Le dernier des mages dragons: Le dragon de feu (French Edition)

Aeron C. · Chapitre 9 sur 16 · partie 1/3

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Le dernier des mages dragons: Le dragon de feu (French Edition)

-33- Yvandral, le seigneur elfe de la…

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.

-33- Yvandral, le seigneur elfe de la forêt à côté du village d’Adrien prend

les choses au sérieux-

Au fond Gaulter le savait. S’il n’avait pas un tel ego surdimensionné, il laisserait volontiers Saphira à Adrien. Mais il n’arrive pas à supporter le fait qu’elle se soit enfui avec son amant, il se sentait humilié vis-à-vis de la société, quelques uns de ses confrères de Juvés se sont d’ailleurs moqués de lui à ce sujet et cela il ne l’acceptait pas. Il n’éprouvait strictement aucun sentiment pour Saphira, il avait accepté le mariage avec elle il y a des années de cela car à l’époque l’intérêt financier semblait le lui dicter. Il n’avait jamais eu aucun désir charnel pour la jeune femme, se contentant d’évacuer sur elle ses pulsions sexuelles car elle était à sa disposition, ne pouvant le faire avec une autre femme le soir. Depuis 5 ans Gaulter avait remarqué qu’il dormait systématiquement très profondément toute la nuit à la fin du repas après son dernier verre de vin, mais comme au niveau gustatif cela n’avait aucun goût particulier, il se faisait avoir à chaque fois. L’énième humiliation pour lui, c’est Yoland. L’évidence n’était pas niable, dès le début Gaulter avait rapidement compris que le vrai père de l’aîné des enfants de Saphira n’est d’autre que le mage de feu, la ressemblance étant trop troublante pour en douter très longtemps. Il savait que la conception était antérieure au mariage mais Adrien ne possédait aucun moyen de le prouver, autrement le mage aurait certainement amené sa maîtresse à qui il a fait un enfant avec lui plus de 10 ans auparavant. Il n’osait pas s’avouer à lui-même sa peur vis-à-vis du mage dragon. Avec le recul des événements de ces derniers jours, un détail auquel il n’avait pas fait attention le frappait maintenant : Adrien en réalité est très loin de faire son âge réel, s’il n’avait pas une telle maturité Gaulter lui aurait donné à peine la quinzaine comme à un adolescent (les hommes sont généralement considérés comme adultes pour beaucoup à partir de 18-19 ans même s’il est possible pour eux de se marier dès 15 ans). Yoland ayant encore un air de bébé, avec la taille pour l’instant, pour quelqu’un qui ne les connaissait pas s’il les voyait ensemble penserait certainement que c’est Adrien le père ou sinon qu’ils sont frères et que le mage de feu en serait l’aîné. Gaulter frappa alors de son poing droit la table de la chambre d’auberge qu’il occupe, tout cela l’énervait, il réfléchissait à un moyen de se venger mais discrètement. Pourquoi faisait-il tout cela au fond alors qu’hormis pour son ego Saphira n’a aucune valeur à ses yeux ? Il n’admet pas que c’est probablement de la jalousie et qu’Adrien possédait ce que lui n’avait pas : la beauté, le succès auprès de toutes les femmes, une réputation nationale, l’admiration et le respect, la force, l’intelligence, la richesse (il a découvert il y a 2 jours par un homme vêtu d’un manteau noir qu’apparemment Adrien serait très riche du fait de sa collaboration avec le roi de Zerxos, probablement la 4ème fortune du pays dont la 1ère est évidemment le souverain)…

