Le dernier des mages dragons: Le dragon de feu (French Edition)
-39- Aurore et une visite inattendue-
« Papa, où es tu maintenant ? » se demandait tous les jours Yoland. Adrien avait disparu on ne sait où depuis plus d’un mois sans donner de ses nouvelles. Le jeune garçon voyait bien le désespoir de sa mère grandir au fur et à mesure mais au fond il n’en voulait pas à son père pour cela. Il savait que la cause du départ précipité du mage de feu était plus profonde et douloureuse qu’on ne pourrait le penser. Broomer a fini par l’informer du suicide de Sonia et du sentiment de culpabilité d’Adrien vis-à-vis de cela mais même si l’elfe ne lui avait pas fait part du fond de sa pensée Yoland savait que c’était bien plus… Il se réveilla au beau milieu de la nuit, se leva et s’habilla silencieusement, à cette heure-ci tout le monde dort encore. Il s’attabla à son bureau, alluma une bougie puis attrapa sa plume et écrit un message sur un morceau de papier qu’il plia ensuite. C’est lui qui partira à la recherche de son papa et qui le ramènera à Saphira pour lui rendre le sourire. L’aventure s’annonçant périlleuse il lui fallait le meilleur équipement possible surtout qu’il n’avait pas l’habitude de faire ce genre de choses tout seul à son âge. Saphira et Broomer seraient furieux s’ils apprenaient son projet car cela est beaucoup trop dangereux, en plus l’hiver est aux portes de Zerxos. Yoland se couvrit d’une cape épaisse, attrapa une épée et un petit bouclier de bois. En regardant l’arme (de petite taille) il se souvint d’une scénette entre ses parents à propos de celle-ci :
- Mais tu es fou de lui avoir acheté ça ! Ce n’est qu’un gamin.
- Ce n’est qu’une arme de petit calibre. Il n’y aura pas toujours
quelqu’un pour le défendre, il faudra bien qu’il apprenne un
minimum à le faire. Il n’a pas encore un niveau en magie suffisant
pour s’en passer. S’il réussit à la manipuler correctement, cela pourra
lui sauver la vie un de ces jours.
- Il pourrait se blesser en voulant jouer avec.
- Saphira arrête de dramatiser comme cela, ce n’est plus un bébé
mais un futur adulte alors laisse-le grandir.
Saphira était contre le fait que Yoland possède une arme mais n’avait pas eu le dernier mot. Le jeune garçon ayant été plus d’une fois menacé, on lui avait toujours porté secours mais comme disait Adrien il n’y aura pas forcément quelqu’un pour le protéger à chaque fois. Notamment avec la présence d’animaux féroces et de personnes mal famées il valait mieux être correctement équipé à Zerxos si l’on tient suffisamment à la vie. Discrètement Yoland quitta sa chambre, descendit les escaliers, s’arrêta à la cuisine du château pour prendre une réserve d’eau et de la nourriture puis disparut dans la nuit.
A la levée du jour sa mère se leva péniblement du lit conjugal avec la nausée. Sa grossesse se déroulait toujours difficilement, encore plus depuis le départ du géniteur. Ce dernier lui manquait tellement, pourquoi s’est-il enfui pour une simple crise de jalousie alors que ce n’est pas dans son comportement habituel ? Lui qui est d’une grande patience en temps normal et habitué à la jalousie en raison de son succès auprès des femmes. Elle ne savait pas. Elle se dirigea doucement vers la chambre de son fils et lorsqu’elle ouvrit la porte, il n’était pas là. Son pouls s’accéléra fortement et après avoir lu le message laissé sur le bureau elle s’évanouit en poussant un cri. On se précipita pour la relever.
Maman, je pars à la recherche de papa et je vais le faire revenir ici. Ne
t’inquiète pas pour moi, je sais ce que je fais. Surtout ne fais envoyer
personne à ma recherche, je ne risque rien.
Yoland.
