Le livre des heures héroïques et douloureuses des années 1914-1915-1916-1917-1918
La Bataille de Verdun
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.
français coopèrent à la libération de notre territoire: le ciel se
découvre, le soleil se lève.
La lutte, hélas! n’est pas finie: elle sera rude encore et tous, tant
que nous sommes, nous devons continuer à travailler, à travailler sans
trêve, avec passion et avec ferveur. Mais déjà la supériorité des
Alliés apparaît à tous les yeux. La Balance du Destin a eu de longues
oscillations; c’en est fait maintenant; un plateau ne cesse plus de
monter: l’autre descend, descend, chargé d’un poids que rien n’allégera
plus.
Gloire immortelle à Verdun qui a préparé l’action commune des armées
alliées! Gloire à vous, mes amis, qui avez sauvé la France et vengé le
droit insulté!
_Lettre du Président de la République aux Armées à l’occasion du
deuxième anniversaire de la guerre._
[Illustration]
28 Août 1916.
La Roumanie déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie
L’Italie déclare la guerre à l’Allemagne
De la Roumanie, comment douter? Pouvait-elle servir ses oppresseurs
séculaires, le Hongrois et le Turc? Pouvait-elle s’unir aux égorgeurs
des petits peuples? Qu’avait-elle à attendre des empires du Centre?
Leur victoire eût été sa perte. N’avait-elle pas, dès le lendemain de
la bataille de la Marne, pris sa décision, d’accord avec la Russie?
N’avait-elle pas, dès le lendemain de l’intervention italienne,
précisé, avec la Triple Entente, les terres d’exil où elle devait
rentrer?
Dès lors, la présence des Alliés à Salonique, espoir de tout ce qui, en
Orient, désirait notre victoire, l’avance des Russes en Bukovine, la
prise de Gorizia, l’héroïque résistance de Verdun, achevaient d’offrir
aux Roumains leur chance. Comment tarder encore?
_Allocution prononcée par M. Deschanel, président de la Chambre des
Députés, à la séance de rentrée du Parlement français, le 20 août._
[Illustration]
29 Septembre 1916.
Quatre-vingt-onzième Jour de la bataille de la Somme
Le général en chef adresse l’expression de sa profonde satisfaction aux
troupes qui combattent sans relâche sur la Somme depuis bientôt trois
mois.
Par leur vaillance et leur persévérance elles ont porté à l’ennemi des
coups dont il a peine à se relever.
Verdun dégagé, 25 villages reconquis, plus de 35.000 prisonniers,
150 canons pris, les lignes successives ennemies enfoncées sur 10
kilomètres de profondeur, tels sont les résultats déjà obtenus.
En continuant la lutte avec la même volonté tenace, en redoublant
d’ardeur en union avec nos valeureux alliés, les vaillantes armées de
la Somme s’assureront une part glorieuse dans la victoire décisive.
JOFFRE.
_Ordre du jour adressé par le général en chef aux troupes des armées
de la Somme._
[Illustration]
3 Novembre 1916.
Deux cent cinquante-septième Jour de la bataille de Verdun
….. La bataille de Verdun, immense opération de rupture de notre
front Est, pour rouvrir les routes d’invasion de 1814, a vu sombrer le
prestige militaire de l’Allemagne.
Dans le champ clos de Verdun, deux peuples, la France et l’Allemagne,
se sont affrontés, et après un duel de cinq mois, dont le monde entier
a suivi toutes les péripéties en frémissant, l’Allemagne a été vaincue.
Le 12 juillet, la dernière vague allemande est venue mourir dans
les fossés de Souville. En août, Fleury est repris; le 24 octobre,
Douaumont est repris; les 3 et 5 novembre, Vaux et Damloup sont repris.
_Discours prononcé, le 12 octobre 1917, à la Chambre des Députés, par
M. Georges Leygues, ministre des Affaires étrangères._
[Illustration]
19 Novembre 1916.
Prise de Monastir
Les troupes de l’armée d’Orient sont entrées à Monastir, ce matin à 8
heures, jour anniversaire de la prise de cette ville par les Serbes en
1912.
Communiqué officiel français.
Je vous adresse mes plus cordiales félicitations pour vous et vos
troupes à l’occasion de la prise de Monastir et je vous prie de
communiquer à l’armée française d’Orient l’ordre du jour suivant:
“ORDRE GÉNÉRAL Nº 68
“Officiers et soldats de l’armée d’Orient, après avoir accompli, loin
de France, les plus rudes travaux sous un climat malsain, vous avez,
quand l’heure est venue de combattre, surmonté par votre endurance et
votre courage toutes les difficultés.
“De concert avec nos vaillants alliés, vous avez rejeté l’ennemi
commun hors de la Macédoine occidentale qu’il avait envahie. Vous
venez de lui arracher Monastir. Vous achèverez demain de le battre.
“JOFFRE.”
_Télégramme adressé par le général Joffre au général Sarrail,
commandant en chef de l’armée d’Orient._
[Illustration]
12 Décembre 1916.
Proposition de paix allemande
….. Dans cette note, les quatre puissances alliées proposent
l’ouverture immédiate des négociations de paix……….
_Radiotélégramme émis du poste allemand de Nauen, le 12 décembre, à
13h 20, et adressé à l’ambassade d’Allemagne, à Washington._
….. Au surplus, Messieurs, voyez combien est admirable notre pays:
même dans les heures difficiles qu’il traverse, une telle parole ne l’a
pas troublé.
Il l’a reçue comme un défi et quand il a appris que, devant Verdun, nos
vaillants soldats avaient continué à reprendre le territoire conquis
par les Allemands, faisant 11.500 prisonniers, s’emparant de 115
canons, remportant une nouvelle victoire éclatante, ce fut dans toute
la France un frémissement de joie et de confiance et chacun se dit:
“Voilà la meilleure réponse à la note allemande.”
_Discours prononcé à la Chambre des Députés, le 19 décembre 1916, par
M. Briand, président du Conseil._
Le général Nivelle, commandant la 2e armée (armée de Verdun), est nommé
commandant en chef des armées du Nord et du Nord-Est.
Note communiquée à la Presse le 15 décembre.
