Psycho

Kyrian Malone · Chapitre 1 sur 1 · partie 4/4

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Psycho

Ce roman a été écrit par de…

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 4 parties.

Sarah : Tu veux vraiment le faire avec Dan’ ? Faith sourit légèrement sur cette question.

Effectivement, cela faisait partie d’un de ses fantasmes et elle n’avait pas imaginé une seule seconde, le cacher à Sarah.

Faith : C’est un de mes fantasmes, mon ange, mais on n’est pas forcé de le faire si tu n’en as pas envie.

Sarah redressa son visage et afficha un petit sourire joueur et non plus coquin.

Sarah : Tu fantasmes parce que tu sais qu’elle a tué quelqu’un, ou juste parce que c’est une petite blonde sexy comme moi ?

Faith plissa les yeux en marquant une courte pause, son regard pétillant sur son bébé.

Faith : Les deux, sans doute…

Sarah ramena son visage dans le cou de son professeur et effleura ses lèvres sur sa peau autant que son nez s’y frottait en recherche de ses effluves apaisants.

Sarah : Quand j’ai imaginé Dan’… Tuer Jenn’… Ça m’a fait mouiller…

Faith se mordit la lèvre inférieure sur cet aveu qui l’excitait encore.

Faith : Et moi, je mouille en vous imaginant dans un lit, seules avec moi…

Sarah le comprenait. Le tableau était excitant. Elle redressa son visage pour jauger son amour.

Sarah : Mais on ne la tue pas, parce que je n’ai qu’elle comme amie et j’y tiens…

Faith lui repoussa attentivement une mèche de cheveux avant de poser un baiser sur le bout de son nez.

Faith : Non, on ne la tue pas… Elle se recula un peu pour la fixer.

Faith : On va juste lui montrer la réalité des choses dans lesquelles elle veut plonger.

Un sourire malicieux étira les lèvres de Sarah en comprenant les pensées de Faith. « Montrer la réalité » signifiait dévoiler ce qu’elles partageaient en toute intimité depuis trois ans. Danielle n’avait pas la moindre idée de ce qui l’attendait. Elle vit son professeur ramasser son haut pour le lui enfiler et se laissa faire tout en réfléchissant.

Sarah : Tu lui fais confiance… Ce n’est pas dans tes habitudes.

Faith : C’est vrai… Mais elle a déjà tué quelqu’un, et je le sais, d’autant que je peux le prouver, ce qui lui donne un point de pénalité…

Sarah la détailla un instant, plus pensive, l’air plus sérieux.

Sarah : Tu veux la faire chanter ? Faith leva les sourcils.

Faith : Le chantage, c’est pour les imbéciles, ma puce, tu le sais ça… Non, si elle est aussi intelligente que je le crois, elle sait déjà qu’elle ne devra pas faire de faux pas avec moi…

Sarah lui repoussa attentivement ses cheveux bruns, les sourcils froncés.

Sarah : Mais qu’est-ce qu’elle t’a dit après le cours ?

Faith saisit la tasse de café que son bébé lui avait préparée et but un peu.

Faith : Elle m’a posé des questions sur votre exercice qui étaient totalement transposables à la mort de Winston… Je n’ai eu qu’à lui demander si elle aimait les ours en peluche pour savoir qu’elle avait tué cette fille.

Sarah sourit et comprit quelle était donc la réponse de l’exercice que Faith lui avait proposé la veille. Elle se redressa et marcha vers son sac à main pour fouiller dedans.

Sarah : Tu veux que je l’appelle ?

Faith reprit un petit sourire signifiant qu’elle avait déjà un plan derrière la tête.

Faith : Je vais l’appeler… Danielle est peut-être très bonne comédienne, mais son ego risque de la perdre.

Sarah revint vers elle et lui tendit son téléphone.

Sarah : Et c’est quoi ton plan ?

Faith saisit le portable et le régla pour le mettre en mode anonyme.

Faith : Jouer au professeur attentionné.

Sarah sourit, amusée, et tira un tabouret où elle s’assit. Elle tira Faith entre ses cuisses en la détaillant ramener le portable à son oreille et patienta pour écouter.

# Oui ?

Faith reprit un sourire malicieux en entendant la voix de Danielle à l’autre bout. Entre les cuisses de sa blonde, près du plan de travail, elle ramassa le soutien-gorge de son bébé du bout de son index pour le balancer un peu devant ses yeux.

Faith : Miss Reevers, Faith Ryan à l’appareil.

*********

Dans sa chambre, Danielle marqua une pause, intriguée. Son professeur l’appelait ? Pour quelle raison ? Elle n’avait pu retenir son petit sourire de revenir sur ses lèvres. Elle était assise derrière son bureau et était justement en pleine préparation de son personnage. Elle se cala contre le dossier.

Danielle : Qui vous a donné mon numéro miss Ryan ?

# Je suis ton prof, j’ai tous les numéros dont j’ai besoin.

Danielle se redressa et marcha jusqu’à son lit où elle se laissa tomber sur le ventre. Elle s’accouda, l’appareil à l’oreille, et joua avec ses mèches de ses doigts.

Danielle : Et que vaut l’immense privilège de votre appel ? Des félicitations pour mon dernier devoir ? Vous pouvez le dire, j’étais brillante !

# Un rendez-vous, en tout bien tout honneur, évidemment.

La lèvre inférieure de Danielle se coinça entre ses dents sur cette proposition. Ses yeux sur plissèrent.

Danielle : Vous pouvez enlever le tout bien tout honneur…

# J’ai quelque chose à te montrer, rejoins moi au Parc de la quatrième.

Danielle hésita. Dans une heure et demie, elle avait rendez-vous avec Seth, Josh et Sarah pour cette fausse enquête. Seulement, cette proposition était bien trop intéressante pour qu’elle ne la refuse. De plus, son but avait été d’attirer l’attention de mademoiselle Ryan et cela était réussi. Elle se redressa.

Danielle : Ok… Laissez-moi une demi-heure, je ne suis pas habillée.

*********

Faith gardait son sourire aux coins de ses lèvres en fixant son bébé en face d’elle, le regard malicieux.

Faith : Alors, habille-toi et rejoins-moi là où je te l’ai dit.

# A tout de suite miss Ryan…

Elle entendit raccrocher et évidemment, Sarah s’empressa de demander.

