Psycho

Kyrian Malone · Chapitre 1 sur 1 · partie 2/4

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Psycho

Ce roman a été écrit par de…

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 4 parties.

Faith : Un ou une de tes amis a fait une très vilaine chose.

Sarah plissa les yeux sur cette conclusion qu’elle ne remettait pas en doute. Si Faith le disait, cela était vrai. Elle savait ses amis assez spéciaux pour vouloir tenter l’aventure et percevoir ces sensations fortes qu’elle connaissait. Seulement, en songeant à cette dernière pensée elle fit quelques analogies sur son court moment au pub avec Danielle, Josh et Seth. Elle demeura tout de même incertaine quant à savoir lequel des trois aurait pu avoir l’audace de tuer leur camarade de classe.

Sarah : Et d’après toi, entre Josh, Dan et Seth, la balance penche sur qui ?

Faith ne quittait pas son sourire alors qu’elle réalisait que Sarah avait bien trouvé ses amis. Elle en était toujours aussi amusée, presque excitée de comprendre leur formidable intérêt pour ses cours. Elle s’assit sur le bureau, de côté pour fixer sa blonde et répondit.

Faith : Josh ou Dan. Peut-être même les deux. Seth est hors-jeu sur ce coup. Il a trop de choses en tête en dehors de tuer et il est plus réservé, plus méticuleux dès qu’il entreprend quelque chose. Ce travail, c’est du travail de débutants qui ont voulu s’amuser en goûtant au jet d’adrénaline.

Sarah avait attentivement écouté Faith, comme à chaque fois d’ailleurs, que ce soit ici ou en cours. Elle reposa le sac et fixa les photos pour les prendre une à une et les visionner.

Faith se leva et contourna le bureau pour saisir le sac de nourriture aux pieds de Sarah. Elle la fixa.

Faith : Je te laisse trouver l’indice qui fait que tes amis sont les responsables.

Sarah releva ses yeux sur Faith en songeant surtout que cette demande était du travail supplémentaire à la maison. Elle reposa les photos, l’esprit contradictoire.

Sarah : Pas maintenant…

Elle lui prit le sac des mains et la fixa.

Sarah : Je n’ai pas arrêté de travailler ces derniers jours à cause de tous ces devoirs que tu nous donnes. Ce qui veut dire plus clairement que je suis une privilégiée non privilégiée puisque je n’ai même pas droit à un bonus de points en vivant avec toi. Alors je prends le droit de dire « non » parce que j’ai aussi le droit de passer du bon temps.

Elle partit en affichant ce petit air supérieur malgré son jeune âge.

Sarah : Sur ces bonnes paroles, je vais à la cuisine !

Faith avait levé les sourcils devant cet excès de rébellion soudain. Elle connaissait sa blonde et savait que par moment, cette dernière s’emballait dans une révolte éphémère autant que râleuse. Elle la suivit des yeux pour la voir disparaître dans le couloir et se mordit la lèvre inférieure. Cette poussée de colère faussement colérique n’avait fait que l’exciter davantage. Sarah venait de jouer à la femme autoritaire et indépendante qui dirige sa vie comme elle l’entend. Elle sourit légèrement et sortit de la pièce à son tour pour longer le couloir, traverser le salon et s’approcher de la cuisine. Elle détailla Sarah qui sortait les plats préparés et enfonça ses mains dans les poches en s’appuyant l’épaule contre le pilier qui séparait le salon de la cuisine.

Faith : Et tu as d’autres choses sur lesquelles tu veux dire « non », tant que je suis dans l’élan ?

Sarah prit un grand plat et posa les l’assortiments de beignets de crevette, d’accras, de samosas et d’autres aliments du restaurant chinois. Elle le glissa dans le four en réfléchissant. Tant que Faith lui proposait de s’exprimer, elle devait en profiter si en plus cela fonctionnait. Elle se redressa et tira un peu sur son chemisier.

Sarah : Oui... J’ai d’autres choses à dire. Tu pourrais faire un effort sur mes feuilles de note. Parce que j’ai l’impression que tu m’enlèves plus de points qu’à Dan’ et que tu rechignes à me mettre un « A » quand j’en mérite un ! Voilà !

Faith souriait toujours de voir que Sarah en profitait et vidait son sac. Elle s’approcha sans la quitter des yeux, parcourant son petit corps féminin moulé dans sa jupe courte et ce chemisier qu’elle préférait voir à moitié ouvert plutôt qu’à moitié fermé. Une fois qu’elle fut devant elle, ses mains glissèrent sur ses flancs, ses yeux se posèrent sur celles-ci qui contournaient son buste pour arriver dans son dos. Un autre frisson courut le long de son corps pour lui stipuler que son désir était resté latent dans un demi-sommeil depuis la sortie magistrale de son élève. Sa tête se pencha sur le côté en scrutant les derniers boutons de son chemisier et ses yeux se relevèrent sur son visage.

Faith : Tu te sens victime injuste de ton professeur ?

Sarah se pinça les lèvres sur cette question qui accentuait ses frissons dans ce rapprochement. Depuis le début, elle avait aimé l’idée d’entretenir une relation intime avec Faith. Elle n’avait pas songé que leurs aventures se termineraient en véritable vie de couple, et appréciait davantage le fait d’être encore euphorique, sexuellement excitée par ce genre de réplique et d’approche. Elle aimait être la victime, être l’élève qui se soumettait aux désirs de son professeur quels qu’ils soient. Elle prit un air plus réservé, plus innocent, un air de petite fille dont elle savait Faith raffoler. Ses yeux se baissèrent sur ses doigts qui vinrent jouer avec les pans de sa chemise et elle répondit plus calmement dans un ton presque coupable.

Sarah : Parfois tu es un peu injuste.

Plus Sarah la poussait à poursuivre ce petit jeu de séduction, plus Faith la désirait, la voulait, souhaitait la posséder encore et encore. Elle en sentait tout cet embrasement, ce réveil des sens.

