Un roman dont vous êtes la victime - Mercurochrome

Vic Verdier · Chapitre 4 sur 5 · partie 1/2

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Un roman dont vous êtes la victime - Mercurochrome

Chapitre 39 — un roman dont vous…

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 2 parties.

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CHAPITRE 39 — un roman dont vous êtes la victime Vic réfléchit une seconde. Le raisonnement de sa fille est solide.

— OK, je me fie à ton jugement, Max. Donc, on lui fait confiance. Redescends l’ordinateur et le serveur quand t’as fini.

• • •

Max envoie le message sur le réseau pendant que Vic, Nadia et Tom rassemblent les affaires les plus importantes. Le travail de la journée aide. Les armes sont déjà triées, quelques boîtes de nourriture sont prêtes, les vêtements sont empilés.

Thomas jette le tout dans la boîte du cybertruck.

Vic court au sous-sol pour récupérer les serveurs remplis des téléchargements. Le tout prend peut-être dix minutes.

— J’ai pas de réponse, papa ! crie Max depuis l’étage.

Vic et Nadia se jettent un regard lourd de sens.

— On part maintenant, lance-t-elle.

— Il faut essayer d’embarquer le plus de monde possible, dit Vic. On a tous survécu ensemble. Je peux pas les laisser ici.

— Ils vont avoir le message. Ceux qui peuvent vont se sauver, dit Max. Sinon, c’est probablement trop tard.

— Tom ?

— Je sais pas par qui ils ont commencé, monsieur Verdier.

Ils ont peut-être déjà tué tout le monde.

Vic hausse les épaules et ouvre les bras.

— Si c’était toi, Nadia, qu’est-ce que tu voudrais qu’on fasse ?

Qu’on vienne te chercher ou un message serait suffisant ?

— Je sais pas.

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CHAPITRE 39 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 39

Si vous souhaitez que Vic essaie de sauver le groupe, continuez au chapitre 40.

Si vous pensez que Vic doit plutôt fuir vers montréal, rendez-vous au chapitre 29.

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CHAPITRE 40

Tout le monde embarque dans le cybertruck. Tom a le Remington ; Max a sa lance ; Nadia, sa machette ; et Vic, sa gaffe. Ils sont prêts.

Vic conduit d’abord vers la maison de la vieille madame Hamel, qui se trouve la plus proche, sur l’avenue Baccarat. Il fonce.

En tournant le boulevard de Vignory, Vic baisse les fenêtres malgré le froid qui mord la peau. Il faut être à l’écoute.

Il entend quelque chose. Un râle, peut-être deux. Il passe devant le premier croissant quand il entend des voix. C’est trop tard pour la surprise.

Une Jeep marquée des trois points en triangle est stationnée devant la maison de la vieille dame. Deux hommes de la Communauté sont justement en train de la pousser dans le coffre du véhicule. Madame Hamel est toujours en jaquette, elle a du sang qui coule de son nez à son col.

Vic accélère à fond.

Les deux hommes aux cheveux longs délaissent madame Hamel. Ils empoignent leurs nouvelles masses d’armes et se préparent. Vic sort du camion en criant.

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CHAPITRE 40 — un roman dont vous êtes la victime La gaffe offre une meilleure portée que les masses d’armes. Vic esquive un coup, puis fait trébucher son adversaire avec son crochet. La lame entaille le mollet du fanatique. Le pique-tchop fonctionne avec les râleux – pour les autres, Vic utilise la force brute. Il se jette sur l’homme au sol, ses genoux immobilisent ses bras contre l’asphalte mouillée. Il plonge le pic de sa gaffe dans la tête de son adversaire.

L’autre homme, en voyant que Thomas braque un fusil sur lui, lève les mains en laissant tomber son arme.

— Tom ? Réveille-toi, t’es avec des impurs, Tom ! Tu peux pas, c’est interdit. T’es un Vrai Enfant du Seigneur !

— Ta gueule, Michel. T’es tellement con.

Michel essaie de récupérer sa masse d’armes. Max se jette sur lui et lui plante sa lance dans le dos. Michel crache son dernier souffle en même temps qu’un caillot de sang.

Les hurlements se rapprochent. Mais un bruit plus inquié-tant se fait entendre : le maudit moteur diesel militaire.

Madame Hamel n’arrive pas à se relever. Elle est tombée à la renverse dans le caniveau de son terrain. Sa jambe fait un drôle d’angle. Vic la charge sur son dos. Elle marmonne quelque chose d’inaudible. Nadia l’aide du mieux qu’elle peut. Max est déjà au volant du cybertruck, mais le camion militaire de la Communauté arrive dans le croissant.

