Le livre des heures héroïques et douloureuses des années 1914-1915-1916-1917-1918
La Bataille de Verdun
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.
IMMENSE OPÉRATION DE RUPTURE
DE NOTRE FRONT EST POUR ROUVRIR
LES ROUTES D’INVASION DE 1814
A VU SOMBRER LE PRESTIGE MILITAIRE
DE L’ALLEMAGNE
DANS LE CHAMP CLOS DE VERDUN
DEUX PEUPLES
LA FRANCE ET L’ALLEMAGNE
SE SONT AFFRONTÉS
ET APRÈS UN DUEL DE CINQ MOIS
DONT LE MONDE ENTIER A SUIVI
TOUTES LES PÉRIPÉTIES EN FRÉMISSANT
L’ALLEMAGNE A ÉTÉ VAINCUE
_Extrait du discours prononcé le 12 octobre 1917, à la Chambre des
Députés, par M. Georges Leygues, ministre des Affaires étrangères._
[Illustration]
25 Juillet 1914.
L’Ordre est donné aux permissionnaires de rejoindre leur corps
….. Il m’a été assuré d’ailleurs que, dès maintenant, les avis
préliminaires de mobilisation qui doivent mettre l’Allemagne dans
une sorte de “garde à vous” pendant les périodes de tension, ont été
adressés ici aux classes qui doivent les recevoir en pareil cas. C’est
là une mesure à laquelle les Allemands, étant donné leurs habitudes,
peuvent recourir sans s’exposer à des indiscrétions et sans émouvoir la
population. Elle ne revêt pas un caractère sensationnel, et n’est pas
forcément suivie de mobilisation effective ainsi que nous l’avons déjà
vu, mais elle n’en est pas moins significative.
_Lettre adressée le 21 juillet par M. Jules Cambon, ambassadeur
de France à Berlin, à M. Bienvenu-Martin, ministre des Affaires
étrangères p. i._
[Illustration]
27 Juillet 1914.
Manifestation à Paris en faveur de la paix
….. L’Autriche porte une lourde responsabilité devant l’Histoire,
mais la responsabilité des autres nations européennes ne serait pas
moins lourde si elles ne s’employaient pas activement, loyalement, pour
que le conflit ne s’étende pas.
… … … … … … … … … … … .
La C. G. T. croit fermement que la volonté populaire peut empêcher le
cataclysme effroyable que serait une guerre européenne.
… … … … … … … … … … … .
La guerre n’est, en aucune façon, une solution aux problèmes posés:
elle est et reste la plus effroyable des calamités humaines. Faisons
tout pour l’éviter. Que partout, dans les villes industrielles comme
dans les communes agricoles, sans aucun mot d’ordre, la protestation
populaire s’élargisse, se fortifiant, s’intensifiant au fur et à mesure
que les dangers deviendront plus pressants.
A BAS LA GUERRE!
VIVE LA PAIX!
Manifeste de la Confédération générale du Travail, publié par la
Bataille syndicaliste du 16 juillet 1914.
[Illustration]
31 Juillet 1914.
Les Retraits dans les banques
LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE,
Sur le rapport du ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes
et des Télégraphes, du ministre de la Justice et du ministre des
Finances…
Vu les etc., etc.
… … … … … … … … … … … .
… … … … … … … … … … … .
… … … … … … … … … … … .
… … … … … … … … … … … .
DÉCRÈTE:
Les délais dans lesquels doivent être faits les protêts et les autres
actes destinés à conserver les recours pour toutes valeurs négociables
souscrites antérieurement au 1er août 1914 échues depuis cette date ou
venant à échéance avant le 15 août 1914 sont prorogés de trente jours
francs.
Décret paru le 31 juillet 1914 au Journal officiel..
[Illustration]
1er Août 1914.
La Garde des voies ferrées
C’est à tort que l’on a fait courir aujourd’hui des bruits de nature
à alarmer l’opinion publique. Il n’est pas exact, notamment, que des
réservistes aient reçu l’ordre de rejoindre leur corps: on n’a rappelé
aucun homme de complément: les seules mesures prises ont été le rappel
des permissionnaires de certains corps et la rentrée dans leurs
garnisons des troupes qui en étaient trop éloignées.
On a fait grand bruit également de certaines dispositions ayant pour
objet d’assurer la garde de grands ouvrages d’art ou d’autres points
importants: il est cependant tout naturel de prendre des précautions
contre des tentatives de sabotage ou des manœuvres d’anarchistes.
D’ailleurs ces mêmes précautions ont été prises du côté allemand.
Note officielle communiquée à la Presse.
[Illustration]
1er Août 1914.
Annonce, dans les campagnes, du décret de mobilisation
….. La mobilisation n’est pas la guerre. Dans les circonstances
présentes elle apparaît, au contraire, comme le meilleur moyen
d’assurer la paix dans l’honneur. Fort de son ardent désir d’arriver
à une solution pacifique de la crise, le Gouvernement, à l’abri des
précautions nécessaires, continuera les efforts diplomatiques et il
espère encore réussir.
Il compte sur le sang-froid de cette noble nation pour qu’elle ne
se laisse pas aller à une émotion injustifiée: il compte sur le
patriotisme de tous les Français et sait qu’il n’en est pas un seul qui
ne soit prêt à faire son devoir.
A cette heure, il n’y a plus de partis. Il y a la France éternelle,
la France pacifique et résolue. Il y a la patrie du Droit et de la
Justice, tout entière unie dans le calme, la vigilance et la dignité.
Le Président du Conseil, Le Président de la République,
René VIVIANI. RAYMOND POINCARÉ.
Proclamation du Gouvernement affichée le 1er août.
[Illustration]
2 Août 1914.
Les Trains militaires
Comme conséquence de la mise sous l’autorité militaire de la totalité
des moyens de transport de tous les réseaux de chemins de fer et de
leur affectation aux besoins militaires, les transports commerciaux
sont suspendus jusqu’à nouvel ordre, tant pour les voyageurs que pour
les marchandises de grande et de petite vitesse. Il n’est plus délivré
de billets aux voyageurs civils. Il n’est plus reçu ni expédié de
marchandises.
Circulaire ministérielle affichée dans les gares le 2 août 1914.