Sarah : Elle est d’accord ?

Faith : Sans hésitation.

Le téléphone de Sarah sonna et cette dernière le prix des mains de Faith en devinant évidemment que Danielle rappelait.

Sarah : Elle va annuler notre rendez-vous… Elle décrocha.

Sarah : Oui ?

# Je ne vais pas pouvoir venir, je dois voir quelqu’un…

Sarah sourit, amusée et fit mine de demander, curieuse.

Sarah : Ah oui ? Et qui ?

*********

Danielle hésita. Elle connaissait les penchants de Sarah pour Faith mais elle ne souhaitait pas lui mentir.

Danielle : Avec Ryan… Elle doit me montrer un truc.

# Tu plaisantes ?

Danielle se retrouva mal à l’aise et posa son chemisier cintré sur son lit.

Danielle : Je te raconterai… C’est peut-être au sujet du cours puisque je lui ai demandé quelques trucs sur notre exercice. Mais t’en fais pas, on sera dans un parc, Sarah… Je ne vais pas la violer devant tout le monde !

*********

Sarah gardait son petit sourire tout en ajustant le col de la chemise de Faith.

Sarah : Je plaisante, tu fais ce que tu veux, tant que tu me racontes après.

Elle entendit la voix de Danielle se faire plus enthousiaste.

# J’ai rien prévu de toute façon mais je te rappelle en rentrant ou pendant le week-end.

Sarah : Tu as intérêt oui…

# Alors à plus tard… Bye.

Sarah raccrocha et fixa son amour. Elle tenta tout de même.

Sarah : Je peux venir ?

Faith plissa les yeux en détaillant son amour, le sourire aux lèvres. Apparemment, Danielle était enthousiaste à l’idée de la rencontrer, comme elle s’en était doutée. Ses doigts repoussèrent une mèche de cheveux de son bébé avant qu’ils n’effleurent sa joue et répondit.

Faith : Tu peux…

Sarah sourit plus enthousiaste à son tour et se leva. Elle vola un baiser à son professeur et partit vers le couloir.

Sarah : Je vais me changer !

Faith rit un peu en voyant de nouveau ce côté enfantin revenir dans les réactions de son élève. Après avoir joui sur ses doigts, l’innocence de son bébé revenait, comme si elle repartait dans son adolescence où elle était encore une jeune fille vierge. Elle se lava les mains et ouvrit le frigo pour saisir une petite bouteille d’eau, ainsi qu’un yaourt à boire. Elle s’accouda en arrière contre la plan de travail en réfléchissant à ce rendez-vous avec l’autre blonde, ainsi qu’à sa courte discussion avec elle. Elle but une gorgée de son yaourt et poursuivit dans ses songes. Elle se dirigea vers son bureau, saisit quelques documents qu’elle rangea dans sa sacoche et revint dans le salon.

Sarah la rejoignit après quelques minutes, habillée cette fois d’un de ses jeans taille basse qui révélaient l’os de ses hanches. Elle avait enfiler un autre soutien-gorge et un débardeur écru par-dessus, à peine transparent. Elle saisit son sac.

Sarah : On peut y aller ?

Evidemment, Faith l’avait détaillée revenir dans cette tenue plus décontractée, moins aguicheuse, mais qui dévoilait quelques belles courbes du corps de sa blonde. Elle s’approcha de l’entrée et saisit sa petite veste en cuir noir qu’elle enfila avant d’ouvrir la porte à son amour.

Faith : On peut y aller…

Elle la laissa sortir en la suivant des yeux et referma derrière elle avant de marcher vers le gros quatre-quatre garé devant la maison. Elles y montèrent toutes les deux, Faith alluma une cigarette en ouvrant la vitre et recula pour reprendre la route. Elle l’observa du coin de l’œil.

Faith : Tu as mis des sous-vêtements ?

Sarah rit doucement sur cette question qui, effectivement, impliquait qu’elle n’en mettait pas toujours.

Sarah : Le jeans, quand il frotte contre mon petit minou, c’est pas très agréable !

Sur ce genre de réplique où Sarah usait de ce genre de petit mot, Faith percevait toujours cette chaleur l’envahir en songeant justement que ce petit minou en question était à elle. Sa main se glissa sur sa cuisse en affichant un petit sourire satisfait et fier.

Faith : C’est beaucoup mieux quand il frotte autre chose ou qu’il est à l’air libre…

Sarah rit encore, amusée par cette conversation. Elle se reprit, son regard vers la vitre, et fixa de nouveau Faith, plus sérieuse.

Sarah : Tu comptes lui dire quoi au fait ? parce que de nous voir arriver ensemble, elle va se poser des questions.

Faith avait repris son sérieux sur cette question. Faith : Je saurai quoi lui dire, ne t’en fais pas… Elle marqua une courte pause en lui lançant d’autres regards attirés.

Faith : Tu as pensé à ce que tu veux faire après ton diplôme ?

« Non » pensa Sarah, pour la simple et bonne raison qu’elle ne se voyait pas ailleurs que sur le campus !

Sarah : Pas vraiment…

Faith soupira silencieusement en constatant que Sarah se fichait éperdument de son avenir.

Faith : Ma puce… C’est dans trois mois… Tu dois bien avoir envie d’intégrer un cabinet ou d’être embauchée quelque part pour le diplôme que t’auras eu.

Mais Sarah ne voyait pas les choses ainsi. Elle tenta dans une justification.

Sarah : Je n’y ai pas réfléchi, puis je suis trop jeune et j’ai encore beaucoup de choses à apprendre… Je ne me sens pas prête…

Faith sourit légèrement sur cette explication qui signifiait plutôt que Sarah ne voulait surtout pas s’éloigner, ni provoquer un quelconque changement dans leur vie.

Faith : Vingt-trois ans, ce n’est plus trop jeune, même si ce n’est pas vieux…

Elle se pinça les lèvres en lui lançant un autre regard et reprit.

Faith : Tu voudrais plutôt qu’on réfléchisse plus sérieusement à ce dont on avait parlé il y a quelques semaines ?

Sarah fronça les sourcils, plus perplexe, et fouilla dans sa mémoire pour savoir à quoi Faith faisait référence. Quand elle se rappela de ce projet d’enfant, son sourire revint illuminer son visage.

Sarah : Tu y as réfléchi toi ?

