Le livre des heures héroïques et douloureuses des années 1914-1915-1916-1917-1918

La Bataille de Verdun

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.

provocation d’aucune sorte, commis des actes de guerre.

… … … … … … … … … … … .

 

Le Gouvernement ottoman n’ayant pas cru devoir donner, en congédiant

les officiers allemands, la marque de la sincérité de ses intentions

qui lui était demandée, les trois ambassadeurs de Russie, de France

et de Grande-Bretagne, conformément aux instructions de leurs

Gouvernements, ont successivement demandé leurs passeports au Grand

Vizir.

 

Déclaration publiée par le Gouvernement français le 2 novembre.

 

[Illustration]

 

6 Novembre 1914.

 

Sur la Ligne de combat

 

Sous le feu de l’ennemi, il s’établit entre les chefs et les hommes une

intimité confiante qui, loin d’altérer la discipline, l’ennoblit encore

par la conscience éclairée de la solidarité dans le dévouement et le

sacrifice.

… … … … … … … … … … … .

… … … … … … … … … … … .

 

….. Et lorsqu’à portée des projectiles, devant un horizon que les

éclatements d’obus couvrent de fumée ou déchirent de lueurs, on voit

des paysans tranquilles pousser leur charrue et ensemencer leur sol,

on comprend mieux encore combien sont impérissables, sur notre vieille

terre de France, les provisions d’énergie et de vitalité.

 

_Lettre adressée par le Président de la République au ministre de la

Guerre, après une visite au front._

 

[Illustration]

 

15 Novembre 1914.

 

Bataille des Flandres

 

….. Dans les rudes semaines que vous venez de passer vous avez

consolidé et prolongé, par la défense des Flandres, la brillante

victoire de la Marne, et, grâce à l’heureuse impulsion que vous avez

su donner autour de vous, tout a conspiré à vous assurer de nouveaux

succès: une parfaite unité de vue dans le commandement, une solidarité

active entre les armées alliées, un judicieux emploi des formations,

une coordination rationnelle des différentes armes; mais, ce qui a plus

particulièrement servi vos nobles desseins, c’est cette incomparable

énergie morale qui se dégage de l’âme française et qui met en mouvement

tous les ressorts de l’armée.

 

_Discours prononcé par le Président de la République, le 11 novembre,

à l’occasion de la remise de la médaille militaire au général

Joffre._

 

[Illustration]

 

30 Novembre 1914.

 

Développement de l’organisation défensive

 

….. La guerre de tranchées comporte d’ailleurs une dépense d’audace

et de courage qu’on ne soupçonne pas. Par exemple, ces simples mots

“Développement de l’organisation défensive” imposent aux hommes un

effort plus pénible que celui du combat.

 

Pour aller dans la nuit, sans bruit, planter les pieux, poser les

ronces artificielles, au risque, dès qu’on est entendu, d’être tué par

les mitrailleuses allemandes dont les fusées éclairantes guident le

tir, il faut un sang-froid de premier ordre.

 

Or, dans toutes nos unités, il y a pour ce travail plus de volontaires

qu’il n’en faut.

 

_Communiqué du 1er décembre résumant les opérations des derniers jours

du mois._

 

[Illustration]

 

7 Décembre 1914.

 

Réouverture de la Bourse

 

3% 72,50 Foncier 697

3% amort. 74,50 Foncières 1879 440

3-1/2 amort. lib. 86,50 — 1885 345

Indo-Chine 1913 345 » Communales 1912 lib. 215

Ville 1875 486 » Foncières 1895 375

Ville 1898 324 » P.-L.-M. 2 1/2 339

Ville 1912 210 » Midi 925

Banque de Paris 1.000 » Nord 3% nouv. 370

Compt. Nat. 650 » Orléans 2-1/2 342

 

Cours de la Bourse le 7 décembre.

 

[Illustration]

 

8 Décembre 1914.

 

Les Mers libres

 

Le communiqué officiel de l’Amirauté anglaise fait connaître, le 10

novembre, la mise hors de combat des croiseurs Emden et Königsberg.

 

Note communiquée le 10 novembre.

 

….. Un combat suivit, au cours duquel le Scharnhorst, battant

pavillon de l’amiral Graf von Spee, le Gneisenau et le Leipzig ont

été coulés. Le Dresden et le Nürnberg ont fui pendant l’action et

sont poursuivis.

 

Communiqué de l’Amirauté britannique du 10 décembre.

 

….. La paix du Pacifique est maintenant pour longtemps rétablie et le

commerce de toutes les nations peut aujourd’hui naviguer en sécurité

à travers les espaces immenses qui vont des côtes de Mozambique à

celles de l’Amérique du Sud. L’expulsion des Allemands de l’Orient

est complète et, avec de bonnes dispositions et de la vigilance, tout

retour serait extrêmement difficile et hasardeux…..

 

_Lettre de M. Winston Churchill, premier Lord de l’Amirauté, au

vice-amiral R. Yaschivo, ministre de la Marine du Japon._

 

[Illustration]

 

22 Décembre 1914.

 

Le Parlement siège à Paris, où le Gouvernement est revenu le 9 décembre

 

… … … … … … … … … … … .

….. Vous voudrez sans doute qu’une plaque commémorative soit posée

dans le Palais-Bourbon, portant les noms de Pierre Goujon, de Paul

Proust et d’Édouard Nortier, pour attester l’union impérissable de

la nation, du Parlement et de l’armée, pour rappeler aux générations

futures ces trépas magnifiques qui jetteront sur la représentation

nationale un immortel éclat et pour opposer à la force matérielle, qui

s’use, la force morale, qui dure.

… … … … … … … … … … … .

 

Allocution de M. Paul Deschanel, président de la Chambre des Députés.

 

[Illustration]

 

25 Décembre 1914.

 

Noël

 

Canonnade peu intense sur le front entre la mer et la Lys où un

brouillard épais a paralysé les opérations.

 

Entre la Lys et l’Oise nous avons repoussé plusieurs contre-attaques

ennemies à Noulettes, à La Boisselle, à Lihons où une tranchée prise à

l’ennemi a été perdue, puis reprise après un vif combat.

 

Entre l’Oise et l’Aisne on nous signale que dans la journée du 24 une

très forte attaque allemande a été repoussée à Chivy.

 

Dans la région de Perthes, notre artillerie a fait taire les batteries

qui bombardaient les tranchées récemment conquises par nos troupes.

Deux fortes contre-attaques allemandes ont été refoulées dans la nuit

du 24 au 25.

