Les Cercles de l'épouvante

Jean Ray · Chapitre 6 sur 12

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Les Cercles de l'épouvante

L’homme qui Osa .............................................................. 83

L’HOMME QUI OSA

 

 

Dès que la servante l’eut introduit, il se nomma :

— Mon nom est Hilmacher.

— J’ai connu une famille Hilmacher, dis-je.

Un cillement inquiet de ses paupières me fit conclure qu’il m’avait menti, mais je n’y attachai aucune importance.

— D’ailleurs, ajoutai-je avec un geste nonchalant qui ef-façait des ombres et qui balayait, semblait-il, les choses du passé, d’ailleurs cela n’a rien à voir avec ce qui vous amène.

Il approuva.

— C’est l’histoire de cette terre hantée, répondit-il.

— Ah, vous appelez cela une terre hantée ? Soit. Au fond cette expression romantique pourrait bien être la seule qui convienne. Mais à une époque où l’on n’admet plus le fantastique, elle est un peu gênante, n’est-il pas vrai ?

— Non, dit-il.

Je le regardai fixement ; je suis habitué aux égards et on ne me répond jamais par de catégoriques monosyllabes.

Je vis alors la détresse de sa personne et la fièvre de son regard.

— Monsieur Hilmacher, dis-je, si vous parvenez à percer le mystère de cette… terre hantée, la commune vous versera cent florins. Il s’agit d’importants terrains de pacage qui sont

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— La mer ?

— Non, la mer forme la ligne d’horizon, elle est pour ainsi dire invisible d’ici, mais c’est le grand marécage qui la suit au fil d’une haute digue sur une longueur digne d’une frontière de province ! Vous entendez que nous appelons le grand marécage. C’est une désignation populaire ; nos ma-nuels de géographie disent les grands étangs et c’est plus exact.

Le regard d’Hilmacher scruta avidement le lointain ; une vie singulière l’animait et je m’attendais à l’entendre bruire comme un frelon heureux, mais il se contenta de lancer d’une voix sourde :

— Alors c’est là ?

— Pas précisément ; une crête de dune vous cache cette terre de trois kilomètres carrés, oui trois cents hectares de pâturages splendides, formant une île régulière au milieu des eaux dangereuses du marais et reliée à la terre ferme par une digue naturelle. Un paradis pour les troupeaux, quoi !

— Un paradis où le serpent vient de s’introduire, ricana-t-il.

Je poussai un soupir ; la plaisanterie à ce sujet m’était désagréable, car ces terres maudites m’avaient déjà coûté trente têtes de beau bétail de Hollande et six admirables vaches alpines que je voulais acclimater. Je le lui dis.

— Comment cela est-il arrivé ? demanda-t-il.

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Je haussai les épaules.

— Le sais-je ? Voilà bien le mystère infernal.

Dieu seul connaît la malédiction qui pèse sur ces lieux. Les bêtes s’y tiennent en paix pendant quelque temps, puis un beau jour il y a un affolement formidable parmi elles. Elles hurlent, bondissent et se ruent en avant comme au sor-tir d’une étable en flammes et puis c’est le soudain départ vers le marais de l’île de la boue profonde.

— L’île de la boue profonde ?

— Une terre trompeuse d’un vert pallide qui n’est, en fait, qu’une immense masse de boue mouvante ; elle englou-tit en quelques minutes les animaux qui essayent d’y pren-dre pied.

— On m’avait également parlé d’hommes.

— Oui, dis-je, et mes paroles se miellèrent d’un peu d’hypocrisie ; s’il ne s’était agi que d’une perte de bétail on s’en serait consolé, mais nous avons également perdu les gardiens.

— Cela devient intéressant, dit-il.

— Oh, fis-je offusqué, vous traitez la question comme un journaliste !

— Vous vous trompez, répliqua-t-il sèchement. Dieu me préserve de ces gens et de leur façon de faire. Comment avez-vous perdu les gardiens ?

— Comment le savoir ? Pourtant un petit vagabond qui gîte souvent dans un fourré de noisetiers sur la haute dune,

 

– 85 – et qui a une vue extraordinairement perçante, semble avoir vu quelque chose.

» Lamfried Nauen gardait alors cent têtes de bétail dans un des pâturages. C’était une brute morose et taciturne qui passait ses énormes loisirs à tailler dans le roseau et dans le buis les meilleurs appeaux du monde. Le gamin l’observait de la terre ferme, guidé, par l’intérêt et non par la curiosité, car il voulait découvrir la cachette aux sifflets, pour la vider à son profit.