Une jeune femme pleurait sur son lit en silence comme chaque soir après son dernier tour de garde. Ses longs cheveux lui couvraient une bonne partie du visage. Même si son frère était revenu il y a peu de temps, cela ne la rassurait pas. Aïsha bien que très jeune elfe éprouvait ce qu’on pourrait appeler un chagrin d’amour, s’étant fait rejetée une nouvelle fois par Adrien dont elle est toujours éperdument amoureuse. Elle avait certes fait l’amour avec lui, elle se souvenait encore très bien de quand elle l’avait embrassé, enlacé, le contact du frottement du bas du corps l’un contre l’autre à plusieurs reprises… « Si seulement il ne s’était pas réveillé si tôt… Encore quelques minutes et j’aurai pu l’entraîner dans mon lit pour faire réellement l’amour… Maintenant il me déteste certainement » se répétait la femme elfe dans sa tête en boucle. L’ignorance d’Adrien le matin suivant les caresses de la nuit passée a rendu cette dernière encore plus honteuse. Elle ressentait du mépris vis-à-vis de Saphira mais il n’était pas question de lui faire du mal pour se débarrasser de sa rivale, ce serait le meilleur moyen pour qu’Adrien la haïsse définitivement. Elle était morte de jalousie, si elle le pouvait elle échangerait volontiers ses deux milles années d’existence possibles contre la place de Saphira rien que pour être dans les bras de l’humain qu’elle aimait. Aïsha savait parfaitement qu’Adrien n’avait d’yeux que pour Saphira dès l’instant où elle a aperçu pour la 1ère fois l’amante du jeune homme. Saphira certes encore jeune pour une humaine de 30 ans semblait bien plus âgée qu’Adrien. Aïsha bien que honteuse maintenant n’avait pu s’empêcher de profiter du fait que le fire dragon était saoul pour commencer à coucher avec lui contre le mur de la chambre. Ce que l’elfe ne parvenait pas à s’expliquer c’est comment Adrien a pu être dans un tel état d’ébriété des heures après avoir dormi en ayant seulement bu une seule minuscule gorgée du nouvel alcool fabriqué par les elfes à partir d’ingrédients naturels et sains de la forêt, les fruits y étant particulièrement nombreux. Jamais aucun humain ou elfe ne s’est retrouvé dans un tel état même après en avoir bu plus de 3 litres dans la même journée. On toqua à sa porte. Aïsha avait formellement interdit qu’on la dérange dans sa chambre lorsque ce n’était pas l’heure de son propre tour de garde ou s’il y avait une urgence grave. Cependant, elle invita l’individu à entrer. Elle reconnut son frère Broomer revenu à la forteresse il y a très peu de temps. Il passait sa journée dans la forêt et on ne le revoyait que fort tard le soir. Elle ne s’attendait pas à le voir débarquer aussi tôt, il était toujours accompagné de son grand arc légendaire Jystel. Broomer s’assit ensuite à côté de sa grande sœur qui ne réussit pas à se contenir face à lui et laissa éclater de nouveau ses larmes. L’elfe prit la femme dans ses bras en tentant de la réconforter, ces pleurs étaient encore dus au fait d’Adrien, Broomer le savait largement. Il essaya de ramener en quelque sorte Aïsha à la raison en tentant de lui faire comprendre que ce qui s’était passé avec Adrien n’était qu’un accident et qu’il ne lui en voulait pas même si le jeune mage dragon ne supportait pas de s’être laissé tenter sous l’emprise de l’alcool car il croyait que Saphira ne voudrait plus de lui pour cela. Aïsha eut du mal à ne pas redoubler de sanglots quand Broomer laissa échapper qu’Adrien et Saphira ont eu un fils issu du fruit de leur amour plus de 10 ans auparavant. « S’il ne te l’avait pas dit c’est qu’il ne le savait pas, il ne l’a découvert qu’il y a peu de temps. Il ne t’en a pas parlé la dernière fois c’est je pense qu’il n’osait pas vu que tu le prendrais certainement mal. ». En effet, il avait vu juste, Adrien était le seul humain pour qui Aïsha ait vraiment éprouvé un intérêt aussi fort et l’idée d’avoir un enfant issu du mélange entre un elfe et un homme de race humaine n’aurait pas déplu à sa jeune grande sœur (« bébé » elfe de seulement une centaine d’années) mais Saphira stoppait net le fait d’envisager cette possibilité. Si le fils du seigneur Yvandral en pinçait pour Aïsha, aucune réciprocité dans l’autre sens, l’elfe femelle étant totalement subjuguée par la beauté du fire dragon depuis sa première rencontre il y a un peu plus de 5 ans.

Considérant qu’un elfe doit se montrer le plus fort possible en tout type de circonstance, Broomer se détacha de son aînée, se leva et sortit de la chambre discrètement en lui glissant « Il faut que tu renonces à lui. Tant qu’il y a Saphira ». Aïsha ne prononça aucun mot, elle s’allongea complètement sur son lit pour dormir et tenter d’oublier un peu les émotions passées. Dans quelques heures ce sera son tour d’aller participer à la garde de la forteresse, au moins ça lui changera un peu les idées, avec les créatures sauvages pas le temps de s’attarder sur un petit tracas amoureux. Broomer fut convoqué par le seigneur, il se rendit à la salle occupé par Yvandral et son jeune fils de 300 ans qui lui succèdera un jour à la tête de la forteresse. On le fit installer sur un siège en face de celui du souverain représentant de Némésis puis les serviteurs se retirèrent laissant le trio tranquille. Yvandral, les mains jointes sur ses genoux croisés, regarda fixement Broomer dans les yeux, il semblait avoir des choses importantes dont il voudrait lui parler, la présence de son rejeton Antos ne le dérangeant pour l’instant guère. La conversation se poursuivit le reste de l’après-midi puis Yvandral congédia son fils qui quitta la forteresse pour partir chasser avant la tombée de la nuit accompagné de quelques autres elfes. Le seigneur invita Broomer à le suivre, ils prirent ensemble une direction opposée à d’habitude, les amenant directement près d’une sortie de la forêt aux alentours du village. Dans ce dernier, dans la demeure du mage, durant l’après-midi pendant l’absence des domestiques et de Maëlia, toutes s’étant rendues parmi le voisinage pour affaires privées, des cris stridents se sont échappés pendant des heures d’une chambre où le lit étant très fortement secoué par les ébats du couple adultère (Adrien ne sachant pas résister longtemps aux avances de Saphira) finit par craquer sous la forte pression continue exercée par le poids des deux corps enlacés en mouvement. Ce qui les fit se stopper, Adrien se rhabillant déclara, gêné, qu’il allait bientôt revenir, ils ne pouvaient pas dormir le soir dans un lit cassé. Saphira quant à elle se contenta de retirer le matelas et les couvertures (choses courantes dans les familles avec des revenus modestes ou riches mais du vrai luxe pour les plus pauvres qui dorment sur de la paille) et de les poser contre le mur, ensuite elle revêtit une belle robe offerte par son amant peu de temps avant et se recoiffa brièvement. Elle rabaissa le matelas sur le sol, s’installa dessus et se couchant sur le dos releva fortement ses jambes en tentant de faire le poirier, elle espérait secrètement concevoir un nouvel enfant avec Adrien et cette position lui donnait l’impression que le sperme de son ami la féconderait ainsi plus facilement mais elle ignorait si avec les traumatismes causés par Gaulter pendant des années elle pourrait encore porter un bébé. Elle rageait intérieurement en pensant qu’Aïsha pourrait tomber enceinte des œuvres d’Adrien suite à la nuit où il était totalement ivre lorsqu’ils ont fait ensemble l’amour contre le mur pendant plusieurs minutes même si le jeune homme a stoppé le rapport sexuel avant de risquer de prendre le risque de pouvoir féconder réellement la sœur de son meilleur ami, ce dernier croyant sous le choc qu’il s’en était arrêté à cette étape (la reproduction entre les elfes et les humains étant tout à fait possible mais peu courante) même si le contact du frottement entre les deux sexes nus avait duré assez longtemps tout de même pour que même s’il y a un très faible risque qu’Aïsha tombe enceinte. Adrien pensait toujours qu’il avait commit une infidélité même si Broomer était persuadé du contraire car sous l’effet de l’ivresse Adrien ne savait plus du tout ce qu’il faisait et qu’il n’avait reprit un peu ses esprits qu’avant d’aller trop loin.

