Sous les traits du mensonge
Monsieur Fiske ? ” Lisa Chadbourne se…
Washington
23 h 5”
Monsieur Fiske ? ” Lisa Chadbourne se pencha à la vitre de la voiture et sourit. ” Puis-je entrer ? L’endroit est plutôt exposé aux regards. “
Fiske observa la rue et haussa les épaules. ” Ça m’a l’air désert.
- C’est pourquoi j’ai choisi ce lieu de rendezvous. Toutes les administrations ferment à dix-sept heures. ” Elle monta à l’avant et referma la portière. ” Mais vous savez très bien que je ne peux prendre le moindre risque. Mon visage est connu. “
La capuche bordée de velours noir de sa cape couleur châtaigne ombrageait ses traits mais, dès qu’elle la rabattit en arrière, Fiske la reconnut. t< C’est vraiment vous. Je n’étais pas sûr…
- Vous l’étiez assez tout de même pour sauter dans un avion et venir me rencontrer ici.
- J’étais curieux, surtout sachant que vous me feriez une offre alléchante. Je suis toujours intéressé quand on me propose une promotion.
- Et flatté que je vous appelle personnellement, sans passer par Timwick, n’est-ce pas ?
- Non. ” Si cette salope pensait qu’il allait frétiller de la queue comme un chien parce qu’il avait à côté de lui la
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Première Dame, elle se gourait. ” Désolé, mais vous n’avez pas plus d’importance pour moi que n’importe qui d’autre. C’est vous qui avez besoin de moi, pas le contraire. Sinon, vous ne seriez pas ici. “
Elle lui sourit. ” Vous avez raison. Vous possédez un talent unique et une efficacité que j’apprécie. J’ai dit à Timwick comment vous aviez superbement mené l’opération à Barrett House… Hélas 1 Timwick est loin d’être aussi capable, et il se montre de plus en plus fébrile et irrationnel. Il commence à me décevoir sérieusement. Savez-vous qu’il se borne à transmettre les ordres que je lui donne ?
- Vous ? Ce n’est pas le Président ?
- Non, ça n’a jamais été le Président. Il est étranger à toute cette affaire. “
Il était déçu. Il aurait préféré accomplir ce travail pour l’homme le plus puissant du monde libre. ” Alors, je devrais exiger une rétribution plus substantielle, n’est-ce pas ?
- Pourquoi cela ?
- Si le Président ignore tout de cette histoire, alors il devient une menace potentielle. S’il était impliqué, il pourrait me protéger. Mais vous, vous ne pouvez rien pour moi.
- Ressentez-vous le besoin d’être protégé, Fiske ? J’ai pris connaissance de votre dossier, et je ne crois pas que ce soit votre souci principal. Vous êtes un homme qui a appris à ne compter que sur luimême. “
Il la regarda avec un regain d’intérêt. Elle était intelligente. ” L’argent est un bon moyen de protection.
- Alors, vous n’avez rien à redouter. Vos honoraires sont exorbitants, et votre compte en Suisse devrait vous permettre de vivre comme un roi le restant de vos jours.
- On me paie pour ce que je vaux.
- Assurément. Je vous fais seulement remarquer que vous auriez pu prendre votre retraite depuis longtemps. Pourquoi risquer encore votre vie ?
- On n’a jamais assez d’argent. “
Elle secoua la tête. ” Non. Vous aimez ça. Vous aimez le danger. Et la traque. Cela vous procure un plaisir intense. Plus le gibier est gros et redoutable, et le risque grand, plus
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cela vous plà-it. Vous aimez aussi les missions impossibles, celles qui font peur à tous les autres… Ce qu’il y a de plus difficile dans nos sociétés de droit, c’est de tuer en toute impunité, n’est-ce pas ? C’est le défi suprême, le jeu le plus passionnant du monde. Pour vous, et quelques hommes de votre espèce. “
Merde, elle était peutêtre trop intelligente. ” C’est possible, reconnut-il.
- Allons, ne soyez pas sur la défensive. Votre manière de vivre et de penser est parfaitement sensée à mes yeux, et il se trouve qu’elle colincide exactement avec mes obligations. C’est la raison pour laquelle je vous ai choisi.
- C’est Timwick qui m’a choisi.
