Rider (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 10 sur 38

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Rider (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 7

 

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Rider

 

Je ne sais pas d’où sort cette nana, elle a un corps de femme et l’esprit d’une fillette. On voit qu’elle est naturelle, innocente. Elle m’a bien divertie avec sa fraîcheur enfantine. Moi qui pensais finir ma soirée en la baisant, au lieu de ça, je l’ai vexée. Je suis un gros bourrin, je suis franc, je ne mens jamais. Un jour ou l’autre, la vérité reprend ses droits et bonjour l’emmerde.

Malgré cela, cette fille me touche, m’attire. Elle doit avoir de lourds bagages, elle ne sait pas comment se comporter. Cela me change des nanas qui ne veulent que baiser, son intérêt pour moi n’était pas feint, elle se fixait vraiment sur moi. De plus, elle ne me craint pas, n’ayant pas peur de me répondre, de se tenir fière. J’ai bien vu que ma dernière répartie l’avait blessée, ses jolis yeux sont devenus humides. Je n’ai pas le temps de me pencher sur son cas, de m’intéresser à elle. Ma sœur passe avant tout, une bonne baise, oui, pas une relation, surtout loin de mon MC. J’ai ma vengeance à mijoter, je dois protéger ma sœur, tout en continuant nos affaires et gérer mes frères. Les nanas, oui dans mon lit, mais pas dans ma vie.

Puis, elle est trop candide pour vivre avec moi. Je la détruirais, elle n’est pas faite pour mon monde de violence. Pourquoi je pense à cette fille comme si j’envisageais un futur avec elle ? Je ne dois pas me sentir bien pour y réfléchir une seconde. Les déboires de ma sœur m’ont retourné le cerveau, n’importe quoi, mon gars, reprends-toi. Tu ne reverras peut-être plus jamais cette fille.

Lana hante mon esprit, j’ai une érection, bordel ! Je me saisis de mon pénis et entame de longs va-et-vient. Son sourire naïf, ses yeux qui brillent et me voilà éjaculant comme un ado. Vivement le retour dans mon monde, là, je me ramollis.

Le lendemain, je l’aperçois qui m’attend comme la veille. Elle n’ose croiser mon regard, me murmure un « bonjour » et me fait le coup d’hier, passer sans signer. Moi, je m’en fous, je fonce voir ma frangine. La journée est longue et éreintante, ma sœur avec ses nombreux soins n’arrangeant pas mon état. Je la vois souvent serrer les dents et retenir ses larmes, elle souffre. J’ai le cœur rétréci de ne pas pouvoir l’aider, de prendre sa place. Elle va en baver, j’espère qu’elle ne lâchera rien, je compte sur la présence de Loki pour la stimuler, ces deux-là se chamaillent tout le temps. Cela lui permettra de faire face.

Ce soir, je n’ai pas envie d’aller à la plage, pas envie de voir Lana et sa candeur. Je vais plutôt aller dans un bar me dégotter une nana. La soirée se passe très bien, une brune est venue me retrouver, engageant la drague. Quand la porte s’ouvre sur miss Innocente. Je fais comme si je ne l’avais pas vue et sirote ma bière tout en souriant à la fille.

Je décide de continuer ailleurs, saisis la main de la femme et l’entraîne avec moi à l’arrière du bar pour une bonne baise. Pas question de l’emmener sur ma bécane et à mon hôtel. Je la pousse contre le mur, l’embrassant et remontant directe sa jupe. Elle est déjà trempée, tant mieux, cela m’arrange, pas trop de préliminaires. Je vais pour défaire ma braguette quand j’entends des cris. Bordel ! Je reconnais la voix. J’hésite à faire comme si je n’avais rien entendu, reprenant ma petite affaire, lorsque des voix masculines se joignent à la partie et, de plus, des bruits de coups retentissent.

Je fonce vers les lieux du drame, la rage me prend quand j’aperçois Lana aux prises avec trois mecs. Elle est à terre, se tient la joue, son chemisier est déchiré. Malgré sa posture amoindrie, elle a relevé son petit menton et leur fait face.

— Je peux vous aider ?

Ma voix est basse et grondante. Ils sont tellement pris par leur petit jeu de violeurs qu’ils ne voient pas le danger arrivé droit vers eux.

— T’inquiète, mec, on la baise, puis on te la laisse.

— Non !

— On l’a vue en premier, alors t’attends ou tu dégages.

— C’est vous qui allez débarrasser le plancher.

Ils se retournent enfin vers moi, me jaugent, se regardent. Ils sortent chacun un couteau et avancent tranquillement en ricanant. L’un d’eux reste près de Lana, l’empêchant de fuir. S’ils croient me faire peur, cela me fait sourire. Mon con de père, à lui tout seul, me foutait la trouille, oui, c’était un sadique, tout comme son frère, le père de Devil. On a été élevés à coups de ceinturons. La pitié n’existait pas, la clémence encore moins. J’ai souffert sous ses coups les plus tordus. Il m’a appris à relever la tête, à rendre coup pour coup, ne montrer aucun sentiment, à être le plus fort, le plus craint. Ce con a bien réussi son éducation, je n’ai peur de rien.