Saphira partageait davantage l’avis de Broomer, même si elle était extrêmement jalouse du fait que l’elfe femelle ait eu des caresses et baisers avec son amant, elle savait parfaitement que le mage ne se rendait pas ce qu’il était en train de faire, Aïsha en ayant très largement profité et qu’il s’en voulait à mort, Adrien étant absolument incapable de mentir, elle le croyait sincèrement. Elle avait beau lui dire qu’elle ne lui en voulait pas pour ce qui s’était passé, il n’arrivait pas à s’en persuader, toujours terriblement mort de honte. Saphira d’un côté craignait indirectement qu’Adrien la quitte pour aller avec l’elfe femelle si elle attendait un bébé du mage pour assumer ses responsabilités paternelles mais de l’autre elle savait qu’Aïsha n’intéressait pas le fire dragon car il était toujours amoureux d’elle et le lui avait bien fait comprendre, si l’elfe tombait enceinte c’était son problème car elle avait légèrement abusé du garçon (sans le violer évidemment mais elle avait profité de l’effet de l’alcool pour coucher avec Adrien au lieu de l’aider à retourner dans la chambre d’amis qu’il occupait lorsqu’elle avait vu qu’il n’arrivait pratiquement pas à se déplacer tout seul correctement dans la forteresse). Adrien voulait tirer un trait sur cette « histoire » mais n’y arrivait pas, elle l’avait quasiment autant traumatisé que la seconde venue du dragon noir sur le territoire de Zerxos. Il se rendit chez un menuisier du village encore ouvert pour lui acheter de quoi refaire les parties du lit cassé. Ce dernier aimablement lui proposa de passer directement chez lui pour lui monter rapidement directement avant le levé du jour.

Le mage dragon accepta, cela l’arrangeait, il n’aimait pas les travaux manuels de ce type. Entre temps Maëlia était rentrée les bras chargés de courses et aidée des domestiques s’attela à préparer le souper du soir, voyant son fils absent elle ne posa pas de question, c’est un adulte qui n’a plus à lui rendre compte de ses moindres faits et gestes même si pour la femme il restait son « petit bébé » dans son esprit de mère couveuse. Saphira, attendant avec impatiente le retour de son fiancé, lorsqu’elle l’entendit rentrer elle voulut se précipiter à sa rencontre mais stoppa sa course lorsqu’elle aperçut le menuisier avec des planches et des outils, elle salua l’homme poliment et se retira à la salle à manger. Adrien montra à son accompagnateur la chambre et l’état de son lit. Le menuisier lui demanda de se retirer pour le laisser travailler et qu’il l’appellerait lorsque l’ouvrage sera terminé. Le mage dragon repartit et se rendit à la salle à manger avec les autres pour déguster le dîner fraîchement terminé. Le menuisier le rappela dans la chambre environ deux heures plus tard pour lui montrer le résultat de son travail, c’était visuellement très réussi en étant fait en aussi peu de temps. Adrien le paya 678 floros et l’homme s’en alla, le bois utilisé est réputé très solide donc le lit ne devrait plus casser facilement. Saphira lui glissa tout doucement à l’oreille « et si on testait sa solidité mon chéri ? », le jeune homme sourit, l’embrassa longuement avec passion, la déshabilla rapidement et la coucha nue tout aussi vite sous les draps en s’allongeant sur elle ensuite. Le reste de la nuit fut endiablée même si aucun bruit ne semblait s’échapper de la chambre, ils firent l’amour au moins 3 fois pendant que Maëlia dormait paisiblement. Saphira était ravie de tout ceci, quasiment tous les soirs depuis leur arrivé au village elle couchait des heures avec son petit ami, ils essayaient en quelque sorte de rattraper les années de tendresse perdues, la jeune femme n’avait pas reçu une telle affection depuis qu’elle avait dû rompre de force avec Adrien, Gaulter ne l’ayant jamais bien traitée. Mais combien de temps ce bonheur durera-t-il ? Intérieurement Saphira doutait, un nouvel événement dramatique risque de venir menacer ce paisible équilibre. Il fallait qu’elle savoure chaque instant heureux, cela ne va certainement pas durer longtemps. Elle n’avait pas tord. A Zerxos, depuis plusieurs années un mal inconnu touche le pays, la tranquillité y est perpétuellement menacée.

