Le livre des heures héroïques et douloureuses des années 1914-1915-1916-1917-1918

La Bataille de Verdun

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.

français coopèrent à la libération de notre territoire: le ciel se

découvre, le soleil se lève.

 

La lutte, hélas! n’est pas finie: elle sera rude encore et tous, tant

que nous sommes, nous devons continuer à travailler, à travailler sans

trêve, avec passion et avec ferveur. Mais déjà la supériorité des

Alliés apparaît à tous les yeux. La Balance du Destin a eu de longues

oscillations; c’en est fait maintenant; un plateau ne cesse plus de

monter: l’autre descend, descend, chargé d’un poids que rien n’allégera

plus.

 

Gloire immortelle à Verdun qui a préparé l’action commune des armées

alliées! Gloire à vous, mes amis, qui avez sauvé la France et vengé le

droit insulté!

 

_Lettre du Président de la République aux Armées à l’occasion du

deuxième anniversaire de la guerre._

 

[Illustration]

 

28 Août 1916.

 

La Roumanie déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie

 

L’Italie déclare la guerre à l’Allemagne

 

De la Roumanie, comment douter? Pouvait-elle servir ses oppresseurs

séculaires, le Hongrois et le Turc? Pouvait-elle s’unir aux égorgeurs

des petits peuples? Qu’avait-elle à attendre des empires du Centre?

Leur victoire eût été sa perte. N’avait-elle pas, dès le lendemain de

la bataille de la Marne, pris sa décision, d’accord avec la Russie?

N’avait-elle pas, dès le lendemain de l’intervention italienne,

précisé, avec la Triple Entente, les terres d’exil où elle devait

rentrer?

 

Dès lors, la présence des Alliés à Salonique, espoir de tout ce qui, en

Orient, désirait notre victoire, l’avance des Russes en Bukovine, la

prise de Gorizia, l’héroïque résistance de Verdun, achevaient d’offrir

aux Roumains leur chance. Comment tarder encore?

 

_Allocution prononcée par M. Deschanel, président de la Chambre des

Députés, à la séance de rentrée du Parlement français, le 20 août._

 

[Illustration]

 

29 Septembre 1916.

 

Quatre-vingt-onzième Jour de la bataille de la Somme

 

Le général en chef adresse l’expression de sa profonde satisfaction aux

troupes qui combattent sans relâche sur la Somme depuis bientôt trois

mois.

 

Par leur vaillance et leur persévérance elles ont porté à l’ennemi des

coups dont il a peine à se relever.

 

Verdun dégagé, 25 villages reconquis, plus de 35.000 prisonniers,

150 canons pris, les lignes successives ennemies enfoncées sur 10

kilomètres de profondeur, tels sont les résultats déjà obtenus.

 

En continuant la lutte avec la même volonté tenace, en redoublant

d’ardeur en union avec nos valeureux alliés, les vaillantes armées de

la Somme s’assureront une part glorieuse dans la victoire décisive.

 

JOFFRE.

 

_Ordre du jour adressé par le général en chef aux troupes des armées

de la Somme._

 

[Illustration]

 

3 Novembre 1916.

 

Deux cent cinquante-septième Jour de la bataille de Verdun

 

….. La bataille de Verdun, immense opération de rupture de notre

front Est, pour rouvrir les routes d’invasion de 1814, a vu sombrer le

prestige militaire de l’Allemagne.

 

Dans le champ clos de Verdun, deux peuples, la France et l’Allemagne,

se sont affrontés, et après un duel de cinq mois, dont le monde entier

a suivi toutes les péripéties en frémissant, l’Allemagne a été vaincue.

 

Le 12 juillet, la dernière vague allemande est venue mourir dans

les fossés de Souville. En août, Fleury est repris; le 24 octobre,

Douaumont est repris; les 3 et 5 novembre, Vaux et Damloup sont repris.

 

_Discours prononcé, le 12 octobre 1917, à la Chambre des Députés, par

M. Georges Leygues, ministre des Affaires étrangères._

 

[Illustration]

 

19 Novembre 1916.

 

Prise de Monastir

 

Les troupes de l’armée d’Orient sont entrées à Monastir, ce matin à 8

heures, jour anniversaire de la prise de cette ville par les Serbes en

1912.

 

Communiqué officiel français.

 

Je vous adresse mes plus cordiales félicitations pour vous et vos

troupes à l’occasion de la prise de Monastir et je vous prie de

communiquer à l’armée française d’Orient l’ordre du jour suivant:

 

“ORDRE GÉNÉRAL Nº 68

 

“Officiers et soldats de l’armée d’Orient, après avoir accompli, loin

de France, les plus rudes travaux sous un climat malsain, vous avez,

quand l’heure est venue de combattre, surmonté par votre endurance et

votre courage toutes les difficultés.

 

“De concert avec nos vaillants alliés, vous avez rejeté l’ennemi

commun hors de la Macédoine occidentale qu’il avait envahie. Vous

venez de lui arracher Monastir. Vous achèverez demain de le battre.

 

“JOFFRE.”

 

_Télégramme adressé par le général Joffre au général Sarrail,

commandant en chef de l’armée d’Orient._

 

[Illustration]

 

12 Décembre 1916.

 

Proposition de paix allemande

 

….. Dans cette note, les quatre puissances alliées proposent

l’ouverture immédiate des négociations de paix……….

 

_Radiotélégramme émis du poste allemand de Nauen, le 12 décembre, à

13h 20, et adressé à l’ambassade d’Allemagne, à Washington._

 

….. Au surplus, Messieurs, voyez combien est admirable notre pays:

même dans les heures difficiles qu’il traverse, une telle parole ne l’a

pas troublé.

 

Il l’a reçue comme un défi et quand il a appris que, devant Verdun, nos

vaillants soldats avaient continué à reprendre le territoire conquis

par les Allemands, faisant 11.500 prisonniers, s’emparant de 115

canons, remportant une nouvelle victoire éclatante, ce fut dans toute

la France un frémissement de joie et de confiance et chacun se dit:

“Voilà la meilleure réponse à la note allemande.”

 

_Discours prononcé à la Chambre des Députés, le 19 décembre 1916, par

M. Briand, président du Conseil._

 

Le général Nivelle, commandant la 2e armée (armée de Verdun), est nommé

commandant en chef des armées du Nord et du Nord-Est.

 

Note communiquée à la Presse le 15 décembre.