[Illustration]
5 Mars 1917.
Prise de Bagdad
….. Les Allemands et les Turcs ont voulu faire de votre ville un
centre de résistance pour anéantir le pouvoir de l’Angleterre et de ses
alliés en Perse et en Arabie, mais le Royaume-Uni ne peut admettre une
telle menace.
_Proclamation adressée par le général Sir Stanley Maude, au nom de
S. M. George V, aux populations du vilayet de Bagdad._
….. Ainsi qu’il a été annoncé, Bagdad a été occupé de bonne heure, le
11 mars au matin, par les troupes sous le commandement du général Maude.
_Déclaration de M. Bonar Law, ministre des Finances, à la Chambre des
Communes, le 12 mars 1917._
[Illustration]
15 Mars 1917.
Proclamation d’un Gouvernement provisoire en Russie
Dans le train qui le ramenait à Petrograd, le Tzar signe son abdication
Les nouvelles transmises par l’agence télégraphique de Petrograd vous
ont déjà fait connaître les événements des derniers jours et la chute
de l’ancien régime politique en Russie qui s’effondra lamentablement
devant l’indignation populaire provoquée par son incurie et les abus de
sa criminelle imprévoyance.
Fidèle au pacte qui l’unit indissolublement à ses glorieux alliés, la
Russie est décidée, comme eux, à assurer à tout prix au monde une ère
de paix entre les peuples sur la base d’une organisation nationale
stable garantissant le respect du droit et de la justice. Elle
combattra à leurs côtés l’ennemi commun jusqu’au bout, sans trêve ni
défaillance.
_Télégramme, signé Milioukof, adressé par le Gouvernement russe à ses
représentants à l’étranger._
[Illustration]
17 Mars 1917.
Repli allemand dans la Somme
….. Nous entrons dans la phase décisive de la guerre, mais décisive
n’est pas synonyme de brève.
Pour la première fois depuis ces combats où, pendant des mois, les
armées ennemies s’affrontaient l’une contre l’autre presque vainement,
pour la première fois l’orgueilleuse armée allemande a dû avouer que
son front occidental n’était plus infrangible.
… … … … … … … … … … … .
Ce recul, il témoigne sans doute de la force des armées
anglo-françaises, de la puissance de leurs pressions coordonnées, mais
non pas d’un affaiblissement profond de la force allemande.
L’armée ennemie se ramasse pour de rudes et dures batailles. Et, en
même temps que ses énergies militaires, l’Allemagne entière ramasse
aussi ses énergies intérieures pour un effort désespéré.
_Discours prononcé, le 27 mars 1917, à la Chambre des Députés, par
M. Painlevé, ministre de la Guerre._
[Illustration]
5 Avril 1917.
Déclaration de guerre des États-Unis à l’Allemagne
….. En raison de la notification faite par l’Allemagne en date du 31
janvier, notification d’après laquelle tous les navires belligérants
ou neutres rencontrés dans certaines zones délimitées seraient coulés
sans que des mesures préalables soient prises pour la sauvegarde des
passagers, le Gouvernement des États-Unis a décidé de placer sur tous
les navires marchands américains naviguant dans les zones visées, une
garde armée destinée à protéger les navires et la vie des passagers.
_Note communiquée le 13 mars, par le département d’État de Washington,
à tous les ambassadeurs et ministres accrédités auprès du
Gouvernement américain._
….. Il est résolu, par le Sénat et la Chambre des Représentants des
États-Unis assemblés en congrès:
Que l’état de belligérance entre les États-Unis et le Gouvernement
impérial allemand, qui a été imposé aux États-Unis, est, par la
présente, formellement déclaré[3].
_Résolution de guerre votée le 5 avril par la Chambre des
Représentants des États-Unis d’Amérique par 373 voix contre 50._
[3] Par la suite, un grand nombre d’États américains du Sud,
le Brésil, la République Argentine, etc., ainsi que la Chine, se sont
déclarés en état de guerre ou ont rompu les relations diplomatiques
avec l’Allemagne (_N. de l’A._).
[Illustration]
16 Avril 1917.
L’Offensive du 16 avril
Des fautes graves ont été commises au cours de la dernière offensive.
Nous ne songeons ni à les nier ni à les atténuer. La France est assez
sûre d’elle-même pour pouvoir regarder en face la vérité.
Oui, les résultats obtenus ont été payés trop cher: oui, de lourdes
pertes ont été subies—sans atteindre pourtant les chiffres
fantastiques propagés par on ne sait qui—mais pertes trop cruelles qui
pouvaient être évitées et qui doivent être évitées dans l’avenir.
_Discours prononcé, le 7 juillet 1917, à la Chambre des Députés, par
M. Painlevé, ministre de la Guerre._
Sur la proposition du ministre de la Guerre, le Conseil des ministres a
décidé de rétablir le poste de chef d’état-major général de l’armée au
ministère de la Guerre. Ce poste sera confié au général Pétain.
Note communiquée à la Presse le 30 avril 1917.
Sur la proposition du ministre de la Guerre, le Conseil des ministres a
décidé de confier au général Pétain le commandement en chef des armées
du Nord et du Nord-Est.
Note communiquée à la Presse le 15 mai.
[Illustration]
12 Juin 1917.
Abdication du roi de Grèce
Les Gouvernements alliés prennent des mesures concertées en vue
d’obtenir les réparations qui doivent être accordées pour l’attentat
commis à Athènes le 1er décembre.
Note communiquée à la Presse le 3 décembre.
….. Messieurs, il était impossible que le Roi, qui avait à
tout moment violé la Constitution, qui s’était révélé l’ennemi
irréconciliable des puissances protectrices qu’il devait respecter
puisqu’elles étaient garantes de la Constitution, continuât à régner.
Nous avons pensé aussi que son fils aîné, dont les sentiments étaient
trop connus, ne pouvait lui succéder. C’est dans ces conditions que
nous avons demandé et obtenu l’abdication du roi Constantin et du
Diadoque.
_Discours prononcé, le 14 juin 1917, à la Chambre des Députés, par
M. Ribot, président du Conseil._
….. Depuis deux mois un fait nouveau s’est produit. Aujourd’hui la
Grèce s’est rangée à nos côtés…..
_Discours prononcé à la Conférence des Alliés, le 15 juillet 1917,
par M. Ribot._
[Illustration]
1er Juillet 1917.