Son sang affluait déjà plus rapidement à son cerveau afin d’accentuer son sens de l’imagination, comme s’il avait encore besoin d’ouvrir d’autres horizons. Sarah ne faisait que l’attiser, que l’allumer davantage et elle aimait cet instant où rien n’avait encore basculé, où les sensations demeuraient suspendues sur le fil du rasoir entre désir et apaisement. Sa lèvre inférieure entre ses dents, elle retenait les montées plus incessantes de chaleur, les courants électriques qui excitaient son intimité entre ses cuisses. Elle la poussa contre le rebord de la cuisine, ses mains glissèrent sur le galbe de ses fesses pour en apprécier leur rondeur, leur fermeté couverte par cette jupe. La voix plus basse, elle répondit.

Faith : Et j’imagine que je dois me faire pardonner.

Sarah releva ses yeux brillants où l’étincelle de son désir était vive et flamboyante. Le ton de la voix de Faith, ses mains sur son corps, sa proximité, refaisaient naître un feu brûlant en elle. Maintenant seules, dans leur forteresse privée, leur maison depuis trois ans à quelques jours près, elle n’avait plus de raison de garder dressées de quelconques barrières à son envie de percevoir Faith la conquérir. Elle la sentit la pousser contre la table de travail de la cuisine, s’y laissa asseoir, et écarta ses cuisses où son intimité frétillait de percevoir ces doux assauts sensuels qui étaient encore trop chastes. Quand elle sentit les lèvres de son professeur venir se sceller aux siennes, elle susurra doucement dans le baiser...

Sarah : Oui... Tu n’as pas le choix.

Ses cuisses se fermèrent contre ses hanches pour garder Faith contre elle. Elle se délecta de percevoir ses lèvres humides et fermes la savourer. Elle y referma les siennes sans attendre, les entrouvrit pour accueillir avec volupté sa langue chaude et vorace qui caressa la sienne. Un doux soupir s’en évada, annonçant ceux qui ne tarderaient pas à se faire entendre si son professeur se montrait aussi entreprenante qu’elle l’était habituellement. Elle aimait se laisser aller à leur désir respectif, aimait se laisser conquérir autant que découvrir par ses mains expertes et féminines. Faith savait l’exciter, savait ce qu’elle appréciait et savait surtout la prendre comme personne ne l’avait jamais prise. Elle ne tarda pas à sentir ses doigts fins remonter sous sa jupe, se saisir de l’élastique de sa petite culotte de coton avant qu’elle ne la descende le long de ses jambes pour libérer l’accès à ses lèvres intimes. Elle venait d’en sentir un long tressaillement électrique. Son sexe vorace était déjà tout humide de ce lait chaud tant elle la voulait. Elle imaginait que sa langue sensuelle qui dansait contre la sienne viendrait peut-être exciter son petit bourgeon rose gonflé de désir. Elle mouillait de vouloir la sentir la pénétrer, mouillait de vouloir percevoir ses doigts lui explorer ses entrailles de toutes les façons possibles. Faith l’avait convertie à des plaisirs qu’elle n’aurait jamais pu soupçonner, l’avait rendue demandeuse, dépendante, soumise à son savoir-faire extraordinaire. Jouir dans ses bras, sur ses doigts ou sur ses lèvres, était pour elle le summum de l’extase. Quand elle perçut ces derniers arriver sur ses lèvres humides, s’immiscer entre elles pour venir trouver son clitoris déjà avide de caresses, elle rompit le baiser dans un doux gémissement non retenu. Dieu qu’elle aimait cette sensation de jouissance, ces légers mouvements circulaires que l’index et le majeur de Faith imposaient sur son clitoris. Ses yeux venaient de rouler sur eux-mêmes avant de retourner se fondre dans ceux de son professeur pour la fixer, se répéter qu’elle la masturbait avec lenteur, qu’elle titillait son petit bouton sensible pour mieux la préparer avant de la pénétrer profondément. Cette torture était si extatique, si incroyable, qu’elle se soumettait sans condition aux caresses de Faith. Ses jambes écartées lui laissaient tout l’espace nécessaire pour venir trouver plus de contact, plus de chaleur. Elle percevait les doigts de son professeur se couvrir de son musc intime pour que ces derniers glissent à merveille sur son sexe avide.

Faith tremblait légèrement contre Sarah tant elle se faisait envahir par ce plaisir. Les soupirs, les doux gémissements de sa blonde coulaient en elle, comme autant de lave qui la consumait au fil des secondes. Après trois ans, jamais elle ne s’était lassée de la découvrir, de la caresser, de l’explorer sans relâche. Elle avait été la première et serait la dernière quoiqu’il arrive. Ses lèvres se refermaient sur les siennes, plus humides encore, recueillant la moindre saveur sur cette texture rosée et douce. Sarah avait un goût de vanille qui l’excitait et l’apaisait à la fois, qui la rendait ivre et puissante. Pourtant, malgré cette impression de soumission que cette étreinte dégageait, elle se savait dépendante et victime de ce qui l’habitait. Si son élève se reculait à cet instant, si elle rompait un quelconque contact, son corps serait à l’agonie, douloureusement tiraillé par cette envie. Un soupir d’extase accompagna les siens. Ses doigts remontaient lentement vers ce petit bourgeon palpitant en demande d’attention permanente. Ils se mouvaient avec une aisance déconcertante et Faith puisait davantage de plaisir à constater l’excitation de sa blonde. Cette dernière mouillait pour elle, mais Faith trempait son propre sous vêtement. Elle l’entendit gémir sensuellement...

Sarah : Descends bébé.

Un léger sourire charmé et gourmand se dessina sur les lèvres de Faith qui exploraient encore celles de Sarah. Elle savait ce que celle-ci désirait, connaissait ses points faibles. Elle rompit le baiser pour plonger son regard pétillant de convoitise dans le sien tandis que ses doigts poursuivaient leurs doux assauts sur le sexe offert de sa blonde. Elle ne pouvait décemment refuser. Elle se recula et sa main dut quitter l’entre cuisse de Sarah pour remonter sa jupe sur ses hanches avant de se pencher sur elle. Dans ce mouvement, elle avait vu Sarah se reculer, s’adosser au mur, replier ses cuisses pour poser ses pieds sur le plan de travail, lui donnant un accès et une vue imprenable sur son sexe entretenu de petite fille. C’était l’instant où le cerveau de Faith tanguait entre folie et lucidité, où elle frôlait la déraison, la perte totale de ses moyens, de ses barrières. Brûlée par cette simple vision avant même d’avoir un nouveau contact, elle percevait des vertiges dus à l’afflux de son sang dans sa tête. Ses mains se refermèrent fermement et de manière possessive sur ses hanches pour la ramener un peu vers elle, vers le rebord du plan de travail.