- Timwick m’a présenté un certain nombre de dossiers, et il croit que nous avons choisi ensemble. Mais c’est moi, Fiske, moi et personne d’autre, parce que j’étais persuadée que vous aviez le profil idéal. ” Elle sourit. ” Je savais également que vous aviez besoin de moi.
- Je n’ai besoin de personne.
- Bien sûr que si. Je suis capable de rendre le jeu plus intéressant, plus difficile. Je peux vous offrir une mission comme vous n’en avez encore jamais accompli. Cette perspective vous plâiît-elle ? “
Il ne répondit pas. Elle eut un rire léger. ” Evidemment qu’elle vous plait. Je m’en doutais. Vous êtes malade d’avoir à travailler sous les ordres de Timwick, vous aimez les coups audacieux, directs. Vous réfléchissez vite, vous savez apprécier une situation dans sa globalité. Enfin, vous n’aimez pas parler pour ne rien dire, et moi non plus.
- Vous comptez effacer Timwick du tableau ?
- Je vous demande de retourner à Atlanta et de découvrir si Gary Kessler et Duncan ont pris langue. Écoutez d’une oreille ce que pourra vous dire Timwick, mais obéissez à mes ordres et rendez-m’en compte directement.
- Ma décision serait plus facile à prendre si je savais de quoi il retourne. “
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Elle l’examina d’un regard aigu. ” Non, vous vous en fichez, en vérité, de savoir ou pas. Vous considérez avec mépris toutes nos machinations. Ce qui vous intéresse, c’est le pouvoir… le pouvoir du chasseur sur la proie.
- Vous croyez bien me conneître, hein ?
- Non, mais je vous connais assez pour vous survivre.
- Vraiment ? ” Il la saisit à la gorge. ” Avezvous songé combien il serait tentant pour un homme comme moi de tuer la Première Dame, tout le jeu consistant ensuite à s’en tirer ? Pensez au pied que je pourrais prendre en faisant tourner en bourrique l’armée d’agents fédéraux lancés à mes trousses.
- J’y ai pensé, figurez-vous, ditelle en le regardant intensément. Mais vous seriez en cavale, et notre jeu serait terminé. Ce serait vraiment dommage car j’ai justement le pouvoir de le prolonger beaucoup plus longtemps. “
Il resserra sa prise jusqu’à sentir qu’il lui faisait mal. Il avait envie qu’elle plie devant lui.
Elle ne broncha pas. ” J’ai une liste pour vous, poursuivitelle d’une voix rauque. Ou plutôt, un ajout à la liste que vous avez déjà reçue. “
Pour toute réponse, il continua de serrer. ” Je savais que vous aimiez les listes. Je l’ai dit à Timwick, c’est pour cela qu’il vous en a remis… ” Elle inspira un grand coup quand il la lâcha et se massa la gorge. ” Merci. Timwick vous a demandé de rechercher Kessier ?
- Oui, mais il ne lui accorde pas une grande importance. Pour lui, Sandra Duncan a la priorité.
- Elle compte, et je prendrai bientôt une décision en ce qui la concerne, mais je veux Kessler. Si vous ne l’interceptez pas immédiatement, il analysera lADN. Je ne pense pas qu’il opérera à Emory, aussi retrouvez-le et ne lui laissez pas le temps de procéder à cette analyse.
- D’ADN ?
- Oui. Prélevé sur le crâne. Vous en avez entendu parler, je suppose.
- Non, mais j’aimerais bien, répondit-il avec un sourire. Qu’est-ce qu’il peut avoir d’aussi important, ce foutu crâne ?
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- Vous savez tout ce que vous avez besoin de savoir. Ce crâne, il me le faut. À tout prix. Et vous allez le récupérer pour moi.
- Vous croyez?
- Je l’espère.
- Qui avezvous tué? Un amant? Un maître chanteur?
- J’ai besoin de ce crâne.
- Vous êtes un amateur, sinon vous ne seriez pas dans ce merdier. Vous auriez dû charger un expert de s’occuper de cette affaire depuis le début.
- Je sais. C’est pourquoi j’ai recours à vous maintenant. ” Elle sortit de sous sa cape une feuille de papier pliée. ” Voici. Mon numéro de portable est inscrit au dos. Sauf urgence, efforcez-vous de ne pas m’appeler avant sept heures, le soir. “
Il regarda le papier dans sa main. ” Vous prenez des risques. Vos empreintes doivent être… ” Non, elle portait des gants. ” Alors, je suppose que ce n’est pas écrit à la main.