Plus tard, vers 3 heures du matin, Adrien se réveilla brusquement, il se redressa légèrement et renifla l’air, deux odeurs nouvelles dans le village, non menaçantes et qu’il connaissait bien. Il se leva, frissonna un peu, sur le moment il avait oublié sa nudité. Pour préserver ses réserves d’énergie il n’avait pas utilisé sa magie pour se réchauffer, le temps ne l’y obligeait pas, le froid étant encore supportable, et puis surtout l’eau sacrée lui pompait régulièrement de la magie, pour ne pas risquer l’épuisement qui arrivera bien plus vite que s’il redevenait dragon. Ne sachant jamais quand il y aura une attaque possible il fallait être opérationnel à tout moment. Adrien se rhabilla à la hâte et sortit silencieusement pour ne pas réveiller Saphira qui dormait à poings fermés sous la couche de couvertures après lui avoir déposé un baiser sur le front. Il se dirigea dans la direction indiqué par son flair : vers la maison de Galban son ancien professeur. L’enfant semblant être dans les bras de Morphée, trois individus discutaient à voix basse : un vieil homme et deux elfes dont l’un est habillé prestigieusement montrant sa noblesse et l’autre tenait un très grand arc. Il s’agissait de Galban, Yvandral et Broomer. Le seigneur elfe ayant annoncé que s’il se déplaçait personnellement sans prendre le temps d’être accompagné d’une escorte dans le village des humains alors qu’il ne le faisait jamais en temps normal c’était que quelqu’un chose de grave était en train de se passer.

- Les choses commencent à sérieusement s’envenimer.

- Effectivement, renchérit Galban.

- Cette attaque-là est significative de quelque chose qui ne tourne

pas rond. Zerxos, non le reste du monde est menacé, reprit Yvandral.

- Seigneur savez-vous comment ce genre de choses est-il possible ?

Il y a pourtant des gardes aux frontières et je vois mal le souverain

humain déployant une partie de son armée pour attaquer un petit

groupe d’individus surtout qu’il nous avait rencontrés quelques temps

avant et qu’il aurait pu nous faire arrêter sans soucis, surtout qu’un

mage noir était présent avec eux.

- Non, répondit Yvandral. Je ne suis pas très vieux pour un elfe

mais avec mes quelques centaines années d’existence j’ai tout de

même vu le monde en train d’évoluer, dans le mauvais sens d’ailleurs,

le mal augmentant de plus en plus. Jusqu’il y a 8 ans environ Zerxos

était relativement préservé des plus grandes menaces qui avaient Le groupe marquant un temps de pause. Yvandral se releva soudain, marcha quelques pas en rond.

ravagés une partie des autres pays depuis pas loin d’une centaine

d’années au moins.

- Après qui cet individu en noir en avait-il réellement et pourquoi ?

Demanda Galban. J’ai toujours eu une sainte horreur de la magie

noire qui détruit l’honneur de la magie. J’en ai très rarement croisé,

Zerxos étant plutôt un territoire de chevaliers que de mages. Le

souverain avait chassé les mages noirs du pays il y a plus de 30 ans

mais visiblement il y en a toujours.

- Après Adrien, expliqua Broomer, la raison je ne la comprends pas

entièrement mais en tout cas ce mage veut s’emparer sa force et la

contrôler à sa guise. Mais j’ai une question à mon tour sur les sorts de

possession.

- Je ne m’y connais pas beaucoup dans ce domaine, répondit

Galban, un sort de possession est considéré comme de la magie noire,

donc interdite ici. En général elle ne marche pas la plupart du temps

sur les humains ou les elfes mais si un mage de haut niveau l’utilise

sur une créature magique, cela peut la contrôler partiellement un

temps du moins.

- Et sur un dragon ? Vu qu’on les considère comme les créatures

magiques les plus puissantes de la planète.

- Cela dépend, intervient de nouveau Yvandral, c’est très difficile il

faut posséder les ressources suffisantes pour réussir à maîtriser une

puissance magique colossale, et encore il y a de très grandes chances

de ne pas pouvoir réussir à maintenir le sort longtemps et le risque de

quand même se faire tuer par le dragon s’il parvient à se dégager de

l’emprise maléfique. J’y ai assisté il y a 600 ans, l’individu qui avait

essayé s’est fait dévorer car il ne parvenait plus à contrôler la

puissance du dragon, mais c’était dans un royaume voisin de Zerxos.

L’animal ne s’est pas préoccupé de moi, il s’est enfui aussitôt après.

- Cet homme, poursuivit Broomer, se faisait obéir d’un dragon vert

qu’Adrien a réussi à tuer en lui carbonisant les ailes.