Sarah s’était encore laissée faire et sa lèvre inférieure s’était coincée entre ses dents dans l’attente de percevoir d’autres vagues d’extases. Sa jambe droite se posa sur l’épaule de la brune et sa tête bascula subitement en arrière quand elle perçu la langue de son amour frôler et remonter de sa fente humide jusqu’à son clitoris gonflé et libéré de son voile protecteur. Cette fois elle se rendait davantage ivre, folle de désir, de plaisir pour son professeur qui enfin la léchait. Ses yeux se rouvrirent pour mieux la voir, s’exciter de la regarder faire, de sentir cette langue chaude et humide répandre sur son clitoris ce musc qui s’écoulait d’elle. Sa main se posa dans ses cheveux bruns en signe de plaisir total. Elle lui gémissait toute la jouissance qu’elle lui procurait, n’avait pas la moindre gêne à venir onduler à peine son bassin contre son visage. Sarah voulait atteindre l’orgasme et elle se savait pouvoir jouir dans la bouche de Faith si elle continuait ainsi à la conquérir. Pour percevoir davantage de plaisir, davantage de sensation, elle n’hésita pas à venir écarter ses lèvres intimes de ses doigts, à donner plus d’accès à son petit bourgeon. Elle sentait Faith trembler et l’entendait soupirer sur son sexe. Elle savait et s’excitait aussi de savoir que Faith raffolait de ce genre de position, de la sentir mouiller sur ses lèvres.

Cette dernière percevait son propre sexe se contracter légèrement en demande d’attention. Il réclamait l’assouvissement d’un désir accru par le seul fait de goûter à l’essence intime de sa blonde. De sa langue, elle redécouvrait sa fente ouverte, offerte et humide et la retraçait lentement de son bout avant d’atteindre son clitoris qui palpitait de plaisir entre ses lèvres. Elle y referma ces dernières pour l’embrasser, le sucer légèrement, tel un fruit juteux et sucré dont elle se régalait. Ses doigts s’agrippaient davantage sur les hanches de sa blonde. Plus elle poursuivait ses assauts, plus elle l’entendait réagir et répondre, plus elle la voulait. Tout son corps hurlait de se défaire de son cuir, de son sous vêtement pour se masturber ou sentir les mains de Sarah sur elle. Jamais une personne avant Sarah ne l’avait excitée à ce point. Elle rouvrit ses lèvres pour que sa langue reparte plus bas, vers la source de cette essence. Elle souleva un peu plus son bassin avant de l’y faire lentement pénétrer pour se gorger de ce fluide privé qui ne lui appartenait qu’à elle. Elle l’entendit gémir plus profondément, la sentit trembler, et perçut ce lait s’écouler abondamment dans sa gorge, signe annonciateur de l’orgasme de son bébé. En la percevant se crisper, se contracter, elle accrut ses attentions et ramena son pouce sur son clitoris pour lui offrir tous les plaisirs qu’elle pouvait lui donner.

Sarah perçut une douce montée euphorique et folle la saisir dans tout son corps, la faire trembler de tout son long. Son orgasme monta en elle pour qu’elle s’y abandonne, qu’elle referme ses doigts sur les cheveux de Faith, lui indiquant de poursuivre, de la pénétrer encore, de la lécher plus fort, plus vite, afin que sa jouissance soit dévastatrice. Son être sembla exploser de l’intérieur quand cette extase atteignit des sommets et elle trembla dans un ultime cri de plaisir qui libéra plus explicitement son orgasme. Elle se laissa jouir sur les lèvres de Faith jusqu’à sentir la tempête intérieure s’estomper pour laisser place à de plus doux vertiges, à une sensation de fatigue et d’épuisement.

Une fois que Faith eut recueilli toute la jouissance de sa blonde dans sa bouche pour ne rien laisser, pour profiter de cet instant de relâchement, elle se recula de son trésor. Dans des gestes plus lents, elle déplia ses cuisses, lui remonta sa petite culotte avant de la rhabiller convenablement et de dissimuler ce qui était à elle.

Sarah se rassit mais afficha cette mine plus exténuée, beaucoup plus calme, beaucoup moins insolente ou autoritaire. Elle vint enlacer ses bras autour de Faith et fondit son visage dans son cou pour trouver la douceur de ses effluves à ses narines. Mademoiselle Leary était épuisée et demandait maintenant des attentions plus tendres, délicates, moins perverses et presque maternelles. Elle susurra d’une petite voix.

Sarah : C’était très bon mon ange.

Faith frissonna sur ce surnom, sur cette voix de petite fille que prenait Sarah lorsqu’elle voulait des câlins plus chastes. Ce qu’elle aimait chez sa blonde, étaient ces multiples facettes qu’elle pouvait avoir ou prendre en l’espace de seulement deux heures. Sarah passait de la demoiselle coquine aux désirs variés et libertins, à la petite fille en manque de tendresse, à la femme fatale et autoritaire qui tenait tête à quiconque se dressait sur son chemin. Faith en souriait, complètement sous le charme et évidemment, répondait à cette demande silencieuse d’étreinte plus douce. Ses bras l’enveloppèrent, sa main glissa dans sa chevelure soyeuse d’une délicatesse rare et elle, profitait de la respirer, de la sentir contre elle. Sa voix se baissa pour répondre.

Faith : Tout à fait d’accord avec ça, ma puce. Sarah sourit mais ne bougea pas. Elle sentit Faith la soulever, la porter contre elle et entendit.

Faith : Tu veux qu’on mange au lit ou ici ?