….. Au moment où se terminent les transports de mobilisation et de
concentration, le ministre de la Guerre, d’accord avec son collègue
des Travaux publics, tient à rendre un éclatant hommage à l’admirable
dévouement du personnel des Chemins de fer.
… … … … … … … … … … … .
_Note officielle adressée aux Compagnies de chemins de fer le 18 août
1914._
[Illustration]
2 Août 1914.
Les Troupes partent en chantant la “Marseillaise”
… … … … … … … … … … … .
… … … … … … … … … … … .
Partout où elle retentit, la Marseillaise évoque l’idée d’une nation
souveraine qui a la passion de l’indépendance et dont tous les fils
préfèrent délibérément la mort à la servitude. Ce n’est plus seulement
pour nous autres Français que la Marseillaise a cette signification
grandiose. Ses notes éclatantes parlent une langue universelle et elles
sont aujourd’hui comprises du monde entier.
Messieurs, il fallait un hymne comme celui-là pour traduire dans une
guerre comme celle-ci la généreuse pensée de la France.
… … … … … … … … … … … .
_Discours prononcé par M. Raymond Poincaré lors de la translation aux
Invalides des cendres de Rouget de Lisle, le 14 juillet 1915._
[Illustration]
2 Août 1914.
La Première Victime
Les troupes allemandes ayant aujourd’hui violé la frontière de l’Est
sur plusieurs points, je vous prie de protester sans retard par écrit
auprès du Gouvernement allemand.
… … … … … … … … … … … .
Au nord de Delle, deux patrouilles allemandes du 5e chasseurs à cheval
ont franchi la frontière dans la matinée d’aujourd’hui et ont pénétré
jusqu’aux villages de Joncherey et Baron à plus de 10 kilomètres de la
frontière. L’officier qui commandait la première a brûlé la cervelle à
un soldat français.
… … … … … … … … … … … .
Le Gouvernement de la République ne peut que laisser au Gouvernement
impérial l’entière responsabilité de ses actes.
_Lettre adressée le 2 août par M. René Viviani, président du Conseil,
ministre des Affaires étrangères, à M. Jules Cambon, ambassadeur
à Berlin._
[Illustration]
3 Août 1914.
L’Ambassadeur d’Allemagne quitte Paris
….. L’ambassadeur d’Allemagne a demandé ses passeports et part ce soir.
… … … … … … … … … … … .
Le baron de Schœn a donné pour prétexte la constatation par les
autorités administratives et militaires allemandes d’actes d’hostilité
qui auraient été commis sur le territoire allemand par des aviateurs
militaires français accusés d’avoir survolé le territoire de l’Empire
et jeté des bombes.
… … … … … … … … … … … .
J’ai formellement contesté les allégations inexactes de l’ambassadeur
et, de mon côté, j’ai rappelé que, dès hier, je lui avais adressé une
note protestant contre les violations caractérisées de la frontière
française commises depuis deux jours par des détachements de troupes
allemandes.
_Lettre adressée le 3 août par M. René Viviani, président du Conseil,
ministre des Affaires étrangères, à MM. les représentants de la
France à l’étranger._
[Illustration]
4 Août 1914.
Violation par l’Allemagne du territoire belge, à Gemmerich
….. J’ai dit à M. Davignon que je pouvais lui donner l’assurance
que le Gouvernement de la République respecterait la neutralité de la
Belgique.
_Lettre de M. Klobukowski, ministre de France à Bruxelles, à M. René
Viviani, président du Conseil, ministre des Affaires étrangères._
….. L’Allemagne est donc obligée de ne pas tenir compte de la
neutralité belge: c’est pour elle une question de vie ou de mort de
prévenir l’avance de l’armée française.
VON JAGOW.
_Le secrétaire d’État aux Affaires étrangères d’Allemagne au prince
Lichnowsky, ambassadeur d’Allemagne à Londres._
….. Jamais, depuis 1830, heure plus grave ne sonna pour la Belgique.
La force de notre droit et la nécessité pour l’Europe de notre
existence autonome nous font encore espérer que ces événements redoutés
ne se produiront pas.
… … … … … … … … … … … .
Discours du roi Albert au Parlement belge.
[Illustration]
4 Août 1914.
Le Chiffon de papier
….. Il (M. de Bethmann-Hollweg) a dit que la mesure prise par le
Gouvernement de S. M. Britannique était terrible au dernier point:
juste pour un mot “neutralité”—un mot dont, en temps de guerre, on
n’a si souvent tenu aucun compte—juste pour un chiffon de papier, la
Grande-Bretagne allait faire la guerre à une nation à elle apparentée,
qui ne désirait rien tant que d’être son amie.
… … … … … … … … … … … .
Il tient la Grande-Bretagne pour responsable de tous les terribles
événements qui pourront se produire.
J’ai protesté avec force contre cette déclaration et ai dit que, de
même que lui-même et M. de Jagow désiraient me faire comprendre que,
pour des raisons stratégiques, c’était pour l’Allemagne une affaire
de vie ou de mort d’avancer à travers la Belgique et de violer la
neutralité de cette dernière, de même je désirais qu’il comprît que
c’était pour ainsi dire une affaire de “vie ou de mort” pour l’honneur
de la Grande-Bretagne que de tenir l’engagement solennel pris par elle
de faire en cas d’attaque tout son possible pour défendre la neutralité
de la Belgique…
_Rapport de Sir E. Goschen, ambassadeur de Grande-Bretagne à Berlin, à
Sir Ed. Grey, ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne._
[Illustration]
4 Août 1914.
La Nécessité ne connaît pas de loi
….. Nous nous trouvons en état de légitime défense et la nécessité ne
connaît pas de loi.
Nos troupes ont occupé Luxembourg et ont peut-être déjà pénétré en
Belgique. Cela est en contradiction avec les prescriptions du droit
des gens. La France, il est vrai, a déclaré à Bruxelles qu’elle était
résolue à respecter la neutralité de la Belgique aussi longtemps que
l’adversaire la respecterait. Mais nous savions que la France se tenait
prête pour envahir la Belgique. _La France pouvait attendre. Nous,
pas. Une attaque française sur notre flanc dans la région du Rhin
inférieur aurait pu devenir fatale._ C’est ainsi que nous avons été
forcés de passer outre aux protestations justifiées des Gouvernements
luxembourgeois et belge. L’injustice que nous commettons de cette
façon, nous la réparerons dès que notre but militaire sera atteint.