Broomer que Saphira avait fait convoquer en urgence lut et relut ce message. Il ne savait pas trop quoi faire. D’un côté il respectait le choix de Yoland mais de l’autre laisser un jeune garçon de 10 ans seul dans la nature en période de saison froide lui déplaît. S’il s’écoutait il s’arrangerait pour essayer de retrouver discrètement de loin la piste de l’enfant mais il préféra rester pour surveiller Saphira qui en réalité l’inquiète beaucoup plus. La recherche d’Aïsha est en suspens, c’est un elfe adulte (bien que très jeune avec seulement 100 années d’existence) expert dans le combat et donc à même de savoir se défendre sans aide. Ce n’est pas le cas de Saphira par exemple. Yoland a disparu quelques heures plus tôt avec une arme et des vivres, il est certainement déjà loin. En effet, le fils du fire dragon se trouvait déjà sur les routes, n’ayant pas de cheval il devait se déplacer à pied ce qui est beaucoup moins rapide. Dans les villages traversés il demandait régulièrement si son père n’avait pas été aperçu dans les environs. Réponse négative à chaque fois, Adrien ne semblait pas être dans le coin, dans le cas contraire cela aurait étonné Yoland. Son père ne serait pas resté aussi près tout en sachant qu’il faisait souffrir Saphira par son absence. Il est certain que ce dernier est bien plus loin, dans un coin très isolé. Tout en serrant davantage sa cape pour moins sentir la morsure du vent, il songea soudainement « la caverne ! ». Lors de la dernière absence d’Adrien, c’était là que le mage avait trouvé refuge, il y est peut-être retourné. A pied Yoland mettrait peut-être plus d’un mois ou deux à retrouver le chemin et avec l’hiver approchant les conditions climatiques seront encore plus mauvaises ce qui pourrait l’empêcher d’atteindre son but.
Il lui fallait se dépêcher, peut-être arrivera-t-il à retrouver sa trace avant. Au bout de 2 semaines il retrouva l’ancien village de son père mais n’obtient guère plus d’informations de la part de sa grand-mère paternelle. Encore une semaine plus tard, il prit un chemin isolé qu’on lui avait pourtant fortement déconseillé, menant tout droit à une forêt malfamée à cause de l’augmentation massive anormale de gros prédateurs. Il eut la peur de sa vie…
C’est la première fois de sa vie qu’il se retrouve réellement sans protection, seul face au danger. Heureusement pour lui pendant les premières semaines il n’a croisé aucun ennemi mais le vent finit rapidement par tourner… L’hiver s’est installé lentement sur l’ensemble du pays, accompagné du froid, du vent et de la neige. De l’or blanc en abondance tombé bien avant les prévisions habituelles. Yoland se gèle, la morsure du gel est douloureuse mais pourtant il ne faiblit pas. Son père, il lui faut le retrouver rapidement. Empruntant un chemin qu’il ne connaissait pas, il tomba sur une maison isolée. Une femme âgée le remarqua et s’approcha de lui en lui parlant d’une voix forte pour son âge.
- Que faites-vous ici jeune homme ? Seul à cette époque de
l’année…
- Je recherche une personne disparue.
- Vous êtes un peu trop jeune pour vous occupez de ce genre de
choses. En général à votre âge on est encore dans les jupes de sa
mère.
- C’est très important pour moi de retrouver cette personne.
- Qui recherchez-vous ? Très peu de gens passent par ici donc j’ai
peut-être vu l’individu que vous voulez voir.
- Mon père. Il a moins de 30 ans et tout le monde nous dit sans
cesse que je lui ressemble beaucoup.
- Je suis sincèrement désolée mais je n’ai aperçu aucun homme
correspondant à votre description.
- Ah, répondit Yoland déçu de ne toujours pas avoir de piste. Et
sinon où conduit la route derrière votre maison ?
- Vers une forêt mais je vous déconseille fortement d’y aller. Elle a
beau être un raccourci vers les zones volcaniques elle est devenue si
dangereuse ces derniers temps qu’elle finit par concurrencer la forêt
de Tetral à l’autre bout du pays. Tous ceux qui y ont voulu emprunter
cet endroit n’en sont jamais sortis. Si vous désiriez y aller quand
même c’est à vos risques et périls, ce n’est pas votre maigre
équipement à mon avis qui sera suffisant pour vous protéger.