Arrivée en France des premiers bataillons américains
Demain, fête de l’Indépendance des États-Unis, les premières troupes
américaines débarquées en France défileront dans Paris; elles viendront
ensuite nous rejoindre sur le front.
… … … … … … … … … … … .
Les États-Unis entendent mettre à notre disposition sans compter leurs
soldats, leur or, leurs usines, leurs navires, leur pays tout entier.
Ils veulent payer au centuple la dette de reconnaissance contractée
jadis envers La Fayette et ses compagnons.
Qu’un seul cri parte, en ce 4 juillet, de tous les points du front:
“Honneur à la grande République sœur. Vivent les États-Unis.”
PÉTAIN,
Général commandant en chef
les armées du Nord et du Nord-Est.
Ordre du jour adressé aux troupes par le général Pétain.
[Illustration]
14 Juillet 1917.
La Journée des drapeaux
MON CHER MINISTRE,
La splendide armée dont vous faisiez ces jours-ci l’émouvant éloge
aux applaudissements unanimes de la représentation nationale a
recueilli ce matin, dans les rues de Paris, le fervent témoignage de la
reconnaissance publique.
Les glorieux détachements qui ont défilé devant nous, les drapeaux
noircis et déchirés qui enveloppent dans leurs plis tant de souvenirs
illustres, les délégations des corps auxquels leur vaillance collective
a valu la fourragère formaient une synthèse magnifique de toutes les
vertus militaires et de toutes les énergies patriotiques…..
_Lettre adressée par le Président de la République à M. Painlevé,
ministre de la Guerre, le 14 juillet 1917._
[Illustration]
25 Août 1917.
Reprise des avancées de Verdun: Mort-Homme et Cote 304
….. Ce sol illustré par tant de combats et sanctifié par tant de
sang versé, l’armée française l’a défendu pied à pied et reconquis
lambeau par lambeau, et voici qu’aujourd’hui, sous votre commandement
suprême et sous la direction de chefs éprouvés, elle vient de reprendre
d’assaut, après une savante préparation d’artillerie, les hauteurs si
souvent disputées, d’où l’ennemi dominait nos positions, surveillait
nos mouvements et réglait le tir de ses batteries. Éclatante victoire
qui répond, par un écho retentissant, aux exploits accomplis tous les
jours par nos troupes sur le Chemin des Dames, aux brillants avantages
obtenus par nos divisions dans les plaines de Belgique, aux héroïques
batailles livrées dans les Flandres, par l’armée britannique, aux
importants progrès réalisés par les Italiens sur l’âpre chaîne du
Monte-Santo et sur les plateaux rocheux du Carso.
_Allocution prononcée par M. Poincaré le 19 août, à Verdun, à
l’occasion de la remise au général Pétain de la grand’croix de la
Légion d’honneur._
[Illustration]
11 Septembre 1917.
Mort du capitaine Guynemer
….. Messieurs, depuis trois ans, notre armée, fidèlement appuyée par
nos Alliés, écrit des pages qui resteront l’admiration et l’étonnement
de l’Histoire.
A nos soldats de toutes armes et de tous grades, et ma pensée va en ce
moment, d’une façon très particulière, aux héros obscurs de la fosse
commune dont les pauvres restes éparpillés par la mitraille n’auront
ni tombe ni croix auprès desquelles pourront venir prier ceux qui les
pleurent: à tous, fantassins, artilleurs, cavaliers, aviateurs et
sapeurs, il fallait un “nom” qui symbolisât la grandeur du sacrifice.
Nous choisissons le nom de cet enfant qui, en des prouesses
inoubliables, survola notre front de bataille, cette terre de France
tout imprégnée de sang et de gloire, dont la moindre goutte, dont la
moindre lueur suffit amplement à effacer les misérables défaillances
individuelles que nous pouvons déplorer.
_Discours prononcé à la Chambre des Députés, le 19 octobre 1917, par
M. Lazies, député, pour expliquer sa proposition invitant le
Gouvernement à faire mettre au Panthéon une inscription destinée à
perpétuer la mémoire du capitaine Guynemer, symbole des aspirations
et des enthousiasmes de l’Armée et de la Nation._
[Illustration]
24 Octobre 1917.
Offensive austro-allemande en Italie
Le Conseil des ministres s’est réuni hier dimanche soir, de 6h 30 à
8h 15, à l’Élysée, sous la présidence de M. Poincaré, pour “examiner
la situation militaire et déterminer la coopération des Alliés sur le
front italien”.
Note communiquée à la Presse le 29 octobre.
….. Mais que dirions-nous si nous avions avancé de 50 kilomètres
au delà des lignes ennemies, si nous avions fait à l’ennemi 200.000
prisonniers et pris 2.500 de ses meilleurs canons avec d’énormes
quantités de munitions et d’approvisionnements?
_Discours prononcé par M. Lloyd George, premier ministre anglais, au
déjeuner offert en son honneur, par M. Painlevé, président du
Conseil, ministre de la Guerre._
[Illustration]
17 Novembre 1917.
Le Ministère Clemenceau
….. Nous nous présentons devant vous dans l’unique pensée d’une
guerre intégrale.
… … … … … … … … … … … .
Hélas! il y a eu aussi des crimes, des crimes contre la France qui
appellent un prompt châtiment.
Nous prenons devant vous, devant le pays qui demande justice,
l’engagement que justice sera faite selon la rigueur des lois.
Trop d’attentats se sont déjà soldés sur notre front de bataille par un
surplus de sang français. Faiblesse serait complicité. Nous serons sans
faiblesse comme sans violence. Tous les inculpés en conseil de guerre.
Le soldat au prétoire solidaire du soldat au combat. Plus de campagnes
pacifistes, plus de menées allemandes. Ni trahison, ni demi-trahison,
la guerre. Rien que la guerre. Nos armées ne seront pas prises entre
deux feux. La justice passe, le pays connaîtra qu’il est défendu.
_Déclaration du Gouvernement lue le 20 novembre à la Chambre des
Députés, par M. Georges Clemenceau, président du Conseil, ministre
de la Guerre._
[Illustration]
11 Décembre 1917.
Les Alliés occupent Jérusalem
Le général Allenby se propose d’entrer officiellement à Jérusalem
demain, accompagné par les commandants des contingents français et
italiens et par les chefs de la mission politique française.