Elle redressa son visage du cou de son professeur et afficha un sourire plus enjoué. Ses bras s’étaient enroulés autour d’elle et ses jambes s’étaient fermées de la même façon.

Sarah : Au lit.

Faith eut un sourire amusé et secoua la tête en comprenant qu’elle avait eu raison de proposer. Elle connaissait sa blonde pour savoir qu’après certains orgasmes, lorsque cette dernière était épuisée, elle demandait non seulement des câlins, mais la suite des évènements au lit, ce qui consistait à faire des plateaux repas. Elle la posa sur le matelas où Sarah se laissa tomber dos à ce dernier et lui embrassa le bout de son petit nez avant de se redresser.

Faith : Ok. Je vais faire les plateaux.

Sarah aimait se faire cajoler, aimait quand Faith la prenait en charge ou la maternait. Elle la regarda sortir et se redressa pour déboutonner son chemisier tout en marchant vers l’armoire. Elle avait pris un pied du tonnerre, comme disait Danielle, mais elle, au moins, ne s’en ventait pas ! Personne n’avait besoin de savoir à quel point Faith savait la faire jouir. Elle ôta son vêtement et le jeta dans le panier à linge avant de faire de même avec sa culotte rose, sa jupe et son soutien-gorge. Elle resta nue un instant et finit par saisir une petite nuisette de soie grise. Faith aimait l’avoir ainsi à ses côtés et Sarah aimait faire plaisir à Faith. Elle retourna dans le lit et se pencha sur la commode pour récupérer la télécommande. Elle se cala contre le montant, replia ses jambes sans tenir compte du fait que son sexe était à l’air libre, et commença à zapper sur les différents programmes.

Quand Faith revint, celle-ci comprit aussitôt que Sarah allait repartir dans son indécision régulière de la soirée qui consistait à sauter de chaînes en chaînes jusqu’à trouver celle qui lui plairait l’espace de quelques minutes. Elle sourit encore en la détaillant, incapable de faire autrement, incapable de garder ses yeux ailleurs que sur elle lorsqu’elle pénétrait dans la même pièce. Elle adorait sa petite tenue de soie, ce petit morceau de tissu raffiné qui dissimulait à peine ses formes plus intimes, sa nudité qu’elle se plaisait à savoir à elle. Elle posa le plateau de son bébé devant elle et la vit se redresser assise en tailleur pour le poser sur ses cuisses. Elle se mordit la lèvre inférieure en la parcourant des yeux. Elle avait ce désir chevillé au corps, cette attirance incessante quand elle était près d’elle. Maintenant, Sarah passait en mode adolescente et profitait donc de déroger aux habitudes qui consistaient à manger autour d’une table. Penchée sur elle, elle lui vola un baiser, ne pouvant faire autrement et se redressa. Elle réalisait qu’avec Sarah, elle pliait davantage et dans le seul but de lui faire plaisir. Elle marcha vers l’armoire alors qu’elle entendait le changement de chaînes derrière elle. Elle ôta ses vêtements, sa chemise, son cuir et ses sous-vêtements avant de les mettre dans le panier. Elle rejoignit Sarah sous le drap, nue et saisit son plateau pour le mettre de côté avant d’attraper un paquet de copies qu’elle posa sur ses cuisses relevées.

Sarah l’avait évidemment détaillée du coin de l’œil. Elle appréciait particulièrement ce moment où son professeur se déshabillait et venait la rejoindre nue dans le lit conjugal. Elle se répétait simplement que Faith était à elle et qu’elle était dans son lit. Elle et personne d’autre. Pas un autre élève, ni un homme ou une femme insignifiante, juste elle, et ce, depuis trois ans ! Après ces rappels nécessaires à flatter son ego, elle commença à piocher dans l’assiette et continua de zapper. Elle savait que sa brune corrigerait ses fichues copies jusqu’à tard dans la nuit. Elle mangea donc et finit par s’arrêter sur une énième chaîne en mâchant doucement son beignet salé. Elle plissa les yeux et commenta.

Sarah : Tu sais quoi ?

Elle n’attendit pas de réponse.

Sarah : C’est toujours les mêmes ces films. Y’a les gentils d’un côté, les méchants, l’intrigue basique du meurtre, l’enquête qui s’éternise où le méchant manipule le gentil, mais à la fin, c’est toujours le gentil qui gagne.

Elle secoua la tête et piocha un autre beignet dans son assiette.

Sarah : Les scénaristes manquent terriblement d’imagination. C’est vrai. Qu’en est-il des deux jeunes femmes sexy et intelligentes qui en sont bientôt à vingt-cinq meurtres en trois ans et qui vivent paisiblement dans une magnifique maison dans la banlieue de Boston ?

Elle poursuivit dans un signe de main féminin en arquant les sourcils.

Sarah : Ca, ce serait un scénario prometteur qui se vendrait et qui ferait un carton au box-office. Ça briserait les normes... Sûrement trop d’ailleurs.

Elle soupira et changea de chaîne.

Sarah : Je devrais sans doute me mettre à écrire. Le silence revint dans la chambre et Sarah fit une courte pause en buvant un peu d’eau. Elle le reposa sur le plateau, analysa rapidement le genre de film sur lequel elle venait de zapper et se remit à commenter.

Sarah : Voilà. Et après le policier style roman noir, voici le film d’amour à l’eau de rose. Une femme mariée à un alcoolique richissime qui va s’éprendre du jeune jardiner qui n’a pas un sou.

Elle continua dans un signe de la télécommande.

Sarah : Ils vont mettre plus d’une heure et demie à s’avouer leurs sentiments et une minute trente avant le générique de fin, on va voir l’unique faux baiser qu’on aura attendu pendant la dernière demie heure.

Elle zappa et conclut.

Sarah : C’est vraiment trop nul.

Elle s’arrêta encore sur une chaîne mais Faith la coupa, le visage toujours baissé sur ses copies, ses lunettes sur ses yeux.

Faith : Entre policier et amour, il va quand même falloir que tu choisisses, ma puce.