_Traduction du discours prononcé à la tribune du Reichstag par
M. de Bethmann-Hollweg et adressée par le baron Beyens, ministre
de Belgique à Berlin, à M. Davignon._
[Illustration]
4 Août 1914.
Funérailles de Jaurès
Au nom des organisations syndicales, de tous les travailleurs déjà
partis pour aller rejoindre leurs régiments, au nom de ceux, dont je
suis, qui partiront demain et qui sauront accomplir tout leur devoir,
je salue celui qui fut notre doctrine vivante, qui donna à la classe
ouvrière l’exemple de toutes les vertus et du dévouement au haut idéal
de justice sociale et d’affranchissement ouvrier….
… … … … … … … … … … … .
….. Oui, notre devoir, Jaurès nous l’a appris: c’est d’aller sur les
champs de bataille avec la volonté ardente de repousser l’agresseur,
portant dans nos cœurs, non la haine des hommes, mais de l’impérialisme
qui veut nous opprimer.
Contre cet impérialisme, toute la classe ouvrière va se dresser en
soldats de la liberté qui entendent conquérir pour tous les opprimés,
pour les autres comme pour eux-mêmes, un régime de liberté comme
le nôtre, créer l’harmonie entre les peuples avec l’entente et la
sauvegarde de toutes les nations.
_Discours prononcé par M. Jouhaux, secrétaire général de la C. G. T.,
aux obsèques de Jaurès._
[Illustration]
5 Août 1914.
Mobilisation et embarquement des troupes anglaises
L’Angleterre a sommé ce matin l’Allemagne de respecter la neutralité
belge. L’ultimatum dit que, vu la note…
….. Vu le fait que l’Allemagne a refusé de donner à l’Angleterre la
même assurance que celle donnée la semaine dernière par la France,
l’Angleterre doit demander à nouveau une réponse satisfaisante au sujet
du respect de la neutralité belge et d’un traité dont l’Allemagne est
signataire aussi bien qu’elle-même. L’ultimatum expire à minuit.
_Télégramme adressé le 4 août par le comte de Lalaing, ministre du
roi de Belgique à Londres, à M. Davignon, ministre des Affaires
étrangères de Belgique._
L’Allemagne ayant rejeté les propositions anglaises, l’Angleterre lui a
déclaré que l’état de guerre existait entre les deux pays, à partir de
11 heures.
_Télégramme adressé le 5 août par le ministre du roi de Belgique à
Londres à M. Davignon._
[Illustration]
5 Août 1914.
Paris en état de siège
Le préfet de police rappelle au public qu’en vertu de l’état de siège,
tout attroupement est interdit sur la voie publique. Les auteurs de
pillage, cris et chants séditieux commis ou proférés dans des lieux
publics seront immédiatement déférés en conseil de guerre.
_Le Général de division,
Le Préfet de police, gouverneur militaire de Paris_,
HENNION. Général MICHEL.
Affiche apposée le 5 août sur les murs de Paris.
Le préfet de police fait appel au patriotisme et à l’énergie de tous
les agents des services actifs pour réprimer les désordres. Ces agents
ne doivent pas oublier qu’en pillant des commerçants (dont beaucoup
sont des Alsaciens-Lorrains servant la France), quelle que soit la
consonance de leurs noms, on ne réjouit que les ennemis de la patrie.
… … … … … … … … … … … .
Les conseils de guerre se montreront très rigoureux contre tous auteurs
et complices de ces infractions.
Le Préfet de police,
HENNION.
Circulaire du Préfet de police publiée le 5 août.
[Illustration]
8 Août 1914.
Première Prise de Mulhouse
MON GÉNÉRAL,
L’entrée des troupes françaises à Mulhouse, aux acclamations des
Alsaciens, a fait tressaillir d’enthousiasme toute la France.
La suite de la campagne nous apportera, j’en ai la ferme conviction,
des succès dont la portée militaire dépassera celle de la journée
d’aujourd’hui.
Mais, au début de la guerre, l’énergique et brillante offensive que
vous avez prise en Alsace nous met dans une situation morale qui nous
apporte un précieux réconfort.
Je suis profondément heureux, au nom du Gouvernement, de vous en
exprimer ma gratitude.
Lettre de M. Messimy, ministre de la Guerre, au général en chef.
[Illustration]
17 Août 1914.
Manifestation, dans la charité, de la concorde nationale
CHERS ENFANTS DE LA FRANCE,
Je viens, pour obéir au ministre de la Guerre, vous donner de nos
nouvelles.
A l’heure même où vous partiez, toutes nos discordes se sont apaisées:
nous ne sommes plus qu’une grande famille de qui la jeunesse est partie
pour aller défendre à la frontière le patrimoine sacré légué par nos
ancêtres.
Des adversaires d’hier, qui souvent échangeaient de mortelles injures,
s’efforcent ensemble d’assurer les moyens de vivre aux familles de ceux
qui offrent leur sang à la patrie.
Vous avez peut-être peine à croire que des royalistes, des
bonapartistes, des républicains modérés, des radicaux, des socialistes,
des révolutionnaires, et Mgr l’archevêque de Paris, et le grand rabbin
et des protestants, et des libres-penseurs s’accordent fraternellement.
Cela est, cependant, et je le vois tous les jours.
… … … … … … … … … … … .
Article de M. Ernest Lavisse, publié par le Bulletin des Armées de
la République.
[Illustration]
21 Août 1914.
Les Engagements volontaires des étrangers
APPEL AUX AMIS DE LA FRANCE,
L’heure est grave.
Tout homme digne de ce nom doit aujourd’hui agir, doit se défendre
de rester inactif au milieu de la plus formidable conflagration que
l’Histoire ait jamais pu enregistrer. Toute hésitation serait un crime.
Pas de paroles, donc des actes.
Des étrangers amis de la France qui, pendant leur séjour en France, ont
appris à l’aimer et à la chérir comme une seconde patrie, sentent le
besoin impérieux de lui offrir leurs bras.
Intellectuels, étudiants, ouvriers, hommes valides de toute sorte, nés
ailleurs, domiciliés ici, nous qui avons trouvé en France la nourriture
de notre esprit ou notre nourriture matérielle, groupons-nous en un
faisceau solide de volontés mises au service de la plus grande France.
