Sous d'autres formes nous reviendrons
1 ::: - se vêtir de cendres
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se vêtir de cendres
::: le 7 février 1497, venus des quatre coins de Florence, des milliers d’enfants se pressent devant le bûcher dressé par Savonarole, place de la Seigneurie – pyramide à huit pans, sommet tronqué, flancs taillés en sept gradins comme autant de péchés, autel ardent et crépitant que le bénédictin asperge froidement de prêches et de prophéties, à la veille d’un mercredi des Cendres enfin digne de ce nom,
::: au sein de ce bûcher, vanité des vanités, poudres jaunes et sèches, fards aux tons pastel, pommades et onguents portant encore traces de doigt, peignes d’ivoire entre les dents desquels luisent quelques poils vénitiens arrachés à de clairs pubis, miroirs piqués, voilés, dentelles étoles guipures, squelettes de percale, tanagras craquelés, globes de cristal plus fragiles que la plus fragile cornée, incunables au cuir fendu, almanachs obscènes, libelles orduriers, gravures aux chairs roses, robes de bal aux manches épileptiques, jupons ajourés par le feu troussés, tibias percés des flûtes où siffle un faux paraclet, boyaux des cordes claquant au creux des braises, tableautins offensants, coupes agrémentées de putti replets, ciboires naguère consacrés au sang vicié des vignes, éventails satinés, gants de soie, ::: des milliers d’enfants aux pieds nus, aux gueules sales, aux manches roussies, bras chargés et poches pleines, gavant sans relâche les flammes carnassières comme on jette pitance à des bêtes redoutables, braillant les noms des choses immolées afin que tous les riches Florentins sachent quel sort l’ordre nouveau rêvé par Savonarole réserve aux artifices dont tous et toutes ici se parent et s’enorgueillissent,
::: les enfants rient, ils cavalent et battent des mains en voyant pétiller dans l’air gras les lucioles d’or relâchées par les flammes, tous enrôlés par les piagnoni de Savonarole, ces zélés « pleurnichards » & bruyants proclamateurs de calamités, membres d’une vaste tribu rameutée en vue de ce bruciamento delle vanità, ce brûlement des frivolités,
::: le Feu ne jeûnant jamais vraiment, sans cesse se repaissant de vain, de vide, de tout ce qui se rêve vide et vain, des mille attributs qui soi-disant empèsent et corrompent la substance, dentelles délicates mièvres parures, manchettes festons fines ordures, dames de pique aux lèvres sévères, estampes rosâtres où s’épanouissent d’ardentes fleurs vulvaires, le feu faisant bombance de tout ce qui se complaît dans la lumière du paraître,
::: là où le feu applique sa force, la fiction fane et flétrit, une fois défaite elle s’absente, désossés les livres éruptent en gaz et fumées, leur vélin grésille et se fend, les peaux gercées s’entrouvrent, et que claquent les cantiques du jour dernier, que braient les cloches et que geignent les luths, ici débute le bas carême et sous les crocs des flammes éclatent les craquelins de carnaval,
::: le feu fait loi, il est la loi nouvelle, il fond et confond les métaux précieux en danse alchimique, en volte macabre, sous son règne l’épingle redevient brin, le camée caillou, l’agrafe insecte, l’alliance alliage, et bientôt • les soleils hâleront ces journalières fleurs, / et le temps crèvera cette ampoule venteuse •
[jean de sponde]
::: noir génie de Savonarole qui ainsi retourne le gant du carnaval, changeant la flambée des joies en torche purificatrice, dévoyant les processions de sapajous qui quelques jours plus tôt effrayaient les bourgeois et tendaient des perches dans les rues pour les obliger à leur verser écot, faisant de ces gamins de six, sept, huit ans des séraphins de la vindicte, de cette légion de pauvres écrevisses l’ost de sa foi punitive, • ô vous dont les maisons sont pleines d’objets de vanité, de tableaux et de choses déshonnêtes, de livres scélérats et autres poèmes contraires à la foi, portez-les-moi pour les mettre en feu et en faire sacrifice à Dieu •
[savonarole]
::: rameutés dans la nasse bénédictine, les enfants bourdonnent sur la place tandis que les piagnoni éméchés psalmodient les consignes crachées par le moine, • par détestation et abomination de la vanité, des jeux et de tout vice et péché, qu’on élève sur la place de la seigneurie un édifice rond en bois, de bonne hauteur et avec des gradins, une sorte de bûcher pour sorcières ou pyramide • répandant la nauséabonde parole, répétant ressassant • au sommet l’image de Satan et au pied de l’édifice d’autres diables laissant suinter la rageuse parole / pour brûler toutes choses vaines, comme les cheveux des dames, les miroirs •
[id.]