- Non, et vous ne trouverez que vos empreintes sur cette feuille. Mon portable est enregistré sous un autre nom, que personne ne pourrait identifier sans de longues recherches. ” Elle tendit la main vers la poignée de la portière. ” Je suis très efficace, Fiske. C’est pourquoi vous et moi ferons un excellent travail.
- Je ne vous ai pas dit que j’acceptais.
- Réfléchissez-y. ” Elle descendit de la voiture. ” Mais lisez la liste, d’abord.
- Attendez.
- Je dois rentrer. Vous comprendrez qu’il m’est très difficile de m’absenter sans qu’on s’en aperçoive.
- Pourtant vous êtes venue jusqu’ici. Comment ?
- La première chose que je fais en entrant quelque part, c’est de repérer l’issue de secours. Je n’aime pas me sentir prisonnière. Et ce n’est pas trop difficile de quitter la MaisonBlanche quand on sait par où passer.
- On dit qu’il y aurait un tunnel reliant la MaisonBlanche au département du Trésor, un tunnel qu’empruntait Kennedy pour rejoindre Marilyn Monroe. C’est vrai ?
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- Croyez-vous que je vous le dirais ? Venir me tuer dans ma chambre serait bien trop tentant pour vous, et j’ai envie que vous dirigiez ailleurs votre énergie. “
Il se pencha vers elle. ” Il y a trente-cinq agents du Service secret et plus de cent flics en uniforme qui gardent la MaisonBlanche jour et nuit. Ce serait un fameux atout que de savoir comment les éviter. “
Lisa Chadbourne lui offrait un visage impassible. ” Je vois que vous connaissez leur nombre par coeur.
- C’est une chose à laquelle j’ai déjà songé: tuer le Président ou sa femme. Pour le frisson, bien sûr.
- Vous semblez oublier un détail : c’est sur mes indications que Timwick dispose ses agents. Je sais donc où et à quelle heure les éviter. C’est un avantage que vous n’auriez pas, Fiske.
- Même si je lui disais que je vous ai rencontrée ce soir ?
- Pourquoi agiriez-vous contre vos propres intérêts ? “
Il garda le silence un moment. ” Allons, ne me bluffez pas. Vous avez peur, comme tout le monde. J’ai senti votre coeur battre sous mes mains, tout à l’heure.
- Oui, pourquoi n’auraisje pas peur ? Je ne sous-estime jamais le danger, surtout quand je l’ai en face de moi. N’oubliez pas de m’appeler. “
Sur ce, elle s’éloigna dans la rue. Rude bonne femme, songea Fiske. Forte, intelligente et avec un cran qui reléguait Timwick au rang des lopettes.
Mais elle était peutêtre un peu trop intelligente à son goût. Elle l’avait deviné, et ça l’incommodait. Il n’aimait pas l’idée qu’on puisse prévoir ses réactions et n’était pas sûr d’avoir envie de travailler pour elle.”
Lisez la liste. “
Elle savait qu’il aimait les listes, mais pourquoi pensaitelle que la lecture de ce bout de papier le convaincrait d’accepter sa proposition ?
Il déplia la feuille, l’approcha de la lumière du tableau de bord et éclata de rire.
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Son portable sonna juste au moment où elle poussait la porte de ses appartements. ” C’est d’accord “, dit Fiske, et il raccrocha.
L’homme décidait vite et parlait peu, pensa Lisa Chadbourne. Dangereusement impulsif, avec ça. Elle devrait porter un foulard demain pour dissimuler à Kevin les marques sur son cou.”
Lisa ? appela Kevin de la chambre. Où étais-tu passée ?
- J’ai fait une promenade dans le jardin. J’avais besoin d’air. ” Elle accrocha sa cape dans le dressing-room et enfila un peignoir de bain avec une capuche. ” Je vais prendre une douche.
- Dépèche-toi. Je voudrais te parler. “
Parler. Elle aurait préféré qu’il ait envie de lui faire l’amour. Écouter Kevin discourir et devoir lui dispenser les encouragements et les louanges qui lui étaient indispensables représentaient une corvée dont elle se serait volontiers passée. Quand Fiske l’avait prise à la gorge, elle avait cru pendant quelques secondes qu’il allait la tuer. Contrôler cet homme n’allait pas être une tâche facile.