Signé: CANUDO, Blaise CENDRARS, Léonard SARLIUS, CSAKY, KAPLAN, BEER,
OZNOTSKY, DOUBROWSKI, ISBIZCKI, SCHOUMOFF, ROLDIREFF, KOZLINE, ESSEN,
LIOSCHITZ, FRISENDAHL, ISRAILEVITCH, VERTEPOFF.
[Illustration]
24 Août 1914.
Les Allemands envahissent la France
Tous les Français déploreront l’abandon momentané des portions du
territoire annexé que nous avions occupées. D’autre part, certaines
parties du territoire national souffriront malheureusement des
événements dont elles seront le théâtre. Épreuve inévitable, mais
provisoire. C’est ainsi que les éléments de cavalerie allemande,
appartenant à une division indépendante opérant à l’extrême droite ont
pénétré dans la région de Roubaix-Tourcoing qui n’est défendue que par
des éléments territoriaux.
Le courage de notre vaillante population saura supporter cette épreuve
avec une foi inébranlable dans le succès final qui n’est pas douteux.
En disant au pays la vérité entière, le Gouvernement et les autorités
militaires lui donnent la plus forte preuve de leur absolue confiance
dans la victoire qui ne dépend que de notre persévérance et notre
ténacité.
Communiqué officiel du 25 août.
[Illustration]
25 Août 1914.
Évacuation des villages du nord de la France
Dans certaines régions du Nord, les populations de quelques villes
et villages se sont effrayées à la vue d’éclaireurs ennemis. Ces
incursions passagères, qui peuvent se produire dans toute guerre à une
distance parfois très grande des opérations importantes, ne doivent pas
alarmer, car elles n’indiquent pas du tout une occupation imminente de
l’ennemi.
Note officielle communiquée à la Presse.
Je vous invite, de la façon la plus formelle, à n’abandonner votre
poste que sur ordre du Gouvernement ou de l’autorité militaire. Vous
devez donner aux populations l’exemple du calme et du sang-froid. Tous
les fonctionnaires doivent rester à leur poste. Les mesures les plus
rigoureuses seront prises contre ceux qui manqueraient à leur devoir.
_Instructions pour les fonctionnaires adressées par M. Malvy,
ministre de l’Intérieur, aux préfets et sous-préfets des
départements frontières._
[Illustration]
29 Août 1914.
Appel au pays
Le Gouvernement nouveau vient de prendre possession de son poste
d’honneur et de combat.
… … … … … … … … … … … .
Le Gouvernement sait qu’il peut compter sur le pays. Ses fils répandent
leur sang pour la patrie et la liberté. Aux côtés des héroïques armées
belges et anglaises, ils reçoivent sans trembler le plus formidable
ouragan de fer et de feu qui ait jamais été déchaîné sur un peuple. Et
tous se tiennent droits. Gloire à eux! Gloire aux vivants et aux morts!
Les hommes tombent. La nation continue.
… … … … … … … … … … … .
Pendant ce temps, nos alliés russes marchent d’un pas décidé vers la
capitale de l’Allemagne.
… … … … … … … … … … … .
Face à la frontière! Nous avons la méthode et la volonté. Nous aurons
la victoire.
René VIVIANI, président du Conseil; Aristide BRIAND, _ministre de la
Justice_, vice-président du Conseil; DELCASSÉ, _ministre des Affaires
étrangères_; MALVY, ministre de l’Intérieur; RIBOT, _ministre des
Finances_; MILLERAND, ministre de la Guerre; AUGAGNEUR, _ministre
de la Marine_; SARRAUT, ministre de l’Instruction publique; Marcel
SEMBAT, ministre des Travaux publics; THOMSON, _ministre du Commerce,
des Postes et des Télégraphes_; DOUMERGUE, ministre des Colonies;
DAVID, ministre de l’Agriculture; BIENVENU-MARTIN, _ministre du
Travail_; Jules GUESDE, ministre sans portefeuille.
[Illustration]
29 Août 1914.
Mise en état du camp retranché de Paris
Dans le Nord, les lignes franco-anglaises ont été légèrement ramenées
en arrière. La résistance continue.
Communiqué officiel du 17 août.
La situation de notre front, de la Somme aux Vosges, est restée
aujourd’hui ce qu’elle était hier. Les forces allemandes paraissent
avoir ralenti leur marche.
Communiqué officiel du 19 août.
Hier matin, parmi les questions examinées, on s’est occupé spécialement
de la mise en état du camp retranché de Paris. Les travaux, déjà très
avancés sur la périphérie, vont être poursuivis particulièrement en ce
qui concerne les dégagements prévus.
Note officielle communiquée à la Presse.
[Illustration]
30 Août 1914.
Un Avion allemand jette des bombes sur Paris
Des forces allemandes progressent dans la direction de La Fère.
Communiqué officiel du 30 août.
Parisiens, l’armée française a été battue à La Fère. Rendez-vous.
_Lettre jetée avec une oriflamme aux couleurs allemandes par
l’aviateur allemand qui survola Paris._
MON CHER PRÉSIDENT,
Au moment de quitter les fonctions de gouverneur militaire de Paris,
je tiens à vous exprimer ma reconnaissance pour la collaboration
précieuse et dévouée que vous et MM. les membres du Conseil municipal
de Paris vous avez bien voulu me donner. Jamais je n’oublierai
l’attitude calme et résolue de la population parisienne que vous
représentez, alors que l’ennemi s’approchait de la capitale.
Veuillez agréer, mon cher Président, l’assurance de mes sentiments
profondément dévoués.
GALLIENI.
_Lettre adressée le 30 octobre 1915 par le général Gallieni à M. Adrien
Mithouard, président du Conseil municipal de Paris._
[Illustration]
30 Août 1914.
Destruction des maisons situées sur la zone militaire de Paris
Vu le décret du 2 août 1914 ensemble la loi du 5 août 1914 déclarant
l’état de siège;
Vu le décret du 10 août 1914 déclarant les circonscriptions
territoriales formant le gouvernement militaire de Paris en état de
guerre;
En raison des circonstances urgentes;
Décide:
1º Dans un délai de quatre jours francs à compter du 30 août, les
propriétaires, usufruitiers, locataires ou occupants à un titre
quelconque de tous immeubles situés dans la zone de servitude des
forts détachés anciens et nouveaux devront évacuer et démolir lesdits
immeubles;
2º A défaut par les intéressés d’avoir obéi à la présente prescription
dans le délai imparti, il sera procédé d’office par l’autorité
militaire à la démolition des immeubles et à l’enlèvement des matériaux.