Faith : Tu crois que je te dis ça par hasard ? Sarah plissa les yeux en la détaillant et tenta.

Sarah : Tu sais que si on y arrive, et que je tombe enceinte, ce n’est même pas la peine de songer à vouloir un poste… Faith sourit.

Faith : C’est pour ça que j’ai employé le mot « plutôt ».

Sarah détailla son profil en comprenant qu’une fois de plus, Faith avait vu clair dans son jeu. Elle se repoussa quelques mèches dorées et avoua.

Sarah : Je ne me sens pas de passer tout ce temps loin de toi… Une journée c’est trop long, et même quand on est en cours, au moins, on se croise et je t’ai pratiquement tous les jours… Si je travaillais vraiment, on se verrait plus, je ne pourrai pas le supporter, tu ne te rends pas compte, plus de douze heures loin de toi, c’est pas possible !

Faith se mordit légèrement la lèvre inférieure sur cette déclaration. Ses yeux s’étaient mis à briller au fil des paroles de Sarah. Même si elle souhaitait que celle-ci puisse faire carrière ou encore profiter de sa capacité à réfléchir, elle n’avait pas cette certitude à la voir s’éloigner. Elle savait que si Sarah intégrait une société, un cabinet ou encore le FBI, elle ne la verrait pas aussi souvent, elle se soucierait de savoir qui l’entoure, qui lui parle, comment elle serait traitée. Malgré ce côté assuré que son bébé dégageait aux yeux de tout le monde, Faith la savait plus fragile à l’intérieur dès que ses repères changeaient. Faith avait pris l’habitude de s’occuper d’elle, de la protéger, de la préserver, de l’aider à se forger une solide personnalité qui ferait obstacle à toutes attaques quelles qu’elles soient.

Faith : Alors, on va réfléchir à ce bébé toutes les deux.

Le sourire de Sarah ne pouvait plus la quitter sur cette réponse. Sa main vint prendre celle de son professeur pour la ramener entre les siennes. Elle se sentait plus soulagée, rassurée. Elle ne souhaitait pas quitter ce cocon protecteur qu’elle avait trouvé depuis trois ans. Même si un travail n’impliquait pas un éloignement permanent, elle préférait encore rester chez elle si elle ne pouvait pas redoubler. Elle la fixa et conclut donc.

Sarah : Moi je suis prête… Ça ne dépend plus que de toi.

Faith le savait déjà.

Faith : Bien… Alors, j’y réfléchirai plus posément.

Elle se gara le long du parc où elle avait rendez-vous avec Danielle, tandis que la nuit était tombée. Elle décrocha sa ceinture et regarda sa montre.

Faith : J’y vais, tu restes là…

Elle se pencha vers Sarah et posa un baiser sur ses lèvres.

Faith : Je reviens dans dix minutes, ma puce. Sarah lui sourit tendrement et la regarda quitter le véhicule. Il était certain qu’il valait mieux que Faith se présente seule devant Danielle dans un premier temps. L’accompagner aurait provoqué trop de questions de la part de sa meilleure amie. Elle remit le contact de la voiture et alluma la stéréo pour patienter tranquillement.

*********

Danielle se gara non loin du quatre-quatre de son professeur et vit cette dernière debout sur le trottoir. Son sourire était déjà sur ses lèvres, impatiente de savoir ce que mademoiselle Ryan avait à lui dire. Elle coupa le moteur de sa New Beettle et en descendit tout en rajustant son jeans sur ses fesses. Elle referma et marcha vers elle tranquillement avant de s’arrêter. Dans un signe de tête, elle se repoussa quelques mèches dorées.

Danielle : Un rendez-vous dans un parc, ça me fait penser à ce genre de film où les deux suspects doivent se mettre d’accord pour le plan B… Mais on n’a pas encore prévu de plan A, alors ça marche pas pour nous pas vrai ?

Faith avait légèrement souri sur ces remarques qui sous entendaient encore un ego et une assurance exacerbée de la part de Danielle.

Faith : Je n’ai pas besoin de plan… Mais il faut croire que ce que j’enseigne me colle à la peau…

Elle baissa son regard sur sa sacoche, à ses pieds et en sortit des clichés de la scène du crime de l’affaire Winston. Elle se redressa et les tourna devant les yeux de son élève en souriant.

Faith : Tu voudrais que je t’évalue sur ça ?

Le petit sourire de Danielle se fit plus malicieux. Elle saisit les photos, les passa en revue une à une, et releva son regard espiègle dans le sien.

Danielle : C’est le prochain devoir miss Ryan ? Vous voulez quoi en échange ?

Faith avait un tas d’idée concernant cet échange, des plus logiques au plus inattendues. Si Danielle savait le centième de ce qui passait dans sa tête, peut-être reviendrait-elle sur cette proposition. Elle se pinça les lèvres en faisant de même avec son sourire et reprit un peu son sérieux. Elle croisa les bras, les photos dans la main.

Faith : Le chantage, c’est pour les imbéciles, miss Reevers, je ne négocie jamais.

Danielle esquissa un petit mouvement d’épaule et se repoussa sa frange dégradée sur le côté. Elle imita la même position, la tête à peine penchée sur le côté.

Danielle : Vous m’avez appelée pour un rendez-vous personnel ou un cours particulier ?

Elle sourit toute seule.

Danielle : Quoi que les deux me vont en fait… Faith sourit légèrement en la détaillant.

Faith : Je suis là pour te recommander d’attendre avant le prochain…

Danielle détourna son regard, l’air plus perplexe.

Danielle : Le prochain ?

Elle la fixa de nouveau faisant mine de ne pas comprendre.

Danielle : Le prochain quoi ? Type que je vais me faire à la sortie d’un bar ?

Faith ne bougea pas, ni ne la quitta des yeux.

Faith : Tu me prends pour une débutante, Dan’ ?

La lèvre inférieure de Danielle disparut entre ses lèvres. Bien sûr qu’elle savait que son professeur savait, mais ce petit jeu du chat et de la souris l’excitait. Elle était la souris et Faith lui courait après, ou peut-être l’inverse. Elle se pinça les lèvres et fit un pas vers elle avant de la fixer et de répondre d’une voix plus secrète.