» Comme je viens de le dire, Nauen était un être sombre et stupide, avare de mots et de gestes. Jugez de la stupeur du petit espion en le voyant ce jour-là, courant lourdement le long de l’eau, s’agenouillant par moments et semblant, de ses mains brandies, implorer frénétiquement l’invisible.

» L’enfant prit peur ; deux vachers avaient déjà disparu de ces prés maudits ; il descendit en hâte au village pour y répandre la nouvelle que Lamfried luttait avec le diable des eaux.

» Les premiers hommes arrivèrent à la tête de la digue, à temps pour assister de loin au galop effréné et final du troupeau vers l’île de la boue profonde, mais personne ne revit Nauen.

Hilmacher m’avait écouté attentivement. Quand je ces-sai de parler, il s’abandonna quelques minutes au silence.

— Implorer l’invisible, murmura-t-il, cela rend assez bien l’idée… en effet…

— Vous vous êtes donc fait une opinion ? demandai-je.

— Certes, monsieur le Bourgmestre, fit-il avec un sou-rire que je jugeai narquois.

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— Et, continuai-je, ne voulant pas être en reste d’ironie, il est naturellement indiscret de vous en demander l’exposé ?

— Naturellement.

J’espère que Dieu me revaudra la minute de patience et de mansuétude que je vécus alors. Je ne sonnai pas le gros Koen pour jeter le bougre à la porte avec l’ordre discret de le battre un peu avant de lui laisser franchir la grille du jardin.

Mais je ne lui avais pas dit qu’il avait déjà eu quatre pré-curseurs désireux de percer ce mystère, et qu’ils n’étaient pas revenus réclamer les cent florins de récompense.

Cela me portait à l’indulgence et même à la pitié, car si je tirai la sonnette ce fut pour faire apporter par Kaatje le cruchon de Schiedam et des pipes neuves de Gouda.

Lorsque celles-ci, chevelues de bon tabac de Hollande, se mirent à grésiller, Hilmacher demanda :

— Vous avez sans doute songé à l’exorcisme ?

D’un mouvement de tête je lui donnai raison.

— Deux frères franciscains y perdirent courageusement la vie. Depuis lors le couvent leur défend de s’aventurer dans le marais et ils disent les prières de loin. J’ai fait appel aux prêtres pour donner satisfaction à mes administrés, dont la majorité est catholique. Pour moi, je relis le soir, sous la lampe, les correspondances de Voltaire et du grand roi de Prusse, et je ne dédaigne pas Jean-Jacques.

— Mais vous avez accepté le sacrifice des moines ?

 

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— Mon Dieu, oui, et je vous avoue que j’attendais un ré-sultat plus heureux de leur intervention.

— Voltairien de la bonne école, murmura-t-il.

— Qu’est-ce à dire ? grognai-je.

— Croire un peu en Dieu et beaucoup au diable !

— Eh bien ! oui, monsieur Hilmacher, et si le diable n’est pas mêlé à cette affaire, qu’il m’emporte alors !

— Monsieur le Bourgmestre, vous faites injure au dé-mon. Qui étrique le diable, diminue Dieu. Je vois mal le Créateur s’occuper de nos plus mièvres gestes ou pensées, comme une vieille bonne femme pendant les interminables heures du thé, et je trouverais le rôle du Malin singulière-ment mesquin s’il s’amusait à une polissonnerie géante qui envoie un troupeau et ses gardiens dans la boue mortelle du marais.

Tôt ou tard, dans le Nord, une discussion tourne au dé-bat théologique ; déjà je m’armais de citations et d’exemples, quand Hilmacher détourna brusquement le cours de ce mémorable entretien.

— Le marais communique-t-il avec la mer ?

— Non !

Un air de déception assombrit son visage.

— Impossible ! l’entendis-je dire tout bas, puis il reprit à voix haute : il y a, je crois, quatre ans que perdure cet ef-frayant état des choses. Je vous prie de faire appel à votre mémoire, monsieur le Bourgmestre. N’y a-t-il pas eu à cette

 

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époque un sinistre dans ces parages : inondation ou rupture de digue qui mit le marais en communication avec la mer ?

— Attendez, criai-je, vous avez raison, homme étrange que vous êtes. Mais que savez-vous ?

— Rien… Continuez donc, je vous prie.

— Une tempête furieuse entre toutes, une sorte de raz de marée rompit la digue sur une longueur de cent mètres.

— Par cette brèche la mer a envahi le marais ?

— C’est-à-dire que le flot se retira très vite ; néanmoins il envoya quelques rudes vagues dans notre marécage, à tel point que le lendemain on a trouvé beaucoup de poissons de mer crevés dans l’eau douce des étangs.