Vic remarque que Gros Gilles est attaché au nez du camion. Ses bras ensanglantés sont sanglés en croix près des phares et ses jambes traînent sous le pare-chocs.

Tom fait feu. À cette distance, le fusil ne sert à rien.

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CHAPITRE 40 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 40

Une Jeep dépasse le camion et fonce vers le groupe.

Vic et Nadia n’auront pas le temps de transporter madame Hamel jusqu’au pickup.

La Jeep frôle Vic. Celui-ci se jette sur le côté.

La voix de Matthew se fait entendre.

— Je veux la fille ! Je veux Maman Maxime ! Il me la faut en santé !

Vic dépose madame Hamel contre le véhicule le plus proche. Il charge. Les hommes de la Communauté sautent du camion, tous armés de masses d’armes.

Tom fait feu à nouveau. Un homme de la Communauté tombe.

Les fanatiques sont sur lui en quelques instants. Tom n’a pas le temps de recharger, alors il empoigne son fusil par le canon et fauche le premier homme qui s’approche. Vic a l’impression que le tibia du gars s’est rompu, mais il n’est pas sûr. Le cri de douleur se mêle aux cris de rage de Nadia.

Vic la voit du coin de l’œil, el e se débat. Un homme avec des tresses lui fracasse la mâchoire avec son poing. Les genoux de Nadia plient.

Vic évite un autre coup de masse d’armes et il plante le pic de sa gaffe dans la poitrine d’un homme barbu. Il projette le barbu au sol.

Une masse d’armes cherche à écraser la tête de Vic. Il bloque avec sa gaffe. Le choc entre les deux instruments résonne jusque dans les coudes de Vic. Il échappe son arme.

L’homme aux tresses, derrière Tom, en profite pour le frapper au bas du dos avec sa masse. Le jeune homme se 279

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CHAPITRE 40 — un roman dont vous êtes la victime cambre de douleur. L’autre adversaire lui place un coup vicieux dans les côtes. Tom chancelle.

Un jeune boutonneux se prend pour un chevalier. Il abat sa masse d’armes comme une batte de basebal . Vic se protège avec son brassard. La tête de masse dévie contre la protection.

Vic hurle. Il plonge son kukri dans la gorge du chevalier à boutons.

Un râleux émerge des bosquets. C’est un policier que la Rage a surpris pendant son service. Il a encore son arme à la ceinture. Il se jette sur madame Hamel. Celle-ci gargouille un cri.

Vic voit Maxime, un homme ensanglanté à ses pieds. El e se débarrasse d’un deuxième, mais le poids et le momentum des masses d’armes ont raison de sa lance.

Une douleur sourde irradie le crâne de Vic. Il ressent comme une chaleur humide se répandre dans sa colonne.

On dirait que quelqu’un vient de me renverser du café dans le cou.

Il touche sa nuque et constate du sang sur ses doigts.

Vic s’écroule.

Rendez-vous au chapitre 38.

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CHAPITRE 40 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 41

Vic relâche sa poigne sur la chevelure de Fred. Il ne voit pas son visage, mais il l’imagine.

— FRED, C’EST PAPA ! C’EST PAPA ! JE T’AIME !

— C’est une hurleuse, Vic. Tu aurais dû la tuer il y a des mois.

Vic hurle, lui aussi, parce que la colère qu’il ressent doit sortir quelque part, mais aussi parce que Fred vient de mordre son autre bras, à l’intérieur du poignet.

Son sang est visible, sous la porte. Il sent le flot de ses artères qui s’écoule de ses plaies.

Quelque part, je l’ai mérité. Ça se termine ici. El e ne m’a pas raté. Je dois saigner vraiment abondamment.

Vic rassemble quelques forces.

— JE M’EXCUSE, MA BELLE ! JE T’AIME !

Il se sent devenir mou, sa tête tombe sur le côté.

— Bravo, Fred…

Vic entend les chaînes cliqueter. Jenn fait reculer Fred au fond de la cellule. Elle le renverse ; il tombe durement sur le béton, mais il ne sent plus rien.

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CHAPITRE 41 — un roman dont vous êtes la victime Quand Jenn redonne du leste à la chaîne de Fred, cel e-ci bondit sur le corps inerte de Vic. Il est heureux qu’elle ne suive jamais son conseil – il a de longues jambes qu’el e aurait dévorées lentement.

En croquant sa gorge, comme elle aime le faire, sa mort est une question de secondes.

• • •

Jenn tire de toutes ses forces sur la chaîne qui retient Fred. La créature est contrainte de laisser la dépouille de son père.

La femme blonde s’avance vers la hurleuse en pointant son arme. Elle fait feu à bout portant dans la tête du monstre.