 

[Illustration]

 

5 Mars 1917.

 

Prise de Bagdad

 

….. Les Allemands et les Turcs ont voulu faire de votre ville un

centre de résistance pour anéantir le pouvoir de l’Angleterre et de ses

alliés en Perse et en Arabie, mais le Royaume-Uni ne peut admettre une

telle menace.

 

_Proclamation adressée par le général Sir Stanley Maude, au nom de

S. M. George V, aux populations du vilayet de Bagdad._

 

….. Ainsi qu’il a été annoncé, Bagdad a été occupé de bonne heure, le

11 mars au matin, par les troupes sous le commandement du général Maude.

 

_Déclaration de M. Bonar Law, ministre des Finances, à la Chambre des

Communes, le 12 mars 1917._

 

[Illustration]

 

15 Mars 1917.

 

Proclamation d’un Gouvernement provisoire en Russie

 

Dans le train qui le ramenait à Petrograd, le Tzar signe son abdication

 

Les nouvelles transmises par l’agence télégraphique de Petrograd vous

ont déjà fait connaître les événements des derniers jours et la chute

de l’ancien régime politique en Russie qui s’effondra lamentablement

devant l’indignation populaire provoquée par son incurie et les abus de

sa criminelle imprévoyance.

 

Fidèle au pacte qui l’unit indissolublement à ses glorieux alliés, la

Russie est décidée, comme eux, à assurer à tout prix au monde une ère

de paix entre les peuples sur la base d’une organisation nationale

stable garantissant le respect du droit et de la justice. Elle

combattra à leurs côtés l’ennemi commun jusqu’au bout, sans trêve ni

défaillance.

 

_Télégramme, signé Milioukof, adressé par le Gouvernement russe à ses

représentants à l’étranger._

 

[Illustration]

 

17 Mars 1917.

 

Repli allemand dans la Somme

 

….. Nous entrons dans la phase décisive de la guerre, mais décisive

n’est pas synonyme de brève.

 

Pour la première fois depuis ces combats où, pendant des mois, les

armées ennemies s’affrontaient l’une contre l’autre presque vainement,

pour la première fois l’orgueilleuse armée allemande a dû avouer que

son front occidental n’était plus infrangible.

… … … … … … … … … … … .

 

Ce recul, il témoigne sans doute de la force des armées

anglo-françaises, de la puissance de leurs pressions coordonnées, mais

non pas d’un affaiblissement profond de la force allemande.

 

L’armée ennemie se ramasse pour de rudes et dures batailles. Et, en

même temps que ses énergies militaires, l’Allemagne entière ramasse

aussi ses énergies intérieures pour un effort désespéré.

 

_Discours prononcé, le 27 mars 1917, à la Chambre des Députés, par

M. Painlevé, ministre de la Guerre._

 

[Illustration]

 

5 Avril 1917.

 

Déclaration de guerre des États-Unis à l’Allemagne

 

….. En raison de la notification faite par l’Allemagne en date du 31

janvier, notification d’après laquelle tous les navires belligérants

ou neutres rencontrés dans certaines zones délimitées seraient coulés

sans que des mesures préalables soient prises pour la sauvegarde des

passagers, le Gouvernement des États-Unis a décidé de placer sur tous

les navires marchands américains naviguant dans les zones visées, une

garde armée destinée à protéger les navires et la vie des passagers.

 

_Note communiquée le 13 mars, par le département d’État de Washington,

à tous les ambassadeurs et ministres accrédités auprès du

Gouvernement américain._

 

….. Il est résolu, par le Sénat et la Chambre des Représentants des

États-Unis assemblés en congrès:

 

Que l’état de belligérance entre les États-Unis et le Gouvernement

impérial allemand, qui a été imposé aux États-Unis, est, par la

présente, formellement déclaré[3].

 

_Résolution de guerre votée le 5 avril par la Chambre des

Représentants des États-Unis d’Amérique par 373 voix contre 50._

 

[3] Par la suite, un grand nombre d’États américains du Sud,

le Brésil, la République Argentine, etc., ainsi que la Chine, se sont

déclarés en état de guerre ou ont rompu les relations diplomatiques

avec l’Allemagne (_N. de l’A._).

 

[Illustration]

 

16 Avril 1917.

 

L’Offensive du 16 avril

 

Des fautes graves ont été commises au cours de la dernière offensive.

Nous ne songeons ni à les nier ni à les atténuer. La France est assez

sûre d’elle-même pour pouvoir regarder en face la vérité.

 

Oui, les résultats obtenus ont été payés trop cher: oui, de lourdes

pertes ont été subies—sans atteindre pourtant les chiffres

fantastiques propagés par on ne sait qui—mais pertes trop cruelles qui

pouvaient être évitées et qui doivent être évitées dans l’avenir.

 

_Discours prononcé, le 7 juillet 1917, à la Chambre des Députés, par

M. Painlevé, ministre de la Guerre._

 

Sur la proposition du ministre de la Guerre, le Conseil des ministres a

décidé de rétablir le poste de chef d’état-major général de l’armée au

ministère de la Guerre. Ce poste sera confié au général Pétain.

 

Note communiquée à la Presse le 30 avril 1917.

 

Sur la proposition du ministre de la Guerre, le Conseil des ministres a

décidé de confier au général Pétain le commandement en chef des armées

du Nord et du Nord-Est.

 

Note communiquée à la Presse le 15 mai.

 

[Illustration]

 

12 Juin 1917.

 

Abdication du roi de Grèce

 

Les Gouvernements alliés prennent des mesures concertées en vue

d’obtenir les réparations qui doivent être accordées pour l’attentat

commis à Athènes le 1er décembre.

 

Note communiquée à la Presse le 3 décembre.

 

….. Messieurs, il était impossible que le Roi, qui avait à

tout moment violé la Constitution, qui s’était révélé l’ennemi

irréconciliable des puissances protectrices qu’il devait respecter

puisqu’elles étaient garantes de la Constitution, continuât à régner.

Nous avons pensé aussi que son fils aîné, dont les sentiments étaient

trop connus, ne pouvait lui succéder. C’est dans ces conditions que

nous avons demandé et obtenu l’abdication du roi Constantin et du

Diadoque.

 

_Discours prononcé, le 14 juin 1917, à la Chambre des Députés, par

M. Ribot, président du Conseil._

 

….. Depuis deux mois un fait nouveau s’est produit. Aujourd’hui la

Grèce s’est rangée à nos côtés…..