… … … … … … … … … … … .

 

Communiqué officiel du 16 décembre.

 

[Illustration]

 

1er Février 1915.

 

_Exposition publique, aux Invalides, des drapeaux et trophées pris

à l’ennemi_

 

Drapeau du 49e Régiment d’Infanterie (6e Poméranien).

Drapeau du 69e — de Landwehr (1er Bataillon).

Drapeau du 94e — de Landwehr (2e Bataillon).

Drapeau du 36e — de Fusiliers (1er Bataillon).

Drapeau du 68e — de Landwehr (1er Bataillon).

Drapeau du 72e — de Landwehr (2e Bataillon).

Drapeau du 85e — de Landwehr (1er Bataillon).

Drapeau du 132e — d’Infanterie.

Drapeau du 28e — d’Infanterie.

Drapeau du 60e — d’Infanterie.

 

[Illustration]

 

26 Février 1915.

 

La Tranchée enflammée de Malancourt

 

Au bois de Malancourt, entre Argonne et Meuse, l’ennemi a aspergé avec

du liquide enflammé une de nos tranchées avancées qui, en conséquence,

a dû être abandonnée: les occupants ont été grièvement brûlés.

 

Communiqué officiel du 27 février.

 

….. Les défenseurs de la tranchée sentirent un vent brûlant s’abattre

sur eux et, en quelques instants, ils furent inondés d’un liquide

enflammé qu’ils croient être du goudron. Les jets de liquide se

répandaient sur eux à travers la fumée comme s’ils étaient lancés par

une pompe.

 

Note officielle communiquée le 7 mars.

 

[Illustration]

 

2 Mars 1915.

 

Arrivée des premiers grands blessés échangés avec les Allemands

 

….. Enfants, regardez-les bien. D’autres, hélas! trop nombreux, ont

disparu pour toujours; mais ceux-ci ont fait autant que les morts: ils

ont donné leurs bras, ils ont donné leurs jambes, ils ont donné leurs

yeux pour empêcher qu’un ennemi impitoyable ne vînt saccager notre pays

et en faire l’esclave de ses volontés.

 

Regardez-les bien, car ils sont l’image du sacrifice. Ce sont des

adolescents, à peine plus âgés que les plus grands d’entre vous, ce

sont des jeunes gens dans la fleur de l’âge, ce sont des pères de

famille dont quelques-uns ont plus de quarante ans.

 

Regardez-les bien, car ils sont l’image du dévouement. Ils sont comme

les statues de l’honneur, semblables à ces œuvres d’art que nous a

léguées l’antiquité et qui sont d’autant plus belles qu’elles ont subi

plus de mutilations…..

 

_Discours prononcé par le Dr Philippe Maréchal, maire du VIIIe

arrondissement de Paris, à la distribution des prix aux élèves des

écoles de cet arrondissement._

 

[Illustration]

 

19 Mars 1915.

 

Tentative de forcement des Dardanelles

 

Les renseignements parvenus au ministère de la Marine font ressortir la

part importante et brillante prise par la division française dans le

combat du 19 mars aux Dardanelles.

 

C’est à nos cuirassés qu’est revenu l’honneur d’attaquer à courte

portée les forts du défilé. Ils l’ont fait avec une vigueur hautement

appréciée par les marins anglais.

 

Dans un compte rendu télégraphique le contre-amiral Guépratte signale

que l’honneur du pavillon a été pleinement satisfait bien que chèrement

acheté par la perte du Bouvet.

 

Le nombre actuellement connu des survivants de ce bâtiment est de 64.

 

Communiqué officiel du ministère de la Marine du 21 mars.

 

[Illustration]

 

21 Mars 1915.

 

Deux Zeppelins sur Paris

 

1º Dès que l’avis de jour ou de nuit sera donné par l’autorité

militaire, la population sera prévenue à Paris et dans le département

de la Seine par les sonneries des trompes des sapeurs-pompiers

alternant avec celles des clairons (garde à vous).

… … … … … … … … … … … .

 

4º A ces signaux (trompes et sonneries, extinction de la lumière), les

habitants devront rentrer chez eux.

 

_Instructions communiquées par la Préfecture de Police en décembre

1915._

 

La nuit dernière, lorsque les zeppelins ont été signalés, un grand

nombre de curieux se sont répandus dans les rues de Paris. Il est

recommandé aux habitants, en cas d’alerte nouvelle, de rester chez eux:

autrement ils courent le risque d’être atteints, non seulement par les

bombes des zeppelins, mais encore par les éclats des projectiles de

notre artillerie et de nos avions.

 

Avis communiqué par la Préfecture de Police le 22 mars.

 

[Illustration]

 

22 Avril 1915.

 

Les Allemands emploient des gaz asphyxiants

 

Au nord d’Ypres, les Allemands, en employant en grande quantité des

bombes asphyxiantes dont l’effet a été ressenti jusqu’à deux kilomètres

en arrière de nos lignes, ont réussi à nous faire reculer dans la

direction du canal de l’Yser vers l’ouest et dans la direction d’Ypres

vers le sud. L’attaque ennemie a été enrayée. Une contre-attaque

vigoureuse nous a permis de regagner du terrain en faisant de nombreux

prisonniers.

 

Communiqué officiel du 23 avril.

 

Des rapports complémentaires précisent les conditions dans lesquelles

les Allemands ont réussi à faire, avant-hier soir, reculer nos lignes

au nord d’Ypres….. Une lourde fumée jaune partant des tranchées

allemandes, et poussée par un vent du nord a produit sur nos troupes un

effet complet d’asphyxie qui a été ressenti jusque sur nos positions de

deuxième ligne.

 

Communiqué officiel du 24 avril.

 

[Illustration]

 

25 Avril 1915.

 

Un Corps expéditionnaire débarque aux Dardanelles

 

En raison de la situation dans les Dardanelles et afin de parer à toute

éventualité, le Gouvernement a décidé de concentrer dans l’Afrique du

Nord un corps expéditionnaire. Ces troupes seront prêtes à prendre la

mer au premier signal pour être dirigées sur le point où leur présence

pourra être exigée par les circonstances.

 

Note communiquée par le ministère de la Guerre le 7 mars.

 

Au cours du débarquement opéré le 25 avril par les forces alliées sur

les deux rives des Dardanelles, les troupes françaises comprenant de

l’infanterie et de l’artillerie avaient été particulièrement désignées

pour opérer à Koum-Kalé, sur la côte asiatique. Cette mission a été

remplie avec un plein succès: avec l’appui des canons de la flotte

française et sous le feu ennemi nos troupes réussirent à occuper le

village et à s’y maintenir malgré sept contre-attaques de nuit.