Ensuite, el e referme la porte de la cel ule sur les deux cadavres.

Elle n’est pas assez forte pour remonter les corps. Elle devra les couper en morceaux ici.

Jenn se sent excitée. Elle a maintenant tout l’Atelier à elle seule. Elle peut tenir des années. Il suffit de commencer par se débarrasser des parasites du groupe.

Son plan est simple : elle va faire mine de livrer des denrées à tout le monde et les exécuter avec le gros Remington de calibre 12. Ce sont des moutons, elle est une louve.

Ensuite, el e va attendre la Communauté. Jenn ne pense pas que ces gens-là soient si pires que Vic le prétend. El e va leur offrir les serveurs de Vic pour qu’ils la laissent en paix. Il n’y a pas de raison pour que ça foire. Les êtres humains savent être raisonnables.

Jenn remonte à l’appartement. Elle veut réorganiser le mobilier à son goût et regarder un film. C’est la vie de rêve !

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CHAPITRE 41 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 41

Elle déguste un petit vin de Bourgogne, un Gevrey-quelque-chose-aux-Moines, que Vic gardait dans l’armoire.

Ce n’est pas son genre, mais il est quand même pas si mal.

Elle choisit un classique : Basic Instinct. Un bruit désagréable se fait entendre par-dessus la trame du film.

Jenn pense que c’est un moteur diesel, dehors.

Elle vérifie par la fenêtre. Des véhicules foncent vers l’Atelier, un gros camion en tête.

Jenn s’arme du fusil de calibre 12 et elle sort dans la cour.

Le camion militaire défonce la porte grillagée. Jenn remarque que Gros Gilles est attaché au nez du camion.

C’est son corps qui a servi de bélier.

Jenn se campe sur sa position, l’arme prête à faire feu.

Un homme avec un long manteau descend du camion, suivi de plusieurs autres, armés des masses d’armes que Vic a fabriquées.

— Qui êtes-vous ? demande l’homme.

— Jennifer Vinet-Pouliot. Sacrez votre camp avant que je vous tire dessus. Je tire deux coups par seconde avec ça, un vrai petit bijou.

— Madame Vinet-Pouliot, ne nous énervons pas. Je suis Matthew Finn, et voici les fidèles de la Communauté du Nouveau Monde Purifié. Où est Vic Verdier ?

— Il est parti. Je suis chez moi ici, maintenant.

Un jeune homme blond, aux cheveux plus courts que les autres, s’approche de Finn pour lui parler à l’oreille. Celui-ci hoche la tête à l’affirmative. Il revient à sa conversation pendant que les hommes s’approchent un peu.

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CHAPITRE 41 — un roman dont vous êtes la victime

— OK. Je vois la situation, madame Vinet-Pouliot. Écoutez.

Nous sommes venus ici pour punir Vic d’avoir aidé des impurs à survivre. C’est mal, ce qu’il a fait, très mal.

— Vic n’était pas une bonne personne. Moi, oui.

— Pouvez-vous nous montrer votre paume, madame ?

— Lâchez-moi avec vos taches de mercurochrome. J’ai quelque chose à vous offrir de bien mieux…

— Vous n’avez pas les taches ? Nous appelons cette marque le triangle céleste.

— Ça ne vous regarde pas. Je vais compter jusqu’à dix… si–

Un projectile atteint Jenn directement au visage. Elle échappe son arme en voulant se protéger.

Les fanatiques sont sur elle en quelques instants. Un jeune homme aux cheveux courts sourit d’une oreille à l’autre, satisfait de son tir au lance-pierre. Il a l’air de se dire qu’il s’améliore chaque jour.

Un jeune boutonneux se prend pour un chevalier. Il abat sa masse d’armes sur Jenn. Cel e-ci se protège avec son avant-bras. La tête de masse fait éclater le membre. Jenn hurle.

Une douleur sourde irradie dans le crâne de la femme blonde. Elle ressent comme une chaleur humide se répandre dans sa colonne. El e touche sa nuque et constate du sang sur ses doigts.

Puis, tout devient noir.

• • •

— Nous sommes rassemblés autour de toi, Jennifer. Pour que tu sois témoin auprès de Jésus, notre Sauveur. Deviens un des 284

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CHAPITRE 41 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 41

nouveaux saint Étienne du Monde Purifié que nous recommandons à la Trinité. Dis : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. »

Et nous dirons : « Seigneur, pardonne Jenn, ne retiens pas son péché contre el e. »

La Communauté répond aux paroles de Matthew. « Ne retiens pas son péché contre el e ! », « Sois témoin, sois témoin ! ».