Yoland s’est rendu compte qu’il s’était simplement perdu, son père ni
personne n’avait évoqué la présence de cette forêt. Lorsqu’ils avaient
traversés les environs la dernière fois ils avaient empruntés une autre
direction. C’était Adrien qui guidait le groupe, il a évité volontairement
les forêts même si cela rend le chemin bien plus long. Yoland apprit que
la vieille femme était veuve depuis de nombreuses années mais qu’elle
refusait d’aller vivre ailleurs prétextant le fait qu’il n’y avait pas de
danger tant qu’on ne pénétrait pas dans la forêt car les animaux n’en
sortent jamais en général. Elle retourna dans sa vieille maison délabrée
en réitérant ses recommandations au jeune garçon, il ne faut pas qu’il
pénètre dans le lieu maudit s’il tient à la vie. Mais Yoland hésite :
emprunter la forêt qui est un raccourci pour les zones volcaniques ou
faire demi-tour et perdre du temps pour retrouver Adrien ? Encore naïf,
le fils du mage privilégia la première solution. Il ignorait parfaitement ce
qui l’attendait. Faisant encore jour, il continua sa route tout droit.
Rapidement il aperçut les premiers arbres. Il décida d’entrer.
La nuit tomba immédiatement en l’espace de plusieurs minutes. Des
bruits affreux affluèrent en quelques secondes terrorisant Yoland qui
pourtant continua d’avancer. Rapidement au bout d’une dizaine de
minutes l’environnement changea, l’enfant se perdit. Paniqué il tourna
en rond. Yoland entendit des rugissements proches. Il dégaina son épée
puis arma son bouclier à l’autre main. Le sol vibra atrocement sous le
poids des monstres. Une dizaine de loups et de rugples couvraient toute
la zone autour du garçon. Normalement les rugples ne chassent pas en
groupe car ils préfèrent la solitude et sont tellement dangereux qu’ils
n’ont pas besoin de se regrouper. Un des animaux passa à l’attaque en
bondissant, Yoland l’esquivant en se couchant légèrement sur le sol tout
en donnant un coup d’épée ce qui taillada le flanc du carnivore. Bien que
très légèrement blessé, le loup monstrueux se retourna pour repartir à
l’assaut tout en étant énervé. Alors qu’il s’apprêtait à sauter sur Yoland
en ne voulant lui laisser aucune chance, il entendit un bruit de branche
cassée et leva la tête. Une ombre tomba littéralement du ciel et écrasa le
crâne de l’yzorkrass en morceaux le tuant sur le coup. Quand la forme
inconnue se redressa doucement, ses pieds toujours sur la tête du loup
elle regarda l’enfant dans les yeux. Yoland reconnut de suite son
identité : l’inconnu qui venait d’abattre le carnivore en lui fracturant le
crâne n’était d’autre que son père Adrien. « Père » murmura le garçon
toujours apeuré. Le mage de feu lança un regard noir aux rugples et
yzorkrass qui s’enfuirent sans demander leur reste. Au lieu d’une
accolade comme il l’avait espéré, Yoland reçut un sacré savon. Il
remarqua cependant l’étrangeté du regard de son géniteur. Adrien n’avait
plus l’espèce de flamme brûlant dans ses yeux que Saphira aimait tant
mais plutôt un air absent voire dépressif.
- Qu’est-ce que tu fais ici tout seul dans un endroit si dangereux à
cette période de l’année aussi loin de la maison ?! Avait hurlé Adrien.
- Je, je… Les larmes commençaient déjà à couler sur les joues de
Yoland.
- Avec ce début d’hiver précoce les animaux forestiers ont faim car
les proies manquent sérieusement. C’est étrange que ta mère te laisse
t’aventurer seul aussi loin.
- Je suis parti sans demander son avis car je savais qu’elle dirait
non.
- Et elle n’a fait envoyer personne pour te récupérer on dirait.
- J’avais laissé un mot à la fin duquel j’avais dit de ne pas chercher
à me retrouver car je savais ce que je faisais.
- Tu es plutôt totalement inconscient d’avoir fugué ! Tu ne te rends
pas compte du danger que cela représente !
- Je…
- Oui ?
- Je savais pertinemment ce que je risquais. J’ai beau n’avoir que
10 ans je ne suis pas un crétin de première pour autant. C’EST TA
FAUTE ! Cria le garçonnet. Maman n’arrêtait pas de pleurer tous les
jours en répétant sans cesse que tu ne voulais plus d’elle. Elle doit
penser que tu ne l’aimes plus. Alors j’ai décidé de partir à ta
recherche et de te ramener pour lui rendre le sourire.