Déjà Hilmacher ne m’écoutait plus ; il arpentait la chambre ; ses yeux brûlaient. Je crois même qu’il battit un entrechat.

— C’est cela ! Je le savais bien ! Sinon, voyez-vous, monsieur le Bourgmestre, ce n’était pas possible, vous m’entendez, pas pos-si-ble. Tout ce que vous m’avez raconté aurait été sottises et billevesées. Mais ceci explique tout… Enfin, monsieur le Bourgmestre, je vous suis très… recon-naissant.

— Ah bah ! fis-je ébahi, il n’y a vraiment pas de quoi !

— Croyez-vous ? Après tout, cela se pourrait bien.

— Monsieur Hilmacher, vous n’allez plus me dire main-tenant que vous ne savez rien ?

 

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Sa mine changea, se durcit, se ferma. Jamais porte de coffre-fort ne claqua plus définitivement sur ses trésors que les lèvres d’Hilmacher sur son silence.

Seules, après quelques minutes, ces paroles filtrèrent plus hermétiques encore le mystère même :

— Les choses invraisemblables ne s’expliquent que par des choses encore plus invraisemblables.

*

Il voulut se mettre immédiatement en route, mais je lui montrai les fenêtres du village brûlant au soleil d’Ouest.

— Vous restez ce soir à l’auberge, dis-je, aux frais de la commune, et l’on vous traitera bien. Demain on vous donne-ra largement de quoi subsister pendant quelques jours dans le marécage, ainsi que des couvertures, car l’abri des pâtres est précaire et s’en va en ruines. Maintenant reprenons du Schiedam, rebourrons nos pipes, et si une petite discussion sur des questions religieuses peut vous aider à faire passer la soirée, je suis votre homme.

Les heures passèrent le plus agréablement du monde ; Hilmacher était un homme étonnamment instruit et pour qui la terre était bien petite. Quand il me parla de sa vie dans les mers du Sud, je croyais lire du Stevenson, un auteur qui m’est cher entre tous.

— Tenez, dis-je comme les jaquemarts du petit beffroi tapaient onze coups sonores, je veux vous fournir une dis-traction digne de vos chères îles d’Océanie. Les eaux du pa-lus, qui vous donnera l’hospitalité pendant quelques jours, fourmillent de grosses carpes et de belles anguilles, mais elles sont difficiles à prendre. Je vais vous donner une faveur

– 90 – très rare ; l’autorisation de pêcher à la dynamite ; je vous en ferai remettre demain cinq ou six cartouches. Le mareyeur vous achètera volontiers le poisson et vous-même, vous pourrez faire griller une carpe ou une anguille sur une haute flamme de roseaux secs.

Le cruchon de Schiedam sonnait creux comme une dalle de cave.

— Monsieur Hilmacher, murmurai-je en prenant congé de lui en bas du perron, sous le regard attendri de la lune, je suis un esprit fort comme vous l’avez pu constater, mais sin-cèrement, entre hommes instruits, ne croyez-vous pas que le diable…

— Monsieur, dit-il tout bas, et je crus lire une intense détresse sur son visage, monsieur le Bourgmestre, si ce n’était que le diable…

— Si ce n’était… ? m’écriai-je, effrayé pour tout de bon.

— Comprenez-moi bien. Contre lui, je pourrais dresser des armes divines : la prière, l’éternelle toute-puissante pré-sence de Dieu même ; mais contre cela, je n’ai que des armes lamentables.

— Lesquelles ? demandai-je.

— Mon cœur, monsieur le Bourgmestre, mon pauvre cœur d’homme, misérable et mille fois brisé.

*

Du haut de la dune, à l’aide de mes bonnes jumelles ma-rines, je le vis s’avancer sur la digue, puis arpenter la grande étendue verte.

 

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Un jour radieux inondait la vastité des eaux et la basse plaine ; je suivis facilement ses marches et contremarches attentives, puis, un fil de fumée montant derrière l’abri de planches, je sus qu’il prenait un peu de repos.

Vers le soir se leva un vent de terre et je l’entendis pousser deux appels bizarres qui voyagèrent au fil de l’horizon, comme des plaintes. Les dernières clartés palpi-taient dans le ciel, quand il me sembla entendre une réponse à un nouvel appel d’Hilmacher.

C’était une note ardente et splendide qui fit résonner le firmament comme une immense conque de cristal.

Mes jumelles glissèrent sur le sable et mes mains se le-vèrent instinctivement vers l’infini en un geste de défense contre un danger invisible qui sortait de l’ombre, puis elles se portèrent à mon cœur.