 

Note communiquée par le ministère de la Guerre le 28 avril.

 

[Illustration]

 

7 Mai 1915.

 

Le “Lusitania”, navire de commerce, est torpillé sans avis (1.200 morts)

 

Liverpool, 10 mai, 0h 50.

 

Le bureau de Queenstown annonce que, jusqu’à minuit, le nombre des

survivants est de 764, comprenant 462 passagers et 302 membres de

l’équipage. 144 corps ont été retrouvés dont 87 ont été identifiés. Les

corps identifiés comprennent 65 passagers et 22 membres de l’équipage.

Il y a 30 passagers blessés et 17 membres de l’équipage.

 

Dépêche affichée par la Cunard Line.

 

Quels que soient les faits secondaires concernant le Lusitania, le

fait principal est que le grand paquebot, destiné en premier lieu au

transport des passagers et qui portait plus d’un millier de personnes,

qui ne pouvaient en aucune façon être l’objet d’une poursuite de

guerre, a été torpillé et coulé sans l’ombre d’un avertissement

préalable, et que des hommes, des femmes et des enfants ont trouvé la

mort dans des circonstances sans précédent dans les guerres modernes.

 

_Extrait d’une des notes du Gouvernement des États-Unis au Gouvernement

impérial allemand._

 

[Illustration]

 

9 Mai 1915.

 

Carency, Notre-Dame-de-Lorette, Souchez

 

MON CHER GÉNÉRAL,

 

Je ne veux pas attendre la fin des opérations engagées le 9 mai par nos

troupes dans la région d’Arras pour vous envoyer, en vous priant de les

leur transmettre, mes plus affectueuses félicitations.

 

Les résultats déjà obtenus par notre action démontrent l’excellence de

la préparation et la valeur de l’exécution. La supériorité que nous

avons prise sur un adversaire qui ne recule devant aucun crime est un

nouvel et heureux présage de sa perte.

 

Vous avez une fois de plus, vos armées et vous, mérité l’admiration

et la reconnaissance du pays. Je suis heureux de vous en adresser

l’expression.

 

A. MILLERAND.

 

Télégramme du ministre de la Guerre au général commandant en chef.

 

Après l’assaut de Carency, un des plus glorieux épisodes de cette

guerre, le général Pétain n’a pas craint de déclarer que l’infanterie

était impuissante contre des retranchements non bouleversés par

l’artillerie.

 

_Discours prononcé à la Chambre des Députés, le 7 juillet 1917,

par M. Painlevé, ministre de la Guerre._

 

[Illustration]

 

22 Mai 1915.

 

L’Italie déclare la guerre à l’Autriche

 

….. Bienheureux ceux qui ont le cœur pur: bienheureux ceux qui

reviennent avec la victoire, car ils reverront le visage nouveau de

Rome, le front de nouveau couronné de Dante, la beauté triomphale de

l’Italie.

 

_Discours prononcé le 5 mars, à la cérémonie du Quarto, par le poète

Gabriele d’Annunzio._

 

Nous recevons de notre ambassadeur de Rome la dépêche suivante:

 

A partir de demain 24 mai, l’Italie se considère en état de guerre avec

l’Autriche-Hongrie.

 

Nos troupes accueilleront avec un joyeux enthousiasme la nouvelle

de l’entrée en action de notre sœur latine. Fidèle à son glorieux

héritage, l’Italie se lève pour mener à côté de nos alliés et au nôtre

le combat de la civilisation contre la barbarie.

 

En adressant à nos frères d’armes d’hier et de demain une cordiale

bienvenue, nous saluons dans leur intervention un nouveau gage de la

victoire définitive.

 

Lettre du ministre de la Guerre au général Joffre.

 

[Illustration]

 

7 Juin 1915.

 

Le Premier Zeppelin détruit dans un combat aérien

 

Ce matin, à 3 heures, l’aviateur anglais J. Warneford a attaqué un

zeppelin entre Gand et Bruxelles, à environ 6.000 pieds de hauteur.

 

L’aviateur a lancé six bombes et fait sauter le dirigeable qui s’est

effondré sur le sol et a brûlé pendant longtemps.

 

La force de l’explosion a retourné l’appareil anglais, un monoplan

Morane, sens dessus dessous: le pilote a réussi à rétablir son

équilibre, mais il a dû atterrir en pays ennemi. Il put cependant

rallumer son moteur et revenir sain et sauf à son point de départ.

 

Communiqué par l’Amirauté anglaise le 7 juin.

 

Je vous félicite bien cordialement de l’acte splendide que vous avez

accompli hier en détruisant, seul, un zeppelin. C’est avec beaucoup de

plaisir que je vous confère la croix de Victoria pour cette brillante

action.

 

GEORGE.

 

Télégramme du roi d’Angleterre au lieutenant aviateur J. Warneford.

 

[Illustration]

 

18 Juin 1915.

 

L’Incinération sur les champs de bataille

 

ART. 1.—Pendant toute la durée de la guerre, les mesures suivantes

seront prises à l’égard des soldats ennemis et des soldats français

décédés sur toute l’étendue du territoire:

 

1º Tous les corps des soldats morts sur les champs de bataille et non

identifiés seront incinérés;

 

2º Tous les corps des soldats français et alliés identifiés seront

inhumés suivant les prescriptions réglementaires.

 

ART. 2.—Dans aucun cas l’exhumation ne pourra être autorisée pendant

la guerre.

 

Projet de loi voté par la Chambre le 18 juin.

 

[Illustration]

 

29 Juin 1915.

 

La Crise tragique de l’artillerie

 

….. En ce qui touche, au contraire, la construction et la réparation

du matériel de 75, la courbe n’a pas subi d’inflexion. Le canon de 75

se compose, en effet, vous le savez, de trois parties essentielles:

l’affût, le frein et le canon proprement dit ou tube.

 

Si l’on prend les courbes respectives qui correspondent à ces trois

ordres si importants de réparation, on trouve que pour l’affût la

courbe monte de 100 à 220 en janvier pour atteindre 350 le 15 mai; que

pour les freins, la courbe monte, toujours du même point, à 300 au 1er

janvier 1915, à 500 au 1er avril 1915 pour atteindre 600 le 15 mai.