::: faisant feu et rage de tout bois, toute matière, électrisés à l’idée d’aviver cet holocauste du luxe et de la pompe, croyant célébrer ainsi le carême des âmes jusque dans le rôtissage du faste, se découvrant un amour de la déréliction jusque dans la mascarade, s’enivrant du vertige du saccage, • on dirait qu’une parque incandescente et névrosée hurle dans l’air •
[sándor márai]
::: on dirait que cet embrasement des choses dites futiles n’est que mise en scène, création en vue de destruction d’une pièce péniblement montée, d’un macabre gâteau érigé à l’occasion de noces grotesques, les petits gueux réduits à de frêles noctuelles magnétisées par cette farce, cette répétition générale, laquelle ne fait qu’annoncer, en vérité, la véritable « première », celle qui aura lieu un an trois mois et seize jours plus tard, le 23 mai 1498 exactement, quand, après avoir été dégradé fustigé dépouillé, Savonarole finira au bout d’une corde, voué à ses flammes chéries afin de connaître dans sa chair • la transformation organique et physique vraie du corps humain •
[artaud]
::: du corps sacrifié, et voilà qu’ici surgit et s’impose la vision d’Artaud vêtu de la bure du moine intransigeant dans le film Lucrèce Borgia, Savonarole transfiguré en vanité lui-même, en acteur igné • parce que le théâtre n’est pas cette parodie scénique où l’on développe virtuellement et symboliquement un mythe / mais ce creuset de feu et de viande vraie où anatomiquement, / par piétinement d’os, de membres et de syllabes, / se refont les corps / et se présente physiquement et au naturel l’acte mythique de faire un corps • sans organes
[id.]
::: Savonarole hanté par Artaud tordu sur le bûcher devenu autel dont pourtant ne sont filmées ni les flammes ni la fumée, l’acteur créant • par le feu intérieur ce qui n’existait pas sur l’image •
[abel gance]
::: holocauste invisible et pourtant signifié, l’Histoire repliée sur elle-même afin d’exaucer les volontés du moine aspirant à périr brûlé vif, la peur vissée dans l’œil d’Artaud tout entier consacré à attiser et magnifier le mystère du feu, feu sombre du corps de Satan, feu solaire d’Héliogabale, feu germinal de Van Gogh, et peut-être est-ce dans l’effrayant secret de cette combustion que prend tout son sens le projet de faire un corps, oui, peut-être faut-il entendre, dans le glapissement des viscères et le tintamarre des os, dans les fureurs de fumée,
::: le chant dernier de vanité, quand celui qui la vilipendait finit par l’absorber au prix de sa dissolution même, quand la seule chose qu’il reste à faire c’est frapper • mon corps / jusqu’à ce qu’il rende l’âme / et il devient de plus en plus opaque / épais et sur-bondé / c’est-à-dire se révolte et s’ardence à un plus fort brasier [tonus] de vie, / les étincelles reviennent, / tout au fond, / néant •
[artaud]
::: flambée de l’être devenu nouvelle révélation, comme si renoncer à toute vanité pouvait hâter la négation de soi, comme si le dépouillement absolu était gage d’une définitive dispersion, et la dispersion de soi l’aube d’une étrange renaissance,
::: non pas bêtement finir en fagot roussi mais tenter par des moyens nouveaux de se faire un corps, un corps moins labile que celui qu’on sait repu d’organes, un corps où s’articulent autrement les os du langage, et qui serait, sinon un livre, un livre vain, du moins sa tentation,
::: (doit-on en déduire que faire un livre c’est croire que l’écriture recèle un secret, et qu’en écrivant creusant exhumant on atteint un jour je ne sais quelle masse critique, le corps absorbant l’esprit pour mieux lui imprimer une torsion fatale afin que du labeur d’écrire naisse une langue autre, une langue-savonarole, capable de rappeler le feu • tissé en torsades de langues, dans le miroitement de la terre qui s’ouvre comme un ventre en gésine •
[id.]