Sarah afficha une petite moue interrogative. Elle continua de zapper mais finit par poser la télécommande pour se lever et marcher vers le meuble à DVD sous l’écran plasma. Elle détailla les tranches, pencha tantôt la tête d’un côté, tantôt de l’autre, et en prit finalement un pour le mettre dans le lecteur. Elle revint vers le lit, ôta le plateau du matelas et le posa sur sa commode avant de se glisser sous les draps confortablement.

Sarah : Voilà... Au moins, je sais ce que je regarde.

Faith gardait un léger sourire, aussi concentrée sur ses copies que sur les commentaires de sa blonde. Elle était amusée par son comportement qui reflétait un besoin incessant d’attention. Même si elle était près d’elle, dans le lit, Sarah avait toujours besoin de la savoir présente, son esprit tourné vers elle. Heureusement, Faith était à même de poursuivre sa tâche tout en restant à l’écoute. Elle saisit un beignet sur le plateau près d’elle et le ramena à ses lèvres tout en notant quelques mots sur une copie.

Faith : Tu l’as déjà vu cent fois, celui-là.

Sarah sourit sur cette vérité. Elle marqua une pause et se tourna vers Faith pour venir passer son bras autour de sa taille sans se préoccuper de ses copies. Elle ramena sa joue sur le haut de son sein et la regarda.

Sarah : Et alors ? Tu m’as fait l’amour plus de cent fois et ça ne m’empêche pas de jouir.

Faith rit doucement sur cette remarque, tandis qu’elle avait dû écarter ses copies pour faire de la place au corps possessif et non moins attirant de sa blonde. Ses yeux se posèrent sur elle, sur son visage qui la fixait plus bas.

Faith : Mais il ne me fait pas mouiller comme toi, ma puce, c’est pas comparable.

Sarah frissonna de tout son long sur ces mots directs qui refaisaient monter une douce chaleur au creux de ses reins. Elle redressa à peine le visage pour quémander un baiser que Faith lui donna et elle y sourit pour répondre.

Sarah : Tu mouilles encore ?

Faith frissonnait et cela était certain. Comment pouvait-elle résister, même après trois ans ? Sarah avait tous ces côtés qui répondaient à ses attentes, en plus du corps parfaitement sculpté pour elle. Elle poursuivit le baiser en refermant ses lèvres sur les siennes et sourit de la même manière sur cette demande.

Faith : J’ai surtout des devoirs à rendre.

Même si elle mouillait encore après avoir parcouru le sexe de Sarah de sa langue. Seulement, cela, elle se gardait de le lui dire sachant parfaitement que Sarah pouvait faire voler les copies pour prendre possession d’elle.

Sarah esquissa une petite moue incertaine sur cette façon polie avec laquelle Faith lui indiquait qu’elle ne pouvait pas jouer avec son corps. Elle garda néanmoins sa joue sur le haut de son sein et baissa ses yeux sur l’écran. Elle aimait se bercer contre le corps nu de son professeur, aimait percevoir sa chaleur tandis que les températures extérieures commençaient à baisser. Elle sentit sa main glisser doucement dans ses cheveux et ferma finalement les yeux pour se laisser bercer par ces attentions. Comme souvent, elle allait s’endormir dans les bras de Faith sans même regarder son film.

Faith le savait, elle s’y attendait. Peu importait de toute façon, du moment que Sarah gardait cette proximité avec elle, ce contact de son corps contre le sien. Au moins, elle travaillait tout en se faisant plaisir et ses doigts glissaient merveilleusement dans la chevelure dorée de son élève. Elle jeta un regard sur cette dernière pour voir ses yeux fermés et saisit la télécommande pour baisser le son. Il était encore trop tôt pour éteindre totalement la télévision, cela aurait réveillé Sarah. De nouveau, elle jeta un regard sur elle en souriant légèrement, charmée et se força à se replonger dans ses copies sans penser à son désir permanent. Sa main esquissait toujours de lents mouvements le long de ses cheveux pour créer d’autres contacts.

*********

Le lendemain matin, le réveil sonna dans la chambre et Faith ouvrit doucement les yeux pour tendre le bras et l’éteindre. Elle soupira silencieusement en se rappelant que cette journée était encore une journée de travail. Lentement, comme tous les matins, elle se tourna sur son côté pour voir Sarah plongée dans son sommeil, nullement interrompue par le bruit du réveil. Un petit sourire charmé et attendri se dessina sur ses lèvres et ses yeux partirent la dévisager, profiter de ce calme, de cette solitude pour s’imprégner des traits endormis de Sarah. De sa main, dans un geste délicat, elle lui repoussa quelques cheveux d’or qui tombaient sur sa joue et effleura sa peau pour se faire frissonner. Ainsi, elle pouvait sortir complètement de son sommeil de manière douce et agréable. Evidemment, elle ne comptait pas la réveiller en sachant très bien que son bébé aimait passer des heures au lit le matin. Ceci posait tout de même un problème pour les journées de cours. Elle posa ses lèvres sur les siennes pour l’embrasser, se réchauffer avant de se reculer et de sortir du lit. Pour l’instant, elle ne voulait pas songer au réveil de Sarah. Elle enfila une plus longue chemise, saisit les plateaux laissés la veille et quitta la pièce pour rejoindre la cuisine et ranger. Comme habituellement, elle alluma un petit poste radio pour mettre un fond de musique et prépara le café en jetant quelques regards sur l’horloge. Elle aimait particulièrement ce moment où elle était au calme, seule, où son cerveau reprenait son fonctionnement pour réfléchir à des projets variés. Elle repensait notamment à sa découverte de la veille concernant les amis de Sarah et ce meurtre dont elle était certaine qu’ils en étaient les responsables. Elle en souriait toute seule. Peut-être pourrait-elle s’amuser un peu ? Elle savait, ils ne savaient pas qu’elle savait. Avec un peu de finesse dans ses propos, dans quelques allusions bien placées, elle pourrait ainsi trier entre Josh ou Danielle ou bien les deux en même temps. Elle saisit sa tasse, la remplit de café, but un peu, marcha vers la porte d’entrée, sortit et ramassa son journal avant de rentrer et de refermer à l’aide du pied. Elle jeta un regard sur l’horloge. Six heures était l’une des meilleures heures. Les gens n’étaient pas encore vraiment levés, le jour non plus. Ce moment était comme dix longues minutes en suspens entre deux états. Pas tout à fait vivant, pas tout à fait mort. Avant ces dix minutes, le silence régnait avec l’obscurité, après cet instant, la vie reprenait son cours avec tout le chaos ambiant, euphorisant. Elle s’assit devant le comptoir, ouvrit le journal et se plongea dans quelques articles en évitant les rubriques inutiles qui consistaient à raconter la vie des gens. Elle tourna les pages et s’arrêta sur la rubrique nécrologique. Qui était mort, à qui avait-elle encore survécu ? C’était ainsi qu’elle le voyait. Après en avoir fait le tour, elle passa sur des articles plus intéressants concernant le monde, l’économie, la politique. Elle devait l’admettre, ce qu’elle était en train de faire était ce que faisaient des milliers de personnes à cette seconde précise. Très vite, elle écarta cette pensée de sa tête qui lui embrumerait son humeur. Une fois fait, elle se leva, partit allumer la télévision et rejoignit la salle de bains. Elle posa sa tasse sur le rebord du lavabo, se scruta un peu dans le miroir, passa ses deux mains dans ses cheveux et ôta sa chemise pour se faufiler sous la douche. Comme tous les matins, elle se laverait, se préparerait, s’habillerait, déjeunerait, se mettrait à jour sur les actualités extérieures pendant que sa blonde dormait paisiblement. Après une heure et demie, vêtue d’un jeans foncé et d’un haut noir moulant dont le col en V dévoilait la naissance de sa poitrine, elle pénétra dans la chambre. Evidemment, Sarah dormait à poings fermés, malgré les quelques bruits qui résonnaient dans la demeure. Elle secoua la tête en souriant, anticipant déjà le déroulement du réveil de son amour. Elle glissa doucement sur le lit, s’accouda sur son bras gauche pour faire face à Sarah et ramena très tendrement sa main sur sa joue pour la lui frôler du bout des doigts. La voix basse, elle brisa ce silence.

