Il y a des étiquettes sur tout, tout est à vendre, depuis le sol jusqu'aux habitants. Ces primitifs sont devenus les plus roués des gens d'affaires. Étant donné votre argent, ils ont résolu le problème de se le procurer au moins de frais possible. Ce ne sont que ficelles, pièges partout tendus comme des toiles d'araignées et la mouche que ces gens attendaient au fond de leur trou c'est vous. Voilà ce que vingt ou trente ans de régime mercenaire ont fait d'une population qui était autrefois simple, honnête, et dont le contact faisait du bien aux citadins surmenés. Le pain de ménage a disparu, le beurre sort de l'usine, ils possèdent à merveille la méthode pour écrémer le lait et les dernières recettes pour falsifier les vins; ils ont tous les vices des citadins moins leurs vertus.

En partant vous comptez votre argent. Il en manque beaucoup; et vous vous plaignez. Vous avez tort. On n'achète jamais trop cher la conviction qu'il y a des choses qu'on ne peut pas se procurer pour de l'argent.

Vous avez besoin dans votre maison d'un employé intelligent et habile, essayez de vous procurer cet oiseau rare. D'après le principe qu'on peut tout avoir avec de l'argent, vous devrez, suivant que vous offrez des appointements médiocres, ordinaires, bons, très bons, excellents… trouver des employés médiocres, ordinaires, très bons, supérieurs. Mais tous ceux qui se présenteront pour occuper le poste vacant se rangeront dans la dernière catégorie, et ils se seront préalablement procuré des certificats à l'appui de leurs prétentions. Il est vrai que neuf fois sur dix, à l'épreuve de la pratique, il apparaîtra que ces personnages si habiles manquent totalement de savoir-faire. Alors pourquoi se sont-ils engagés chez vous? Ils devraient à la vérité de répondre comme le fait dans la comédie la cuisinière cher payée et qui ne sait rien faire.—Pourquoi vous êtes-vous engagée comme cordon bleu?—C'est pour toucher le sou du franc. Voilà la grande affaire. Vous trouverez toujours des gens qui aiment toucher de gros traitements. Plus rarement vous trouverez des capacités. Et si c'est de la probité qu'il vous faut, les difficultés augmenteront. Des mercenaires, vous en trouverez aisément; du dévouement, c'est autre chose. Loin de moi la pensée de nier l'existence de serviteurs dévoués, d'employés probes et intelligents à la fois. Mais vous en rencontrerez autant, et quelquefois plus, parmi les mal payés que parmi les plus grassement rétribués. Et peu importe en somme où ils se rencontrent, soyez sûrs qu'ils ne sont pas dévoués par intérêt, ils le sont parce qu'ils ont gardé un fonds de simplicité qui les rend capables d'abnégation.

On va aussi répétant partout que l'argent est le nerf de la guerre. Sans doute la guerre coûte beaucoup d'argent et nous en savons quelque chose. Est-ce à dire que pour se défendre contre ses ennemis et faire honneur à son drapeau il suffise qu'un pays soit riche? Les Grecs se sont chargés jadis d'administrer aux Perses la preuve du contraire, et cette preuve-là ne cessera d'être répétée dans l'histoire. Avec de l'or on peut acheter des vaisseaux, des canons, des chevaux; mais on ne peut pas acheter le génie militaire, la sagesse politique, la discipline, l'enthousiasme. Mettez des milliards entre les mains de vos recruteurs et chargez-les de vous amener un grand capitaine et une armée de sans-culottes. Vous trouverez cent capitaines pour un seul et mille soldats, mais envoyez-les au feu: vous en aurez pour votre argent.

Du moins pourrait-on s'imaginer qu'avec de l'argent tout court il soit possible de soulager les misères et de faire du bien. Hélas! cela aussi est une illusion dont il faut revenir. L'argent, par grosses ou par petites sommes, est une graine qui fait germer les abus. À moins d'y ajouter de l'intelligence, de la bonté, une grande expérience des hommes, vous ne ferez que du mal, et vous risquerez fort de corrompre ceux qui reçoivent vos largesses et ceux que vous avez chargés de les distribuer.

 

L'argent ne peut pas suffire à tout, il est une puissance, mais il n'est pas la toute-puissance. Rien ne complique la vie, rien ne démoralise l'homme, rien ne fausse le fonctionnement normal de la société comme le développement de l'esprit mercenaire. Partout où il règne, c'est la duperie de tous par tous. On ne peut plus se fier à rien ni à personne, on ne peut plus rien obtenir qui vaille. Nous ne sommes pas des détracteurs de l'argent; mais il faut lui appliquer la loi commune: Tout à sa place, tout à son rang! Lorsque l'argent, qui doit être un serviteur, devient une force tyrannique, irrespectueuse de la vie morale, de la dignité, de la liberté; lorsque les uns s'efforcent de se le procurer à tout prix, apportant au marché ce qui n'est pas une marchandise; lorsque les autres qui possèdent la richesse s'imaginent qu'ils peuvent obtenir d'autrui ce qu'il n'est permis à personne de vendre ni d'acheter, il faut s'insurger contre cette grossière et criminelle superstition, crier hautement à l'imposture: que ton argent périsse avec toi! Ce que l'homme a de plus précieux il l'a en général reçu gratuitement: qu'il sache donc le donner gratuitement.