Mais elle s’en sentait capable. Elle n’avait pas d’autre solution. En dépit de sa peur, elle avait fait du bon travail, cette nuit. Fiske était à elle. Elle entra sous la douche et laissa l’eau chaude ruisseler sur son corps, se sentant salie par le contact de cet assassin.
Mais elle aussi avait tué. Certes, pas comme lui. Elle ne pouvait comparer son acte à ce qu’accomplissait ce monstre par plaisir.
Ne pense pas à lui. Fermant les yeux, elle s’efforça de se calmer. Si dérisoire que cela puisse paraître, cet instant de solitude lui appartenait. Elle avait tellement peu de temps pour elle-même qu’elle en jalousait presque la liberté d’une Eve Duncan.
Que fais-tu en ce moment, Eve Duncan ? Est-ce aussi dur pour toi que pour moi ? Elle posa la tête contre le mur carrelé de la cabine en murmurant : ” Où es-tu, Eve ? “
Fiske la retrouverait. Fiske la tuerait, et Lisa serait sauvée. Mais elle n’éprouvait nul réconfort à cette pensée.
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” Lisa ? ” appela Kevin. Bon Dieu! ils ne pouvaient donc jamais la laisser quelques minutes tranquille ? ” J’arrive. ” Elle sortit de la douche après avoir essuyé ses yeux. Pourquoi pleurait-elle soudain ? Le geste de Fiske l’avait bouleversée plus qu’elle ne le pensait. Elle revêtit une robe d’intérieur avec un haut col et brossa ses cheveux.
Souris. Sois chaleureuse, agréable. Cache-lui ton trouble. Elle ouvrit la porte et embrassa Kevin sur la joue. ” Alors, qu’y a-t-il de si important, qu’il te tarde tant de m’en parler ? ””
On ne peut pas dire que ce soit un bon motel, Il y a des cafards dans la chambre ” disait Bonnie.
Eve se retourna dans le lit. ” On a dû choisir un endroit discret. Depuis quand les fantômes se soucient des cafards ? -
Bonnie sourit. ” Tout ce qui t’est désagréable l’est aussi pour moi. Et tu as toujours détesté les insectes. - Elle s’assit sur la chaise à côté du lit. - Je me souviens que tu criais après le monsieur qui venait désinsectiser la maison si tu trouvais un cafard encore vivant dans ma chambre. -
Elle se souvenait de cette histoire; c’était un an avant la disparition de Bonnie.
Le sourire de la fillette disparut. ” Oh! je ne voulais pas réveiller un triste souvenir!
- Ne sais-tu pas que tes visites réveillent ma douleur ?
- Oui, mais j’aimerais tant qu’un jour tu comprennes que je suis toujours avec toi.
- Tu n’es plus avec moi.
- Pourquoi te fais-tu du mal ?Accepte-moi, maman. - Elle changea de sujet. ” Tu as fait du beau travail sur Ben, mais ça ne m’étonne pas.
- Alors, tu savais qui il était.
- Non, je t’ai déjà dit que je ne savais pas tout. Parfois il m’arrive de deviner les choses.
- Comme les cafards dans cette chambre minable ? Bonnie gloussa. - Non, ça je peux le voir.
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- Alors, dis-moi quelque chose que je ne sais pas. Dis-moi où tu es, par exemple. -
Bonnie croisa les jambes en tailleur. - J’aime bien M. Logan. Au début, je ne savais pas trop; à présentje pense que c’est un brave homme. _ Un brave homme ? Et moi qui croyais que les fantômes avaient du jugement. “
Bonnie sourit d’un air malicieux. - C’est la première fois que tu reconnais que je ne suis peut-étre pas un produit de ton imagination.
- Permets-moi de douter du discernement de ma propre imagination.
- Dans la réalité, ton discernement n’est pas non plus très solide. Tu ne devrais pas te montrer aussi dure envers Joe.
- Je ne le condamne pas.
- Que tu dis. Tu sais, c’est un homme bien, il tient beaucoup à toi. Ne le repousse pas.
- Je suis très fatiguée, Bonnie.
- Et tu as envie que je m’en aille. “
Non, ne t’en va jamais. ” Je veux seulement que tu cesses de me faire la morale.