Enfin pour le tube même, on trouve que la courbe arrive, le 1er janvier

1915, au chiffre de 550, pour atteindre 800 au 1er avril et 1.100 le 15

mai 1915.

… … … … … … … … … … … .

 

De même pour les gros calibres; s’il m’est interdit d’en donner la

nomenclature, il m’est permis d’indiquer que la courbe monte à 350 au

1er janvier 1915 pour dépasser 600 au 1er avril et atteindre 800 au 1er

mai.

… … … … … … … … … … … .

 

_Discours de M. Millerand, ministre de la Guerre, au Sénat, le 29

juin 1915._

 

[Illustration]

 

6 Juillet 1915.

 

Les Permissions militaires sur le front

 

Depuis le début de la semaine dernière, le général en chef, d’accord

avec le ministre de la Guerre, a donné aux commandants d’armée les

ordres nécessaires pour que des permissions puissent être accordées sur

le front.

 

Note communiquée à la Presse le 6 juillet.

 

CHER CITOYEN SEMBAT,

 

Vous savez avec quelle joie les combattants ont appris que le

Gouvernement leur faisait accorder une permission de quatre jours.

Mais cette joie a été douchée tout de suite quand ils ont su qu’il

leur faudrait voyager à leurs frais.

 

A leurs frais! Mais sur quelle solde, sur quelles économies tel vieux

père de la territoriale logé présentement, par exemple, près de

l’Yser et impatient jusqu’aux larmes d’aller embrasser sa femme et

ses gosses au loin, bien loin de là, en Limousin, en Auvergne ou en

Provence, prélèvera-t-il le prix de son quart de place?…..

 

_Lettre de MM. Mayéras, Pierre Laval et Navarre à M. Sembat, ministre

des Travaux publics, pour demander la gratuité du voyage pour les

permissionnaires._

 

[Illustration]

 

14 Juillet 1915.

 

Transfert des cendres de Rouget de Lisle aux Invalides

 

….. Non, non, que nos ennemis ne s’y trompent pas! Ce n’est pas

pour signer une paix précaire, trêve inquiète et fugitive entre une

guerre écourtée et une guerre plus terrible, ce n’est pas pour rester

exposée demain à de nouvelles attaques et à des périls mortels que la

France s’est levée tout entière, frémissante, aux mâles accents de la

Marseillaise.

 

Ce n’est pas pour préparer l’abdication du pays que toutes les

générations rapprochées ont formé une armée de héros, que tant

d’actions d’éclat sont tous les jours accomplies, que tant de familles

portent des deuils glorieux et font stoïquement à la patrie le

sacrifice de leurs plus chères affections. Ce n’est pas pour vivre dans

l’abaissement et pour mourir bientôt dans les remords que le peuple

français a déjà contenu la formidable ruée de l’Allemagne, qu’il a

rejeté de la Marne sur l’Yser l’aile droite de l’ennemi maîtrisé, qu’il

a réalisé, depuis près d’un an, tant de prodiges de grandeur et de

beauté.

 

_Discours prononcé par le Président de la République à la cérémonie des

Invalides._

 

[Illustration]

 

4 Août 1915.

 

Premier Anniversaire de la guerre

 

MESSIEURS LES SÉNATEURS,

 

MESSIEURS LES DÉPUTÉS,

 

Vous trouverez naturel, qu’après une année de guerre, le Président de

la République tienne à honneur de s’associer au Gouvernement et aux

Chambres pour rendre un hommage d’admiration et de reconnaissance à la

nation et à l’armée.

… … … … … … … … … … … .

 

Chaque jour, dans les moindres communes, la collaboration spontanée des

vieillards, des femmes, des enfants assure le cours régulier de la vie

locale, prépare l’ensemencement, la culture de la terre, l’enlèvement

des moissons; contribue, par l’organisation du travail, à maintenir,

dans l’âme populaire, la patience et la fermeté…..

… … … … … … … … … … … .

 

Partout le pays donne l’exemple sublime d’une même pensée et d’une même

résolution.

… … … … … … … … … … … .

 

Message du Président de la République, lu aux Chambres le 4 août 1915.

 

[Illustration]

 

6 Septembre 1915.

 

Le Tzar prend le commandement des armées russes

 

Zarskoé-Stawki, 6 septembre.

 

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, PARIS.

 

Me mettant aujourd’hui à la tête de mes vaillantes armées, j’ai

particulièrement à cœur de vous adresser, Monsieur le Président, les

vœux les plus sincères que je forme pour la grandeur de la France et

la victoire de sa glorieuse armée.

 

NICOLAS.

 

Dépêche du Tzar au Président de la République.

 

Paris, 7 Septembre.

 

SA MAJESTÉ L’EMPEREUR DE RUSSIE, ZARSKOÉ-STAWKI.

 

Je sais qu’en prenant Elle-même le commandement de ses héroïques

armées, Votre Majesté entend poursuivre énergiquement, jusqu’à la

victoire finale, la guerre qui a été imposée aux nations alliées. Je

lui adresse, au nom de la France, mes souhaits les plus chaleureux.

 

RAYMOND POINCARÉ.

 

Réponse du Président de la République à l’Empereur de Russie.

 

[Illustration]

 

23 Septembre 1915.

 

La Grèce et la Bulgarie mobilisent

 

Nous sommes informés par la légation de Bulgarie à Londres que des

ordres viennent d’être donnés pour la mobilisation des forces bulgares

dans le but d’assurer une “neutralité armée”.

 

Note officielle bulgare communiquée à la Presse britannique.

 

… … … … … … … … … … … .

S. M. le Roi vient de signer un décret de mobilisation générale qui

sera publié ce soir même. Le Gouvernement royal estime qu’à la suite

de la mobilisation bulgare la prudence la plus élémentaire lui impose

l’adoption immédiate de mesures analogues.

 

_Télégramme de M. Venizelos, président du Conseil en Grèce, à

Messieurs les Représentants de la Grèce à l’étranger._

 

[Illustration]

 

30 Septembre 1915.

 

Victoire d’Artois et de Champagne

 

….. Les Allemands n’ont pas été seulement contraints d’abandonner sur

un front étendu des positions puissamment retranchées sur lesquelles

ils avaient ordre de résister jusqu’au bout, ils ont subi des pertes

dont le total en tués, blessés et prisonniers dépasse l’effectif de

trois corps d’armée. Le nombre total des prisonniers est maintenant de

plus de 23.000, le nombre des canons ramenés à l’arrière de 79.

 

Communiqué officiel du 29 septembre, 3 heures.