J’attends qu’ils fassent leur premier faux pas. Cela ne rate pas, ils avancent de chaque côté, c’était prévisible. Je bloque le premier coup avec mes poings, coinçant le couteau entre mes mains. En même temps, je balance ma jambe dans la gueule du second, faisant craquer son nez. Il lâche son arme pour se tenir son appendice, deuxième erreur, ma jambe lui redonne un coup dans la tempe, il s’écroule. Pendant ce moment jouissif, l’autre type essaye de se dégager de mes mains, je le tire brusquement vers moi, lève mon genou et lui en donne un coup dans le menton. Il couine, je me saisis de son couteau et lui plonge dans le bras. Je ne suis pas là pour les tuer, juste qu’ils dégagent, ce n’est pas l’envie qui me manque, mais on a des spectateurs. Je ne veux pas finir ma nuit au poste, surtout avec le casier que j’ai.

Un petit cri féminin me fait me retourner vers le troisième luron, qui, bien sûr, a pris Lana comme otage. Je ris devant ce fait. Je le déstabilise pendant un bref moment, il hésite, j’en profite pour faire un lancer de poignard digne d’un cirque. Il se le prend entre les deux yeux. Il n’a pas eu la chance de ses potes violeurs, il tombe raide.

Je me saisis du bras de Lana et fonce vers ma bécane. Je la démarre, me penche, attrape Lana pour la hisser derrière moi et fonce. Ses petits bras s’agrippent à ma taille, elle tremble. Je slalome entre les voitures, mettant de la distance entre le bar et nous.

Quand je m’arrête devant mon hôtel, je souffle un bon coup. Quel bordel, moi qui voulais être discret, ne pas faire de vagues pour protéger ma sœur, je viens de tuer un homme ! Ce n’est pas pour le mort que je m’inquiète, il a ce qu’il méritait, non ! C’est pour l’enquête que les flics vont faire, de plus, je ne suis pas chez moi pour graisser des pattes. J’appelle Loki pour voir s’il ne peut pas faire quelque chose avec notre hacker.

— Tu as fait ça pour une fille, t’es amoureux, Prés’ ?

Il rit, ce con. Je lui raccroche au nez.

Lana n’a pas bougé, elle est toujours accrochée à moi. La moto bouge sous ses tremblements. Je desserre tout doucement ses mains, descends et la porte pour la dégager de ma bécane.

— Princesse, c’est fini, ils ne t’embêteront plus. Tu es en sécurité !

— Tu as tué cet homme. Pourquoi cette barbarie ?

— C’était lui ou toi.

— Il n’aurait pas osé me faire du mal. Toi, tu n’as pas hésité.

Sa voix monte dans la colère, cela sera bientôt de ma faute. La rage me prend.

— Dis-moi, Princesse, ils n’allaient peut-être pas te violer, tu avais déjà reçu un coup et, vu l’état de ton chemisier, ils n’allaient pas de conter fleurette. Puis, d’abord, que faisais-tu dans ce bar ? Tu me suivais ?

Elle pâlit et rougit. Bordel !

— Je, je…

— Un merci suffira, Princesse.

Elle tremble toujours. Elle a dû avoir une sacrée trouille de se faire agresser et de me voir régler le compte de ces mecs.

— Tu as froid ?

— Non !

— Tu as peur de moi ?

— Non !

— Alors, arrête de trembler. C’est fini.

— Zut à la fin, vous n’avez pas tous fini de me dicter quoi faire et quand ? J’en ai marre, je ne suis pas une petite fille. J’ai eu peur, cela te convient ?

— Non, tu n’es pas une fillette.

Je la tire vers moi et fonds sur ses lèvres. L’adrénaline de la bagarre, de la voir si énervée me fait bander. Sa bouche s’ouvre sous la mienne et ma langue s’aventure dans sa douce moiteur à la recherche de la sienne. Elle met ses mains derrière mon cou, me tirant plus près d’elle. Je la rapproche de mon corps, sentant ainsi toutes ses douces courbes, rendant mon érection plus dure.

Mon portable sonne, c’est la musique pour Loki.

— Prés’, c’est bon, personne n’a signalé l’homicide ni appelé les flics.

— OK !

— Tu vas bien, tu as l’air essoufflé, tu as eu peur, tu vieillis, si tu as besoin de reprendre ta respiration.

— T’es con !

— Oh, merde ! La nana que tu as sauvée te remercie à sa façon, désolé, bonne baise, Prés’.

C’est lui qui, cette fois, me raccroche au nez en se marrant.

— Donne-moi l’adresse de ton hôtel, je te ramène. La prochaine fois que je te surprends à me suivre, je te foutrai la dérouillée. Et oublie ce qui vient de se passer, c’était une énorme connerie.

Ses yeux se noircissent sous la colère, elle serre les poings, se retourne, fait quelques pas, s’arrête, revient vers moi et, sans prévenir, me gifle.

— Merci, connard, pour tout !

Je la laisse partir, je l’ai bien mérité. Ce baiser m’a remué, comme si, enfin, j’étais à ma place. Cela m’a foutu en rogne, alors j’ai agi en connard.

Comme je le pensais avant, elle doit avoir des problèmes, sa phrase me revient, elle ne parlait pas que de moi pour sa façon de la laisser faire ce qu’elle voulait.

Qui est cette fille et que lui a-t-on fait ?

 

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