- D’accord, mais je n’aime pas que tu te sentes seule. C’est dangereux pour toi, en ce moment. J’ai peur de tous ces malheurs qui vont arriver.
- Quels malheurs ? “
Bonnie secoua la tête pour toute réponse. -Je saurai faire face.
- Tu dis ça parce que tu crois être allée au bout de la souffrance à cause de moi. Peutêtre que tu sauras lutter. Peutêtre que non.
- Peutêtre que je n’en aurai même pas envie, parce que je suis tellement fatiguée de tout ça.
- Et moi je suis fatiguée que tu me pleures tout le temps.
- Alors, pars et oublie-moi.
- Ce n’est pas une solution, maman. Le souvenir ne meurt pas, l’amour non plus. J’aimerais seulement que tu sois heureuse.
- Mais je… le suis. -
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Bonnie soupira. - Dors. Ce n’est pas la peine que je te parle. Tu n’es pas encore prête à m’entendre. -
Eve ferma les yeux. - Où es-tu, mon bébé ? chuchotat-elle. J’aimerais te ramener à la maison.
- J:y suis, maman. Quand je suis avec toi, je suis à la maison.
- Non, j’ai besoin de…
- Allons, dors. Il faut que tu dormes.
- Ne me dis pas ce qu’il faut que je fasse. Le jour où je t’aurai retrouvée, peutêtre que j’arrêterai de faire ces rêves fous.
- Ils ne sont pas fous, et tu n’es pas folle. Seulement têtue.
- Parce que toi, tu ne l’es pas ?
- Bien sûr que si, je suis ta fille, non ? Dors, je resterai ici encore un peu pour te tenir compagnie.
- Alors, je ne serai pas seule.
- Non, tu ne seras pas seule. -
Chapi&e 17
Centre médical de Bethesda, Maryland
7h 45”
Je fais aussi vite que je peux, Lisa. ” Scott Maren agrippait nerveusement le téléphone. ” Je dois être très prudent. Il y a des journalistes partout. J’ai réussi à substituer les radios dentaires, mais je vais avoir du mal à en faire autant avec les échantillons d’ADN.
- Mais penses-tu que ce soit possible ? demanda Lisa. Il faut que tu réussisses, Scott.
- J’y arriverai, dit-il d’un ton las. J’y arriverai pour toi.
- Croistu que je m’inquiète seulement pour moimême, et pas pour toi ? Je me sens tellement coupable de t’avoir entraîné là-dedans.
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- C’est de mon plein gré que je suis venu. ” Tout avait commencé vingt ans plus tôt, quand Lisa et lui étaient devenus amants alors qu’ils étaient étudiants à l’université de Stanford. Elle n’était pas encore mariée à Ben, et leur liaison n’avait duré qu’un an. Mais sa brièveté n’avait rien changé : il avait continué d’aimer Lisa. Et sa passion pour elle avait résisté au cauchemar de cette terrible nuit, deux ans auparavant.”
Tout se passera bien, ajouta-t-il.
- Je sais. Tu ne m’as jamais abandonnée.
- Je suis de l’espèce fidèle.
- Appelle-moi dès que ce sera fini. ” Elle marqua une pause. ” Je ne sais pas comment te remercier.
- Tu n’en as jamais eu besoin. ” Ce n’était pas entièrement vrai, car elle avait veillé à ce qu’il tire des bénéfices de la mort de Ben : honneurs, renommée et argent. Il les avait acceptés, mais ce n’était pas ce qui l’intéressait. Il savait qu’un jour elle quitterait la MaisonBlanche et qu’elle lui reviendrait, et alors ils rattrapera ent ces années perdues.”
Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans toi, Scott. ” Lisa au lit. Lisa riant à gorge déployée des blagues qu’il lui racontait. Lisa en larmes, quand elle lui avait annoncé son intention e ire oui à l’ambitieux Ben Chadbourne, qui la demandait en mariage. ” Je t’appellerai dès que j’aurai terminé, assura-t-il.
- Au revoir, Scott. ” Elle raccrocha. ” Docteur Maren ? “
Il se retourna. Un homme jeune, dont les cheveux roux contrastaient avec la blancheur de sa blouse d’infirmier, se tenait sur le pas de la porte. ” Oui ? Qu’y a-t-il ?
- Je m’appelle Gil Price, dit l’homme en entrant dans la pièce. J’aimerais vous parler. “
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