Le Gouverneur militaire de Paris, commandant des armées de Paris,
Signé: GALLIENI.
[Illustration]
31 Août 1914.
Les Turcos traversent Paris
….. L’inflexible fermeté (des armées Lanrezac, de Langle, Ruffey, de
Castelnau et Dubail) va rendre possible notre manœuvre offensive.
Pour préparer cette offensive, nous avons constitué, le 26 août, à
notre gauche, une nouvelle armée commandée par le général Maunoury.
Cette armée doit se concentrer les jours suivants dans la région
d’Amiens.
Mais le progrès de l’ennemi, par étapes de 45 kilomètres par jour, est
si rapide que, pour réaliser son plan offensif, le général Joffre doit
prescrire la continuation de la retraite.
On reculera jusqu’à l’Aube, au besoin jusqu’à la Seine.
Tout sera subordonné à la préparation du succès de l’offensive.
Rapport inséré au Journal officiel du 5 décembre 1914.
[Illustration]
31 Août 1914.
Les Voies sont détruites sur la ligne du Nord.
[Illustration: UNE AFFICHE DES CHEMINS DE FER DU NORD LE 31 AOUT 1914]
[Illustration]
31 Août 1914.
Suppression des sauf-conduits pour quitter Paris
La situation générale ne s’est modifiée que sur nos ailes.
A notre gauche, les Allemands ont gagné quelque terrain. Au centre,
pas de modification sensible: on ne s’est pas battu. En Lorraine, nous
avons remporté de nouveaux avantages.
Communiqué officiel du 1er septembre.
Afin de faciliter le déplacement des réfugiés qui traversent Paris, le
ministre de la Guerre vient d’ordonner la suppression des sauf-conduits
qui étaient exigés pour quitter Paris en chemin de fer.
Tous ceux qui voudront s’éloigner de la capitale n’auront qu’à se munir
de pièces d’identité usuelles: livret de mariage, pièces attestant le
domicile, etc., etc.
Note officielle communiquée à la Presse.
[Illustration]
1er Septembre 1914.
_La Tolérance accordée aux automobiles pour quitter Paris est prolongée
jusqu’au 3 septembre_
ÉLOGE DES TERRITORIAUX QUI GARDENT LES VOIES
Les hommes de la territoriale et de la réserve de la territoriale
chargés de la garde des voies de communication s’acquittent de leur
mission avec une conscience et un zèle au-dessus de tout éloge.
Ils ont admirablement compris l’importance de leur tâche, surveillent
nuit et jour les voies ferrées et les routes et examinent avec le plus
grand soin les laissez-passer exigibles des personnes circulant en
automobile.
Les hommes mobilisés qui passent en chemin de fer reçoivent des
postes de garde, des vivres supplémentaires et des bouquets de fleurs
dont ils ornent les wagons. Ces postes ont, par leur vigilance, très
utilement contribué au succès de nos transports de mobilisation et de
concentration.
Officiel.
[Illustration]
1er Septembre 1914.
_On interdit les gros titres des journaux et leur criage sur la voie
publique_
Le préfet de police vient de rédiger une ordonnance relative aux titres
dits “manchettes” des journaux.
Aux termes de cette ordonnance, les titres des articles ne pourront
avoir une largeur supérieure à la largeur maximum de deux colonnes.
En outre, les journaux qui continueront à se vendre par porteurs sur la
voie publique ne pourront être criés, même par le titre du journal.
Les journaux qui useront de ce mode de vente devront faire figurer en
première page la mention “Ce journal ne peut être crié”.
Note communiquée à la Presse le 1er septembre.
Une ordonnance du 29 août interdisait à tout journal ou écrit
périodique de faire paraître plus d’une édition en vingt-quatre heures
(_N. de l’A._).
[Illustration]
2 Septembre 1914.
Le Gouvernement quitte Paris
FRANÇAIS,
Depuis plusieurs semaines des combats acharnés mettent aux prises nos
troupes héroïques et l’armée ennemie. La vaillance de nos soldats leur
a valu, sur plusieurs points, des avantages marqués. Mais, au nord, la
poussée des forces allemandes nous a contraints à nous replier.
Cette situation impose au Président de la République et au Gouvernement
une décision douloureuse. Pour veiller au salut national, les Pouvoirs
publics ont le devoir de s’éloigner, pour l’instant, de la ville de
Paris.
Sous le commandement d’un chef éminent, une armée française, pleine de
courage et d’entrain, défendra contre l’envahisseur la capitale et sa
patriotique population.
… … … … … … … … … … … .
Proclamation du Gouvernement au pays.
[Illustration]
3 Septembre 1914.
Paris mis en état de défense
… … … … … … … … … … … .
….. Le Gouvernement ne quitte Paris qu’après avoir assuré la défense
de la ville et du camp retranché par tous les moyens en son pouvoir.
Il sait qu’il n’a pas besoin de recommander à l’admirable population
parisienne le calme, la résolution et le sang-froid. Elle montre tous
les jours qu’elle est à la hauteur des plus grands devoirs.
… … … … … … … … … … … .
Proclamation du Gouvernement au pays.
ARMÉE DE PARIS, HABITANTS DE PARIS,
Les membres du Gouvernement de la République ont quitté Paris pour
donner une impulsion nouvelle à la défense nationale.
J’ai reçu le mandat de défendre Paris contre l’envahisseur.
Ce mandat, je le remplirai jusqu’au bout.
GALLIENI.
Proclamation du gouverneur militaire de Paris.
[Illustration]
5 Septembre 1914.
Réquisition des fiacres automobiles dans Paris
….. A la suite de nos échecs du mois d’août, en Belgique, le
généralissime avait pris le parti de reculer en bon ordre et de ne
prendre l’offensive que lorsque ses lignes seraient rétablies.
Le 5 septembre, les conditions que recherchait le général en chef sont
remplies. En effet, notre gauche (armée Maunoury, armée anglaise, armée
d’Esperey) n’a plus à craindre d’être coupée.
Au contraire, l’armée allemande de droite (général von Kluck) en
marchant au sud vers Meaux et Coulommiers offre son flanc droit à
l’armée Maunoury.
