
L’Exilée
Un rayon d’avril perce entre deux giboulées et frappe le vitrage du bow-window, une miniature de serre où poussent violettes et fougères. Myrtô y repose les yeux clos, des larmes aux paupières ; elle n’a pas dix-huit ans et ses traits évoquent les statues grecques. Dans un salon, le petit Karoly s’endort dans ses bras et lui réclame des histoires.
Il y a cette croix, qui fut entre les mains de sa mère morte. Myrtô regrette de ne pas l’avoir laissée à celui qui la lui a tendue, un incroyant que la divine image pourrait consoler ; demain, elle la portera à la comtesse Zolanyi, pour son fils. À la dernière page, un homme s’assied près de sa femme et l’appelle « ma Myrtô », « la radieuse fée aux fleurs » : c’est à elle, dit-il, que le prince Milcza doit son repentir.