_Déclaration faite par M. Bonar Law, à la Chambre des Communes, le
10 décembre 1917._
….. A l’occasion de cet événement, un Te Deum sera chanté dimanche
prochain 16 décembre, à 3 heures, en l’église métropolitaine
Notre-Dame, pour remercier Dieu d’avoir délivré du joug turc la Ville
Sainte, berceau du Christianisme.
Note communiquée à la Presse par l’archevêché de Paris.
Le Comité protestant français de propagande organise une manifestation
interalliée pour célébrer l’entrée des forces anglaises, françaises et
italiennes à Jérusalem.
Note communiquée par le Comité protestant français.
[Illustration]
6 Mars 1918.
Fin de l’état de guerre sur le front oriental
Le Gouvernement provisoire est déchu.
… … … … … … … … … … … .
La cause pour laquelle luttait le peuple, c’est-à-dire la proposition
de la paix démocratique et le contrôle des ouvriers sur la production
et la constitution d’un gouvernement du Soviet, est assurée.
… … … … … … … … … … … .
_Appel du Comité révolutionnaire militaire de Petrograd aux citoyens
de la Russie, publié le 10 novembre 1917._
….. Dans ces conditions, tout le traité de paix devenant un
ultimatum, que l’Allemagne appuie immédiatement par la violence
d’une action armée, la délégation russe a signé sans discussion les
conditions de paix qui lui étaient dictées.
… … … … … … … … … … … .
_Radiotélégramme envoyé le 2 mars 1918 au soviet des Commissaires du
peuple à Petrograd par les membres de la délégation russe aux
seconds pourparlers de paix de Brest-Litovsk._
Un traité formel d’armistice a été signé de nouveau avec les Roumains.
Les négociations de paix vont commencer sans délai.
Communiqué officiel allemand du 6 mars 1918.
[Illustration]
21 Mars 1918.
Offensive générale de l’armée allemande
Ce matin, vers 8 heures, à la suite d’un violent bombardement par
obus explosifs et toxiques de nos lignes avant et zone arrière,
l’ennemi a lancé une puissante attaque sur un front de plus de 80
kilomètres entre l’Oise (région de La Fère) et la Sensée (région de
Croisilles).—Dans l’après-midi, de puissantes attaques effectuées par
des masses considérables d’infanterie et d’artillerie ont rompu notre
système défensif à l’ouest de Saint-Quentin.—L’ennemi a occupé Nesle
et Bapaume.
_Extraits des communiqués officiels britanniques des 21, 23 et
25 mars._
….. Nous sommes maintenant entrés dans le stade le plus critique
de cette terrible guerre. Il y a un moment de calme dans la tempête,
mais l’ouragan n’est pas encore terminé. Il rassemble sa force pour
se déchaîner plus furieusement et avant son épuisement final il se
déchaînera encore beaucoup de fois.
… … … … … … … … … … … .
_Discours prononcé à la Chambre des Communes, le 9 avril 1918, par
M. Lloyd George._
[Illustration]
21 Mars 1918.
Offensive générale de l’armée allemande
L’ennemi a tiré sur Paris avec une pièce à longue portée.—Les troupes
françaises ont commencé à intervenir, dès le 23 mars, dans la bataille
en cours sur le front britannique. Elles ont relevé une partie des
forces alliées et pris la lutte à leur compte sur ce secteur du
front.—Noyon a été évacué pendant la nuit.—Nos régiments, luttant
pied à pied et infligeant de lourdes pertes aux assaillants, n’ont
faibli à aucun moment et se sont repliés en ordre sur les hauteurs
immédiatement à l’ouest de Montdidier.
_Extraits des communiqués officiels français des 23, 25, 26 et
28 mars._
….. Je viens vous dire que le peuple américain tiendrait à grand
honneur que nos troupes fussent engagées dans la bataille.
_Déclaration du général Pershing, commandant en chef l’armée
américaine, au général Foch, au cours d’une réunion tenue sur le
front le 28 mars._
Le Gouvernement anglais et le Gouvernement français se sont mis
d’accord pour donner au général Foch le titre de “commandant en chef
des armées alliées opérant en France”.
Note communiquée à la Presse le 10 avril.
[Illustration]
26 Avril 1918.
_Arrêt de l’attaque allemande en direction de Rouen, tendant à séparer
les armées anglaises des armées françaises_
La bataille a repris ce matin avec une extrême violence. Sur une
étendue d’environ 15 kilomètres, depuis Grivesnes jusqu’au nord de la
route d’Amiens à Roye, les Allemands ont lancé des forces énormes,
révélant une volonté ferme de rompre notre front à tout prix (_C. O.
F._ 4 avril).—Après une puissante préparation d’artillerie, l’ennemi a
déclenché ce matin une forte attaque sur tout le front entre la Somme
et l’Avre (_C. O. B._ 4 avril).—Après une série d’assauts furieux,
l’ennemi a réussi à prendre pied dans le bois au nord de Hangard (_C.
O. F._ 24 avril).—L’ennemi a pu progresser à Villers-Bretonneux (_C.
O. B._ 24 avril).—Notre ligne a été presque intégralement rétablie.
Villers-Bretonneux est de nouveau entre nos mains (_C. O. B._ 25
avril).—Nous avons enlevé le monument au sud de Villers-Bretonneux,
pénétré dans le bois de Hangard-en-Santerre et conquis la partie ouest
du village (_C. O. F._ 26 avril).
Extraits des communiqués officiels français et britanniques.
[Illustration]
1er Mai 1918.
Arrêt de l’attaque allemande en direction de Calais
Ce matin, après un intense bombardement depuis le canal de La Bassée
jusqu’au voisinage d’Armentières, d’importantes forces ennemies ont
attaqué les troupes britanniques et portugaises qui tenaient ce secteur
de notre front (9 avril).—Nos troupes ont évacué Armentières, rendu
intenable par les gaz (11 avril).—Bailleul est tombé entre les mains
de l’ennemi (16 avril).—Nos troupes ont réussi à entrer dans les
villages de Meteren et Wytschaete, mais les attaques renouvelées de
l’ennemi ne leur ont pas permis de s’y maintenir (17 avril).—L’ennemi
a pris pied sur la colline du Kemmel (26 avril).—Des postes tenus par
l’ennemi dans le secteur de Meteren ont été enlevés par nos troupes.