 

_Discours prononcé à la Conférence des Alliés, le 15 juillet 1917,

par M. Ribot._

 

[Illustration]

 

1er Juillet 1917.

 

Arrivée en France des premiers bataillons américains

 

Demain, fête de l’Indépendance des États-Unis, les premières troupes

américaines débarquées en France défileront dans Paris; elles viendront

ensuite nous rejoindre sur le front.

… … … … … … … … … … … .

 

Les États-Unis entendent mettre à notre disposition sans compter leurs

soldats, leur or, leurs usines, leurs navires, leur pays tout entier.

Ils veulent payer au centuple la dette de reconnaissance contractée

jadis envers La Fayette et ses compagnons.

 

Qu’un seul cri parte, en ce 4 juillet, de tous les points du front:

 

“Honneur à la grande République sœur. Vivent les États-Unis.”

 

PÉTAIN,

Général commandant en chef

les armées du Nord et du Nord-Est.

 

Ordre du jour adressé aux troupes par le général Pétain.

 

[Illustration]

 

14 Juillet 1917.

 

La Journée des drapeaux

 

MON CHER MINISTRE,

 

La splendide armée dont vous faisiez ces jours-ci l’émouvant éloge

aux applaudissements unanimes de la représentation nationale a

recueilli ce matin, dans les rues de Paris, le fervent témoignage de la

reconnaissance publique.

 

Les glorieux détachements qui ont défilé devant nous, les drapeaux

noircis et déchirés qui enveloppent dans leurs plis tant de souvenirs

illustres, les délégations des corps auxquels leur vaillance collective

a valu la fourragère formaient une synthèse magnifique de toutes les

vertus militaires et de toutes les énergies patriotiques…..

 

_Lettre adressée par le Président de la République à M. Painlevé,

ministre de la Guerre, le 14 juillet 1917._

 

[Illustration]

 

25 Août 1917.

 

Reprise des avancées de Verdun: Mort-Homme et Cote 304

 

….. Ce sol illustré par tant de combats et sanctifié par tant de

sang versé, l’armée française l’a défendu pied à pied et reconquis

lambeau par lambeau, et voici qu’aujourd’hui, sous votre commandement

suprême et sous la direction de chefs éprouvés, elle vient de reprendre

d’assaut, après une savante préparation d’artillerie, les hauteurs si

souvent disputées, d’où l’ennemi dominait nos positions, surveillait

nos mouvements et réglait le tir de ses batteries. Éclatante victoire

qui répond, par un écho retentissant, aux exploits accomplis tous les

jours par nos troupes sur le Chemin des Dames, aux brillants avantages

obtenus par nos divisions dans les plaines de Belgique, aux héroïques

batailles livrées dans les Flandres, par l’armée britannique, aux

importants progrès réalisés par les Italiens sur l’âpre chaîne du

Monte-Santo et sur les plateaux rocheux du Carso.

 

_Allocution prononcée par M. Poincaré le 19 août, à Verdun, à

l’occasion de la remise au général Pétain de la grand’croix de la

Légion d’honneur._

 

[Illustration]

 

11 Septembre 1917.

 

Mort du capitaine Guynemer

 

….. Messieurs, depuis trois ans, notre armée, fidèlement appuyée par

nos Alliés, écrit des pages qui resteront l’admiration et l’étonnement

de l’Histoire.

 

A nos soldats de toutes armes et de tous grades, et ma pensée va en ce

moment, d’une façon très particulière, aux héros obscurs de la fosse

commune dont les pauvres restes éparpillés par la mitraille n’auront

ni tombe ni croix auprès desquelles pourront venir prier ceux qui les

pleurent: à tous, fantassins, artilleurs, cavaliers, aviateurs et

sapeurs, il fallait un “nom” qui symbolisât la grandeur du sacrifice.

 

Nous choisissons le nom de cet enfant qui, en des prouesses

inoubliables, survola notre front de bataille, cette terre de France

tout imprégnée de sang et de gloire, dont la moindre goutte, dont la

moindre lueur suffit amplement à effacer les misérables défaillances

individuelles que nous pouvons déplorer.

 

_Discours prononcé à la Chambre des Députés, le 19 octobre 1917, par

M. Lazies, député, pour expliquer sa proposition invitant le

Gouvernement à faire mettre au Panthéon une inscription destinée à

perpétuer la mémoire du capitaine Guynemer, symbole des aspirations

et des enthousiasmes de l’Armée et de la Nation._

 

[Illustration]

 

24 Octobre 1917.

 

Offensive austro-allemande en Italie

 

Le Conseil des ministres s’est réuni hier dimanche soir, de 6h 30 à

8h 15, à l’Élysée, sous la présidence de M. Poincaré, pour “examiner

la situation militaire et déterminer la coopération des Alliés sur le

front italien”.

 

Note communiquée à la Presse le 29 octobre.

 

….. Mais que dirions-nous si nous avions avancé de 50 kilomètres

au delà des lignes ennemies, si nous avions fait à l’ennemi 200.000

prisonniers et pris 2.500 de ses meilleurs canons avec d’énormes

quantités de munitions et d’approvisionnements?

 

_Discours prononcé par M. Lloyd George, premier ministre anglais, au

déjeuner offert en son honneur, par M. Painlevé, président du

Conseil, ministre de la Guerre._

 

[Illustration]

 

17 Novembre 1917.

 

Le Ministère Clemenceau

 

….. Nous nous présentons devant vous dans l’unique pensée d’une

guerre intégrale.

… … … … … … … … … … … .

 

Hélas! il y a eu aussi des crimes, des crimes contre la France qui

appellent un prompt châtiment.

 

Nous prenons devant vous, devant le pays qui demande justice,

l’engagement que justice sera faite selon la rigueur des lois.

 

Trop d’attentats se sont déjà soldés sur notre front de bataille par un

surplus de sang français. Faiblesse serait complicité. Nous serons sans

faiblesse comme sans violence. Tous les inculpés en conseil de guerre.

Le soldat au prétoire solidaire du soldat au combat. Plus de campagnes

pacifistes, plus de menées allemandes. Ni trahison, ni demi-trahison,

la guerre. Rien que la guerre. Nos armées ne seront pas prises entre

deux feux. La justice passe, le pays connaîtra qu’il est défendu.

 

_Déclaration du Gouvernement lue le 20 novembre à la Chambre des

Députés, par M. Georges Clemenceau, président du Conseil, ministre

de la Guerre._

 

[Illustration]

 

11 Décembre 1917.

 

Les Alliés occupent Jérusalem

 

Le général Allenby se propose d’entrer officiellement à Jérusalem

demain, accompagné par les commandants des contingents français et

italiens et par les chefs de la mission politique française.