Le 5, au soir, le général en chef ordonne l’offensive générale.
Rapport de l’État-major général.
[Illustration]
6 Septembre 1914.
Le Pacte de Londres
Les Gouvernements de Grande-Bretagne, de France et de Russie s’engagent
mutuellement à ne pas conclure de paix séparée au cours de la présente
guerre.
Les trois Gouvernements conviennent que lorsqu’il y aura lieu de
discuter les termes de la paix, aucune des puissances alliées ne pourra
poser des conditions de paix sans accord préalable avec chacune des
autres alliées.
Ont signé: Sir Edward GREY, _ministre des Affaires étrangères de la
Grande-Bretagne_; Paul CAMBON, ambassadeur de France à Londres;
Comte DE BECKENDORF, ambassadeur de Russie à Londres.
[Illustration]
6 Septembre 1914.
Première Journée de la bataille de la Marne
AU MOMENT OU S’ENGAGE UNE BATAILLE DONT DÉPEND LE SALUT DU PAYS,
IL IMPORTE DE RAPPELER A TOUS QUE LE MOMENT N’EST PLUS DE REGARDER
EN ARRIÈRE: TOUS LES EFFORTS DOIVENT ÊTRE EMPLOYÉS A ATTAQUER ET A
REFOULER L’ENNEMI.
UNE TROUPE QUI NE PEUT PLUS AVANCER DEVRA, COUTE QUE COUTE, GARDER LE
TERRAIN CONQUIS ET SE FAIRE TUER SUR PLACE PLUTOT QUE DE RECULER.
DANS LES CIRCONSTANCES ACTUELLES, AUCUNE DÉFAILLANCE NE PEUT ÊTRE
TOLÉRÉE.
Général JOFFRE.
_Ordre du jour adressé aux troupes par le général commandant en chef
des armées françaises._
[Illustration]
8 Septembre 1914.
Troisième Journée de la bataille de la Marne
Le but poursuivi par nos marches longues et pénibles est atteint: les
principales forces françaises ont dû accepter le combat après s’être
continuellement repliées. La grande décision est indiscutablement
proche: demain donc, la totalité des forces de l’armée allemande, ainsi
que toutes celles de notre corps d’armée devront être engagées sur
toute la ligne allant de Paris à Verdun.
Pour sauver le bien-être et l’honneur de l’Allemagne, j’attends de
chaque officier et soldat, malgré les combats durs et héroïques de ces
derniers jours, qu’il accomplisse son devoir entièrement et jusqu’à son
dernier souffle.
Tout dépend du résultat de la journée de demain.
_Ordre du jour adressé au VIIIe corps d’armée allemand la veille de
la bataille de la Marne._
[Illustration]
10 Septembre 1914.
Cinquième Journée de la bataille de la Marne
La 6e armée vient de soutenir pendant cinq jours entiers, sans
interruption ni accalmie, la lutte contre un adversaire nombreux et
dont le succès avait jusqu’à présent exalté le moral. La lutte a été
dure: les pertes par le feu, les fatigues dues à la privation de
sommeil et parfois de nourriture ont dépassé tout ce que l’on pouvait
imaginer.
… … … … … … … … … … … .
Camarades, le général en chef vous a demandé, au nom de la Patrie, de
faire plus que votre devoir. Vous avez répondu au delà même de ce qui
paraissait possible. Grâce à vous, la victoire est venue couronner nos
drapeaux.
… … … … … … … … … … … .
Quant à moi, si j’ai fait quelque bien, j’en ai été récompensé par le
plus grand honneur qui m’ait été décerné dans ma longue carrière, celui
de commander à des hommes tels que vous.
_Ordre du jour adressé par le général Maunoury aux troupes de
la 6e armée._
[Illustration]
12 Septembre 1914.
Victoire de la Marne
La bataille qui se livre depuis cinq jours s’achève en une victoire
incontestable. La retraite des Ire, IIe et IIIe armées allemandes
s’accentue devant notre gauche et notre centre. A son tour la IVe armée
ennemie commence à se replier au nord de Vitry et de Sermaize.
Partout l’ennemi laisse sur place de nombreux blessés et quantité de
munitions. Partout on fait des prisonniers. En gagnant du terrain,
nos troupes constatent les traces de l’intensité de la lutte et de
l’importance des moyens mis en œuvre par les Allemands pour essayer de
résister à notre élan.
La reprise vigoureuse de l’offensive a déterminé le succès. Tous,
officiers, sous-officiers et soldats, vous avez répondu à mon appel:
Tous, vous avez bien mérité de la Patrie.
JOFFRE.
Ordre du jour adressé aux troupes par le général en chef.
….. La Marne, bataille formidable, la plus grande bataille-manœuvre
de l’histoire par la direction, le coup d’œil et l’ampleur, a arrêté la
marche sur Paris et brisé l’élan de l’envahisseur…..
_Discours prononcé à la Chambre des Députés, le 12 octobre 1917, par
M. Leygues, ministre des Affaires étrangères._
[Illustration]
13 Septembre 1914.
Retraite et poursuite de l’ennemi
Notre victoire s’affirme de plus en plus complète: partout l’ennemi
est en retraite, partout les Allemands abandonnent prisonniers,
blessés, matériel. Après les efforts héroïques dépensés par nos troupes
pendant cette lutte formidable qui a duré du 5 au 12 septembre,
toutes nos armées, surexcitées par le succès, exécutent une poursuite
sans exemple. A notre gauche, nous avons franchi l’Aisne en aval de
Soissons, gagnant ainsi plus de 100 kilomètres en six jours de lutte.
Nos armées, au centre, sont déjà au nord de la Marne: nos troupes,
comme celles de nos alliés, sont admirables de moral, d’endurance
et d’ardeur. La poursuite sera continuée avec toute notre énergie.
Le Gouvernement de la République peut être fier de l’armée qu’il a
préparée.
JOFFRE.
Télégramme du général en chef à M. Millerand, ministre de la Guerre.
[Illustration]
16 Septembre 1914.
Sur les Traces de l’ennemi
Nous ne faisons pas la guerre contre les citoyens, mais seulement
contre l’armée ennemie. Malgré cela les troupes allemandes ont été
attaqué en grand nombre par des personnes qui n’appartiennent pas à
l’armée.