::: et au sortir de cette épreuve ultime, on se retrouverait de l’autre côté, à la fois entier et dispersé dans un logos complice, doit-on espérer une telle chose, l’adopter, pouvoir dire un jour comme celui-là • voûté, dans ce charnier d’oiseaux, / je tente de retenir / les lambeaux de ma tête / afin que n’éclate pas / cette différence / qui me regretterait loin de ce monde / d’amulettes légères •)
[venaille]
::: mais les dates, souvent, possèdent deux versants, et en ce mois de février 1497 où Savonarole érige son bûcher il advint également tout autre chose :: la mort de Johannes Ockeghem, maistre de la chapelle de chant du roy, à la mémoire duquel Josquin Des Prés compose aussitôt un lamento à cinq voix, une « Déploration de Johan Ockeghem », sur un poème de Molinet, Nymphes des bois, limpide motet où il est demandé aux hamadryades d’altérer leur chant jusqu’ici printanier et de s’ouvrir aux plaintes, • nimphes des bois, deesses des fontaines / chantres expers de toutes nations / changez vos voix tant cleres et haultaines / en cris tranchantz et lamentations •
::: au-dessus des reliques du défunt maître de chapelle s’élance alors le requiescat de saint Josquinus, un quintuor vocal – superius, altus contratenor, tenor & bassus – qui tisse sa prière contrapuntique à des milliers de lieues et cris de Savonarole, oui, voilà qu’aux prêches météoriques du Florentin répond, flanqué de fidèles harmoniques, le cantus firmus du teneur qui, loin de fracturer les cieux ou dépouiller les corps, porte la paix de l’âme à son plus haut point de réfraction • car d’Atropos les molestations / vostr’ Ockeghem par sa rigueur attrape / vray tresoir de musique et chief d’œuvre • et bientôt meurt le moine, pris aux rets mêmes qu’il avait tendus afin de braconner les âmes volages, tandis qu’Ockeghem s’en va reposer dans le lit d’une rivière votive, chacun d’entre nous invité à se vêtir de cendres • acoutrez vous d’abitz de doeul, / Josquin, Brumel, Pierchon, Compere, / et plorez grosses larmes d’oeul, / perdu avez vostre bon père, / requiescat in pace, amen •
::: la messe est dite et si l’on parvenait à plier le Temps au mépris de l’espace, si l’on réussissait à superposer, tels deux calques n’ayant plus nécessité d’original, ces deux tableaux – celui du bûcher dévorant les vanités, celui du tombeau accueillant l’inspirateur fécond –, ne verrait-on pas les flammes se changer en ondes, le feu devenir eau, les flots de rage s’évaporer en lentes et majuscules vapeurs, la mort ardente laisser la place au coi trépas ?