Faith : C’est l’heure de se réveiller, beauté blonde.

Cette dernière émergea lentement, très lentement de son sommeil, de ses rêves agréables. Elle garda cependant ses yeux fermés parce qu’elle savait et sentait Faith près d’elle la caresser, la câliner et faire naître ses doux frissons. Elle aimait le matin, du moins, ce moment qui consistait à avoir toutes les attentions de son professeur. Seulement, son cerveau se remit en fonction pour lui rappeler que la semaine n’était pas terminée. Elle grommela d’abord doucement, mais songea aussitôt que la semaine se finissait aujourd’hui avant le week-end ! Elle entreprit alors d’ouvrir ses yeux émeraude, juste un peu pour voir le visage de son professeur. Elle aimait sentir ses parfums mais détestait l’idée de devoir se lever. Elle cligna des paupières, se rapprocha un peu d’elle, et alla enfouir son visage vers le creux de son épaule afin de se dissimuler de la lumière du jour. Sa main agrippa doucement son jeans et sa petite voix cassée et implorante résonna.

Sarah : Encore cinq minutes.

Faith jeta un regard sur la montre en songeant justement qu’elle avait attendu le tout dernier moment pour la réveiller pour lui faire plaisir. C’était un de ces moments où elle devait faire abstraction à ses frissons, à cet effet que Sarah avait sur elle, sur ses émotions. Sa main glissa dans ses cheveux dorés en posant un doux baiser sur sa tête et répondit.

Faith : Non… Il est sept heures trente, on a cours dans une heure toutes les deux. Lève-toi, ma puce.

Sarah savait que Faith était patiente comme elle savait qu’elle pouvait encore un peu rester au lit. Elle se blottit contre elle, enlaça son bras autour de sa taille. Elle esquissa un petit sourire, les yeux clos et prit une autre petite voix de petite fille.

Sarah : On n’y va pas.

A présent, en voyant que Sarah usait de son côté petite fille, Faith était, donc, contrainte d’user de son côté moins patient et plus ferme. Tous les matins avant la reprise des cours, elle nourrissait l’espoir que Sarah se réveillerait après deux tentatives. Seulement, encore une fois, ce matin-là n’était pas le bon. Elle se recula, se dégagea de Sarah et quitta le lit pour la forcer à se lever en rajoutant d’un ton plus sec.

Faith : Lève-toi.

Elle jeta un regard sur sa montre.

Faith : Cinquante-trois minutes avant le départ. Vas te doucher et le p’tit déj est prêt. Je t’attends dans la cuisine.

Sarah entendit la porte se refermer plus brusquement pour la couper dans son réveil qu’elle avait jusqu’alors apprécié. Elle se redressa, agacée, mais se résigna à sortir du lit. Elle resta assise quelques secondes le temps d’émerger, de regarder alentour, de se resituer, de réfléchir aussi à sa tenue. Elle bailla un peu et constata qu’effectivement, Faith avait attendu longuement avant de la réveiller. Elle se recoiffa un peu de sa main et se traîna hors du lit pour marcher jusqu’à l’armoire, sa main devant sa bouche pour bailler encore. Elle détailla les étagères, saisit une de ses jupes, un petit haut, et ouvrit le tiroir pour prendre un ensemble de sous-vêtements ainsi que des bas noirs qui seraient assortis à ses bottes. Elle se résigna à aller dans la salle de bain, laissa tomber sa nuisette sur le sol, et entra dans la cabine de douche. Cinquante-trois minutes était court. Elle aimait passer du temps sous l’eau chaude et davantage devant le miroir, mais ce matin serait comme tous les autres et elle devrait se dépêcher. Elle n’était pas d’humeur à entendre d’autres remontrances de Faith. Elle avait moins de répartie le matin et Faith avait deux heures d’avance sur elle en matière de remise en fonction du cerveau. Elle se hâta donc de se laver, de se sécher, de s’habiller et prit sa trousse de maquillage ainsi que sa brosse. Elle finirait dans sa voiture devant le campus si elle voulait avoir le temps de déjeuner. Elle s’attacha rapidement les cheveux à l’aide d’un bâton de bois verni, et quitta la pièce pour aller rejoindre Faith dans la cuisine. Elle la détailla comme d’habitude, était assise devant le comptoir, sa tasse de café noir dans une main, la cigarette dans l’autre, le journal sous ses yeux. Elle prit quelques secondes en songeant à la veille, à cette fabuleuse étreinte et à ce merveilleux cunnilingus sur la table de travail qui lui avait fait perdre l’esprit, mais qui lui avait aussi fait oublier son cadeau. Elle devrait donc être un peu plus sage, moins râleuse ce matin. Elle saisit un beignet dans une assiette que Faith lui avait préparée, et posa un baiser sur sa joue avant de contourner le comptoir et de l’enfourner dans sa bouche. Elle lui lança un coup d’œil pour s’assurer qu’elle ne regardait pas. Elle ouvrit le placard sous l’évier, en sortit son petit sac et saisit le petit paquet enveloppé dans un papier coloré. Autour de ce dernier était attaché un petit nœud de tissu rouge. Elle se redressa et sourit en lui posant devant ses yeux.