 

_Déclaration faite par M. Bonar Law, à la Chambre des Communes, le

10 décembre 1917._

 

….. A l’occasion de cet événement, un Te Deum sera chanté dimanche

prochain 16 décembre, à 3 heures, en l’église métropolitaine

Notre-Dame, pour remercier Dieu d’avoir délivré du joug turc la Ville

Sainte, berceau du Christianisme.

 

Note communiquée à la Presse par l’archevêché de Paris.

 

Le Comité protestant français de propagande organise une manifestation

interalliée pour célébrer l’entrée des forces anglaises, françaises et

italiennes à Jérusalem.

 

Note communiquée par le Comité protestant français.

 

[Illustration]

 

6 Mars 1918.

 

Fin de l’état de guerre sur le front oriental

 

Le Gouvernement provisoire est déchu.

… … … … … … … … … … … .

 

La cause pour laquelle luttait le peuple, c’est-à-dire la proposition

de la paix démocratique et le contrôle des ouvriers sur la production

et la constitution d’un gouvernement du Soviet, est assurée.

… … … … … … … … … … … .

 

_Appel du Comité révolutionnaire militaire de Petrograd aux citoyens

de la Russie, publié le 10 novembre 1917._

 

….. Dans ces conditions, tout le traité de paix devenant un

ultimatum, que l’Allemagne appuie immédiatement par la violence

d’une action armée, la délégation russe a signé sans discussion les

conditions de paix qui lui étaient dictées.

… … … … … … … … … … … .

 

_Radiotélégramme envoyé le 2 mars 1918 au soviet des Commissaires du

peuple à Petrograd par les membres de la délégation russe aux

seconds pourparlers de paix de Brest-Litovsk._

 

Un traité formel d’armistice a été signé de nouveau avec les Roumains.

Les négociations de paix vont commencer sans délai.

 

Communiqué officiel allemand du 6 mars 1918.

 

[Illustration]

 

21 Mars 1918.

 

Offensive générale de l’armée allemande

 

Ce matin, vers 8 heures, à la suite d’un violent bombardement par

obus explosifs et toxiques de nos lignes avant et zone arrière,

l’ennemi a lancé une puissante attaque sur un front de plus de 80

kilomètres entre l’Oise (région de La Fère) et la Sensée (région de

Croisilles).—Dans l’après-midi, de puissantes attaques effectuées par

des masses considérables d’infanterie et d’artillerie ont rompu notre

système défensif à l’ouest de Saint-Quentin.—L’ennemi a occupé Nesle

et Bapaume.

 

_Extraits des communiqués officiels britanniques des 21, 23 et

25 mars._

 

….. Nous sommes maintenant entrés dans le stade le plus critique

de cette terrible guerre. Il y a un moment de calme dans la tempête,

mais l’ouragan n’est pas encore terminé. Il rassemble sa force pour

se déchaîner plus furieusement et avant son épuisement final il se

déchaînera encore beaucoup de fois.

… … … … … … … … … … … .

 

_Discours prononcé à la Chambre des Communes, le 9 avril 1918, par

M. Lloyd George._

 

[Illustration]

 

21 Mars 1918.

 

Offensive générale de l’armée allemande

 

L’ennemi a tiré sur Paris avec une pièce à longue portée.—Les troupes

françaises ont commencé à intervenir, dès le 23 mars, dans la bataille

en cours sur le front britannique. Elles ont relevé une partie des

forces alliées et pris la lutte à leur compte sur ce secteur du

front.—Noyon a été évacué pendant la nuit.—Nos régiments, luttant

pied à pied et infligeant de lourdes pertes aux assaillants, n’ont

faibli à aucun moment et se sont repliés en ordre sur les hauteurs

immédiatement à l’ouest de Montdidier.

 

_Extraits des communiqués officiels français des 23, 25, 26 et

28 mars._

 

….. Je viens vous dire que le peuple américain tiendrait à grand

honneur que nos troupes fussent engagées dans la bataille.

 

_Déclaration du général Pershing, commandant en chef l’armée

américaine, au général Foch, au cours d’une réunion tenue sur le

front le 28 mars._

 

Le Gouvernement anglais et le Gouvernement français se sont mis

d’accord pour donner au général Foch le titre de “commandant en chef

des armées alliées opérant en France”.

 

Note communiquée à la Presse le 10 avril.

 

[Illustration]

 

26 Avril 1918.

 

_Arrêt de l’attaque allemande en direction de Rouen, tendant à séparer

les armées anglaises des armées françaises_

 

La bataille a repris ce matin avec une extrême violence. Sur une

étendue d’environ 15 kilomètres, depuis Grivesnes jusqu’au nord de la

route d’Amiens à Roye, les Allemands ont lancé des forces énormes,

révélant une volonté ferme de rompre notre front à tout prix (_C. O.

F._ 4 avril).—Après une puissante préparation d’artillerie, l’ennemi a

déclenché ce matin une forte attaque sur tout le front entre la Somme

et l’Avre (_C. O. B._ 4 avril).—Après une série d’assauts furieux,

l’ennemi a réussi à prendre pied dans le bois au nord de Hangard (_C.

O. F._ 24 avril).—L’ennemi a pu progresser à Villers-Bretonneux (_C.

O. B._ 24 avril).—Notre ligne a été presque intégralement rétablie.

Villers-Bretonneux est de nouveau entre nos mains (_C. O. B._ 25

avril).—Nous avons enlevé le monument au sud de Villers-Bretonneux,

pénétré dans le bois de Hangard-en-Santerre et conquis la partie ouest

du village (_C. O. F._ 26 avril).

 

Extraits des communiqués officiels français et britanniques.

 

[Illustration]

 

1er Mai 1918.

 

Arrêt de l’attaque allemande en direction de Calais

 

Ce matin, après un intense bombardement depuis le canal de La Bassée

jusqu’au voisinage d’Armentières, d’importantes forces ennemies ont

attaqué les troupes britanniques et portugaises qui tenaient ce secteur

de notre front (9 avril).—Nos troupes ont évacué Armentières, rendu

intenable par les gaz (11 avril).—Bailleul est tombé entre les mains

de l’ennemi (16 avril).—Nos troupes ont réussi à entrer dans les

villages de Meteren et Wytschaete, mais les attaques renouvelées de

l’ennemi ne leur ont pas permis de s’y maintenir (17 avril).—L’ennemi

a pris pied sur la colline du Kemmel (26 avril).—Des postes tenus par

l’ennemi dans le secteur de Meteren ont été enlevés par nos troupes.