- Même si les ailes sont les parties les plus fragiles d’un dragon,

elles ont tout de même la protection magique de l’animal, même avec

des armes il est difficile de les toucher.

- Broomer.

- Oui seigneur ? Demanda ce dernier.

- Je pense que vu que tu es son ami de longue date et que tu as

voyagé assez longtemps avec lui, tu dois être forcément au courant.

- Oui ?

- J’ai entendu par certains de mes contacts une rumeur bien étrange.

Ils ont eu vent du fait que certains individus comparaient la force

d’Adrien à celle d’un dragon. Ils l’expliquaient notamment du fait de

sa résistance anormale, d’une puissance hors norme pour son jeune

âge et de sa connaissance de sorts inconnus de quasiment tous les

mages. On m’a même dit qu’un de ces sorts découlait directement de

la magie d’un dragon et que seul un dragon était capable de l’utiliser,

et encore très vieux.

- …

- Pourquoi ne réponds tu pas ? Ton hésitation montre que tu sais

quelque chose.

- Broomer, demanda calmement Galban, explique nous, Adrien ne

m’en a jamais parlé donc je ne suis pas au courant. N’oublie pas que

tu peux nous faire confiance.

- Connaissais vous les mages dragons ?

- J’en ai entendu parler, reprit Yvandral. Mais très brièvement, ce

que je sais c’est que c’est l’une et peut-être même la magie la plus

rare du monde. Mais la connaîtrait-il ? C’est impossible…

 

« C’est exact » lança une voix un peu plus loin dans la maison. Tous se tournèrent en direction de sa source. Quelle ne fut pas la surprise en apercevant un jeune homme aux cheveux blonds mi longs refermant la porte de l’habitation. Sous le coup de l’étonnement Galban demanda « comment t’as fait pour entrer ? J’ai pourtant fermé la porte à l’aide d’un sort », le jeune homme lui répondit que c’était un jeu d’enfant pour lui de défaire ce genre de sortilèges. Une porte un peu plus loin s’ouvrit tout doucement et un garçonnet blondinet bondit en quelques secondes pour atterrir dans les bras d’Adrien en s’écriant « Papa ». Galban voulut renvoyer Yoland se coucher pour laisser les adultes discuter tranquillement entre eux sur un sujet privé. Mais Adrien dit que le petit est déjà au courant de ça depuis un bon moment et que ce n’était pas forcément la peine, même si au fond de lui il préférait que son fils continue de dormir à une heure aussi tardive de la nuit. Yoland comprenant la gêne qu’il procurait indirectement déclara qu’il allait retourner dans sa chambre au lit mais resta derrière la porte de celle-ci pour écouter ce qu’il pourrait réussir à entendre. Adrien perçut nettement la respiration du petit qui tentait de la retenir le plus possible pour ne pas se faire remarquer. Les sens d’un dragon même sous forme humaine sont encore plus développés que ceux d’un elfe, ce qui fait que les autres n’y prêtèrent guère attention. Adrien dut narrer une nouvelle fois des éléments sur sa magie perdue dont bien évidemment sa transformation. Galban et Yvandral n’ayant pas rencontrés de vrais mages dragons auparavant (tellement cette magie est rarissime). S’il n’avait pas suffisamment confiance Adrien sait qu’il s’abstiendrait d’en parler davantage, mais fit une petite démonstration, celle qui avait brisé l’épée d’un soldat, son bras se couvrit d’épaisses écailles rouges vives. Yvandral étonné voulut toucher et constata que ces écailles étaient bien celles que pouvaient avoir un dragon. Décidément il y avait de ces mystères inexplicables dans le monde de la magie.

Quand Broomer demanda à Adrien « et Saphira ? », ce dernier lui répondit qu’elle dormait paisiblement lorsqu’il avait quitté le lit, donc pour l’instant pas de soucis particuliers à se faire. Avec les derniers évènements la concubine du mage devrait se révéler davantage prudente et ne pas se risquer de sortir seule hors de la maison la nuit. Yvandral, curieux, demanda s’il était possible de voir la métamorphose en dragon. Adrien accepta tout de même mais ne veux pas le faire près du village, c’est trop dangereux et si quelqu’un apercevait un gros dragon de plusieurs tonnes près des habitations ça pourrait créer un mouvement de panique. Broomer proposa de le faire au milieu de la forêt, les curieux ne risquent pas de s’y attarder durant la nuit et les animaux sauvages ont tendance à fuir rapidement Adrien lorsqu’ils sentent son odeur d’animal, non perceptible pour l’odorat humain ou même elfique. Galban voulut les suivre malgré le danger présenté. Ils se préparèrent à sortir de la maison, Adrien savant que Yoland était toujours contre la porte qui d’ailleurs n’était même pas complètement fermée tout doucement lui souffla de se coucher immédiatement et de ne pas les suivre. Le jeune garçon s’exécuta silencieusement quand tout le monde fut sorti.