Les troupes françaises ont amélioré leurs positions dans le voisinage
de Locre (1er mai).
Extraits des communiqués officiels britanniques.
[Illustration]
10 Mai 1918.
Embouteillage du port d’Ostende
Une brèche d’environ 60 pieds a été constatée à l’intérieur du môle
de Zeebrugge, à l’extrémité de la côte. A Ostende, les navires coulés
ont été vus à l’entrée de la jetée, obstruant la plus grande partie
du chenal.—Le beau temps de ces derniers jours a rendu possible
de constantes reconnaissances aériennes sur Bruges et le canal de
Zeebrugge à Bruges et la prise de clichés photographiques. Le résultat
montre qu’aucun changement ne s’est produit depuis le 23 avril et que
la plus grande partie des sous-marins ennemis et torpilleurs qui ont
leur base sur la côte des Flandres ont été immobilisés à Bruges depuis
les opérations d’embouteillage à Zeebrugge.—L’opération ayant pour
but de fermer les ports d’Ostende et de Zeebrugge a été complétée avec
succès la nuit dernière: le vieux croiseur Vindictive a, en effet,
été coulé entre les jetées et en travers de l’entrée du port d’Ostende.
_Extraits des communiqués publiés par l’Amirauté britannique les
24 avril, 30 avril et 10 mai._
[Illustration]
16 Juillet 1918.
Arrêt de l’attaque allemande en direction de Paris
Dans la deuxième partie de la nuit les Allemands ont déclenché un
violent bombardement sur toute la région comprise entre la forêt de
Pinon et Reims. Ce matin l’attaque ennemie s’est produite sur un
très large front entre ces deux points (27 mai).—Dans la soirée
du 27, les Allemands ont réussi à franchir l’Aisne entre Vailly et
Berry-au-Bac (28 mai).—Sur la Marne, les Allemands ont atteint les
hauteurs à l’ouest de Château-Thierry. Nous tenons la partie de la
ville située sur la rive gauche (2 juin).—A 4h 30, l’infanterie
ennemie s’est portée à l’attaque de nos positions entre Montdidier
et Noyon (9 juin).—Les Allemands ont réussi à prendre pied dans
Cœuvres et Saint-Pierre-Aigle (13 juin).—Les Allemands ont attaqué ce
matin depuis Château-Thierry jusqu’à la Main de Massiges. Nos troupes
soutiennent énergiquement le choc de l’ennemi sur un front d’environ 80
kilomètres (15 juillet).—Au sud de la Marne, les Allemands n’ont pu
dépasser la ligne Saint-Agnan—La Chapelle-Monthodon (16 juillet).
Extraits des communiqués officiels français.
[Illustration]
16 Juillet 1918.
Contre-attaque et offensive de l’Aisne au sud de la Marne
Nous avons contre-attaqué l’ennemi sur le front Saint-Agnan-La
Chapelle-Monthodon. Nos troupes ont enlevé ces deux localités (_C. O.
F._ 16 juillet).—Nous avons attaqué ce matin les positions allemandes
depuis la région de Fontenoy-sur-l’Aisne jusqu’à la région de Belleau
(_C. O. F._ 18 juillet).—Après avoir brisé l’offensive allemande sur
les fronts de Champagne et de la Montagne de Reims dans les journées
des 15, 16 et 17 juillet, les troupes françaises, en liaison avec
les forces américaines, se sont portées, le 18, à l’attaque des
positions allemandes entre l’Aisne et la Marne sur une étendue de
45 kilomètres (_C. O. F._ 18 juillet).—Nous avons traversé l’Ourcq
(_C. O. A._ 18 juillet).—Sur notre gauche nos troupes sont entrées
dans Soissons (_C. O. F._ 2 août).—Les résultats de la victoire
acquise par la contre-offensive entreprise si glorieusement par les
troupes franco-américaines le 18 juillet ont été complètement obtenus
aujourd’hui: l’ennemi, qui a subi sa seconde défaite sur la Marne, a
été repoussé en désordre au delà de la ligne de la Vesle (_C. O. A._ 3
août).—Fismes est en notre possession (_C. O. F._ 4 août).
Extraits des communiqués officiels français et américains.
[Illustration]
8 Août 1918.
Offensive du nord de l’Oise à l’Ancre
A l’aube, ce matin, la 4e armée britannique et la 1re armée française
sous le commandement du maréchal Sir Douglas Haig ont attaqué sur un
large front à l’est et au sud-est d’Amiens (_C. O. B._ 8 août).—La
ville de Montdidier est tombée aux mains des Français (_C. O. B._ 10
août).—Lassigny est tombé (_C. O. F._ 21 août).—Nos troupes ont
repris Albert (_C. O. B._ 22 août).—Nous avons occupé Roye (_C. O.
F._ 27 août).—Nous avons atteint Nesle (_C. O. F._ 28 août).—Nous
avons occupé Chaulnes (_C. O. F._ 28 août).—Nous avons enlevé Noyon
de haute lutte (_C. O. F._ 29 août).—Les troupes néo-zélandaises
se sont emparées de Bapaume (_C. O. B._ 29 août).—Les troupes
australiennes tiennent Péronne (_C. O. B._ 1er septembre).—Nous tenons
Ham et Chauny (_C. O. F._ 6 septembre).—L’ennemi a été complètement
rejeté de Saint-Quentin (_C. O. F._ 2 octobre).—La 1re armée a battu
complètement les six divisions qui lui faisaient face. Dès la première
heure elle s’emparait de Guise (_C. O. F._ 5 novembre).—Hirson est
entre nos mains (_C. O. F._ 9 novembre).
Extraits des communiqués officiels français et britanniques.