Adrien se sentit honteux et de la colère il passa à l’inquiétude. Il savait
qu’avec sa disparition soudaine (faisant suite à une énième dispute à
cause de la jalousie de sa compagne) il avait fait souffrir Saphira mais de
l’entendre de la bouche de Yoland lui rendait la chose encore plus
douloureuse. Son amie s’était fait de mauvaises impressions, il l’aimait
toujours et n’avait pas l’intention de rompre avec elle surtout que le
nouveau bébé approche. Mais il ne voulait pas qu’elle le voit dans son
état quitte à ce qu’elle finisse par le détester. Il avait honte de son
attitude mais ne savait pas quoi faire. Le fait que son petit au péril de sa
vie se soit risqué à partir seul pour le retrouver est émouvant mais aussi
très inquiétant. S’il n’était pas arrivé à temps Yoland serait mort et il ne
l’aurait jamais supporté. Il regarda son gamin quand celui-ci se mit à
faire une énorme crise de larmes.
- Et surtout j’avais peur que… que tu m’abandonnes encore une
fois !!!!!!!!!!!!! pleurait de toutes ses forces Yoland.
Adrien le prit dans ses bras comme le ferait un père avec son nourrisson
et mit un moment à calmer Yoland. Il ne s’était jamais occupé du petit
pendant la quasi-totalité de son existence car il ignorait qu’il avait un
enfant et Yoland le prenait pour un sentiment d’abandon et craignait
qu’Adrien le délaisse à tout jamais. Les pleurs de l’enfant avaient
réveillés chez le mage de feu quelque chose qu’il croyait perdu. La
flamme dans ses yeux retrouva sa vigueur d’antan.
- On rentre à la maison ?
- Pas tout de suite, j’ai quelque chose d’un peu spécial à faire
auparavant.
- Et ca va te prendre encore combien de temps ?
- Je devrais en avoir pour 3 jours pour y aller.
- Mais il faut déjà 2 ou 3 semaines pour rentrer. Et tu veux aller où
d’ailleurs ?
- Près de ton ancien village de naissance.
- Mais, mais en 3 jours ce n’est pas faisable ! Tu as perdu la tête ?
- Non. Il faudrait au moins 6 mois pour s’y rendre à pied à cause de
la saison hivernale. Tandis que par la voie des airs c’est bien plus
rapide.
- ?
- Mon poussin tu as oublié que mes pouvoirs me permettent de
voler et qu’à grande vitesse je fais en quelques heures ce qu’on met
parfois de nombreux jours à faire.
- Ah oui c’est vrai pardon. Et je…
- Tu viens avec moi, il n’est pas question que je te laisse encore
seul inconscient du danger avec ce froid. Mets ça même si c’est trop
grand, lui dit Adrien en tendant son propre manteau, tu es
complètement gelé. Tes réserves d’eau sont vides et dis-moi il y a
combien de temps que tu n’as pas mangé ? Tu n’as que la peau sur les
os, regarde-moi ça !
- 2 jours…
- Ce n’est pas sérieux, tu ne te rends pas compte que dans ces
conditions tu ne survivras pas longtemps.
Yoland laissa de nouveau échapper quelques larmes. Son père lui tendit
une sacoche en lui indiquant de manger suffisamment. Il y avait à
l’intérieur un quignon de pain, 1 saucisson, 1 œuf dur, quelques pommes.
- Mais je ne vais pas manger ta ration.
- Pas de discussion, tu es affamé et je suis loin de mourir de faim.
Prends la gourde aussi pour boire, je la remplirai plus tard.
- Et maman ? Demanda Yoland tout en mordant dans le pain. Elle
doit être morte d’inquiétude.
- Attends quelques minutes veux-tu.
Adrien se mit à siffler d’une façon qui sembla étrange à Yoland. Car au lieu d’être un banal sifflement cela se transforma en une drôle de mélodie ressemblant à un chant. Un oiseau d’une race inconnue au fils du mage se montra. Le dragon de feu sortit de sa poche un papier sur lequel il écrit un mot, le plia et le tendit à l’animal après lui avoir murmuré quelque chose. L’animal partit en un éclair.
- Papa, qu’est-ce que c’est ? Je ne comprends rien.
- J’ai envoyé cet oiseau porter un message à ta mère pour lui dire
que tu étais avec moi.
- Et comment tu ? Heu…
- Je ne peux pas non plus tout te révéler, sourit Adrien, t’es encore
petit.