 

MON CHER MINISTRE,

 

Les magnifiques résultats qu’ont produits nos opérations en Artois et

en Champagne nous permettent de mesurer l’étendue de la victoire que

viennent de remporter les armées alliées.

 

Nos admirables troupes ont donné, dans ces rudes combats, de

nouvelles preuves de leur incomparable ardeur, de leur esprit de

sacrifice et de leur sublime dévouement à la patrie.

 

Elles ont définitivement assuré leur supériorité sur l’ennemi.

… … … … … … … … … … … .

 

_Lettre adressée le 29 septembre 1917 au ministre de la Guerre, par

le Président de la République._

 

[Illustration]

 

5 Octobre 1915.

 

Rupture des relations diplomatiques avec la Bulgarie

 

Lundi, entre 4 et 6 heures de l’après-midi, le président du Conseil a

reçu la visite des représentants de la Russie, de la France et de la

Grande-Bretagne.

 

Les deux premiers lui ont remis des notes non identiques, à caractère

d’ultimatum, par lesquelles, donnant une interprétation forcée à

la neutralité armée qu’a proclamée la Bulgarie et à l’objet de la

mobilisation bulgare, ils insistent, sous la menace d’une rupture des

relations diplomatiques, pour que la Bulgarie rompe ouvertement, dans

le délai de vingt-quatre heures, ses rapports avec les puissances

centrales et renvoie les officiers allemands et autrichiens soi-disant

présents dans les états-majors des différentes armées bulgares.

 

Le représentant de la Grande-Bretagne a remis une courte note verbale

où il déclare que la Grande-Bretagne rompra ses relations avec la

Bulgarie, si des hostilités éclatent dans les Balkans, du fait de la

mobilisation bulgare.

 

Note officielle bulgare communiquée à la Presse.

 

[Illustration]

 

7 Octobre 1915.

 

Les Alliés débarquent à Salonique

 

….. Il est inutile d’ajouter que le Gouvernement, outre la

protestation qu’il a formulée, ne compte pas prendre de mesures

matérielles pour s’opposer au passage de l’armée anglo-française qui

accourt à l’aide de nos alliés serbes menacés par les Bulgares.

 

Discours prononcé par M. Venizelos, le 4 octobre, au Parlement grec.

 

….. Pour secourir les Serbes nous devons passer par Salonique et,

dès les premiers jours de la mobilisation bulgare, nous avons engagé à

cet effet des négociations avec le président du Conseil d’Athènes. Ces

négociations étaient d’autant plus naturelles que le traité définitif

conclu entre la Serbie et la Grèce, à l’issue de la seconde guerre

balkanique, vise une agression de la Bulgarie.

 

….. On a dit que nous violions la neutralité de la Grèce et l’on

a même osé comparer notre action à celle de l’Allemagne violant la

neutralité de la Belgique, parjurant sa signature et mettant à feu

et à sang ce noble pays. Les conditions dans lesquelles nous sommes

allés à Salonique, les conditions dans lesquelles nous avons débarqué,

l’accueil que nous avons reçu suffisent à démontrer l’inanité de ces

accusations…..

 

_Déclaration de M. Viviani, président du Conseil, à la Chambre des

Députés, le 13 octobre 1915._

 

[Illustration]

 

13 Octobre 1915.

 

_Miss Cavell, infirmière anglaise, est fusillée par les Allemands

à Bruxelles_

 

….. C’est qu’en effet, parmi tous les attentats de cette guerre

atroce, cet attentat est le plus odieux qui ait été accompli contre

l’humanité. La méchanceté pédante et policière du militarisme prussien,

sa rigueur tatillonne et implacable se sont, ce jour-là, surpassées.

Cet arrêt est le plus brutal et le plus insolent défi que la justice

d’une soldatesque ait porté à la justice tout court.

… … … … … … … … … … … .

 

En vain ils ont fusillé la petite infirmière: la petite infirmière est

désormais une figure de l’humanité. En vain ils ont enterré son corps

dans le vil cimetière de la prison de Bruxelles: son âme incorruptible

échappe au tombeau. En vain ils ont cru éteindre cette flamme: elle

court, inextinguible, à travers le monde. O petite infirmière anglaise,

vous n’avez pas été vaincue: vous êtes, au contraire, victorieuse pour

l’éternité.

 

_Discours prononcé par M. Painlevé, ministre de l’Instruction publique,

à la manifestation organisée par la Ligue des Droits de l’Homme, en

l’honneur de miss Cavell._

 

[Illustration]

 

29 Octobre 1915.

 

Le Ministère Briand

 

M. BRIAND, député, Président du Conseil,

ministre des Affaires étrangères.

 

Ministres d’État: MM. DE FREYCINET, sénateur; Léon BOURGEOIS,

sénateur; Émile COMBES, sénateur; Jules GUESDE, député; Denys COCHIN,

député.

 

Ministres: MM. René VIVIANI, Justice; général GALLIENI, Guerre;

amiral LACAZE, Marine; RIBOT, Finances; MALVY, Intérieur; PAINLEVÉ,

Instruction publique et Beaux-Arts; CLEMENTEL, Commerce; Jules MÉLINE,

Agriculture; Marcel SEMBAT, Travaux publics; Albert MÉTIN, Travail;

DOUMERGUE, Colonies.

 

Sous-Secrétaires d’État: MM. Albert THOMAS, à la Guerre (Munitions);

Joseph THIERRY, à la Guerre (Intendance); Justin GODART, à la Guerre

(Service de Santé); René BESNARD, à la Guerre (Aviation); NAIL, à la

Marine marchande; DALIMIER, aux Beaux-Arts.

 

Délégué dans les fonctions de Secrétaire général du ministère des

Affaires étrangères: M. Jules CAMBON, ambassadeur.

 

[Illustration]

 

29 Octobre 1915.

 

_Les Affiches “TAISEZ-VOUS, MÉFIEZ-VOUS” sont apposées dans les gares

de chemins de fer, du Métropolitain, dans les tramways, etc._

 

J’ai décidé de faire apposer à profusion dans toutes les voitures

servant au transport en commun, des placards de 28 centimètres de haut

sur 38 centimètres de largeur environ, ainsi libellés:

 

TAISEZ-VOUS! MÉFIEZ-VOUS!

 

LES OREILLES ENNEMIES VOUS ÉCOUTENT

 

Un envoi de 10.000 exemplaires vous sera fait incessamment.