Galban scella la porte à l’aide du sortilège précédemment défait par Adrien pour empêcher Yoland de quitter l’habitation, le garçon n’ayant pas assez d’expérience en matière de magie pour être capable de passer outre ce sort, même si pour les mages bien plus expérimentés c’était facile à faire. Ils prirent un chemin détourné de l’entrée principale du village pour atteindre la forêt. Ils s’aventurèrent dans celle-ci en ne prenant pas la direction de la forteresse des elfes mais plutôt vers une clairière entourée d’arbres au sein même de la forêt, autrement le dragon serait gêné dans ses mouvements par sa grande taille et l’étroitesse de certains arbres resserrés les uns sur les autres. Arrivée à la clairière, les elfes et le vieil enseignant de magie s’éloignèrent un peu d’Adrien, Broomer ayant déjà assisté à la chose deux fois il n’était pas surpris et savait déjà ce qui allait se passer. Une lumière blanche entoura le mage blond et lorsqu’elle disparue, elle laissa place à un dragon aux écailles rouges. Hormis Broomer, les autres furent très impressionnés, voire inquiets. Le dragon d’environ 4,5 mètres de haut était très grand, gros, la taille de sa gueule aurait suffi pour engloutir un humain de taille moyenne. Yvandral se rappela d’une légende dont on lui avait parlé plus jeune mais qu’il n’avait cherché à vérifier de ses propres yeux, celle d’un immense dragon des éléments aux écailles pourpres qui serait capable de maîtriser le feu comme bon lui semble et de se baigner dans une rivière de lave sans subir un seul dégât. Lorsqu’il déploya ses grandes ailes, le jeune dragon parut encore bien plus gigantesque pour son âge, il y avait largement de quoi effrayer quiconque ne connaîtrait pas la véritable identité de ce dernier.

- d’où il ? Comment peut-il ? Demanda inquiet Yvandral. Je ne

connais rien sur ce type de magie, ce savoir n’est pas transmis chez le

peuple des elfes.

- D’un dragon, reprit Broomer, du moins c’est ce qu’il m’a dit

lorsqu’on lui avait demandé il y a de cela de nombreux jours. Il voyait

que son ami Adrien restait silencieux, ses grands yeux bleus reluisant

dans le noir, même Galban qui pourtant n’y voyait pas grand-chose le

regarda de haut en bas, c’était la première fois qu’il assistait à cela.

- Mais duquel ? Lança Galban.

- D’Issandras, répondit Broomer. La première fois qu’on l’a vu

comme ça d’ailleurs l’elfe Ayla qui nous avait accompagnés

lorsqu’on cherchait Adrien près de la zone volcanique les avait

d’ailleurs confondu, parce qu’apparemment l’apparence physique des

deux dragons étaient similaires bien qu’il y ait une différence de plus

de 12 mètres.

-

Les deux autres individus interrogèrent Adrien qui replia ses ailes contre son corps pour avoir plus d’informations. Même si pour lui c’était encore douloureux, il raconta ce dont il avait déjà parlé à ses amis il y a un bon moment. Issandras, autrefois le plus grand et puissant dragon de la planète, lui avait transmis ce savoir juste avant de rendre son dernier souffle lorsqu’il a été tué il y a un peu plus de 8 ans par le dragon noir qui ayant contrecarré les pouvoirs du fire dragon l’a vaincu dans un combat à mort de plusieurs heures. La particularité est que l’apparence dragon d’Adrien est la même que celle d’Issandras à l’exception de ses yeux qui sont bleus au lieu d’être jaunes comme l’étaient ceux du fire dragon originel, sa taille étant proportionnelle avec l’âge d’Adrien. Généralement les dragons ont une croissance rapide après leurs 2 ans mais celle-ci diminue fortement lorsqu’ils atteignent les 3 mètres, aux alentours de 40 ans pour la plupart même si les dragons continuent à grandir un tout petit peu le long de leur vie. Adrien fait la même taille qu’Issandras au même âge, déjà bien au-dessus des moyennes, la plupart des dragons ne dépasse pas les 5 mètres à la fin de leur vie pour les plus grands. Issandras ayant vécu bien au-delà de la moyenne d’espérance de vie, jusqu’à ses 4000 ans, en mesurait 20 pour un poids de plus d’une dizaine de tonnes, ce qui faisait de lui le dragon le plus grand ayant jamais existé, sa taille n’a jamais trouvé d’équivalent dans l’histoire. Il aurait continué à grandir un peu s’il vivait encore à l’heure actuelle.

« On peut donc logiquement penser que ce fameux dragon noir en tuant Issandras le légendaire est devenu par la même occasion le plus puissant dragon au monde aujourd’hui » reprit Yvandral, pensif. Adrien acquise ces propos qui sont au fond vrai et précisa par la même occasion qu’il est pour l’instant impossible de battre ce monstre étant d’ailleurs celui qui lui a infligé sa première défaite en ne l’achevant pas volontairement puis en disparaissant sans laisser de traces. Galban ne savait pas qu’Adrien a été battu, comprenant qu’indirectement que même si son ancien élève connaissait l’issu du combat face à celui qui a tué son deuxième mentor et qu’il l’avait fait pour sauver ses amis, ça avait porté un coup important à son amour propre. La première défaite réelle laisse souvent une trace amère. Quelque chose fit soudain tilt dans l’esprit de Broomer qui laissa ses pensées s’exprimaient tout haut : « les 20 000 soldats qui avaient lancés l’assaut contre nous dans la clairière en tuant un elfe étaient-ils véritablement des êtres humains ? ». Galban et Yvandral le regardèrent incrédules face à cette curieuse proposition. Aucun d’eux n’avait pensés à cette possibilité et ils se tournèrent vers le dragon rouge pour avoir son avis. C’est lui qui les a tués pour la plupart par la même occasion.