[Illustration]
20 Août 1918.
Offensive entre Oise et Aisne
A l’est de l’Oise, nos troupes ont attaqué les lignes allemandes sur
un front de 25 kilomètres environ depuis la région de Bailly jusqu’à
l’Aisne (20 août).—Nous occupons Coucy-le-Château et Coucy-la-Ville
(5 septembre).—Nous avons pris le village d’Allemant et le moulin
de Laffaux (14 septembre).—Nos troupes ont occupé le village et la
lisière sud de la forêt de Pinon: Vaudesson, Chavignac et le fort
de la Malmaison sont entre nos mains (28 septembre).—Nous sommes
parvenus jusqu’à l’Ailette que nous bordons au nord de Craonne (12
octobre).—Nous avons pris La Fère. Les troupes de la 10e armée
sont entrées à Laon (13 octobre).—Avec la coopération des troupes
italiennes nous avons enlevé et dépassé Sissonne (14 octobre).—Entre
Sissonne et Château-Porcien nous avons pénétré dans toutes les parties
de la position Hunding où l’ennemi tenait encore (5 novembre).—Nous
avons atteint la voie ferrée de Mézières à Hirson (9 novembre).—Les
troupes italiennes sont entrées à Rocroi (11 novembre).
Extraits des communiqués officiels français.
[Illustration]
21 Août 1918.
Offensive de l’Ancre à l’Yser
Ce matin, à 4h 55, nous avons attaqué sur un large front au nord de
l’Ancre (21 août).—L’ennemi, complètement battu sur ses défenses du
système Drocourt-Quéant, est contraint à présent de battre en retraite
sur presque tout le front (3 septembre).—Nous sommes entrés dans
Cambrai (9 octobre).—Aujourd’hui, nos troupes sont entrées dans Douai.
Les troupes de la 5e armée britannique ont aujourd’hui encerclé et pris
la ville de Lille (17 octobre).—Les troupes canadiennes, commandées
par le général Currie, après un dur combat aux lisières de Valenciennes
ont réussi à traverser la ville qui est entièrement en notre pouvoir
(2 novembre).—La forteresse de Maubeuge a été prise par la division
des gardes et la 62e division (8 novembre).—Les troupes de la 5e armée
ont pris Antoing et Tournai (9 novembre).—Nos troupes ont occupé le
faubourg de Bertaimont aux lisières sud de Lens (10 novembre).
Extraits des communiqués officiels britanniques.
[Illustration]
12 Septembre 1918.
Offensive de Lorraine
L’armée américaine a attaqué ce matin dans la région de Saint-Mihiel:
l’opération se développe dans les meilleures conditions (_C. O.
F._ 12 septembre).—Ce matin, nos troupes opérant dans le secteur
de Saint-Mihiel ont réalisé des progrès importants (_C. O. A._ 12
septembre).—Nous avons réduit tout le saillant, atteignant des
points situés à douze milles au nord-est de Saint-Mihiel (_C. O. A._
13 septembre).—Nous pouvons maintenant apprécier le succès obtenu
pendant les deux jours précédents. Le mordant et la vigueur de nos
troupes et des vaillantes divisions françaises qui ont combattu épaule
contre épaule sont démontrés par le fait que les forces qui attaquèrent
sur les deux faces du saillant ont opéré leur jonction et obtenu en
vingt-sept heures les résultats désirés (_C. O. A._ 14 septembre).
Extraits des communiqués officiels français et américains.
[Illustration]
23 Septembre 1918.
Capitulation de la Bulgarie
Après une préparation d’artillerie exécutée le 14, les troupes
serbo-françaises attaquèrent, dans la matinée du 15 septembre,
les positions ennemies fortement organisées sur le front
Vetrenik-Dobropolje-Sokol que les Bulgares avaient fortifié pendant
deux ans et demi et qui formaient la partie la plus importante de tout
le front macédonien. L’attaque a complètement réussi.
Communiqué officiel serbe du 15 septembre.
Les opérations victorieuses qui, en moins de quinze jours, ont amené
les armées alliées d’Orient jusqu’à Uskub et jusque sur le territoire
ennemi, viennent de décider l’armée bulgare à déposer les armes.
Le 23 septembre, à 23 heures, les plénipotentiaires délégués par
le Gouvernement bulgare ont signé un armistice à Salonique. Le 30
septembre, à 12 heures, les hostilités ont cessé entre les forces
bulgares et les armées alliées[4].
Communiqué officiel français du 30 septembre.
[4] Le général Franchet d’Esperey commandait en chef les armées
alliées d’Orient (_N. de l’A._).
[Illustration]
25 Septembre 1918.
Offensive entre Aisne et Meuse
Ce matin, à 5 heures, les troupes françaises ont attaqué sur le front
de Champagne en liaison avec l’armée américaine opérant plus à l’est
(26 septembre).—A l’heure actuelle la ville de Reims est dégagée (5
octobre).—La 4e armée a achevé de libérer la boucle de l’Aisne (12
octobre).—De part et d’autre de Vouziers notre infanterie a franchi
l’Aisne (18 octobre).—Le dégagement de l’Argonne est un fait accompli
(3 novembre).—Nos éléments ont dépassé Saint-Aignan-sur-Bar et ont
pris pied au sud de la Meuse, sur les hauteurs qui dominent Sedan (7
novembre).
Extrait des communiqués officiels français.
Hier, à 4 heures de l’après-midi, les éléments avancés de l’armée
américaine se sont emparés de la partie de la ville de Sedan située sur
la rive ouest de la Meuse.
Communiqué officiel américain du 7 novembre.
“En 1870, le nom de Sedan devenait synonyme d’un épouvantable désastre;
en 1918, c’est à Sedan que l’orgueilleuse Allemagne vaincue a dû
reconnaître son irrémédiable défaite.”
_Paroles prononcées par M. Grandpierre, premier adjoint de Sedan,
souhaitant la bienvenue à M. Poincaré, le 26 décembre 1918, au cours
d’un voyage du Président de la République dans les Ardennes._
[Illustration]
28 Septembre 1918.
Offensive de l’Yser à la mer
A l’aube, ce matin, l’armée belge a attaqué les positions allemandes
entre Dixmude et le nord d’Ypres (28 septembre).—Le groupe des armées
des Flandres, aux ordres de S. M. le roi des Belges, a attaqué ce
matin à 5h 35 (14 octobre).—L’armée belge est entrée dans Ostende
(17 octobre).—L’armée belge a occupé Zeebrugge, Heyst et conquis la
ville de Bruges. La 2e armée britannique a complètement dégagé Courtrai
(19 octobre).—Dix-neuf villages belges ont été reconquis par les
Franco-Américains, notamment les agglomérations importantes de Deynze,
Nazareth et la ville d’Audenarde (1er novembre).—L’armée belge est
entrée dans Gand (11 novembre).