 

Vous voudrez bien en offrir les quantités nécessaires à toutes les

compagnies de transport (sauf les chemins de fer, qui en seront pourvus

directement par mes soins), notamment aux compagnies de tramways en

les invitant à les faire apposer dans les véhicules, salles d’attente,

etc., etc.

 

_Circulaire adressée par M. Millerand, ministre de la Guerre, aux

généraux gouverneurs militaires de Paris et de Lyon et aux généraux

commandant les régions._

 

[Illustration]

 

25 Novembre 1915.

 

L’Emprunt de la Victoire

 

….. Il ne suffit pas de faire son devoir les armes à la main et

d’être prêt à verser son sang sur un champ de bataille ou dans les

tranchées. Cela est beau, cela est héroïque. Mais tout le devoir n’est

pas rempli: il faut, en outre, apporter les réserves dont on dispose au

lieu de les garder jalousement, comme un avare.

 

Ce qu’il faut dire au pays, c’est qu’à cette heure l’égoïsme n’est pas

seulement une lâcheté, une sorte de trahison, mais qu’il est la pire

des imprévoyances. Que deviendraient ces réserves si la France devait

être vaincue?

 

Elles seraient la rançon de la défaite au lieu d’être le prix de la

victoire.

 

_Discours prononcé à la Chambre des Députés par M. Ribot, ministre

des Finances, le 12 novembre 1915._

 

….. Il y a, à cette heure, plus de 700 millions de rente et nous

croyons (tout n’est pas vérifié et je ne veux apporter que des chiffres

certains) que le chiffre définitif de rentes souscrites dépassera

720 millions et atteindra peut-être 725 millions. Cela, en capital,

représente 14 milliards dont nous sommes certains à l’heure présente et

probablement 14 milliards et demi.

 

_Discours prononcé à la Chambre des Députés, le 24 décembre 1915,

par M. Ribot, ministre des Finances._

 

[Illustration]

 

6 Décembre 1915.

 

Le Premier Conseil de guerre des Alliés

 

….. Il a toujours été admis que les forces qui agissent sur un

même théâtre d’opérations doivent être réunies sous un commandement

unique: mais l’expérience de la guerre actuelle prouve que cette unité

de direction est nécessaire même quand les forces sont réparties sur

plusieurs fronts.

 

Elle devient indispensable quand plusieurs armées alliées ont à

concerter leurs vues pour l’adoption d’un plan unique s’appliquant à

tous les théâtres d’opérations.

… … … … … … … … … … … .

 

….. Le général Joffre, tout en conservant le commandement direct des

armées du Nord et du Nord-Est, s’est vu confier la direction supérieure

de nos armées sur tous les fronts. Relèvent aussi directement de lui

les décisions relatives au personnel.

 

Note officielle communiquée à la Presse le 12 décembre 1915.

 

[Illustration]

 

21 Décembre 1915.

 

Les Bulgares et les Allemands envahissent la Serbie

 

Retraite du roi Pierre et de l’armée serbe

 

….. Épuisée par ces guerres terribles, où le succès avait été

chèrement acheté, la Serbie commençait à peine à se remettre

lorsqu’elle fut surprise par l’agression de juillet 1914. A deux

reprises le petit peuple triompha des masses autrichiennes. Il délivra

la capitale et chassa l’envahisseur. Il a fallu la félonie du vil

et astucieux Cobourg de Sofia, le triste abandon de la Grèce et les

ravages du typhus pour chasser les Serbes d’un territoire qu’ils ont

courageusement baigné de leur sang. Mais ce peuple n’est pas de ceux

que la défaite décourage. Il a l’âme héroïque, le sens du devoir

national, l’esprit d’abnégation et de sacrifice.

… … … … … … … … … … … .

 

La terre des aïeux sera rendue aux Serbes. Elle leur sera rendue tout

entière. Ils se sont battus pour les Alliés qui ne les abandonneront

pas.

 

_Discours prononcé par M. Barthou, ancien président du Conseil, à la

manifestation des Alliés à l’occasion de la fête nationale serbe

de Saint-Sava._

 

[Illustration]

 

25 décembre 1915.

 

Noël

 

ART. 1.—Le public est admis à envoyer gratuitement un paquet postal,

du poids maximum d’un kilogramme, à destination des militaires et

marins présents dans la zone des armées en France, aux colonies, dans

les pays de protectorat et à l’étranger.

 

ART. 2.—Les militaires présents dans la zone des armées sont:

 

a) En France: 1º ceux dont l’adresse comporte un numéro de secteur

postal; 2º ceux qui, sans être compris dans un secteur postal, sont

desservis par un bureau de poste de la zone des armées;

 

b) Dans les colonies, les pays de protectorat et à l’étranger: ceux

qui font partie des troupes du Maroc et de la Tunisie, de l’armée

d’Orient et du corps expéditionnaire d’Orient, des troupes opérant dans

l’Ouest africain, Nord-Cameroun, Sud-Cameroun, Ouest-Cameroun, de la

Shangha et de la Lobaye.

 

ART. 3.—Sont considérés comme présents dans la zone des armées tous

les marins en service à la mer.

 

_Articles du décret déterminant les conditions d’application de la loi

autorisant l’envoi gratuit par la poste, à tous les militaires et

marins présents dans la zone des armées, d’un colis postal du poids

maximum d’un kilogramme._

 

[Illustration]

 

9 Janvier 1916.

 

Évacuation des Dardanelles

 

Dans la nuit du 8 au 9 janvier, l’évacuation complète de la presqu’île

de Gallipoli, minutieusement préparée depuis quelques jours et

parfaitement réglée par le commandement anglais et par le commandant de

notre corps expéditionnaire, s’est effectuée sans aucune perte.

 

Tout le matériel français a été évacué en dehors de six pièces de

marine fixes, inutilisables d’ailleurs, qui ont été détruites avant le

départ, et de quelques approvisionnements sans importance, qui ont été

rendus inutilisables.

 

Les six pièces dont il s’agit font partie du total des dix-sept pièces

détruites annoncées par le communiqué anglais.

 

L’ennemi n’a ouvert le feu qu’au moment où l’embarquement s’est terminé

vers 4 heures du matin.

 

Communiqué officiel français.

 

[Illustration]

 

10 Janvier 1916.

 

Départ de la classe 1917

 

….. Les jeunes gens de la classe 1917 sortent à peine de

l’adolescence. Ils vont partir en plein cœur de l’hiver. N’importe!