Pour empêcher ces brutalités, à l’avenir, j’ordonne ce qui suit.
1º Toute personne qui n’appartienne pas à l’armée et qui soit trouvée
les armes entre les mains sera fusillée à l’instant: elle sera
considérée hors du droit des gens.
2º Tous les armes, fusils, pistolets, etc. doivent être délivré par le
maire de tout village ou ville au commandant des troupes allemandes. En
cas qu’une seule arme soit trouvée dans n’importe quelle maison ou que
quelque acte d’hostilité soit commis contre nos troupes, les coupables
et les otages qui sont arrêtés dans chaque village seront fusillés sans
pitié.
Proclamation de l’armée allemande affichée dans les pays envahis.
[Illustration]
16 Septembre 1914.
Sur les Traces de l’ennemi
….. De même, après la documentation de nos précédents rapports, nous
avons renoncé à signaler les cas, continuellement renouvelés, où, sans
qu’aucune provocation, aucune parole, ni aucun geste eussent justifié
de tels attentats contre la liberté humaine, de paisibles habitants,
des femmes, des vieillards octogénaires et jusqu’à de jeunes enfants
ont été arrachés à leurs foyers avec tant de brutalité qu’on ne leur
a même pas permis de se vêtir suffisamment, ni d’emporter les objets
les plus indispensables. De lamentables troupeaux de captifs ont été
traînés ainsi au milieu des armées allemandes, poussés à coups de
crosse ou de baïonnette et soumis aux pires traitements. Beaucoup de
ces pauvres gens ont été massacrés en route parce que, brisés de coups,
épuisés de fatigue et d’inanition, ils ne pouvaient plus suivre leurs
bourreaux. D’autres sont morts en captivité.
_Rapport présenté à M. le président du Conseil par la Commission
instituée en vue de constater les actes commis par l’ennemi en
violation du droit des gens et publié par le_ Journal officiel _le 17
décembre 1915_.
[Illustration]
20 Septembre 1914.
Bombardement de la cathédrale de Reims
Les Allemands se sont acharnés, sans raison militaire, à tirer sur la
cathédrale de Reims qui est en flammes.
Communiqué officiel du 20 septembre.
Réponse aux explications allemandes.
….. Il suffit de se rendre compte de la situation pour constater
que nous n’avions aucun intérêt à placer des observateurs dans les
tours à demi démolies et surtout à faire des signaux lumineux, car
toute la plaine de Reims peut être surveillée aussi bien, et moins
dangereusement, des hauteurs avoisinantes.
Enfin, si nous avions eu des observateurs sur les tours, il aurait
suffi de les munir du téléphone pour leur permettre de communiquer
leurs renseignements sans éveiller l’attention de l’ennemi.
_Note officielle publiée le 20 octobre en réponse à un communiqué
allemand._
[Illustration]
22 Septembre 1914.
Des Nouvelles du pays
De très vives réclamations se sont fait jour contre les retards,
quelquefois prolongés, avec lesquels les correspondances adressées aux
militaires étaient distribuées.
… … … … … … … … … … … .
Le président du Conseil, d’accord avec le ministre de la Guerre, a
donné l’ordre au Service des Postes de mettre quarante ou cinquante
voitures automobiles postales à la disposition des armées.
… … … … … … … … … … … .
En signalant ces difficultés auxquelles il porte remède, le
Gouvernement doit faire constater qu’il en est d’autres auxquelles,
quel que soit son bon vouloir, il ne pourra obvier; il doit constater
que d’ailleurs le service est déjà amélioré. Il compte surveiller avec
un redoublement de vigilance cette situation, car il comprend très bien
qu’à l’heure où il n’est pas une famille qui n’ait un des siens face à
l’ennemi, c’est un réconfort pour tous les cœurs que de se communiquer
leurs émotions et leurs espérances.
Communiqué officiel du 22 septembre.
[Illustration]
23 Septembre 1914.
Les Obsèques des militaires décédés à Paris
La Préfecture de la Seine fait connaître que dès le début des
hostilités l’Administration de la ville de Paris s’est préoccupée des
obsèques des militaires qui viendraient à décéder à Paris et a réglé
avec le ministre de la Guerre toutes les dispositions à prendre aussi
bien pour les convois que pour les inhumations.
En vertu de ces dispositions, des divisions spéciales sont ouvertes
dans les cimetières parisiens de Pantin, de Bagneux et d’Ivry: les
militaires décédés y sont inhumés dans des concessions gratuites et
séparées.
… … … … … … … … … … … .
Les divisions spéciales consacrées dans les cimetières de Pantin, de
Bagneux et d’Ivry à l’inhumation des militaires décédés à Paris sont et
seront, il est inutile de le dire, l’objet des soins les plus attentifs.
Note communiquée à la Presse par la Préfecture de la Seine.
[Illustration]
25 Septembre 1914.
Bataille de l’Aisne
….. La bataille de l’Aisne prend donc sur une grande partie du
front un caractère de guerre de forteresse analogue aux opérations de
Mandchourie.
On peut ajouter que la puissance exceptionnelle du matériel
d’artillerie en présence (artillerie lourde allemande et canons de 75
français) donne une valeur particulière aux fortifications passagères
que les deux adversaires ont établies. Il s’agit donc de conquérir
des lignes de tranchées successives toutes précédées de défenses
accessoires et notamment de réseaux de fil de fer avec mitrailleuses en
caponnière.
Dans ces conditions la progression ne peut être que lente: il arrive
très fréquemment que les attaques ne progressent que de 500 mètres à 1
kilomètre par jour.
Communiqué officiel du 25 septembre.
[Illustration]
26 Septembre 1914.
Pour la Campagne d’hiver
Le ministre de la Guerre reçoit de divers côtés des demandes de
renseignements relatives à la destination à donner à de petits paquets
renfermant du linge et des vêtements chauds pour les militaires aux
armées.
Les donateurs sont priés de faire parvenir ces paquets soit aux dépôts
des corps de troupe, soit aux sous-intendances militaires, soit aux
magasins administratifs chargés de les centraliser et à qui toutes
instructions utiles seront données en vue de leur expédition à l’armée.
Afin de faciliter la répartition ultérieure de ces dons, chaque paquet
devra porter extérieurement une étiquette de toile solidement cousue
portant indication du contenu.