Quelques heures plus tôt Broomer et Yvandral étaient dans la salle du trône de la forteresse en pleine discussion sur un évènement étrange, en rapport avec l’ivresse d’Adrien. En réalité ce produit alcoolisé était agrémenté d’un petit sort elfique totalement sans effet sur les humains et les elfes, ça donnait au contraire meilleur goût au breuvage. Le seul effet de cet alcool issu du savoir elfique ne s’exprime que chez les créatures magiques. Ces dernières si elles en consomment en sont rendus très vite à un fort taux d’ivresse, tous leurs sens sont quasiment intégralement brouillés, ce qui les rend par la même occasion particulièrement vulnérables tant que les effets ne se sont pas dissipés, plus la créature est énorme plus les effets sont rapides avec une faible quantité et durent longtemps, en moyenne une dizaine d’heures. Les elfes n’ont évidemment pas pu tester la boisson sur les dragons car ceux-ci bien que peu nombreux restent très dangereux mais l’ont fait sur des bestioles magiques un cran en moins de dangerosité, ce qui avait montré des résultats concluants. Mais la production de cet alcool particulier ne se fait qu’une fois généralement pendant l’année, la majorité étant consommée sur place ou exportée vers les peuples humains qui en raffolent de plus en plus. Sa mise au point est récente, Broomer étant déjà parti en voyage avant que les premières bouteilles sortent. Au vu de leur rareté (les elfes se réservant évidemment 95% pour l’usage personnel de leur peuple) dans le commerce avec les humains, chaque bouteille vaut l’équivalent de 5000 floros, seuls les plus riches pouvant se l’offrir en se les arrachant à prix d’or. D’un commun accord, Broomer accepta de conduire Yvandral chez quelqu’un qui pourrait peut être les éclairer sur les étranges évènements, préférant laisser tranquille Adrien et sa maîtresse pour le moment. Dans son temps, Galban était considéré comme un excellent mage même lorsqu’il a mis un peu son activité entre parenthèses suite à son âge et au fait qu’il soit devenu professeur, avant l’avènement d’Adrien notamment qui l’a supplanté totalement en réputation en moins d’un an. L’élève a dépasse la maître.

Adrien savait depuis le début que les hommes qui avaient attaqués son groupe en très grand nombre n’étaient pas humains, même si le fait d’avoir massacré une armée aussi grande de monstres l’ayant quand même affecté, son côté dragon ne l’empêchant évidemment pas d’avoir une certaine conscience même s’il avait agi dans le but de défendre ses amis. L’odeur pestilentielle du mal de ces derniers avait envahi son odorat qui lui indiquait que ça grouillait partout de tous les côtés, pour vérifier il avait laissé Saphira car Broomer n’était pas loin, même s’il l’avait regretté, un des elfes accompagnateurs s’étant sacrifié et les autres ayant vu la mort de très près. Il s’en voulait de ne pas réussir à prendre les bonnes décisions au bon moment. Il se retrouvait face à des évènements dont il n’avait pas l’habitude de gérer l’enchaînement aussi net et rapide. En mettant le dragon noir de côté, la seule montée forte de la magie noire dans le monde était déjà particulièrement inquiétante. « Mais qu’étaient ces créatures si ce n’étaient pas des hommes ? A Zerxos ces choses n’existent pas certainement » demanda Broomer. Adrien ne bougeant pas les traits de son museau laissa les autres réfléchir. Quelques minutes après, Galban eut l’impression d’avoir trouvé la réponse : « Je pense que ce sont des Welgstransformimpert ». Broomer le regarda étonné, il ne connaissait pas ce nom. Le seigneur le compris immédiatement et tenta de lui expliquer. « C’est peut-être normal que tu connaisses pas ces horreurs après tout vu ton jeune âge. Nous n’en parlons généralement pas aux jeunes lorsqu’ils ne prévoient pas de quitter le pays. Ces créatures ne vivent pas à Zerxos mais on les rencontre dans un pays assez loin de celui-ci où règne le chaos en permanence depuis plus de 300 ans, les humains de pure souche y étant particulièrement rares, les elfes ont totalement désertés l’endroit depuis plus de 500 ans. Ils sont des subalternes du mal, de vrais monstres qui sont capables de revêtir l’apparence d’un homme normal capable de tromper n’importe qui à vue d’œil. Ils l’utilisent souvent pour piéger les humains les plus naïfs et passer les frontières. Mais ils sont généralement arrêtés par les créatures magiques postées à certaines frontières capables de les confondre, particulièrement les rugples à Zerxos qui après les dragons bien évidemment font parti des animaux du pays à posséder l’un des meilleurs odorats. Si autant ont pu passer sans se faire arrêter… Au mon dieu, c’est encore plus grave que je ne le pensais. Il faut se préparer, s’armer et s’apprêter à défendre nos vies… Il va falloir bientôt retourner à la forteresse pour commencer à préparer une possible contre-attaque. ». Au fur et à mesure de ses explications la voix d’Yvandral avait pris une teinte forte d’inquiétude, il prenait peur constatant l’ampleur réelle de la menace grandissante. Le dragon des éléments du feu pensa que ces monstres auraient pu effectivement faire parti de la race des Welgstransformimpert, l’une des rares sortes de créatures à pouvoir prendre l’apparence d’un être humain. Il n’en avait pas vu avant l’attaque car normalement à Zerxos ces choses n’existent pas, il y a déjà assez de danger rien qu’avec les dragons, les rugples et les lygarons par exemple. Il les connaissait cependant parce qu’Issandras lui en avait parlé (contrairement à Galban qui n’évoquait pas les créatures magiques vivant dans une autre partie du globe quasiment, parfois purement inconnues des mages de Zerxos) ainsi que toutes sortes de bestioles qu’un dragon de 4000 ans avait déjà rencontré durant sa longue vie. Seul un Welgstransformimpert n’est pas particulièrement dangereux contrairement à un dragon, un ork (non existant à Zerxos) ou même un rugple pour un mage/chevalier aguerri, mais en grand nombre c’était l’équivalent d’une calamité difficile à éradiquer (et ils ne se déplacent généralement jamais sans au moins 1000 compagnons). Ils possèdent pour la plupart un maître et n’ont quasiment peur de rien en groupe.