Ils partent confiants, avec, sur leurs jeunes visages, cet air de

résolution qui est aujourd’hui la caractéristique de tous les Français

et que je connais bien pour l’avoir vu moi-même briller d’un éclat

inoubliable dans les yeux de nos Parisiens, alors qu’en août et en

septembre 1914, ils assistaient aux préparatifs de la grande bataille

dont, ils le savaient, dépendait le sort de la France.

 

La classe 1917 va partir et la nation tout entière l’accompagne, et

la nation entend, exige que fassent leur devoir tous ceux qui, à un

titre quelconque, ont la charge et la responsabilité d’accueillir ces

jeunes gens, de les maintenir dans un bon état physique et moral, de

les instruire, de les préparer pour la grande lutte qui ne se terminera

que lorsque la France, d’accord avec ses alliés, dira: “J’ai obtenu

pleine et entière satisfaction, je m’arrête, je reprends mon œuvre de

paix…..”

 

_Discours prononcé le 29 décembre 1915, à la Chambre des Députés, par

le général Gallieni, ministre de la Guerre._

 

[Illustration]

 

14 Janvier 1916.

 

Le Service obligatoire pour les célibataires en Angleterre[2]

 

….. Je déclare solennellement à la Chambre et au pays, en mon nom

et au nom du Cabinet tout entier, que si la loi n’est pas votée, nous

n’aurons pas les hommes nécessaires pour jouer notre rôle dans la

poursuite de la guerre.

 

Je ne dirai pas que cette loi décidera de la victoire ou de la défaite.

La victoire ou la défaite dépendent des mille contingences dont la

Providence seule a le secret. Mais, sans cette loi, nous ne serons pas

en mesure de remplir nos obligations envers notre pays et envers nos

Alliés.

 

Discours prononcé par M. Asquith à la Chambre des Communes.

 

….. Nos Alliés emploient toutes leurs ressources en combattants et en

argent: ils endurent des souffrances autrement grandes que les nôtres.

Il nous incombe donc d’employer toutes nos ressources…..

 

_Discours prononcé par M. Henderson, ministre travailliste, à la

Chambre des Communes._

 

[2] Postérieurement, le service obligatoire a été établi en

Angleterre (_N. de l’A._).

 

[Illustration]

 

19 Janvier 1916.

 

Les Autrichiens occupent le Monténégro

 

Le Monténégro ayant demandé, le 13 janvier, la cessation des hostilités

et l’ouverture de négociations de paix, il lui fut notifié que cette

demande ne pourrait être examinée qu’après la reddition.

 

Le Gouvernement monténégrin aurait fait alors savoir qu’il acceptait la

reddition sans conditions.

 

Note officielle publiée par les journaux autrichiens.

 

M. Lazare Miouchekovitch, président du Conseil, ministre des Affaires

étrangères du Monténégro, arrivé à Brindisi hier soir, accompagnant la

reine Milena et les princesses en route pour la France, télégraphie à

M. Louis Brunet, chargé d’affaires du Monténégro à Paris, que le Roi

et son Gouvernement ont énergiquement refusé toutes les conditions

autrichiennes et que le Monténégro continue la lutte à outrance.

 

_Note communiquée à la Presse par le consul général du Monténégro

à Paris._

 

[Illustration]

 

21 Février 1916.

 

Premier Jour de la bataille de Verdun

 

Faible action des deux artilleries sur l’ensemble du front, sauf au

nord de Verdun où elles ont eu une certaine activité.—Dans toute

la région de Verdun les deux artilleries ont continué à se montrer

très actives.—Les Allemands ont attaqué hier en fin de journée

nos positions à l’est de Brabant-sur-Meuse. Ils ont pris pied dans

quelques éléments de tranchées avancées et poussé par endroits

jusqu’aux tranchées de doublement.—L’ennemi a pu occuper le bois de

Haumont.—Nous avons évacué le village de Haumont.—Les Allemands ont

pu pénétrer dans le bois de la Wavrille. Étant donnée la violence du

bombardement de la position avancée de Brabant-sur-Meuse, nos troupes

ont évacué ce village.—Nous avons reporté notre ligne, d’une part, en

arrière de Samogneux, d’autre part, au sud d’Ornes.

 

Extraits des communiqués des 21, 22, 23 et 24 février.

 

[Illustration]

 

9 Mars 1916.

 

L’Allemagne déclare la guerre au Portugal

 

Depuis le commencement de la guerre, le Gouvernement portugais, par

ses actes contraires à la neutralité, soutient les ennemis de l’Empire

allemand.

… … … … … … … … … … … .

 

Enfin il a effectué la saisie des navires allemands dans une forme qui

doit être interprétée comme une provocation à l’égard de l’Allemagne.

Le pavillon allemand a été abaissé sur les navires allemands et

remplacé par le pavillon de guerre du Portugal. Le navire amiral a

salué.

 

Le Gouvernement impérial a été, cette fois, obligé de tirer les

conséquences nécessaires de l’attitude du Gouvernement portugais. Il

se considère, dès à présent, comme étant en état de guerre avec le

Gouvernement portugais.

 

_Note remise par le Gouvernement allemand au ministre du Portugal

à Berlin._

 

[Illustration]

 

28 Mars 1916.

 

Clôture de la Conférence des Alliés

 

Les représentants des Gouvernements alliés, réunis à Paris les 27 et 28

mars 1916, affirment l’entière communauté de vues et la solidarité des

Alliés.

 

Ils confirment toutes les mesures prises pour réaliser l’unité d’action

sur l’unité de front.

 

Ils entendent, par là, à la fois, l’unité d’action militaire assurée

par l’entente conclue entre les états-majors, l’unité d’action

économique dont la présente conférence a réglé l’organisation, et

l’unité d’action diplomatique que garantit leur inébranlable volonté de

poursuivre la lutte jusqu’à la victoire de la cause commune.

 

Article I de la résolution votée par la Conférence des Alliés.

 

[Illustration]

 

9 Avril 1916.

 

Quarante-neuvième Jour de la bataille de Verdun

 

Il se confirme que la journée du 9, dans la région de Verdun, marque la

première grande tentative d’offensive générale de l’ennemi, s’étendant

sur un front de plus de vingt kilomètres. Nos adversaires, qui n’ont

obtenu aucun résultat appréciable, eu égard surtout aux efforts

déployés, ont subi des pertes dont témoignent les cadavres amoncelés

devant nos lignes.

 

Communiqué officiel du 10 avril.

 

Le 9 avril est une journée glorieuse pour nos armes. Les assauts

furieux des soldats du Kronprinz ont été partout brisés: fantassins,

artilleurs, sapeurs, aviateurs de la IIe armée ont rivalisé d’héroïsme.