Les troupes françaises ont amélioré leurs positions dans le voisinage

de Locre (1er mai).

 

Extraits des communiqués officiels britanniques.

 

[Illustration]

 

10 Mai 1918.

 

Embouteillage du port d’Ostende

 

Une brèche d’environ 60 pieds a été constatée à l’intérieur du môle

de Zeebrugge, à l’extrémité de la côte. A Ostende, les navires coulés

ont été vus à l’entrée de la jetée, obstruant la plus grande partie

du chenal.—Le beau temps de ces derniers jours a rendu possible

de constantes reconnaissances aériennes sur Bruges et le canal de

Zeebrugge à Bruges et la prise de clichés photographiques. Le résultat

montre qu’aucun changement ne s’est produit depuis le 23 avril et que

la plus grande partie des sous-marins ennemis et torpilleurs qui ont

leur base sur la côte des Flandres ont été immobilisés à Bruges depuis

les opérations d’embouteillage à Zeebrugge.—L’opération ayant pour

but de fermer les ports d’Ostende et de Zeebrugge a été complétée avec

succès la nuit dernière: le vieux croiseur Vindictive a, en effet,

été coulé entre les jetées et en travers de l’entrée du port d’Ostende.

 

_Extraits des communiqués publiés par l’Amirauté britannique les

24 avril, 30 avril et 10 mai._

 

[Illustration]

 

16 Juillet 1918.

 

Arrêt de l’attaque allemande en direction de Paris

 

Dans la deuxième partie de la nuit les Allemands ont déclenché un

violent bombardement sur toute la région comprise entre la forêt de

Pinon et Reims. Ce matin l’attaque ennemie s’est produite sur un

très large front entre ces deux points (27 mai).—Dans la soirée

du 27, les Allemands ont réussi à franchir l’Aisne entre Vailly et

Berry-au-Bac (28 mai).—Sur la Marne, les Allemands ont atteint les

hauteurs à l’ouest de Château-Thierry. Nous tenons la partie de la

ville située sur la rive gauche (2 juin).—A 4h 30, l’infanterie

ennemie s’est portée à l’attaque de nos positions entre Montdidier

et Noyon (9 juin).—Les Allemands ont réussi à prendre pied dans

Cœuvres et Saint-Pierre-Aigle (13 juin).—Les Allemands ont attaqué ce

matin depuis Château-Thierry jusqu’à la Main de Massiges. Nos troupes

soutiennent énergiquement le choc de l’ennemi sur un front d’environ 80

kilomètres (15 juillet).—Au sud de la Marne, les Allemands n’ont pu

dépasser la ligne Saint-Agnan—La Chapelle-Monthodon (16 juillet).

 

Extraits des communiqués officiels français.

 

[Illustration]

 

16 Juillet 1918.

 

Contre-attaque et offensive de l’Aisne au sud de la Marne

 

Nous avons contre-attaqué l’ennemi sur le front Saint-Agnan-La

Chapelle-Monthodon. Nos troupes ont enlevé ces deux localités (_C. O.

F._ 16 juillet).—Nous avons attaqué ce matin les positions allemandes

depuis la région de Fontenoy-sur-l’Aisne jusqu’à la région de Belleau

(_C. O. F._ 18 juillet).—Après avoir brisé l’offensive allemande sur

les fronts de Champagne et de la Montagne de Reims dans les journées

des 15, 16 et 17 juillet, les troupes françaises, en liaison avec

les forces américaines, se sont portées, le 18, à l’attaque des

positions allemandes entre l’Aisne et la Marne sur une étendue de

45 kilomètres (_C. O. F._ 18 juillet).—Nous avons traversé l’Ourcq

(_C. O. A._ 18 juillet).—Sur notre gauche nos troupes sont entrées

dans Soissons (_C. O. F._ 2 août).—Les résultats de la victoire

acquise par la contre-offensive entreprise si glorieusement par les

troupes franco-américaines le 18 juillet ont été complètement obtenus

aujourd’hui: l’ennemi, qui a subi sa seconde défaite sur la Marne, a

été repoussé en désordre au delà de la ligne de la Vesle (_C. O. A._ 3

août).—Fismes est en notre possession (_C. O. F._ 4 août).

 

Extraits des communiqués officiels français et américains.

 

[Illustration]

 

8 Août 1918.

 

Offensive du nord de l’Oise à l’Ancre

 

A l’aube, ce matin, la 4e armée britannique et la 1re armée française

sous le commandement du maréchal Sir Douglas Haig ont attaqué sur un

large front à l’est et au sud-est d’Amiens (_C. O. B._ 8 août).—La

ville de Montdidier est tombée aux mains des Français (_C. O. B._ 10

août).—Lassigny est tombé (_C. O. F._ 21 août).—Nos troupes ont

repris Albert (_C. O. B._ 22 août).—Nous avons occupé Roye (_C. O.

F._ 27 août).—Nous avons atteint Nesle (_C. O. F._ 28 août).—Nous

avons occupé Chaulnes (_C. O. F._ 28 août).—Nous avons enlevé Noyon

de haute lutte (_C. O. F._ 29 août).—Les troupes néo-zélandaises

se sont emparées de Bapaume (_C. O. B._ 29 août).—Les troupes

australiennes tiennent Péronne (_C. O. B._ 1er septembre).—Nous tenons

Ham et Chauny (_C. O. F._ 6 septembre).—L’ennemi a été complètement

rejeté de Saint-Quentin (_C. O. F._ 2 octobre).—La 1re armée a battu

complètement les six divisions qui lui faisaient face. Dès la première

heure elle s’emparait de Guise (_C. O. F._ 5 novembre).—Hirson est

entre nos mains (_C. O. F._ 9 novembre).

 

Extraits des communiqués officiels français et britanniques.