::: entre ces deux scènes, ces deux instants adossés l’un à l’autre, ces deux effacements simultanés, entre le brasier et la tombe, comme entre les deux versants de collines opposées, dans cet étroit défilé qui est pour ainsi dire le goulet où s’articule le missel des morts, je veux croire que s’est cristallisé nécessairement quelque chose, et si ce quelque chose n’a pas pour nom vanitas alors j’ignore quel est ce dépôt qui s’accumule entre adret et ubac, entre Savonarole et Ockeghem, cri et chant, je sais juste que, • tournant les yeux vers tous les ouvrages que mes mains avaient faits, et tous les travaux où j’avais pris une peine si inutile, j’ai reconnu qu’il n’y avait que vanité et affliction d’esprit dans toutes ces choses, et que rien n’est stable sous le soleil •
[l’Ecclésiaste]
::: Savonarole s’éteint bientôt dans son lit de cendres, Ockeghem renaît fêté au lendemain de sa mort, leurs cadavres se croisent sans se saluer sur le fleuve ancien de la vie, ce sont deux nefs aux destinations différentes, le second se laisse emporter quiètement vers une source secrète, le premier s’en va périr en haute flamme au sein d’une tempête liturgique, mais le vent qui les pousse est le même, c’est le vent de vanité, ::: (et si ce livre-ci est vain lui aussi, s’il fait à sa façon pâture de vent, c’est sans doute – sans doute aucun – parce que le sentiment de mort tôt commence et lentement ensemence tout ce qui est appelé à se former dans cette tête sans tête qu’est le corps, où le sang des idées prend à pourrir un certain temps et quelque plaisir ; ce sentiment de mort déjà remue à notre naissance, non dans je ne sais quelle glande pinéale ou centre ombilical, mais dans la langue réelle, celle qui clapote dans la tête, et tant pis si le verbe s’imagine et se prétend chair alors qu’il n’est que petit bois herbe sèche ossements, tout sauf claire énigme)
::: le fil hélas sans cesse casse, puisque les Parques, n’est-ce pas, puisque Atropos, puisqu’à la vanité – singulière, humaine – succéderont bientôt sur les toiles des peintres, désormais plurielles, les vanités – luths côtoyant des calebasses, vigne accrochant la dentelle, l’éphémère des plaisirs venant inscrire la décomposition jusque dans la fixité des choses représentées, et désormais la table est mise en même temps que le chevalet installé, et c’est aux choses qu’échoit de prendre la pose, à elles qu’il incombe de dire la vanité au risque de vider celle-ci de son sens,
::: mais ce n’est pas invitation à festoyer, le monde à jamais ventre vide, même s’• il reste quelques envolées lyriques / pour exprimer la peine / mais qui dira le vide ? •
[venaille]
::: dans ce cadre offert aux vents de la désolation, ce qui est disposé est exposé comme après un carnage élégant, mis en quarantaine au prix d’un entrelacement, d’un encombrement, au défi d’un équilibre, c’est une surenchère instable, inquiétante, qu’il nous incombe de déchiffrer dans les tableaux de vanités, d’approcher à nette distance, ainsi qu’on le ferait d’un miroir reflétant autre chose que nous, un miroir à la fois tableau et fenêtre, toile et vitre, trame et verre,
::: quelque chose de tristement orgiaque naît lentement de l’amoncelé, du juxtaposé, de l’encombré, chaque élément talé noirci contaminé par le plus proche, le cuir sec du manuscrit entamé par l’argent frotté de la coupe renversée qui abandonne sa froideur à l’ombilic d’un nautile auquel fait écho la conque d’un luth à la carapace veinée, et c’est miracle si ne glissent pas à bas de la table ces sceaux de cire dont le rouge carné semble le souvenir d’un long ensanglantement général,
::: un paysage-panique se déploie sous nos yeux, paysage-festin du temps d’après la catastrophe, les convives au loin partis, ne restent alors que de glorieux déchets, tout ce à quoi on renonce, ce qu’on laisse derrière soi pour signifier que là où l’on va rien ne saurait nous accompagner, ni nous sauver,