 

Honneur à tous.

 

Les Allemands attaqueront sans doute encore; que chacun travaille et

veille pour obtenir le même succès qu’hier.

 

Courage! on les aura.

 

Ordre du jour adressé à la IIe armée par le général Pétain.

 

[Illustration]

 

12 Mai 1916.

 

Enlèvement en masse dans la région du Nord

 

Tous les habitants de la maison, à l’exception des enfants de quatorze

ans et leurs mères, ainsi qu’à l’exception des vieillards, doivent se

préparer de suite pour être transportés dans une heure et demie.

 

_Avis de la Kommandantur affiché le 12 mai à Lille et dans les villes

du Nord._

 

….. Détruire et briser les familles, arracher par milliers de leurs

foyers des citoyens paisibles, les forcer à abandonner leurs biens sans

protection, serait un acte de nature à soulever la réprobation générale.

… … … … … … … … … … … .

 

_Protestation adressée aux autorités militaires allemandes par

M. Delesalle, maire de Lille._

 

….. Nous avons beaucoup souffert depuis vingt mois, mais aucun coup

ne serait comparable à celui-ci; il serait, de plus, aussi immérité que

cruel et produirait dans toute la France une impression ineffaçable. Je

ne puis croire qu’il nous sera porté.

 

_Protestation adressée aux autorités militaires allemandes par

Mgr Charost, évêque de Lille._

 

[Illustration]

 

31 Mai 1916.

 

Bataille navale du Jutland

 

SIR JOHN JELLICOE,

 

OFFICIERS ET MARINS DE LA GRANDE FLOTTE,

 

Vous avez attendu près de deux ans avec la patience la plus exemplaire

l’occasion de rencontrer et d’attaquer la flotte ennemie. Je comprends

parfaitement combien cette période a été pénible et combien grande doit

avoir été votre satisfaction lorsque vous avez appris, le 31 mai, que

l’ennemi avait été aperçu.

 

Des conditions climatériques défavorables et l’approche de l’obscurité

vous ont empêchés d’obtenir le résultat complet que vous espériez tous,

mais tous vous avez fait ce qui était possible dans ces circonstances.

Vous avez repoussé l’ennemi dans ses ports et vous lui avez infligé de

très lourdes pertes. Vous avez ajouté une page nouvelle aux glorieuses

traditions de la marine britannique. Vous ne pouviez pas faire

davantage et, pour votre splendide travail, je vous remercie.

 

_Harangue adressée par le roi d’Angleterre aux représentants de la

grande flotte._

 

[Illustration]

 

7 Juin 1916.

 

Cent huitième Jour de la bataille de Verdun

 

Le bombardement a continué assez vif dans la région Vaux-Damloup et sur

le fort de Vaux où la situation reste sans changement.

 

Communiqué officiel du 5 juin.

 

Après sept jours de combats acharnés contre des troupes d’assaut sans

cesse renouvelées, la garnison du fort de Vaux, arrivée à la limite de

ses forces, n’a pu empêcher l’ennemi d’occuper l’ouvrage.

 

Communiqué officiel du 8 juin.

 

….. Que, durant d’interminables semaines, sous les feux concentrés

d’une artillerie de tous calibres, sur un terrain raviné par les pluies

et labouré par les obus, nos bataillons, relevant le défi de l’ennemi,

aient défendu pied à pied les avancées de Verdun, sans même savoir,

avant ces derniers jours, que leur endurance et leur stoïcisme allaient

faciliter ailleurs les opérations combinées des troupes alliées, c’est

un spectacle dont la grandeur épique dépasse tout ce qu’avait jusqu’ici

connu l’humanité.

 

Discours prononcé par M. Poincaré à la cérémonie du 14 juillet 1916.

 

[Illustration]

 

1er Juillet 1916.

 

Premier Jour de la bataille de la Somme

 

Au nord et au sud de la Somme, les troupes franco-britanniques ont

déclenché ce matin une action offensive sur un front de quarante

kilomètres environ.

 

Communiqué officiel du 1er juillet.

 

Le général commandant l’armée adresse à tous, officiers et soldats, ses

félicitations et ses remerciements.

 

La conquête de toutes les positions de l’ennemi, 8.000 prisonniers,

plus de 50 canons, un matériel considérable, tel est le résultat des

trois premiers jours de lutte.

 

La valeur des officiers généraux, le travail minutieux de l’état-major,

la hardiesse des aviateurs, la précision du tir de l’artillerie, le

courage réfléchi de l’infanterie ont également contribué à assurer ce

succès.

 

Nous ne sommes qu’au début de la bataille, mais la victoire est

certaine si nous continuons à la poursuivre avec énergie et méthode.

 

FAYOLLE.

 

_Ordre du jour adressé le 4 juillet par le général Fayolle aux troupes

qui participèrent à la première partie de l’offensive française

sur la Somme._

 

[Illustration]

 

14 Juillet 1916.

 

Défilé des troupes alliées dans Paris

 

….. Nous nous sommes organisés pour fournir sans cesse aux

combattants des canons et des obus: le Gouvernement, les Chambres, les

commissions ont stimulé les fabrications nécessaires; les ateliers se

sont remplis d’ouvriers et d’ouvrières; les fours se sont allumés; des

usines neuves se sont construites; les machines multipliées se sont

mises en mouvement; la production s’est accrue. Jamais trop! jamais

assez! Mais le pays a compris et le branle est donné.

 

De leur côté nos alliés ont employé les mois qui passaient à former des

armées, à les équiper, à les pourvoir d’artillerie et de munitions.

La Russie, secondée par les puissances de l’Entente, s’est efforcée

de donner à ses troupes magnifiques le matériel qui leur avait manqué

dans les terribles rencontres de l’an dernier; l’Italie a développé ses

moyens de défense; l’Angleterre a réalisé le prodige de faire sortir de

terre des divisions nouvelles, splendides de jeunesse et d’entrain.

 

Discours prononcé par M. Poincaré à la cérémonie du 14 juillet 1916.

 

[Illustration]

 

2 Août 1916.

 

Deuxième Anniversaire de la Guerre

 

…. Les Alliés commencent à recueillir les fruits de votre

persévérance. L’armée russe poursuit les Autrichiens en déroute; les

Allemands, attaqués à la fois sur les fronts d’Orient et d’Occident,

engagent partout leurs réserves; des bataillons anglais, russes et

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