_Note du ministère de la Guerre communiquée à la Presse le 26
septembre._
[Illustration]
28 Septembre 1914.
Facilités accordées pour la visite des blessés
Le ministre de la Guerre vient de décider que des facilités de
transport seraient accordées aux familles désireuses d’aller visiter
les militaires blessés à l’ennemi. Les dispositions arrêtées sont les
suivantes:
Il est remis aux intéressés, par les soins des chefs de gare, un billet
à demi-place pour aller de leur domicile à l’établissement où leur
parent est hospitalisé et pour revenir à leur point de départ. Cette
réduction ne s’applique qu’aux personnes ayant le degré de parenté
suivant: ascendants, frère ou sœur, époux ou enfants.
La remise du billet n’est effectuée que sur présentation, par
l’intéressé, d’une pièce, télégramme ou lettre, authentiquée par le
maire et constatant le lieu de l’hospitalisation.
Note communiquée à la Presse par le ministère de la Guerre.
[Illustration]
12 Octobre 1914.
Réouverture des lycées et collèges
Parmi toutes les tristesses de cette guerre se cache pourtant une joie:
le lien qui nous unit maintenant aux Français.
… … … … … … … … … … … .
… … … … … … … … … … … .
Il y eut des jours où, durant la rapide marche en avant allemande, nous
craignions que les armées françaises ne fussent par trop inférieures à
leurs adversaires, où nous croyions que l’Allemagne ne serait battue
que sur mer et sur sa frontière orientale et qu’après la guerre la
France ne subsisterait, en tant que puissance, que grâce à l’aide de
ses alliés.
D’avoir eu cette peur, nous devons maintenant lui demander pardon…..
_Article paru dans le Times et lu dans les lycées et collèges, le jour
de leur réouverture, sur l’invitation du vice-recteur de l’Académie
de Paris._
[Illustration]
13 Octobre 1914.
Occupation de Lille par l’ennemi
A notre aile gauche, le front prend une extension de plus en
plus grande. Des masses de cavalerie allemande très importantes
sont signalées aux environs de Lille, précédant des éléments
ennemis qui font un mouvement dans la région au nord de la ligne
Tourcoing-Armentières.
Communiqué officiel du 6 octobre.
A notre aile gauche, les deux cavaleries opèrent toujours au nord de
Lille et La Bassée.
Communiqué officiel du 9 octobre.
La ville de Lille, tenue par un détachement territorial, a été attaquée
et occupée par un corps d’armée allemand.
Communiqué officiel du 13 octobre.
[Illustration]
14 Octobre 1914.
_Le Gouvernement belge se transporte au Havre après l’occupation
d’Anvers par les troupes allemandes_
MONSIEUR LE PRÉSIDENT,
Je suis profondément touché de l’hospitalité que la France est
disposée à offrir si cordialement au Gouvernement belge et des
mesures que le Gouvernement de la République prend pour assurer notre
pleine indépendance et notre souveraineté. Nous attendons avec une
inébranlable confiance l’heure de la victoire commune, luttant côte
à côte pour une cause juste. Notre courage ne connaîtra jamais de
défaillance.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à mon inaltérable
affection.
_Lettre du roi Albert au Président de la République pour remercier
le Gouvernement français d’avoir offert l’hospitalité, dans une ville
française, au Gouvernement belge._
[Illustration]
21 Octobre 1914.
Bataille de l’Yser
FUSILIERS MARINS, MES AMIS,
Le drapeau que le Gouvernement de la République vous remet aujourd’hui,
c’est vous-mêmes qui l’avez gagné sur les champs de bataille. Vous vous
êtes montrés dignes de le recevoir et de le défendre. Voilà de longues
semaines que, étroitement unis à vos camarades de l’armée de terre,
vous soutenez victorieusement, comme eux, la lutte la plus âpre et la
plus sanglante. Rien n’a refroidi votre ardeur, ni les difficultés
du terrain, ni les ravages qu’a d’abord faits parmi vous le feu de
l’ennemi; rien n’a ralenti votre élan, ni les gelées, ni les pluies,
ni les inondations. Vos officiers vous ont donné partout l’exemple
du courage et du sacrifice et partout vous avez accompli, sous leurs
ordres, des prodiges d’héroïsme et d’abnégation…..
_Discours prononcé le 10 janvier 1915, à Nieuport, par le Président
de la République, lors de la remise d’un drapeau aux nouvelles
formations de marins._
La bataille de l’Yser, bataille de géants, dont la grandeur s’accusera
dans le recul de l’Histoire, a arrêté la “Course à la mer”, seconde
manœuvre de grand style, dont l’État-major allemand attendait un
résultat décisif.
_Discours prononcé à la Chambre des Députés, le 12 octobre 1917, par
M. Leygues, ministre des Affaires étrangères._
[Illustration]
23 Octobre 1914.
Destruction du beffroi d’Arras par l’artillerie lourde allemande
L’Académie Française proteste contre les affirmations par lesquelles
l’Allemagne impute mensongèrement à la France ou à ses alliés
la responsabilité de la guerre. Elle proteste contre toutes les
négations[1] opposées à l’évidente authenticité des actes abominables
commis par les armées allemandes.
Au nom de la civilisation française et de la civilisation humaine, elle
flétrit les violateurs de la neutralité belge, les tueurs de femmes et
d’enfants, les destructeurs sauvages des nobles monuments du passé, les
incendiaires de l’Université de Louvain, de la cathédrale de Reims, qui
voulurent aussi incendier Notre-Dame de Paris.
Elle exprime son admiration aux armées qui luttent comme nous contre la
coalition de l’Allemagne et de l’Autriche.
_Protestation de l’Académie Française contre l’Allemagne, lue en
séance publique, et rédigée par M. Ernest Lavisse._
[1] Manifeste des 93 intellectuels allemands, visant les crimes de
droit commun accomplis par les troupes allemandes.
[Illustration]
2 Novembre 1914.
Les Ambassadeurs alliés quittent la Turquie
….. Le nombre toujours croissant des postes confiés, durant ces
dernières semaines, à des officiers allemands, la réception d’armes et
de munitions provenant d’Allemagne, l’accueil fait au Gœben et au
Breslau avaient justement alarmé le Gouvernement de la République.
… … … … … … … … … … … .
Le 29 octobre, les vaisseaux turcs ont, sans avertissement et sans