::: en l’état les choses sont laissées, en état de délaissement, sous nos yeux vissés dans d’inquiètes orbites, à quasi portée de main si désir encore nous avions de faire main basse, nous voyons le disparate, l’hétéroclite, et derrière, ou plutôt parmi, en son sein et dans ses rapports, nous voyons le monstrueux, tantôt sensible dans le dépouillement – ici un crâne monte la garde, veillant au néant entre une tulipe fichée dans son vase aux flancs globuleux et un sablier à l’armature de bois dans lequel le sable demeure à jamais étranglé au centre d’un signe infini dressé – tantôt tapi dans l’accumulé – là des lauriers ceignent un crâne que jouxtent deux flûtes dont l’une semble à peine retenue par un verre vide et brisé sous la transparence duquel on devine une partition pliée bien trop proche d’une mèche à l’extrémité incandescente et de sceaux sur lesquels on distingue, rouge sur rouge, un squelette peinant à s’extraire de la tombe,
::: dans le plan supérieur du tableau trois bulles hésitent entre ombre et lumière, envol et fixité, chacune retenant dans sa vitreuse concavité les reflets jumeaux de fenêtres à jamais fermées sur le jour, nous indiquant humblement que • la mort est la pluralité obligatoire . / l’éparpillement, la variété, pour la poésie de la méditation étaient signes de mort [jean de sponde] de la chute, de la perte, là où se nouaient la mélancolie et le miroir •
[roubaud]
::: et de pressentir, dans ces peintures de vanités, une autre face du monde-dé, un versant moins quiet, non plus les reliefs d’une veillée, ou les froids vestiges d’un raout, mais des prises de guerre, de clinquantes richesses entassées à la suite d’un sac, le nectar d’un butin, un nid de trophées,
::: et de s’interroger, de se demander de quel pillage ces rapines sont-elles le souvenir, la trace, sinon celle de l’être s’étant vaincu lui-même et déposant ici les armes de sa vacuité, se confessant enfin, disant :: j’ai battu le fer et façonné le cuir, estampé l’or et coulé la cire, arqué le bois et tendu les boyaux, réglé le papier et teinté l’étoffe, j’ai tressé les lauriers et tout est là, à mes pieds, le combat est fini, la plaine fume et le soir tombe, déjà mes os forment un sec et ronceux tapis que piétinent mes enfants, ai-je mérité, ai-je failli, quelle trahison quelle poésie combien de temps encore mon ombre sous la terre, ainsi donc rien ici-bas qui soit à ma risible mesure • pas de philosophie, pas de question, pas d’être, pas de néant, pas de refus, pas de peut-être / et pour le reste / crotter, crotter ; / ôter la croûte du pain brouté •
[artaud]
::: et toujours ou presque, en défunte majesté au centre de ces toiles, moquant les plis et ondes de la nappe, un CRÂNE, de face ou de profil, tantôt blême tantôt flavescent, en attente mais de quoi, fossilisé dans le savoir de ce que nous serons il épie en recul depuis ses noires orbites – noires parce que vides, vides parce que noires –, épie mais jamais ne parle, souvent allégé de sa mâchoire inférieure, à croire que lui est refusée jusqu’à la possibilité d’articuler, sa bouche réduite à une demi-gueule, privé de ce menton qu’il faisait bon poser au creux de la main quand nous pensions qu’ainsi nous penserions mieux, même morts :::
::: Précipité 1
fards aux tons pastel gants de soie prophéties mille vanités dont chacun ici se pare mille frivolités Feu de carnaval ampoule venteuse tout le génie de dieu rameutés les miroirs faisant foi foule du corps humain du corps sans organes intense face holocauste de fumée chant néant seule négation de soi et vaine tentation lamentations des âmes amen messe dite coi trépas un soleil dans l’étau du diable cortège de petits riens valeur d’orgie le vide cadre transparent quelque chose de fatal salut dans la tombe miroirs et trophées cadavre conquis et toujours la mort
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