 

[Illustration]

 

20 Août 1918.

 

Offensive entre Oise et Aisne

 

A l’est de l’Oise, nos troupes ont attaqué les lignes allemandes sur

un front de 25 kilomètres environ depuis la région de Bailly jusqu’à

l’Aisne (20 août).—Nous occupons Coucy-le-Château et Coucy-la-Ville

(5 septembre).—Nous avons pris le village d’Allemant et le moulin

de Laffaux (14 septembre).—Nos troupes ont occupé le village et la

lisière sud de la forêt de Pinon: Vaudesson, Chavignac et le fort

de la Malmaison sont entre nos mains (28 septembre).—Nous sommes

parvenus jusqu’à l’Ailette que nous bordons au nord de Craonne (12

octobre).—Nous avons pris La Fère. Les troupes de la 10e armée

sont entrées à Laon (13 octobre).—Avec la coopération des troupes

italiennes nous avons enlevé et dépassé Sissonne (14 octobre).—Entre

Sissonne et Château-Porcien nous avons pénétré dans toutes les parties

de la position Hunding où l’ennemi tenait encore (5 novembre).—Nous

avons atteint la voie ferrée de Mézières à Hirson (9 novembre).—Les

troupes italiennes sont entrées à Rocroi (11 novembre).

 

Extraits des communiqués officiels français.

 

[Illustration]

 

21 Août 1918.

 

Offensive de l’Ancre à l’Yser

 

Ce matin, à 4h 55, nous avons attaqué sur un large front au nord de

l’Ancre (21 août).—L’ennemi, complètement battu sur ses défenses du

système Drocourt-Quéant, est contraint à présent de battre en retraite

sur presque tout le front (3 septembre).—Nous sommes entrés dans

Cambrai (9 octobre).—Aujourd’hui, nos troupes sont entrées dans Douai.

Les troupes de la 5e armée britannique ont aujourd’hui encerclé et pris

la ville de Lille (17 octobre).—Les troupes canadiennes, commandées

par le général Currie, après un dur combat aux lisières de Valenciennes

ont réussi à traverser la ville qui est entièrement en notre pouvoir

(2 novembre).—La forteresse de Maubeuge a été prise par la division

des gardes et la 62e division (8 novembre).—Les troupes de la 5e armée

ont pris Antoing et Tournai (9 novembre).—Nos troupes ont occupé le

faubourg de Bertaimont aux lisières sud de Lens (10 novembre).

 

Extraits des communiqués officiels britanniques.

 

[Illustration]

 

12 Septembre 1918.

 

Offensive de Lorraine

 

L’armée américaine a attaqué ce matin dans la région de Saint-Mihiel:

l’opération se développe dans les meilleures conditions (_C. O.

F._ 12 septembre).—Ce matin, nos troupes opérant dans le secteur

de Saint-Mihiel ont réalisé des progrès importants (_C. O. A._ 12

septembre).—Nous avons réduit tout le saillant, atteignant des

points situés à douze milles au nord-est de Saint-Mihiel (_C. O. A._

13 septembre).—Nous pouvons maintenant apprécier le succès obtenu

pendant les deux jours précédents. Le mordant et la vigueur de nos

troupes et des vaillantes divisions françaises qui ont combattu épaule

contre épaule sont démontrés par le fait que les forces qui attaquèrent

sur les deux faces du saillant ont opéré leur jonction et obtenu en

vingt-sept heures les résultats désirés (_C. O. A._ 14 septembre).

 

Extraits des communiqués officiels français et américains.

 

[Illustration]

 

23 Septembre 1918.

 

Capitulation de la Bulgarie

 

Après une préparation d’artillerie exécutée le 14, les troupes

serbo-françaises attaquèrent, dans la matinée du 15 septembre,

les positions ennemies fortement organisées sur le front

Vetrenik-Dobropolje-Sokol que les Bulgares avaient fortifié pendant

deux ans et demi et qui formaient la partie la plus importante de tout

le front macédonien. L’attaque a complètement réussi.

 

Communiqué officiel serbe du 15 septembre.

 

Les opérations victorieuses qui, en moins de quinze jours, ont amené

les armées alliées d’Orient jusqu’à Uskub et jusque sur le territoire

ennemi, viennent de décider l’armée bulgare à déposer les armes.

 

Le 23 septembre, à 23 heures, les plénipotentiaires délégués par

le Gouvernement bulgare ont signé un armistice à Salonique. Le 30

septembre, à 12 heures, les hostilités ont cessé entre les forces

bulgares et les armées alliées[4].

 

Communiqué officiel français du 30 septembre.

 

[4] Le général Franchet d’Esperey commandait en chef les armées

alliées d’Orient (_N. de l’A._).

 

[Illustration]

 

25 Septembre 1918.

 

Offensive entre Aisne et Meuse

 

Ce matin, à 5 heures, les troupes françaises ont attaqué sur le front

de Champagne en liaison avec l’armée américaine opérant plus à l’est

(26 septembre).—A l’heure actuelle la ville de Reims est dégagée (5

octobre).—La 4e armée a achevé de libérer la boucle de l’Aisne (12

octobre).—De part et d’autre de Vouziers notre infanterie a franchi

l’Aisne (18 octobre).—Le dégagement de l’Argonne est un fait accompli

(3 novembre).—Nos éléments ont dépassé Saint-Aignan-sur-Bar et ont

pris pied au sud de la Meuse, sur les hauteurs qui dominent Sedan (7

novembre).

 

Extrait des communiqués officiels français.

 

Hier, à 4 heures de l’après-midi, les éléments avancés de l’armée

américaine se sont emparés de la partie de la ville de Sedan située sur

la rive ouest de la Meuse.

 

Communiqué officiel américain du 7 novembre.

 

“En 1870, le nom de Sedan devenait synonyme d’un épouvantable désastre;

en 1918, c’est à Sedan que l’orgueilleuse Allemagne vaincue a dû

reconnaître son irrémédiable défaite.”

 

_Paroles prononcées par M. Grandpierre, premier adjoint de Sedan,

souhaitant la bienvenue à M. Poincaré, le 26 décembre 1918, au cours

d’un voyage du Président de la République dans les Ardennes._

 

[Illustration]

 

28 Septembre 1918.

 

Offensive de l’Yser à la mer

 

A l’aube, ce matin, l’armée belge a attaqué les positions allemandes

entre Dixmude et le nord d’Ypres (28 septembre).—Le groupe des armées

des Flandres, aux ordres de S. M. le roi des Belges, a attaqué ce

matin à 5h 35 (14 octobre).—L’armée belge est entrée dans Ostende

(17 octobre).—L’armée belge a occupé Zeebrugge, Heyst et conquis la

ville de Bruges. La 2e armée britannique a complètement dégagé Courtrai

(19 octobre).—Dix-neuf villages belges ont été reconquis par les

Franco-Américains, notamment les agglomérations importantes de Deynze,

Nazareth et la ville d’Audenarde (1er novembre).—L’armée belge est

entrée dans Gand (11 novembre).