Sarah : Pour toi…

Sans bouger, Faith leva ses yeux sur le petit paquet devant elle avant de le poser sur sa blonde en face d’elle. Son sourire complètement charmé revint sur ses lèvres tandis qu’elle constatait encore une fois que son bébé n’avait pas pu attendre le mois suivant pour offrir son cadeau. Elle la détailla un instant et répondit, taquine.

Faith : T’es sûre ?

La petite blonde arqua les sourcils et refit le tour du comptoir en prenant cette fois sa tasse. Elle vint se faufiler entre les cuisses de Faith pour la détailler de son petit sourire.

Sarah : Oui, je suis sûre. C’est pour compenser ton agacement matinal et me faire pardonner sans pour autant te demander de me dispenser du devoir que tu nous donneras tout à l’heure.

Sur cette réplique qui signifiait beaucoup de choses à la fois, Faith rit doucement et secoua la tête. Son bras s’était enroulé autour de la taille de son élève pour la garder bien contre elle, apprécier ses parfums, son contact, la finesse de son corps. Elle saisit le paquet, tout de même ravie et reprit.

Faith : Tu cherches à me culpabiliser pas vrai ? Sarah ne la quitta pas des yeux, le regard amoureux.

Sarah : Et ça marche ?

Faith leva à peine le menton pour la scruter du coin de l’œil sans quitter son petit sourire arrogant. Sans prévenir, elle lui vola un baiser avant de déballer son cadeau.

Faith : Non. Je préfère le côté « te faire pardonner » que celui « me faire culpabiliser ».

Sarah la détailla ouvrir l’écrin de velours qui renfermait une jolie montre à gousset en argent. Une montre de collection, d’époque, faite à la main par un horloger, caractéristique du début du siècle dernier dont les motifs étaient sobres mais révélaient toute la finesse du bijou. Elle releva ses yeux brillants dans les siens.

Sarah : Elle te plaît ?

Faith leva les sourcils sur cette question qui lui paraissait inutile. Elle était impressionnée par le choix du cadeau de Sarah. Faith portait beaucoup d’attention au temps et aimait particulièrement les montres, surtout les plus anciennes qui étaient souvent les plus précises et les plus durables. Dans ce bijou, il y avait la qualité du boîtier, mais aussi le travail minutieux accompli par un seul homme. Elle préférait ce genre de montre à celles qui se faisaient à présent. Elle pouvait la tenir dans sa main, comme si elle tenait le temps entre ses doigts. La texture du métal précieux glissait merveilleusement sous son pouce, comme si ce présent avait été fait pour sa main et non celle de quelqu’un d’autre. Ses yeux sur cet objet, elle répondit.

Faith : Je l’adore.

Elle releva ses yeux brillants d’émotions sur Sarah pour lui sourire tendrement. Sa mai, se posa sur sa joue pour que son pouce glisse aussi méticuleusement sur ses lèvres qu’il l’avait fait sur ce bijou avant d’y déposer les siennes en murmurant.

Faith : Et je t’aime.

Sarah était aux anges. Elle prolongea le baiser quelques secondes et se recula pour la détailler. Elle leva les sourcils dans une expression anodine.

Sarah : Ça veut dire que je vais avoir droit à une faveur ?

Faith sourit plus amusée sur cette question en remarquant que Sarah ne perdait pas le nord. Sa main glissa de son dos à ses fesses dans un long frisson et elle répondit.

Faith : Tu as déjà droit à toutes mes faveurs, ma puce.

Sarah le savait, mais elle tentait toujours de gagner quelques points. Après tout, à force d’obstination, Faith finirait bien par céder. Elle garda tout de même son sourire et posa un baiser sur ses lèvres avant de se dégager de ses cuisses et de boire quelques gorgées de sa tasse. Elle contourna le comptoir pour la poser dans l’évier.

Sarah : C’est vrai. Et je dois dire qu’elles sont nettement mieux.

Elle saisit son sac à main, un autre beignet, pendant que Faith partait vers son bureau. Elle la suivit donc en continuant de manger.

Sarah : Au fait... Ce soir, on va visiter la chambre de Jennifer avec les autres. J’ai promis à Dan’ que je viendrai.

Faith se posta devant une petite étagère en bois verni collé au mur et ouvrit les vitres pour y poser l’écrin ouvert sur sa montre. Elle l’ajusta minutieusement de façon à ce qu’elle prenne sa place entre les quatre autres.

Faith : Vas visiter la sienne, ce sera plus intéressant.

Sarah tourna un peu autour du bureau de Faith où étaient encore posés les dossiers, les photos du meurtre. Elle continua de manger son beignet en repensant à ce crime, à sa discussion avec Faith.

Sarah : Tu crois qu’elle aurait pu garder un souvenir ?

Faith referma sa petite étagère avant de se tourner vers elle pour la détailler.