Extrait des communiqués officiels belges.
….. Pendant plus de quatre années vous avez âprement défendu dans les
boues de l’Yser le dernier lambeau de notre territoire. Enfin, achevant
de forcer l’admiration universelle, vous venez d’infliger à l’ennemi
une sanglante défaite…..
Ordre du jour du roi Albert à l’armée belge publié le 18 novembre.
[Illustration]
31 Octobre 1918.
Capitulation de la Turquie
Les navires de guerre français et britanniques sont entrés dans le port
de Beyrouth (10 octobre).
Extrait des communiqués officiels britanniques.
Il y a quelques jours, le général Townshend a été mis en liberté
pour aller informer l’amiral anglais commandant dans la mer Egée
que le Gouvernement turc demandait que des négociations fussent
ouvertes immédiatement en vue de la conclusion d’un armistice entre
la Turquie et les Alliés. Le vice-amiral Calthorpe a répondu que si
le Gouvernement turc envoyait des plénipotentiaires régulièrement
accrédités, il avait, lui, les pouvoirs nécessaires pour les
informer des conditions dans lesquelles les Alliés consentiraient à
une cessation des hostilités et pour signer, au nom des Alliés, un
armistice dans ces conditions.
Il n’est pas encore possible de publier les termes complets de cet
armistice, mais ils comportent le libre passage pour les flottes
alliées jusqu’à la Mer Noire, l’occupation des forts des Dardanelles
et du Bosphore et le rapatriement immédiat de tous les prisonniers de
guerre alliés.
_Déclaration faite le 31 octobre à la Chambre des Députés par
M. Leygues, ministre de la Marine._
[Illustration]
4 Novembre 1918.
Capitulation et dissolution de l’Autriche
La guerre contre l’Autriche-Hongrie que, sous la haute direction de S.
M. le Roi, chef suprême, l’armée italienne, inférieure en nombre et en
moyens, a entreprise le 24 mai 1915 et continuée pendant quarante et
un mois avec une foi inébranlable et une bravoure persévérante, s’est
terminée par la grande bataille engagée le 26 octobre et à laquelle ont
pris part 51 divisions italiennes, 3 britanniques, 2 françaises et 1
tchéco-slovaque.
Communiqué officiel italien du 4 novembre.
Sur les bases des conditions de l’armistice conclu entre les
plénipotentiaires du commandement suprême de l’armée royale italienne
au nom de toutes les puissances alliées et des États-Unis et les
plénipotentiaires du commandement suprême austro-hongrois, les
hostilités sur terre, sur mer et dans les airs sur tous les fronts
austro-hongrois ont été suspendues, à partir de 15 heures, aujourd’hui
4 novembre.
Note communiquée à la Presse le 4 novembre.
[Illustration]
11 Novembre 1918.
L’Armistice
La Révolution en Allemagne
Les plénipotentiaires allemands ayant reçu du Gouvernement allemand
les instructions nécessaires ont signé ce matin, 11 novembre, à 5
heures, le protocole d’armistice comportant toutes les conditions que
leur avait fait connaître, au nom des Alliés, le maréchal Foch, dans
l’entrevue du 8 novembre.
Note communiquée à la Presse.
….. Pour moi, la convention d’armistice lue, il me semble qu’à cette
heure, en cette heure terrible, grande et magnifique, mon devoir est
accompli. Un mot seulement. Au nom du peuple français, au nom du
Gouvernement de la République Française, j’envoie le salut de la France
une et indivisible à l’Alsace et à la Lorraine retrouvées.
_Discours prononcé par M. Clemenceau, président du Conseil, ministre
de la Guerre, à la Chambre des Députés, au cours de la séance qui
s’ouvrit le lundi 11 novembre, à 4 heures du soir._
….. Le nouveau Gouvernement sera un gouvernement populaire. Il devra
s’efforcer de procurer le plus rapidement possible la paix au peuple
allemand et de consolider la liberté qu’il a conquise.
_Appel adressé au peuple allemand par le socialiste Fritz Ebert,
chancelier, le 10 novembre._
[Illustration]
11 Novembre 1918.
Le Communiqué de l’armistice
Au cinquante-deuxième mois d’une guerre sans précédent dans l’Histoire,
l’armée française, avec l’aide de ses Alliés, a consommé la défaite de
l’ennemi.
Nos troupes, animées du plus pur esprit de sacrifice, donnant pendant
quatre années de combats ininterrompus l’exemple d’une sublime
endurance et d’un héroïsme quotidien, ont rempli la tâche que leur
avait confiée la Patrie.
Tantôt supportant avec une énergie indomptable les assauts de l’ennemi,
tantôt attaquant elles-mêmes et forçant la victoire, elles ont, après
une offensive décisive de quatre mois, bousculé, battu et jeté hors de
France la puissante armée allemande et l’ont contrainte à demander la
paix.
Toutes les conditions exigées pour la suspension des hostilités
ayant été acceptées par l’ennemi, l’armistice est entré en vigueur
aujourd’hui à 11 heures.
Communiqué officiel français du 11 novembre.
[Illustration]
19 Novembre 1918.
Entrée des troupes françaises à Metz
….. L’Alsace et la Lorraine sont redevenues françaises! Elles le
sont redevenues de plein droit, de par la géographie qui les a placées
toutes deux en deçà des confins de la vieille Gaule, de par l’Histoire
qui, sous l’ancienne monarchie, les a fondues avec la France, de par
l’Histoire qui a consacré cette fusion volontaire, le 14 juillet 1790,
aux fêtes de la Fédération et qui a grandi la gloire française de toute
la gloire gagnée, aux siècles passés, par les savants et les soldats
d’Alsace et de Lorraine.
_Discours prononcé par le Président de la République le 17 novembre
1918, au cours de la “Journée de l’Alsace-Lorraine” à Paris._
A 13h 30, le maréchal Pétain, commandant en chef des armées françaises,
a fait son entrée solennelle dans la ville de Metz à la tête des
troupes de la 10e armée.