Danielle : Pas vous, miss Ryan…

Faith restait immobile, lisait dans le jeu de son élève qui s’était approchée. Cette dernière ne manquait pas d’audace et demeurait sur ses positions arrogantes et assurées. Danielle était aveuglée par ce jet d’adrénaline auquel elle avait dû goûter lors de la mort qu’elle avait infligée à Jennifer Winston. Danielle se pencha à peine à son oreille et prit une voix confidentielle.

Danielle : Vous n’avez pas de preuve…

Faith arbora un petit sourire tout aussi arrogant sur ces mots, sur cette proximité. Bien que son imagination était nourrie par le comportement de Danielle, elle ne bougea toujours pas et la vit se reculer. Son élève engageait un jeu dangereux si elle partait dans cette direction.

Faith : J’ai toutes les preuves dont j’ai besoin et tu le sais, mais on ne parle pas de ça… Je ne suis pas venue pour chercher qui a le plus d’atouts dans son jeu.

Danielle la détailla sans quitter son léger sourire et se recula à peine pour se caler contre le rebord de sa voiture. Ses mains se posèrent sur le capot.

Danielle : C’est vous… C’est forcément vous… Mais dites-moi ce que vous êtes venue chercher ?

Faith détourna un instant son regard vers sa voiture pour entrapercevoir Sarah à l’intérieur, et s’humidifia les lèvres en le baissant. Elle fit un pas vers Danielle, ramena son pied sur le pare choc et se pencha sur elle en s’accoudant sur sa cuisse. Son visage près du sien, elle prit une voix plus basse, le regard brillant.

Faith : Rien n’est aussi puissant… Les sensations qui t’engloutissent, qui t’enfoncent dans un trou sans fin pour te faire rejaillir à toute vitesse et te donner l’impression que tu te décorpores tellement c’est bon…

Danielle ne l’avait pas quittée des yeux. Sa lèvre inférieure entre ses dents, elle admettait que cette description de la chose était parfaite. De par cette proximité avec son professeur, elle percevait une douce chaleur s’insinuer dans le creux de son ventre autant qu’elle sentait les parfums émaner de son professeur. Elle ne put s’empêcher de répondre.

Danielle : Rien, sauf le sexe…

Faith lui sourit et secoua doucement la tête en détournant le regard.

Faith : Parfois, même le sexe n’est pas à la hauteur…

Elle releva les photos devant son élève sans changer de position et la fixa.

Faith : Ca, c’est ta première fois, ta première dose, à te voir, à t’entendre, tu es partie pour devenir accro…

Danielle la fixa en prenant doucement conscience que son professeur ne parlait pas sans expérience. Cela continuait de la faire sourire et elle taquina.

Danielle : Vous voulez partager la deuxième avec moi, miss Ryan ?

Faith ne put s’empêcher de rire un peu, attendrie par cette question et détourna son regard. Danielle lui rappelait Sarah, mais la différence était que son amour avait été plus réfléchie, moins assurée. Elle tourna ses yeux sur une photo qu’elle mit en haut du tas et lui montra.

Faith : Non… Mais évite de t’en prendre aux peluches et attends de savoir quels sont tes vrais fantasmes ou tes désirs pour le deuxième… N’agis pas sous le coup des sensations.

Danielle se pinça les lèvres sur ces recommandations qui l’amusaient.

Danielle : Vous voulez en savoir un, de mes fantasmes ?

Faith afficha un sourire malicieux.

Faith : Je t’écoute.

Danielle baissa son visage en riant un peu. Elle restait arrogante, mais devait admettre que mademoiselle Ryan la décontenançait quelque peu. Elle humidifia ses lèvres en les pinçant légèrement et releva ses yeux bleus dans ceux noisettes de son professeur.

Danielle : Vous habitez loin ?

Sur cette question, Faith n’eut aucun besoin de temps pour comprendre que le fantasme de Danielle rejoignait un peu le sien, à peu de chose près. Même si cette situation l’excitait, même si elle savait qu’à cet instant, elle aurait pu faire n’importe quoi de son élève, Sarah était aussi bien présente dans sa tête, autant que dans ses désirs. Elle se redressa.

Faith : Je n’habite surtout pas seule.

Cette réponse intrigua Danielle bien qu’elle remarquait que son professeur ne refusait pas son sous-entendu audacieux. Elle-même s’en étonnait et s’en satisfaisait. Après tout, qu’avait-elle eut à perdre ? Elle se redressa, frotta ses paumes sur ses cuisses mais glissa ses doigts dans les poches arrières de son jeans. Elle s’approcha d’elle, plus près, assez près pour percevoir ses effluves et mieux capter la couleur perçante de son regard. Son léger sourire resta sur ses lèvres et elle répondit plus bas.

Danielle : Je ne suis pas jalouse…

Faith sourit, l’expression ravie et satisfaite. Elle jeta un nouveau regard vers sa voiture avant de fixer Danielle.

Faith : Bien… Alors, je garde ton petit secret, tu vas garder le mien…

Danielle plissa les yeux et les baissa sur sa main qui venait rajuster le pan ouvert du décolleté de Faith. Elle la provoquait et aimait cette sensation, ce constat de lui plaire, de se savoir désirée. Son professeur incarnait un fantasme et elle pourrait le réaliser comme les autres. Ses doigts lui effleurèrent le torse, juste au-dessus de sa poitrine, et son regard bleu remonta dans le sien, plus brillant.

Danielle : C’est quoi votre secret, miss Ryan ? Faith ne l’avait pas quittée des yeux et l’avait laissée faire pour voir jusqu’où Danielle était prête à aller. Avec un certain ravissement, elle la constatait ouverte, mais Danielle ne semblait pas savoir avec qui elle s’amusait à cet instant. Au fond d’elle, elle sentait naître cette vibration, ce bouillon d’envies qui nourrissait déjà quelques flashs imaginatifs, fantasmagoriques.

Faith : Suis-moi…

Danielle se redressa pour la suivre jusqu’au quatre-quatre. Seulement, quand elle vit Sarah à l’intérieur, ses sourcils se froncèrent et ses pensées équivalentes à son comportement aguicheur s’effacèrent de son esprit.

Danielle : Qu’est-ce que Sarah fait dans votre voiture ?

Faith sourit en ouvrant la portière conducteur et posa sa main sur le dessus en la fixant.

Faith : Je te présente mon petit secret, Dan’. Sarah fixa sa meilleure amie et lui sourit légèrement en accompagnant son expression d’un petit signe de main.