Faith : Si « il » ou « elle » ou les deux veulent faire un remix de l’affaire James Travers, ils doivent garder une preuve, une sorte de trophée.

Elle jeta encore un regard sur sa montre et saisit sa sacoche au pied de son bureau.

Faith : On y va. Au fait, demain on part à New York.

Sarah la suivit hors du bureau, ravie de cette annonce. Elle et Faith n’avaient pas quitté Boston depuis presque trois semaines. Elle sortit avec elle. Dès que Faith se tourna, elle glissa sa main sur le bas de son dos avant d’atteindre ses fesses fermes.

Sarah : Il y a mon cadeau à New York ?

Faith se mordit la lèvre inférieure en tressaillant de tout son long contre Sarah. Ses yeux toujours brillants la gardaient dans leur champ de vision afin de s’imprégner de ses traits. Ses doigts longèrent les contours de son visage de ses tempes à ses joues avant d’y plaquer ses mains et de l’embrasser aussi tendrement que langoureusement. Déjà son corps se réchauffait sur ce simple baiser dans lequel elle répondit, la voix plus basse.

Faith : Ça se pourrait.

Sarah sourit sur les lèvres de son professeur avant d’y refermer les siennes. Elle frissonna de ce baiser, des autres attentions de son amante, et rompit le contact avant que son inférieure ne glisse entre ses dents. Elle savait qu’elle ne devait pas demander quel serait son présent, mais l’excitation se faisait grandement sentir. Elle resta collée à elle et la dévisagea pour s’imprégner de ses traits fins, de sa beauté ténébreuse et envoûtante.

Sarah : Alors on se voit en classe miss Ryan.

Faith se laissait bercer et envahir par tous ses frissons électrisants. Quoi de mieux pour être de bonne humeur avant de travailler ? Elle profitait de ces toutes dernières secondes où elles avaient encore la paix, où elles étaient dans leur cocon intime. La voix toujours basse, elle répondit en lui repoussant une mèche de cheveux de son doux visage.

Faith : N’oublie pas que je t’aime, je n’oublie pas que tu m’aimes…

Sarah coinça la lanière de son sac sur son épaule et ramena sa main sur la joue de Faith en glissant son pouce sur ses lèvres. Elle aimait cette petite réplique bien à Faith qu’elle lui répétait pratiquement tous les matins avant qu’elles ne soient séparées pour le reste de la journée. Elle termina comme d’habitude.

Sarah : Et je n’oublie pas que je suis à toi et que tu es à moi.

Faith sourit sur cette réponse possessive et lui vola un autre baiser avant de se reculer à contrecœur en lui faisant un clin d’œil. Cet instant était celui qu’elle n’aimait pas, celui où elle n’avait aucune vision sur Sarah. Non pas parce qu’elle voulait la surveiller, mais elle voulait surveiller les personnes autour d’elle. Elle finit tout de même par monter dans son quatre-quatre, mais attendit que Sarah se soit engagée sur la route pour la suivre.

*********

Sarah repassait en mode étudiante et retrouvait ses habitudes matinales. Elle avait glissé un CD dans le lecteur, avait forcé le volume, et profitait de chaque feu de circulation pour s’arrêter, se coiffer ou se maquiller. En roulant tranquillement, sans se presser, ses pensées vagabondaient. Elles partaient sur le campus, sur ses amis, puis les quelques soirées qui seraient organisées au cours du mois. Elle songeait aussi aux examens du prochain semestre, à sa vie avec Faith, et même parfois à sa propre mère. Avant tout, elle se hâtait de finir cette journée afin de rentrer, de retrouver déjà Faith et de faire leur valise pour partir à New York le lendemain. Elle se plaisait à faire un bilan de sa vie, certes courte, mais riche sur tous les plans malgré son jeune âge. Elle se félicitait de son intelligence, de son ingéniosité, de son cursus sans faute à Harvard, et évidemment de sa vie avec son professeur depuis trois ans. Si elle pouvait remercier sa mère sur un unique point, celui-ci était d’être une belle jeune femme. Non seulement son visage était fin avec des traits particulièrement attirants, mais elle avait un petit corps sculpté, cent pour cent naturel, avec tout ce qu’il fallait avoir où il fallait l’avoir. Certes, elle l’entretenait d’ores et déjà afin de le conserver pour les prochaines années, mais elle admettait cette chance d’être bien tombée à sa naissance. Elle sortit de ses pensées en entendant le téléphone sonner et baissa le volume de sa musique. Le volant dans sa main, elle baissa rapidement ses yeux sur le nom du destinataire et fronça les sourcils en voyant que ce dernier n’était autre que sa mère. Elle préféra donc ne pas répondre et le remit à sa place jusqu’à ce que les sonneries s’arrêtent. Chose faite, elle remonta le son, mais les parasites indiquant l’arrivée d’un deuxième appel lui brouillèrent la chanson. Elle rebaissa donc, agacée, et répondit avant de ramener son portable à l’oreille. L’expression sur son visage changea du tout au tout et elle sourit d’un air faussement enjoué.

Sarah : Bonjour maman.

# Bonjour Sarah.

Comme une fois par mois, sa mère avait certainement reçu un appel du comptable lui rappelant qu’elle avait une fille à qui elle payait des études hors de prix dans cette université hors de prix. Elle entendit sa voix familière où elle n’avait aucun mal à imaginer son visage mesquin, prétentieux, qui était celui de sa mère.

# Comment vas-tu ?

Sarah se retenait de lui dire tout haut ce qu’elle pensait et imaginait sans la moindre gêne, notamment le fait que son professeur de criminologie avait une langue délicieuse capable de la faire jouir comme jamais, elle, n’avait pu jouir avec tous ses amants. Amants qu’elle avait finis par tous appeler John pour se simplifier la vie. Elle se souvenait encore du dernier, ce jour où elle avait surpris sa mère en train de se faire prendre par son amant qui n’était autre que le jardinier. Elle en était encore dégoûtée. Cela s’était produit peu de temps avant que Faith ne la ramène un soir chez elle sans prévenir. Elle ne laissa rien transparaître.

Continuer : partie 3 sur 4