 

Extrait des communiqués officiels belges.

 

….. Pendant plus de quatre années vous avez âprement défendu dans les

boues de l’Yser le dernier lambeau de notre territoire. Enfin, achevant

de forcer l’admiration universelle, vous venez d’infliger à l’ennemi

une sanglante défaite…..

 

Ordre du jour du roi Albert à l’armée belge publié le 18 novembre.

 

[Illustration]

 

31 Octobre 1918.

 

Capitulation de la Turquie

 

Les navires de guerre français et britanniques sont entrés dans le port

de Beyrouth (10 octobre).

 

Extrait des communiqués officiels britanniques.

 

Il y a quelques jours, le général Townshend a été mis en liberté

pour aller informer l’amiral anglais commandant dans la mer Egée

que le Gouvernement turc demandait que des négociations fussent

ouvertes immédiatement en vue de la conclusion d’un armistice entre

la Turquie et les Alliés. Le vice-amiral Calthorpe a répondu que si

le Gouvernement turc envoyait des plénipotentiaires régulièrement

accrédités, il avait, lui, les pouvoirs nécessaires pour les

informer des conditions dans lesquelles les Alliés consentiraient à

une cessation des hostilités et pour signer, au nom des Alliés, un

armistice dans ces conditions.

 

Il n’est pas encore possible de publier les termes complets de cet

armistice, mais ils comportent le libre passage pour les flottes

alliées jusqu’à la Mer Noire, l’occupation des forts des Dardanelles

et du Bosphore et le rapatriement immédiat de tous les prisonniers de

guerre alliés.

 

_Déclaration faite le 31 octobre à la Chambre des Députés par

M. Leygues, ministre de la Marine._

 

[Illustration]

 

4 Novembre 1918.

 

Capitulation et dissolution de l’Autriche

 

La guerre contre l’Autriche-Hongrie que, sous la haute direction de S.

M. le Roi, chef suprême, l’armée italienne, inférieure en nombre et en

moyens, a entreprise le 24 mai 1915 et continuée pendant quarante et

un mois avec une foi inébranlable et une bravoure persévérante, s’est

terminée par la grande bataille engagée le 26 octobre et à laquelle ont

pris part 51 divisions italiennes, 3 britanniques, 2 françaises et 1

tchéco-slovaque.

 

Communiqué officiel italien du 4 novembre.

 

Sur les bases des conditions de l’armistice conclu entre les

plénipotentiaires du commandement suprême de l’armée royale italienne

au nom de toutes les puissances alliées et des États-Unis et les

plénipotentiaires du commandement suprême austro-hongrois, les

hostilités sur terre, sur mer et dans les airs sur tous les fronts

austro-hongrois ont été suspendues, à partir de 15 heures, aujourd’hui

4 novembre.

 

Note communiquée à la Presse le 4 novembre.

 

[Illustration]

 

11 Novembre 1918.

 

L’Armistice

 

La Révolution en Allemagne

 

Les plénipotentiaires allemands ayant reçu du Gouvernement allemand

les instructions nécessaires ont signé ce matin, 11 novembre, à 5

heures, le protocole d’armistice comportant toutes les conditions que

leur avait fait connaître, au nom des Alliés, le maréchal Foch, dans

l’entrevue du 8 novembre.

 

Note communiquée à la Presse.

 

….. Pour moi, la convention d’armistice lue, il me semble qu’à cette

heure, en cette heure terrible, grande et magnifique, mon devoir est

accompli. Un mot seulement. Au nom du peuple français, au nom du

Gouvernement de la République Française, j’envoie le salut de la France

une et indivisible à l’Alsace et à la Lorraine retrouvées.

 

_Discours prononcé par M. Clemenceau, président du Conseil, ministre

de la Guerre, à la Chambre des Députés, au cours de la séance qui

s’ouvrit le lundi 11 novembre, à 4 heures du soir._

 

….. Le nouveau Gouvernement sera un gouvernement populaire. Il devra

s’efforcer de procurer le plus rapidement possible la paix au peuple

allemand et de consolider la liberté qu’il a conquise.

 

_Appel adressé au peuple allemand par le socialiste Fritz Ebert,

chancelier, le 10 novembre._

 

[Illustration]

 

11 Novembre 1918.

 

Le Communiqué de l’armistice

 

Au cinquante-deuxième mois d’une guerre sans précédent dans l’Histoire,

l’armée française, avec l’aide de ses Alliés, a consommé la défaite de

l’ennemi.

 

Nos troupes, animées du plus pur esprit de sacrifice, donnant pendant

quatre années de combats ininterrompus l’exemple d’une sublime

endurance et d’un héroïsme quotidien, ont rempli la tâche que leur

avait confiée la Patrie.

 

Tantôt supportant avec une énergie indomptable les assauts de l’ennemi,

tantôt attaquant elles-mêmes et forçant la victoire, elles ont, après

une offensive décisive de quatre mois, bousculé, battu et jeté hors de

France la puissante armée allemande et l’ont contrainte à demander la

paix.

 

Toutes les conditions exigées pour la suspension des hostilités

ayant été acceptées par l’ennemi, l’armistice est entré en vigueur

aujourd’hui à 11 heures.

 

Communiqué officiel français du 11 novembre.

 

[Illustration]

 

19 Novembre 1918.

 

Entrée des troupes françaises à Metz

 

….. L’Alsace et la Lorraine sont redevenues françaises! Elles le

sont redevenues de plein droit, de par la géographie qui les a placées

toutes deux en deçà des confins de la vieille Gaule, de par l’Histoire

qui, sous l’ancienne monarchie, les a fondues avec la France, de par

l’Histoire qui a consacré cette fusion volontaire, le 14 juillet 1790,

aux fêtes de la Fédération et qui a grandi la gloire française de toute

la gloire gagnée, aux siècles passés, par les savants et les soldats

d’Alsace et de Lorraine.

 

_Discours prononcé par le Président de la République le 17 novembre

1918, au cours de la “Journée de l’Alsace-Lorraine” à Paris._

 

A 13h 30, le maréchal Pétain, commandant en chef des armées françaises,

a fait son entrée solennelle dans la ville de Metz à la tête des

troupes de la 10e armée.

 

Communiqué français du 19 novembre.