Adrien indiqua à son fils de le suivre. Ce dernier le colla de près de peur de se perdre une nouvelle fois. Il avait froid mais le manteau de son père le protégeait davantage de la morsure d’un hiver très précoce. Une fois à l’extérieur de la forêt, Yoland écarquilla les yeux.
- Papa papa ! Qu’est-ce qui se passe ? Il fait jour et la maison de la
vieille femme n’est plus là. Pourtant je suis certain d’être passé par là
tout à l’heure.
- Il faudra que je t’explique plus tard. Avant tout je vais t’éloigner
de cet endroit.
Après s’être transformé en dragon, le mage se coucha complètement sur le sol pour que son fils lui grimpe sur le dos. Comme ce dernier avait des difficultés, Adrien utilisa sa queue pour le faire monter. Il décolla ensuite rapidement. Etant donné que c’était la première fois qu’il vole dans les airs surtout sur le dos d’un dragon bien que celui-ci soit son père transformé grâce à sa magie, Yoland paniqua. Après s’être calmé, il constata la vitesse de l’animal légendaire, à côté un cheval lancé au grand galop est très lent. A la nuit tombée, après un atterrissage dans une zone cachée ils firent une halte dans une auberge. Yoland étant très fatigué. Il se restaura avec un repas chaud et se glissa rapidement dans les draps épais du lit. Son père le veilla un moment avant de s’endormir à son tour. A l’extérieur il neigeait abondamment. Le lendemain après avoir fait une réserve de vivres ils reprirent la route et attendirent un moment avant de pouvoir repartir dans la voie des airs. Adrien mit un peu plus longtemps que prévu pour atteindre le village de naissance de Yoland car il faisait en fonction du petit.
Au lieu de se diriger vers l’ancienne maison de Saphira et Gaulter Adrien dériva de quelques kilomètres. Yoland, timide se cachait derrière son père. Près d’une ancienne demeure, une femme tentait de déblayer la neige devant sa porte. Elle leva les yeux et lorsqu’elle reconnut l’homme ses yeux s’écarquillèrent, elle lâcha ce qu’elle tenait et s’élança vers lui. « Adrieeeeeeeeeeeeeennnnnnnnnnnnn !!!!! » hurla cette dernière.
- Qu’est-ce que tu fais là ? Ca fait heu, heu… Bien plus de 10 ans
que je ne t’avais pas vu.
- Aurore, je…
- Chut, tu me diras ça à l’intérieur. Tu ne vas pas rester dehors avec
ce temps. Ah, Yoland est là aussi, remarqua Aurore, viens aussi toi
mon petit.
Aurore se trouvait dans tous ses états, elle était tellement heureuse. Environ 11 ans s’étaient écoulés depuis qu’elle avait vu son ami d’enfance. La dernière fois c’était encore un jeune adolescent, maintenant c’est devenu un bel homme particulièrement séduisant.
- C’est la première fois que je te vois depuis si longtemps… Tu
habites pourtant terriblement loin d’ici. Qu’est-ce que tu viens faire
ici avec ce temps froid ?
- Je suis venu chercher le cheval de Saphira.
- Telt ? Il est bien ici. Mais Saphira qu’est-il devenu d’elle ?
- Et bien…
-40- Un mage qui cache bien son jeu-
*Quelques temps plus tard au palais royal *
Antinos, le souverain de Zerxos, était rentré dans son château après la destruction par un dragon du village natal d’Adrien. Sa visite ayant été interrompue et privé de ses hommes, le roi avait décidé qu’il serait plus sage de rentrer avant l’hiver. D’urgence il avait organisé diverses réunions et fait convoquer le conseil des Anciens.
- Sire, cette situation est vraiment fâcheuse. Ce n’était pas arrivé à
Zerxos depuis fort longtemps.
- Effectivement mon cher conseiller Icaturas. Cet énorme dragon a
tout ravagé et massacré quasiment tout le monde alors que j’étais en
pleine visite royale.
- Pourquoi aurait-il fait ça je me le demande bien. Pourtant la
région n’est pas connue pour abriter des montagnes de richesses. J’ai
cependant remarqué qu’il n’y avait pratiquement plus de dragons sur
la surface du monde comparé à il y a encore un siècle auparavant.