Communiqué français du 19 novembre.
[Illustration]
21 Novembre 1918.
Reddition de la flotte allemande
Le commandement en chef de la grande flotte a rencontré ce matin, à 9h
30, la première et principale partie de la flotte allemande de haute
mer venant se rendre pour être internée.
Communiqué de l’Amirauté britannique publié le 21 novembre.
La grande flotte britannique, accompagnée de navires américains et
français, a rejoint, le 21, à 9 heures, la flotte allemande composée
de neuf cuirassés, cinq croiseurs de bataille, sept croiseurs légers,
quarante-neuf destroyers qui vont être internés au Firth of Forth.
Ces soixante-dix navires représentent, moins trois unités (un cuirassé,
un navire léger, un destroyer), la totalité des bâtiments qui, aux
termes des clauses navales de l’armistice, devaient être remis aux
Alliés.
Les navires allemands sont entrés sous escorte, à 15 heures, à Rosyth.
_Communiqué officiel publié le 21 novembre par le ministère de la
Marine français._
[Illustration]
23 Novembre 1918.
Entrée du roi et de la reine des Belges à Bruxelles
….. La Reine et moi nous avons écouté avec émotion les éloquentes
paroles que vient de nous adresser le bourgmestre. C’est pour nous le
plus beau jour de notre existence que celui où nous entrons dans cette
belle capitale libérée enfin, par la victoire des Alliés, après quatre
ans et demi d’épreuves.
Nous nous réjouissons du fond du cœur de retrouver nos concitoyens qui
ne cessèrent jamais d’avoir une foi ardente dans la victoire du droit
et qui ne cessèrent jamais de rester le front haut, comme il sied à des
hommes libres, devant la brutalité et l’oppression. Je tiens à leur
rendre ici un profond hommage d’admiration.
Nous saluons en M. Max l’exemple des plus hautes vertus civiques.
Votre bourgmestre fut héroïque et se rangea au premier rang des plus
illustres magistrats communaux de notre histoire.
_Réponse du roi Albert à l’allocution de M. Max, bourgmestre de
Bruxelles._
[Illustration]
25 Novembre 1918.
Entrée des troupes françaises à Strasbourg
Le maréchal Pétain, qu’accompagnait le général de Castelnau, a fait
aujourd’hui son entrée solennelle dans Strasbourg, à la tête des
troupes de l’armée Gouraud.
C’est aux acclamations d’une population débordante d’enthousiasme et
d’émotion que les régiments français ont défilé dans la grande cité
alsacienne magnifiquement parée aux couleurs nationales.
Dans un long cri de “Vive la France!” inlassablement répété, tout un
peuple a exprimé sa joie de retrouver la patrie perdue et affirmé au
monde l’inébranlable attachement de l’Alsace à la France.
Communiqué officiel français du 25 novembre.
Le maréchal Foch, accompagné du général de Castelnau, s’est rendu
aujourd’hui à Strasbourg. Il y a passé en revue les troupes
d’occupation, puis a traversé la ville à leur tête.
Une foule considérable et enthousiaste se pressait sur son passage et a
fait une magnifique ovation au maréchal commandant en chef les armées
alliées.
Communiqué officiel français du 27 novembre.
[Illustration]
1er Décembre 1918.
Les Armées alliées occupent l’Allemagne
Aujourd’hui les troupes avancées de la 2e armée britannique commandées
par le général sir H. Plumer ont traversé la frontière entre Beho et
Fupen et se sont dirigées vers le Rhin.
Communiqué officiel britannique du 1er décembre.
La 3e armée américaine a franchi la frontière allemande.
Communiqué officiel américain du 1er décembre.
L’autorité militaire alliée prend le commandement du pays. Elle exige
de tous la plus stricte obéissance.
… … … … … … … … … … … .
La présente proclamation consacre l’occupation du pays par les armées
alliées: elle marque à chacun son devoir qui est d’aider à la reprise
de la vie locale dans le travail, le calme et la discipline: que tous
s’y emploient activement.
_Le Maréchal de France
Commandant en chef les armées alliées_,
FOCH.
_Proclamation du maréchal Foch affichée dans les territoires allemands
occupés par les armées alliées._
….. La Tâche de demain! Quel sujet offert à nos méditations et,
je puis dire, à nos anxiétés! Nous n’osons guère nous demander à
nous-mêmes ce que sera le lendemain de cette guerre qui aura fait tant
de ruines et remué si profondément toutes les couches de notre société.
Comment réparerons-nous ces ruines, comment reprendrons-nous le cours
de notre vie régulière, quel changement se sera fait dans les esprits,
dans les cœurs de ceux qui reviendront des tranchées et aussi de ceux
qui, ayant vécu loin des combats, en auront ressenti les contre-coups?
Quel sera l’état moral de la France au lendemain de la paix? Avec
quelles résolutions intérieures abordera-t-elle les redoutables
problèmes qui se poseront au sujet de la reconstitution de nos forces
matérielles et de la direction de nos énergies spirituelles?
_Discours prononcé, le 12 décembre 1915, à la Séance publique
annuelle de l’Académie des Sciences morales et politiques, par
M. Ribot, ministre des Finances._
[Illustration]
[Illustration]
ARTICLE 1
Les Armées et leurs Chefs,
Le Gouvernement de la République,
Le Citoyen Georges Clemenceau, président du Conseil, ministre de la
Guerre,
Le Maréchal Foch, généralissime des Armées alliées,
Ont bien mérité de la Patrie.
ARTICLE 2
Le texte de la présente loi sera gravé pour demeurer permanent dans
toutes les mairies et dans toutes les écoles de la République.
[Illustration]
Les Chambres françaises déclarent:
Le Président Wilson et la Nation américaine,
Les Nations alliées et les Chefs d’État qui sont à leur tête,
Ont bien mérité de l’Humanité.
ARTICLE 2
Le texte de la présente loi sera gravé pour demeurer permanent dans
toutes les mairies et dans toutes les écoles de la République.
ACHEVÉ D’IMPRIMER
LE 8 OCTOBRE 1919
PAR BERGER-LEVRAULT
A NANCY
[Illustration]
Vous avez terminé Le livre des heures héroïques et douloureuses des années 1914-1915-1916-1917-1918
André Hellé