Obermann

Etienne Pivert de Senancour · Chapitre 64 sur 101

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Obermann

Lettre LVII

Des bains du Schwartz-sée,
6 mai, matin, VIII.

Les neiges ont quitté de bonne heure les parties basses des montagnes. Je fais des courses pour me choisir une demeure. Je comptais m'arrêter ici deux jours: le vallon est uni, les montagnes escarpées depuis leurs bases; il n'y a que des pâturages, des sapins et de l'eau; c'est une solitude comme je les aime, et le temps est bon: mais je m'ennuie.

Nous avons passé des heures agréables sur votre étang de Chessel. Vous le trouviez trop petit; mais ici que le lac est bien encadré, et d'une étendue très commode, vous seriez indigné contre celui qui tient les bains. Il y reçoit dans l'été plusieurs malades à qui l'exercice et un moyen de passer le temps seraient nécessaires, et il n'a pas un bateau quoique le lac soit poissonneux.