Une ultime lueur voletait encore sur les eaux aux formi-dables profondeurs de miroirs nocturnes, mais le silence ne fut plus troublé que par une rauque dispute de foulques et le vol bas et soyeux d’une bande de courlis.

Je regagnai ma demeure chaude et amie, le cœur lourd ; une angoisse singulièrement délicieuse me suivait comme une ombre obstinée et fraternelle.

Le lendemain, le marécage avait disparu dans un brouil-lard très dense, d’où partait de temps en temps le vol ondu-leux d’un héron.

Vers midi, l’étendue gronda sourdement par trois fois.

— Il pêche, me dis-je. C’est qu’il s’amuse et qu’il n’y a rien d’insolite.

 

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Or, le soir, comme j’hésitais entre trois ou quatre ro-mans d’aventures et que de la cuisine venait une confortable odeur de friture chaude, la grille grinça violemment dans les ténèbres du jardin.

Quelques instants plus tard, j’eus de la peine à retenir un cri d’effroi à la vue du spectre qui poussa ma porte.

Hilmacher était devant moi, lui ou peut-être son ombre remontée de l’enfer. Je crois qu’il lut mon horrifiante pensée.

— Non, dit-il d’une atroce voix rauque, je ne suis pas mort, mais cela ne vaut guère mieux.

J’eus un geste vers le cruchon de Schiedam.

Il vida d’un trait un verre énorme et, soudain, éclata d’un rire sauvage.

— Monsieur le Bourgmestre, s’écria-t-il, envoyez dé-sormais vos bêtes et vos gardiens dans vos pâturages du diable, votre cauchemar est fini.

Je voulus prendre un air de bonne humeur.

— Vraiment ? Je vous en félicite de tout cœur. Sans doute devrais-je procéder d’abord à une vérification, mais je vous crois sur parole.

Je fouillai dans mon tiroir.

— Nous avons dit cent florins…

Je laissai retomber la belle coupure toute neuve et cris-sante, car un effroyable sanglot venait de déchirer la poitrine d’Hilmacher.

 

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— Toute ma vie… hoqueta-t-il, toute ma vie… et pour cela j’ai parcouru la terre entière, j’ai erré d’océan en océan, pour retrouver… Ah ! monsieur le Bourgmestre…

J’avais repris toute mon assurance, car le spectre à la bouche tordue et aux yeux de flamme, qui avait poussé ma porte, venait de faire place à un pauvre homme qui pleurait.

— Prenez encore un verre, fut la seule chose que je par-vins pourtant à lui dire.

Il s’était levé ; une seconde fois je pris le billet de banque, mais il fit un amer geste de refus.

Ses épaules ployaient comme sous un fardeau terrible.

— Vous avez parlé du diable, dit-il sourdement.

— N’est-ce pas ? Voyons, dites-le ! criai-je, alléché par ce début d’explication.

Un sourire lamentable plissa sa bouche.

— Ce n’était pas là-bas dans le marécage qu’il était, mais ici, monsieur le Bourgmestre, dans votre cabinet, pen-ché sur votre épaule.

— Comment ? balbutiai-je en jetant un regard effrayé autour de moi.

— Oui, et ce fut lui qui parla par votre bouche quand vous m’avez autorisé à pêcher à la dynamite.

Il avait saisi le bouton de la porte et j’en étais encore à regarder ma pipe et mon verre avec les yeux ronds de la to-tale incompréhension, quand la grille cria définitivement sur son départ.

 

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Je ne le revis jamais.

*

Avant tout, je dois avouer que le singulier Hilmacher avait dit la vérité ; jamais, depuis lors, pâturages ne furent plus pauvres en événements extraordinaires que les nôtres. Le bétail s’y complaisait à ravir et devint fort et gras.

Mais je reprends le fil de mon histoire.

Le surlendemain, je voulus vérifier l’affirmation d’Hilmacher.

J’envoyai deux de mes gardiens avec quelques têtes de bétail dans les prés du marais.

Il fallut employer les menaces et les promesses pour dé-cider les hommes, mais enfin ils se mirent en route en mau-gréant bien haut.

Sur le coup de quatre heures, l’un d’eux revint essoufflé et les yeux agrandis par l’horreur.

Au bord de l’eau, parmi un tas de carpes tuées par l’explosion des cartouches de pêche, il venait de faire une atroce découverte. C’étaient, mêlés aux débris déchiquetés d’un gros poisson, les restes rouges d’une femme épouvan-tablement mutilée ; les bras et les jambes manquaient, mais la tête était intacte.

Je crois que jamais plus adorable visage de jeune fille ne s’était endormi dans la richesse de sa chevelure blonde brû-lant doucement au soleil couchant, comme une gerbe de blé mûr.

 

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