Sarah : Hey !

Danielle n’était plus certaine de comprendre. Elle fixa son professeur, puis sa meilleure amie, jusqu’à avoir ce déclic qui lui fit arquer les sourcils. Elle se recula à peine, comme pour prendre un peu de distance face à cette évidence.

Danielle : Putain… Vous couchez ensemble ?

Sarah rit doucement sur cette question et sortit du quatre-quatre. Elle le contourna et s’approcha de Danielle qu’elle voyait déboussolée. Elle tenta pour s’expliquer avant d’être fusillée de questions.

Sarah : Je t’ai rien dit parce que Faith me l’a demandé, mais je voulais t’en parler…

Danielle se repoussa quelques mèches de ses doigts, encore sous l’effet de cette annonce inattendue. Sarah lui fit un petit signe du pouce sur la voiture.

Sarah : Tu viens avec nous ?

Danielle acquiesça d’un petit signe de tête, bien que perturbée, sans réellement penser à son premier plan qui avait été de séduire Faith. Elle ouvrit la portière arrière mais accusa Sarah.

Danielle : Je ne peux pas croire que tu m’ais caché un truc pareil !

Faith suivit Sarah des yeux pour la voir entrer dans le quatre-quatre et fit de même pour démarrer. Maintenant, la souris était piégée ou Danielle avait croqué la pomme à pleines dents sans le savoir.

Cette dernière vint entre les sièges et fixa Sarah qui s’était mise de côté pour la détailler.

Danielle : Ça fait combien de temps que ça dure ?

Sarah sourit, fière de répondre.

Sarah : Ça va faire trois ans dans un mois… Danielle gardait une expression surprise, presque ahurie. Elle regarda son professeur qui ne disait rien et fixa de nouveau sa meilleure amie.

Danielle : Trois ans… Et je l’apprends qu’aujourd’hui ! Tu remets en question toute notre amitié ! T’es une garce de pas me l’avoir dit avant !

Sarah : Dis ça à Faith…

Pendant ce temps, Faith avait réglé son rétroviseur de manière à pouvoir détailler Sarah, puis Danielle. A travers ses quelques regards qu’elle leur lançait, son esprit allait bon train et son imagination se décuplait.

Faith : Un prof n’a pas le droit de coucher avec son élève.

Sur cette réponse, au lieu d’accuser Faith, Danielle accusa Sarah.

Danielle : Mais tu n’es plus vierge !

Faith ne put s’empêcher de rire en levant les sourcils dans une expression d’évidence. Sarah l’imita, le regard rieur sur sa meilleure amie.

Sarah : Mais je sais jouer les vierges et c’est un excellent exercice pour détourner toute l’attention…

Elle reprit tout de même son sérieux pour s’expliquer.

Sarah : Si je t’avais dit le contraire tu m’aurais demandé avec qui je couche et je n’aurais pas pu te répondre…

Danielle se pinça les lèvres dans toutes ses réflexions. Elle détailla la profil de son professeur, songeant à cette brève discussion devant sa voiture, puis à ce secret maintenant dévoilé. Elle eut un petit sourire malicieux.

Danielle : C’est un très gros secret ça, miss Ryan !

Faith lança un autre regard dans le rétroviseur sans quitter son sourire assuré.

Faith : Le tien est cent fois pire, miss Reevers. Cette dernière afficha une expression de réflexion et Sarah commenta aussitôt.

Sarah : D’ailleurs, c’est toi la garce ! Tu aurais pu me dire que t’avais fait la peau à cette traînée de Jennifer.

Au lieu de s’offusquer comme tout le monde aurait pu le faire, Danielle afficha un petit sourire. Après quelques secondes, elle réalisa que Sarah était donc au courant tout comme Faith, et eut quelques secondes de recul en les regardant. Ni l’une, ni l’autre, n’adoptait ce comportement légitime de choc, de bouleversement, et de reproche. Théoriquement, son professeur et Sarah devaient lui dire d’aller voir la police, de se rendre, et surtout de se faire soigner et enfermer. Elle en était plus intriguée que jamais et parvenait à s’y perdre tant cela semblait impossible. Son regard se reporta sur Faith qu’elle avait cherchée, puis trouvée, avant que cette dernière ne lui donne ces conseils tout aussi inattendus. Ses yeux se plissèrent.

Danielle : Vous appelez pas les flics ? Vous m’amenez chez vous ? Excusez-moi, mais c’est pas une réaction dite « normale »… A quoi vous jouez vous deux ?

Faith : Alors, non, oui et rien.

Danielle dut d’abord remettre dans l’ordre les réponses et ses questions. Son expression se faisait plus concernée, moins certaine, et un seul mot résonna pour exprimer sa confusion.

Danielle : Pourquoi ? Elle se reprit.

Danielle : Pourquoi vous faites ça ?

Sarah se redressa un peu pour s’expliquer.

Sarah : Tu n’es pas ma meilleure amie pour rien, et Faith est notre prof… T’as pas besoin d’en savoir plus pour l’instant, mais ça viendra…

Elle sentit la voiture s’arrêter et se tourna pour ouvrir.

Sarah : Viens, on rentre…

Faith regarda Sarah en restant dans la voiture.

Faith : Je rentre la voiture, je vous rejoins.

Sarah acquiesça, accompagnée de Danielle, et referma avant de l’entraîner vers l’entrée. Elle commenta.

Sarah : Tu vas voir, Faith est encore plus sympa en dehors des cours.

Elle ouvrit, alluma le salon et referma derrière sa meilleure amie.

Sarah : Et ne va pas t’imaginer qu’elle me donne les sujets d’exams…

Elle posa son sac à main.

Sarah : Elle les planque dans un coffre et j’ai pas le code… C’est pas faute d’avoir essayé de l’ouvrir !

Danielle avait gardé ses sourcils arqués. Dès qu’elle était entrée, ce qui l’avait frappée étaient ces effluves vanillés qui se mélangeaient aux parfums de Faith. L’intérieur de la maison était luxueux, chaleureux, décoré avec goût. Ses mains dans les poches arrière de son jeans, elle s’étonnait encore de comprendre que sa meilleure amie sortait effectivement avec leur professeur.