- Il faudra prendre des mesures nécessaires pour prévenir les
attaques. Car si cela a recommencé, à mon avis c’est loin d’être fini et
il va falloir se préparer au pire je le crains. Faites étendre les sorts de
protection contre les flammes le plus possible, principalement aux
endroits stratégiques et chez les familles nobles.
- Je m’en occupe. Vous dites que c’est le mage du royaume Adrien
qui l’aurait tué ?
- Oui.
- Mais normalement même les meilleurs mages réputés dans
l’histoire ne faisaient pourtant pas le poids face à un dragon adulte de
cette envergure ! Ces créatures sont les plus puissantes que l’on peut
imaginer, même les orks en ont peur, les elfes également les
craignent.
- Je sais. Pourtant il s’est débarrassé de ce monstre en un seul coup
en le carbonisant complètement. Ce qui est d’autant plus étrange c’est
que lorsque le dragon lui a craché ses flammes ardentes dessus, cela
ne lui a strictement rien fait alors qu’un individu normal ne s’en serait
jamais sorti vivant.
Une porte s’ouvrit derrière eux. La princesse apparut dans ses plus beaux habits.
- Cynthia que fais-tu ici ? Je ne t’ai pas convié à participer aux
discussions privées.
- Je sais père, je…
- Retournes dans ta chambre.
- Oui, père, répondit Cynthia.
La princesse frustrée que le roi ne veuille même pas écouter ce qu’elle avait à dire s’en retourna dans ses appartements. Cette jeune fille brune aux cheveux légèrement ondulés, très belle de surcroît, avait cependant un caractère très trempé et ne se retient pas de marmonner entre ses dents « Egoïste, je te déteste ! ».
- Reprenons où nous en étions Icaturas.
- Oui Sire.
- Attendez, lança un nouveau membre du conseil des Anciens.
- Oui Syntheras, que voulez-vous dire ?
- Vous nous avez dit que cet Adrien prétendait avoir appris des
sorts d’un dragon. Et pas du n’importe lequel mais du plus puissant
connu dans l’histoire, le géant de feu Issandras le démon !
- Je suis certain qu’il dit la vérité.
- Mais je croyais que c’était impossible, que les dragons tuaient les
humains rencontrés au lieu de leur faire profiter d’un savoir connu
d’eux seuls.
- Il y a parfois des exceptions. Mais cela expliquerait peut-être qu’il
connaisse des sorts capables de détruire un dragon de cette façon s’il
l’a appris de celui qui n’avait pas d’égal depuis des millénaires.
- Mais il est vraiment mort ?
- Selon Adrien oui. Et nous devrions nous méfier de son tueur. Sa
mort coïncide avoir le début des problèmes sérieux que nous
rencontrons. Quand il était vivant, peu d’ennemis même des forces
armées voisines osaient s’aventurer ici de peur de provoquer sa
colère.
La discussion s’accéléra entre le roi, ses conseillers et quelques membres du conseil des Anciens sur les précautions à prendre. La mort confirmée d’Issandras se révélait être un problème car en réalité il protégeait des attaques extérieures Zerxos où se trouvait son territoire. Depuis, plus rien ne semble empêcher la menace ennemie. Il fallait entraîner plus de soldats, de rugples domestiqués et recruter des chevaliers parmi les jeunes hommes nobles. Ils redoutaient principalement la sortie des monstres contenus dans la forêt maudite. Le pays serait détruit si ces derniers attaquaient. Le cas exceptionnel d’Adrien fit débat.
- Sire, puis-je me permettre de vous dire quelques mots en privé ?
- Oui, Icaturas. Eloignons-nous un peu. Maintenant de quoi s’agit-
il ?
- C’est à propos du mage Adrien.
- Oui ?
- Je pense que nous devrions nous méfier davantage de lui. S’il est
capable d’abattre un dragon adulte c’est qu’il est encore bien plus
dangereux et puissant qu’on ne le pensait. Allez-vous le garder
comme mage du royaume ?
- Oui, nous avons besoin d’un tel pilier, reprit Antinos. Il ne faut
surtout pas perdre sa puissance. Les autres membres de la confrérie
des mages du royaume sont très loin de l’égaler, même les elfes
pourtant réputés excellent en matière de magie.
- On peut dire que c’est le mage le plus puissant de Zerxos.
- C’est exact et je suis persuadé qu’il ne nous a pas encore montré
la véritable étendue de son pouvoir.