Rider (The Dark Riders) (French Edition)
Chapitre 25
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Svetlana
Je suis propulsée sans ménagement dans une pièce où se trouve juste un bureau avec des papiers et un ordinateur. Une armoire est le seul autre meuble qui la décore.
Je me redresse et fais face à mon père. J’ai peur, je redresse le menton, je ne veux pas qu’il voie que je le crains. Il me fixe et me gifle de nouveau.
— Tu obéis quand je te donne un ordre, tu ne dois pas me répondre.
— Ça ne va pas ! Je suis ta fille ! Pas ton ennemie, tu n’as pas le droit de me traiter ainsi.
Pour toute réponse, je me reprends un coup. Ça fait mal, les larmes me montent aux yeux, je les ferme pour contenir leur écoulement.
— Déshabille-toi !
— Non !
— Pardon ! Tu vas te mettre à poil tout de suite et te coucher sur ce bureau.
— Non, tu ne peux pas me forcer.
Il fait signe à deux de ses hommes. Chacun me saisit par un bras et ils me traînent vers le bureau. Je me débats et donne des coups de pied. Ils me couchent sur le meuble. Deux autres viennent en renfort. Mon père m’enlève mon pantalon et ma culotte.
— Svetlana ! Laisse-toi faire.
— Non, jamais. Si tu oses le faire, plus jamais je ne t’adresserai la parole, je ne te pardonnerai jamais !
— Si tu savais, ma fille, comme je me fous de ton opinion sur moi. Tu es là pour savoir si tu me seras encore utile.
— Et après ?
— Si tu n’es plus vierge, je te vendrai à celui qui te voudra.
— Alors c’est vrai, ce qu’ils m’ont dit, tu vends des femmes. Oh, mon Dieu ! Comment peux-tu faire cela à des êtres humains ?
— Ce ne sont que des femmes, vous n’êtes utiles que pour ça. Puis, cela rapporte beaucoup. Les hommes sont prêts à payer des fortunes pour avoir tel style de femme. Toi, en étant blonde, je vais viser les pays du Moyen-Orient, ils aiment ton genre.
Lorsque le médecin s’approche, je suis maintenue encore plus fermement. Mes bras sont au-dessus de ma tête, mes jambes écartées en grand. Tous ses hommes peuvent regarder mon intimité. Je ferme les yeux, j’ai tellement honte. C’est comme un viol, c’est contre ma volonté. J’ai dit non, mais on ne m’écoute pas. Je veux hurler, pleurer, je me retiens. Je ne les laisserai pas me voir démunie, dépossédée de mon intimité et de ma dignité.
Je hais cet homme qui se dit être mon père et qui décide tout simplement de mon avenir sans prendre en compte mes désirs. C’est simple, si je suis vierge, je serai mariée à un homme de force ; si je n’y suis pas, je serai vendue. La peste ou le choléra, le choix ne me concerne plus, il a décidé. Du moment que je lui rapporte du fric, le reste, il s’en fout.
Je sens le spéculum pénétrer mon vagin. Je rougis malgré moi.
— Monsieur, pas de trace d’hymen ni de parois lésées stipulant un viol.
— Merci, docteur, un de mes hommes va vous raccompagner.
Sa voix est dénuée de sentiments. On me relâche, je me dépêche de me rhabiller. Je n’ose pas croiser son regard.
— Tu as toi-même choisi ton futur. Tu t’es donnée à ces hommes comme une vulgaire pute. Tout ce que je t’avais enseigné est passé aux oubliettes. Tu vois, je ne suis même pas surpris, tu es comme toutes les autres, comme ta mère, une catin.
— Ne me parle pas de maman ainsi, elle a toujours été là pour toi, pour nous et toi, tu l’as tout simplement supprimée de notre famille, en l’enfermant, en la droguant, jusqu’à ce qu’elle ne reconnaisse pas sa propre fille. Tu es un monstre !
— Et toi, tu ouvres les cuisses pour ces hommes qui sont des bikers, des petits truands, des moins que rien.
— Tu ne sais même pas ce qu’ils m’ont fait subir, tu ne m’as jamais demandé ce qu’ils m’avaient fait, si j’avais été torturée ou bien traitée. Tu ne pensais qu’à une chose, si j’étais toujours pure pour tes sacrées affaires. Mais rien concernant ma peur, ma détresse d’avoir été enlevée. De ne pas savoir dans quel monde j’étais tombée par tes manigances. De découvrir qui tu étais vraiment.
— Cela ne t’a pas empêchée d’offrir ton corps à ces hommes. Tu n’as pas été violée, tu les as laissés profiter de toi. Ils t’ont souillée, tu mérites ce qui t’arrive. Je te renie, tu n’es plus ma fille, tu me dégoûtes.
— Connard ! Je te hais ! Tout est ta faute !
Son poing fuse, ma lèvre se fend, ma tête part en arrière, je tombe sur le bord du bureau. La douleur est si vive que je m’évanouis.
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