Danielle : J’arrive pas à le croire… Trois ans, et j’ai rien vu…

Sarah en était fière, cela signifiait qu’elle jouait bien le jeu. Elle marcha vers la cuisine et sortit du réfrigérateur une bouteille de jus de fruit. Elle saisit deux verres mais garda un air sérieux.

Sarah : Faudra le dire à personne Dan’… Si ça se sait, Faith perdrait son poste…

Danielle avança jusqu’à une grande bibliothèque où les tranches des livres n’étaient autres que ceux auxquels Faith faisait souvent référence pendant ses cours. Elle répondit.

Danielle : Je ne dirai rien… T’en fais pas. Sarah la rejoignit et lui tendit son verre.

Sarah : Tiens…

Danielle le saisit et son regard se porta sur Faith qui rentrait dans le salon en refermant derrière elle. Elle se retrouvait plus troublée, plus incertaine. Jusqu’à présent, elle avait eu cette assurance dans cette idée d’exclusivité, mais la réalité était tout autre. Elle ne cessait de se répéter que Sarah et leur professeur semblaient impassibles à ce meurtre qu’elle avait commis. Elle avait du mal à en comprendre les raisons, et toutes ces informations ne parvenaient pas à se mettre en ordre correctement dans son esprit. Ces faits anormaux lui donnaient une impression dérangeante de ne plus avoir le contrôle.

Faith rangea la bouteille de jus d’orange dans le frigo en souriant légèrement. Maintenant que Danielle était présente, elle savait que Sarah reprendrait son côté plus jeune, plus insouciant en se sachant en compagnie de sa meilleure amie. De plus, Sarah avait le dessus, cette fois, avait plus d’atouts que Danielle en mains, plus d’expérience et elle pouvait, enfin, se montrer davantage. Elle se tourna en jetant un regard sur sa montre et reprit sa sacoche.

Faith : Je vous laisse discuter…

Elle s’attendait aussi à ce que les deux blondes passent un moment à mettre les choses au clair, à mettre à jour leur secret dévoilé. Elle n’était pas perturbée, ni dérangée de savoir qu’une autre de ses élèves était chez elle, que celle-ci était maintenant au courant pour sa vie privée avec Sarah. Danielle n’était pas une élève comme les autres, tout comme sa blonde. Elle fixa cette dernière.

Faith : tu réfléchis pour New-York demain qu’on sache si on y va ou pas et que tu ne me le dises pas au dernier moment…

Sarah en avait même oublié ce voyage ! Elle sourit et s’approcha de Faith.

Sarah : Et bien… Si Dan’ reste un moment ce soir, le vol est tôt et…

Faith sourit légèrement et la coupa en comprenant.

Faith : D’accord, j’ai saisi… J’annule.

Sarah posa un doux baiser sur ses lèvres et la fixa d’un regard amoureux.

Sarah : Tu peux aller travailler, on reste sage…

Danielle devait d’abord bien assimiler ce baiser qu’elle venait de voir échanger entre sa meilleure amie et son professeur. Alors que Faith s’éloignait, ses yeux s’étaient détournés, l’expression plus pensive et réfléchie. Elle se répétait une énième fois qu’elles étaient ensemble depuis trois ans, qu’elles vivaient dans cette maison, qu’elles venaient de la ramener ici comme si de rien était alors que chacune était au courant de sa petite fantaisie avec Jennifer Winston.

Sarah revint vers elle, enthousiaste et amusée.

Sarah : Je te fais visiter ?

Danielle se redressa et se repoussa quelques mèches dorées dans un signe de tête féminin.

Danielle : Tu sais que vous avez au moins quinze ans d’écart ?

Sarah : Douze ans, et c’est pas si énorme…

Elle la tira par le bras pour l’entraîner vers le couloir.

Sarah : Et fais pas ta mijaurée, je sais parfaitement que tu voulais te la faire !

Danielle se laissa tirer mais se défendit.

Danielle : Ça ne veut pas dire faire ma vie avec elle, Sarah !

Sarah ouvrit la porte et entraîna Danielle dans la pièce.

Sarah : Ça c’est notre petit nid de coquinerie… Elle fixa sa meilleure amie d’un air malicieux alors qu’elle pouvait enfin, et pour la première fois en trois ans, révéler sa vie et son bonheur sans mentir.

Sarah : Et je te raconterai à quel point ma Faith est un super coup au pieu !

Danielle arqua les sourcils, peu habituée à entendre Sarah parler ainsi, et secoua doucement la tête en esquissant un léger sourire.

Danielle : Si les autres t’entendaient, ils te reconnaîtraient pas.

Sarah ouvrit la porte de la salle de bain.

Sarah : Oui, mais les autres ne sauront jamais… Elle la tira dans la pièce.

Sarah : Faith a fait installer une douche à jets latéraux, et une baignoire à remous. Faudra que tu la testes à l’occasion…

Danielle se fit entraîner vers un dressing alors qu’elle prenait doucement conscience des faits. Il lui semblait avoir une foule de questions à l’esprit sans savoir par laquelle commencer. Elle demanda à la première.

Danielle : Elle est au courant ta mère ?

Sarah rit doucement mais de façon ironique, tout en ôtant son débardeur. Elle le jeta dans le panier à linge prévu pour les couleurs claires et défit les boutons de son jeans.

Sarah : T’es dingue… Elle serait capable de lui faire un procès et je serais obligé de la tuer !

Danielle plissa les yeux sur la fin de cette réplique. Une réplique qui lui était familière quand Sarah parlait de sa mère, mais qui, après toutes ces informations, semblait être moins anodine. Elle la regarda se déshabiller, ôter ses sous-vêtements et enfiler un short ainsi qu’un pull à capuche et leva les sourcils.

Danielle : Je peux savoir ce que tu fais ? Sarah répondit dans un air évident.

Sarah : Je me change… Je compte pas ressortir et je vais pas me promener nue si t’es là… Ça se fait pas !

Effectivement, Danielle n’avait pas de contre argument à donner. Elles ressortirent du dressing et repartirent vers le couloir. Sarah montra une porte.

Sarah : Ici c’est le bureau de Faith… Interdiction d’y rentrer sans frapper… Elle y range sa collection de montres, des livres de grande valeur, et le coffre aux examens.

Elle en montra une autre.

Sarah : La cave… Faith y stocke ses bouteilles de vin.

Puis encore une autre qu’elle ouvrit cette fois.