 

[Illustration]

 

21 Novembre 1918.

 

Reddition de la flotte allemande

 

Le commandement en chef de la grande flotte a rencontré ce matin, à 9h

30, la première et principale partie de la flotte allemande de haute

mer venant se rendre pour être internée.

 

Communiqué de l’Amirauté britannique publié le 21 novembre.

 

La grande flotte britannique, accompagnée de navires américains et

français, a rejoint, le 21, à 9 heures, la flotte allemande composée

de neuf cuirassés, cinq croiseurs de bataille, sept croiseurs légers,

quarante-neuf destroyers qui vont être internés au Firth of Forth.

 

Ces soixante-dix navires représentent, moins trois unités (un cuirassé,

un navire léger, un destroyer), la totalité des bâtiments qui, aux

termes des clauses navales de l’armistice, devaient être remis aux

Alliés.

 

Les navires allemands sont entrés sous escorte, à 15 heures, à Rosyth.

 

_Communiqué officiel publié le 21 novembre par le ministère de la

Marine français._

 

[Illustration]

 

23 Novembre 1918.

 

Entrée du roi et de la reine des Belges à Bruxelles

 

….. La Reine et moi nous avons écouté avec émotion les éloquentes

paroles que vient de nous adresser le bourgmestre. C’est pour nous le

plus beau jour de notre existence que celui où nous entrons dans cette

belle capitale libérée enfin, par la victoire des Alliés, après quatre

ans et demi d’épreuves.

 

Nous nous réjouissons du fond du cœur de retrouver nos concitoyens qui

ne cessèrent jamais d’avoir une foi ardente dans la victoire du droit

et qui ne cessèrent jamais de rester le front haut, comme il sied à des

hommes libres, devant la brutalité et l’oppression. Je tiens à leur

rendre ici un profond hommage d’admiration.

 

Nous saluons en M. Max l’exemple des plus hautes vertus civiques.

Votre bourgmestre fut héroïque et se rangea au premier rang des plus

illustres magistrats communaux de notre histoire.

 

_Réponse du roi Albert à l’allocution de M. Max, bourgmestre de

Bruxelles._

 

[Illustration]

 

25 Novembre 1918.

 

Entrée des troupes françaises à Strasbourg

 

Le maréchal Pétain, qu’accompagnait le général de Castelnau, a fait

aujourd’hui son entrée solennelle dans Strasbourg, à la tête des

troupes de l’armée Gouraud.

 

C’est aux acclamations d’une population débordante d’enthousiasme et

d’émotion que les régiments français ont défilé dans la grande cité

alsacienne magnifiquement parée aux couleurs nationales.

 

Dans un long cri de “Vive la France!” inlassablement répété, tout un

peuple a exprimé sa joie de retrouver la patrie perdue et affirmé au

monde l’inébranlable attachement de l’Alsace à la France.

 

Communiqué officiel français du 25 novembre.

 

Le maréchal Foch, accompagné du général de Castelnau, s’est rendu

aujourd’hui à Strasbourg. Il y a passé en revue les troupes

d’occupation, puis a traversé la ville à leur tête.

 

Une foule considérable et enthousiaste se pressait sur son passage et a

fait une magnifique ovation au maréchal commandant en chef les armées

alliées.

 

Communiqué officiel français du 27 novembre.

 

[Illustration]

 

1er Décembre 1918.

 

Les Armées alliées occupent l’Allemagne

 

Aujourd’hui les troupes avancées de la 2e armée britannique commandées

par le général sir H. Plumer ont traversé la frontière entre Beho et

Fupen et se sont dirigées vers le Rhin.

 

Communiqué officiel britannique du 1er décembre.

 

La 3e armée américaine a franchi la frontière allemande.

 

Communiqué officiel américain du 1er décembre.

 

L’autorité militaire alliée prend le commandement du pays. Elle exige

de tous la plus stricte obéissance.

… … … … … … … … … … … .

 

La présente proclamation consacre l’occupation du pays par les armées

alliées: elle marque à chacun son devoir qui est d’aider à la reprise

de la vie locale dans le travail, le calme et la discipline: que tous

s’y emploient activement.

 

_Le Maréchal de France

Commandant en chef les armées alliées_,

FOCH.

 

_Proclamation du maréchal Foch affichée dans les territoires allemands

occupés par les armées alliées._

 

….. La Tâche de demain! Quel sujet offert à nos méditations et,

je puis dire, à nos anxiétés! Nous n’osons guère nous demander à

nous-mêmes ce que sera le lendemain de cette guerre qui aura fait tant

de ruines et remué si profondément toutes les couches de notre société.

Comment réparerons-nous ces ruines, comment reprendrons-nous le cours

de notre vie régulière, quel changement se sera fait dans les esprits,

dans les cœurs de ceux qui reviendront des tranchées et aussi de ceux

qui, ayant vécu loin des combats, en auront ressenti les contre-coups?

Quel sera l’état moral de la France au lendemain de la paix? Avec

quelles résolutions intérieures abordera-t-elle les redoutables

problèmes qui se poseront au sujet de la reconstitution de nos forces

matérielles et de la direction de nos énergies spirituelles?

 

_Discours prononcé, le 12 décembre 1915, à la Séance publique

annuelle de l’Académie des Sciences morales et politiques, par

M. Ribot, ministre des Finances._

 

[Illustration]

 

[Illustration]

 

ARTICLE 1

 

Les Armées et leurs Chefs,

 

Le Gouvernement de la République,

 

Le Citoyen Georges Clemenceau, président du Conseil, ministre de la

Guerre,

 

Le Maréchal Foch, généralissime des Armées alliées,

 

Ont bien mérité de la Patrie.

 

ARTICLE 2

 

Le texte de la présente loi sera gravé pour demeurer permanent dans

toutes les mairies et dans toutes les écoles de la République.

 

[Illustration]

 

Les Chambres françaises déclarent:

 

Le Président Wilson et la Nation américaine,

 

Les Nations alliées et les Chefs d’État qui sont à leur tête,

 

Ont bien mérité de l’Humanité.

 

ARTICLE 2

 

Le texte de la présente loi sera gravé pour demeurer permanent dans

toutes les mairies et dans toutes les écoles de la République.

 

ACHEVÉ D’IMPRIMER

 

LE 8 OCTOBRE 1919

PAR BERGER-LEVRAULT

A NANCY

[Illustration]

Vous avez terminé Le livre des heures héroïques et douloureuses des années 1914-1915-1916-1917-1918

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