Pendant qu’ils discutaient, une petite branche se cassa non loin d’eux et un cri se fit entendre. Ce n’était pas un cri d’animal mais plutôt d’une femme. Ils se retournèrent et aperçurent Aïsha tenant un arc bandé prêt à tirer tout en tremblotant. Broomer s’approcha d’elle en lui demandant ce qu’elle faisait ici à une heure aussi tardive au lieu d’être couchée après son tour de garde. N’écoutant pas vraiment ce que son frère lui disait, elle se contenta de marmonner en désignant du doigt tremblant le mage de feu : « Là, dragon gros, danger, reste pas avec lui ». Contrairement à ce qu’elle attendait comme réaction, Broomer éclata de rire. Elle le regarda en faisant les yeux ronds, il s’approcha d’elle, lui posa la main sur l’épaule et lui prit son arc en lui disant : « Regarde le bien et dis moi si celui-là est dangereux. ». Aïsha qui n’osait pas s’approcher fut légèrement poussé par son frère. Le dragon qui avait tourné la tête dans leur direction regarda la jeune elfe droit dans les yeux. Ce regard, ses yeux bleus, même dans la pénombre de la nuit Aïsha eut l’impression de reconnaître une certaine personne mais elle n’osait pas y croire. Et pourtant elle devait se rendre à l’évidence, il s’agissait d’Adrien qui maîtrisait la plus puissante métamorphose qui soit. Elle s’approcha cette fois un peu plus de son plein gré et demanda d’une voix timide : « c’est bien lui ? ».

 

-34- un nouveau descendant en route-

Gaulter réfléchissait toujours dans sa chambre d’auberge à ce qu’il pourrait bien faire pour punir Saphira comme il se doit. On frappa à sa porte, il ouvrit bien qu’on le gênait, on lui tendit une lettre qu’il prit et l’ivrogne congédia la personne. Il s’assit sur le lit, la déplia et râla pendant sa lecture, ce n’était pas le bon moment. Cela venait d’un individu dont il n’avait pas pris de nouvelles depuis longtemps. Il s’agissait en réalité de l’une de ses nombreuses maîtresses lui annonçant son accouchement dans le mois à venir car elle avait fait un déni de grossesse et en était à 8 mois. Saphira ignorait que son époux était infidèle depuis le début mais au fond s’en fichait réellement, l’important pour elle est qu’il la laisse elle ainsi que Yoland tranquilles. Gaulter avait de très nombreux enfants illégitimes qu’il n’a pas reconnu et qui ont été abandonnés pour la plupart hors des frontières du pays à des organisations étranges et secrètes. Seule sa favorite, une certaine Esméralda, à qui il faisait un enfant chaque année depuis 11 ans en avait gardé 3, et c’était elle qui lui avait envoyé la lettre à l’auberge. Elle est devenue sa première maîtresse alors qu’elle n’était âgée que de 14 ans et lui donnait une descendance tous les ans, Gaulter payant grassement le père de cette dernière et dispose ainsi de la jeune fille comme il l’entend. Personne dans le village près de la maison de Saphira ne connaissait la vie de débauche que menait réellement Gaulter ni les sévices qu’il infligeait à sa femme légitime depuis le début (sauf Aurore et son mari mais qui ne pouvaient rien faire). Esméralda, très belle jeune fille, vivait à l’orée d’un bois, voyait fréquemment Gaulter et couchait tous les jours avec lui lorsque l’homme n’était pas dans sa demeure ou au travail. Généralement dès qu’elle accouchait, on lui prenait l’enfant qu’elle tendait et on l’amenait ailleurs, sitôt elle retombait enceinte peu de temps après. Gaulter avait réussi à très bien caché sa double vie à Saphira sans qu’elle ne se doute de rien par une certaine habilité machiavélique de la part du marchand. Il ne rentrait que le soir après la fin de sa journée à vendre ses bibelots.

Continuer : partie 2 sur 3