Sarah : Ça c’est mon bureau, mais en général, je vais squatter celui de Faith…

Elle fixa sa meilleure amie et rajouta.

Sarah : Puis si elle y est déjà, je m’installe en face…

Elle referma, plus enthousiaste, et l’entraîna dans le salon jusqu’aux canapés en cuir près de la chaîne hi-fi. Elle prit un album posé dessus et lui montra.

Sarah : Regarde ! J’ai acheté le dernier album de Spurrz.

Danielle le lui prit des mains, davantage intéressée, et sourit en détaillant la pochette.

Danielle : Trop génial… J’ai pas encore eu le temps de le prendre…

Elle la fixa.

Danielle : Il est bien ?

Sarah alluma la chaîne où le CD était déjà inséré, et appuya sur la touche lecture pour lancer la musique.

*********

Dans son bureau, Faith secoua doucement la tête, les yeux sur ses copies, ses lunettes sur le nez. La musique rock retentissait dans le salon et les basses vibraient légèrement contre les murs. Sarah et Danielle étaient passées en mode adolescentes et rattrapaient le temps qu’elles avaient perdu. Pourtant, elles se voyaient tous les jours, s’appelaient tous les jours, mais il semblait qu’elles ne s’étaient pas vues depuis des mois. Elle se laissa tomber contre son dossier, le regard dans le vide les mains pendues en dehors des accoudoirs. Elle patienta un instant et sourit légèrement, malgré tout. A vrai dire, son esprit les imaginait faire autre chose qu’une bataille de coussins, autre chose de beaucoup plus excitant à ses yeux. Elle finit par se lever et remonta ses lunettes dans ses cheveux en marchant vers la porte. Elle sortit de son bureau et se dirigea vers le salon pour voir les deux blondes de part et d’autre du comptoir en train de boire tranquillement une bière. Le cliché type de l’adolescente libre. Elle était gentiment exaspérée, mais aussi charmée par les deux petites blondes. Elle se dirigea vers la chaîne hi-fi et baissa le volume. Seulement, les deux amies posèrent leurs yeux sur elle pour que résonne un seul et même « Hey ! »

Faith leva un sourcil devant cet affront.

Faith : Vous permettez ? Je corrige des copies… Danielle se releva du tabouret, l’expression plus espiègle, sa bouteille de bière dans la main.

Danielle : Venez boire un verre avec nous miss Ryan, c’est le week-end ! Faut en profiter !

Faith leva les sourcils et afficha un petit sourire.

Faith : Oh mais ne t’en fais pas, je vais en profiter… Mais je ne bois pas de bière…

Sarah sourit tendrement à son amour et la regarda s’éloigner. Elle fixa Danielle.

Sarah : Elle préfère prendre de l’avance dans ses corrections, comme ça on peut profiter du week-end.

Danielle s’était un peu dépitée mais préféra ne pas y porter davantage d’attention. Elle se rassit donc sur le tabouret et prit quelques pétales de chips que Sarah avait mises dans un bol.

Danielle : Remarque, elle a raison, je fais pareil ! Sarah gardait son sourire détendu. La présence de sa meilleure amie semblait la soulager dans ce sens où elle n’avait plus à garder son secret de couple qu’elle portait depuis trois ans. Danielle but quelques gorgées gazeuses tandis qu’elle repensait à cette discussion qu’elle avait avec Sarah. Elle lui avait demandé pour quelles raisons Faith, et elle d’ailleurs, étaient si détachées de ce qu’elle avait fait à Jennifer. Sarah avait eu pour seule réponse qu’elles étaient différentes, mais cela n’expliquait pas tout et semblait trop simple. N’importe qui, en théorie, aurait appelé la police, l’aurait dénoncée, ou au moins, aurait fui.

Sarah la vit songeuse. Elle comprenait que Danielle réfléchissait à cette situation, au fait qu’elle lui ait aussi menti. Cela était légitime. Elle ouvrit le réfrigérateur et lui posa une autre bouteille de bière qu’elle décapsula. Elle la lui poussa devant elle de son index et tenta un sourire.

Sarah : Faut voir le bon côté des choses. Tu comprendras tous mes sous-entendus quand on sera en cours…

Danielle secoua doucement la tête et prit la bouteille fraîche pour en boire quelques gorgées.

Danielle : Ce qui m’aurait arrangée, ça aurait été d’avoir les sujets d’exams…

Sarah sourit. Elle aussi avait bien tenté de les avoir, de les soudoyer à Faith de la plus espiègle des façons, mais sa belle ténébreuse n’avait jamais cédé. Elle contourna le comptoir et vint s’asseoir près d’elle. Ses pieds se posèrent sur la barre en hauteur du tabouret, surélevant ses genoux, ses avants bras s’y posèrent en la fixant.

Sarah : Faith est quelqu’un de trop droit... La seule fois où j’ai pu avoir un sujet, c’était il y a deux ans, parce que j’avais la varicelle !

Danielle rit sur cette explication. Elle se rappelait effectivement de la maladie infantile de Sarah.

Danielle : Alors fais semblant d’être malade. Sarah répondit d’un signe de dénégation de la tête.

Sarah : Non… Faith et moi, on se ment jamais… C’est hors de question !

Danielle se mit debout pour étendre ses jambes et piqua d’autres pétales de chips dans le bol.

Danielle : En tout cas, tu t’es bien foutue de moi ! Vierge, tu parles !

Elle la fixa.

Danielle : Non seulement tu ne l’es pas, mais tu te tapes la prof !

C’était suite à ce genre de répliques que Sarah affichait un sourire fier. Elle la taquina, les yeux rieurs.

Sarah : C’est pour cette raison que j’aurais pu jouer à la perfection notre petite scène de meurtre pour le jeu de rôle, contrairement à toi.

Danielle plissa les yeux en la détaillant. Sarah avait rarement ce genre d’expression provocante.

Danielle : Comment ça contrairement à moi ? Tu crois que je n’en suis pas capable ?

Sarah : Ose me dire que tu es déjà sortie avec une fille.

Danielle s’offusqua.

Danielle : Bien sûr que oui ! Et Sarah demanda donc.

Sarah : Et qui était l’heureuse élue ?

Danielle prit une olive dans un autre bol et arbora une expression évidente.

Danielle : J’ai pas à me justifier ! Sarah la taquina, amusée.

