Souvenirs D'un Officier De La Grande Armée
Souvenirs D’un Officier de la Grande Armée
SOUVENIRS
D’UN
OFFICIER
DE LA
GRANDE ARMÉE
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L’EMPIRE
Un arrêté des consuls du 21 mars 1804 (30 ventôse an XII) créa un corps de vélites, pour faire partie de la garde consulaire et être attaché aux chasseurs et grenadiers à pied de cette troupe d’élite. Deux bataillons, de huit cents hommes chacun, devaient être formés, l’un à Écouen, sous le nom de chasseurs vélites, et l’autre à Fontainebleau, sous celui de grenadiers véli-tes. Pour y être admis, il fallait posséder quelque instruction, appartenir à une famille honorable, avoir cinq pieds deux pou-ces au moins, être âgé de moins de vingt ans, et payer 200 francs de pension. Les promesses d’avancement étaient peu sé-duisantes, mais les personnes qui connaissaient l’esprit du gou-vernement d’alors, le goût de la guerre chez le chef de l’État, le désir qu’avait le Premier Consul de rallier toutes les opinions et de s’attacher toutes les familles, pensèrent que c’était une pépi-nière d’officiers qu’il voulait créer, sous ce nom nouveau em-prunté aux Romains.
Dans les premiers jours d’avril, mon frère aîné, secrétaire général de la préfecture du département de la Haute-Loire, mort vicaire général de l’archevêque de Bordeaux en 1837, vint dans la famille pour proposer à mon père de me faire entrer dans ce corps privilégié, sur lequel il fondait de grandes espé-rances d’avenir. L’idée de voir Paris, de connaître la France et peut-être des pays étrangers, me fit accepter tout de suite la proposition qui m’était faite, sans trop songer au difficile enga-gement que j’allais prendre. Mais en y réfléchissant plus mûre-ment, je me décidai sans peine à confirmer ma résolution spon-tanée, malgré tous les efforts que mes parents firent pour me dissuader d’entrer dans une carrière aussi pénible et périlleuse.
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