Sarah : Parce qu’il n’y en a pas, Dan ! Allé ! Dis-le ! Dis-le que tu ne supportes pas d’avoir des leçons à prendre !

Danielle la fixa, vexée et lui tint tête.

Danielle : Tu n’as aucune leçon à me donner !

Le regard de Sarah se fit plus joueur à la première idée qui la frappa. Elle garda ce petit air défiant et répondit dans un signe de sourcils.

Sarah : Alors montre-moi…

Danielle la détailla et ses sourcils se levèrent avant qu’un sourire plus incertain ne se dessine sur ses lèvres.

Danielle : Que je te montre quoi ?

Sarah ne se démonta pas et tendit la main vers le haut du jeans de sa meilleure amie pour la rapprocher vers elle. Elle la glissa entre ses cuisses et la fixa.

Sarah : Embrasse-moi si tu l’as déjà fait…

Danielle ne l’avait pas quittée des yeux, sa bouteille toujours à la main. Elle les détourna, troublée par l’ultimatum de Sarah, et garda son sourire nerveux. Elle releva son regard dans le sien pour argumenter.

Danielle : T’es dingue, t’es ma meilleure amie… Je vais pas t’embrasser.

Sarah lui prit sa bouteille et la posa près de la sienne avant de la fixer.

Sarah : Je vois pas du tout où est le problème ! Sarah aimait ce petit jeu de séduction qu’elle n’avait jamais eu avec personne, mais effectivement, Danielle était sa meilleure amie, elle avait donc le droit de jouer ! L’expression taquine et coquine, elle se leva et prit sa main pour la tirer vers le canapé. Elle la poussa à s’asseoir dos au divan et, sans la prévenir, se glissa sur elle à califourchon. Ses mains posées de part et d’autre du visage de Danielle sur le cuir du canapé, elle la fixa, provocante.

Sarah : Si tu l’as déjà fait, prouve-le moi… Danielle s’était laissée entraîner mais ne s’était pas attendue à cela. Sa lèvre inférieure s’était glissée entre ses dents face au comportement aguicheur de Sarah. Elle ne la connaissait pas ainsi, et se troublait de son comportement allumeur. L’allumeuse, en temps normal, c’était elle. En cette seconde, elle avait le rôle de l’allumée, et Sarah attisait un feu nouveau en elle. Si celle-ci voulait jouer, elle n’allait certainement pas se démonter, parole de Reevers. Sa tête bascula contre le dossier pour la regarder à peine au-dessus d’elle. Elle se repoussa quelques mèches dorées de sa frange, posa ses paumes sur les cuisses de Sarah, et la fixa en arborant un petit sourire espiègle.

Danielle : Tu bluffes !

Sarah n’attendit pas. Elle ramena ses mains sur les joues de Danielle, se rapprocha et, la tête à peine penchée, l’embrassa dans un léger soupir. Dans ce baiser, elle laissait véhiculer toute sa sensualité féminine sans complexe. Evidemment qu’elle avait déjà songé à se rapprocher de Danielle plus intimement, mais sans approfondir cette pensée de façon obsessionnelle. Ses lèvres se refermèrent, capturèrent celles rosées et humides de Danielle, et découvrirent ce goût différent autant qu’exquis. Elle se rappelait alors de ce qu’avait fait sa meilleure amie, de ce meurtre, qui faisait de cette dernière une personne comme elle et Faith, différente, à part, audacieuse et intelligente. Elle s’excitait à l’idée de l’imaginer de nouveau, de la savoir capable et coupable de ce crime de sang. Elle susurra d’une voix plus chaude.

Sarah : Je ne bluffe jamais…

Après s’être laissée frapper par ce frisson, Danielle avait souri sur cette remarque sans quitter les lèvres de Sarah. Elle ne s’était pas reculée, l’avait laissée faire, et appréciait ce contact plus chaud et sensuel. Un léger frisson la parcourut sur la douceur des lèvres de sa meilleure amie. Elle ne l’aurait jamais pensée si audacieuse et pourtant elle sentait ses mains glisser dans ses cheveux, sur sa nuque, pour approfondir leur étreinte. Comme pour l’accuser, elle répondit dans le baiser d’une voix pourtant basse.

Danielle : T’es une garce…

Sarah frissonna davantage sur ces mots qui ne l’incitaient pas le moins du monde à se reculer, au contraire. Sa langue s’immisça entre leurs lèvres, vint chercher le contact chaud de celle de Danielle qu’elle caressa tout aussi sensuellement. Sa main descendit jusqu’à sa joue, l’autre sur sa nuque, et ses doigts s’y refermèrent dans un autre soupir. Elle connaissait sa meilleure amie, la savait demandeuse, et le percevait à travers ce seul baiser auquel Danielle répondait. Plus elle l’approfondissait, plus cette douce chaleur se faisait sentir au creux de son ventre. En seule réponse, elle susurra.

Sarah : Et tu n’as encore rien vu.

Danielle devait se reprendre. Aux vues de ce qu’elle percevait l’envahir, elle ne pouvait décemment pas se laisser aller. Il était hors de question de coucher avec Sarah. Elle ramena sa main sur le haut de son torse, y ferma à peine ses doigts, mais la poussa doucement à rompre ces contacts délicieux.

Danielle : Attends…

Sarah se recula à peine et la dévisagea d’un regard plus pétillant. Elle sourit dans un air provocant et vainqueur. De son pouce et de son index, Danielle s’effaça cette légère marque humide du contour de ses lèvres. Cette dernière ne savait plus quoi dire malgré sa volonté de ne pas être celle qui manquait d’expérience. Elle releva ses yeux bleus dans ceux émeraude qui la sondaient et ne put finalement attendre avant de partir goûter de nouveau à ses lèvres.

Faith restait dissimulée près du mur du couloir et se réjouissait. Cette petite scène qui se déroulait sous ses yeux avait fait grimper une sensation de fierté, d’excitation latente et délicieuse. Ses certitudes concernant Danielle étaient une chose, ses convictions en étaient une autre. En les regardant maintenant s’embrasser, s’effeuiller lentement sans tenir compte de sa présence dans la pièce voisine, elle percevait une euphorie rare. A partir de ce jour elle aurait sous sa responsabilité ses deux élèves. Une déjà formée par ses soins, et une nouvelle très prometteuse…

Fin

 

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