Formant un demi-cercle, les fidèles, hommes et femmes, observent la cage. Ils montrent la paume de leur main pour que soient bien visibles les trois points orangés, comme des taches de mercurochrome.

Jenn est enchaînée à un piquet au centre d’un enclos autour duquel se trouvent des dizaines de cages individuel es.

Dans presque toutes les cages, des hurleurs. Ils la regardent, ils la haïssent.

La femme ne répond rien. Un fidèle, qui porte de longues tresses, actionne un levier. Les portes des cages s’ouvrent.

« Gloire aux Vrais Enfants du Seigneur ! », « C’est Vérité ! ».

La victime essaie de crier, mais rien ne sort. Les hurleurs se jettent sur elle. Des dizaines de bouches se referment sur sa chair, déchirent la peau.

Matthew prend la parole. Il s’adresse au jeune homme qui porte les cheveux courts.

— Tom, dès qu’ils commenceront à se bouffer entre eux, dis aux hommes d’intervenir. Je ne veux pas trop en perdre, je viens d’apprendre qu’il y a des impurs qui se cachent à Saint-Eustache.

FIN

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CHAPITRE 42

Max sort à moto. La saison sera bientôt terminée. Il faudrait probablement essayer de mettre des chaînes à la moto, ou peut-être une chenille à la place des roues ?

Elle a passé les deux derniers jours au chevet de Ti-Gars.

Elle espère qu’il n’est pas trop tard.

Max doit rapporter le plus de gazoline possible pour les camions. La deuxième minimaison est prête, mais pas encore la troisième. Vic a trouvé une grosse remorque dans laquelle on pourra charger les panneaux solaires et une bonne quantité de denrées.

Nous sommes le 26 octobre. Il faut livrer les têtes de masses le 29, donc, encore trois jours. Max estime qu’il faudra encore une bonne semaine, après ça, pour que le groupe se mette en route. Pendant que les familles s’installent temporairement dans les minimaisons, Vic et Max devront partir en expédition vers Lanaudière.

C’est la décision qu’ils ont prise : Rawdon ou Joliette.

Ce serait juste assez loin pour ne plus être dans le giron de la Communauté. Sinon, peut-être essaieront-ils vers Montréal, pour donner une chance aux supposés réfugiés INT_Victime_Mercurochrome.indd 287

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CHAPITRE 42 — un roman dont vous êtes la victime de la station Crémazie. Max est contente de voir le plan se dessiner.

Ce délai paraît réaliste. Après la livraison, Matthew Finn devrait laisser les Verdier tranquilles. Il n’y aura qu’à donner l’impression qu’on travaille à bloquer le pont de la 335.

La question que se pose Max est : comment parler de Tom à son père ?

Elle commence par un détour à la polyvalente de Sainte-Thérèse. Si Tom veut lui transmettre un message, il l’aura déposé derrière les bacs de recyclage, aux limites du terrain de l’école. S’il y a un mouchoir qui dépasse du bac, c’est qu’un message s’y trouve. Le système est discret.

Le cœur de Max s’accélère un peu quand elle voit un bout de tissu coincé sous le couvercle. Elle a eu du temps pour réfléchir en veillant sur Ti-Gars. Elle s’est rendu compte qu’elle voulait en savoir plus sur Thomas. Elle espérait que le garçon aurait un message pour elle. Et ce n’est pas seulement parce que le groupe a besoin des renseignements que peut fournir Thomas. Max s’est rendu à cette évidence en cares-sant les cheveux humides de Ti-Gars.

« Maison de la cave à vin, le 26, à 15 h. Tom. »

Il est à peu près 14 h.

• • •

Max s’apprête à tourner à gauche à la sortie de Lorraine, à partir de la 640, mais elle se ravise. Elle a un peu de temps avant son rendez-vous.

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CHAPITRE 42 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 42

Juste devant elle, en contrebas du viaduc, Max remarque le camion-remorque et la demi-douzaine de voitures abandonnées après un carambolage qui intriguent son père. Ils n’ont jamais inspecté ces véhicules, ce qui est un accroc à leurs habitudes. Vic et Max ont fouillé systématiquement les maisons, mais pas les routes.

Mas se dit qu’ils se sont concentrés sur les lieux où ils pouvaient exterminer des râleux. Par contre, el e doit admettre qu’au moment de la Chute, les gens ont essayé de fuir. Et si les gens fuient, ils le font avec leurs possessions les plus précieuses.

La jeune femme se gare le long d’une BMW. Elle tend l’oreille, ne lésinant pas sur la prudence. Rien. Il commence à pleuvoir.

Max saisit sa lance, avec son nouveau manche. L’arme réparée lui donne confiance. Les véhicules sont vides, pour la plupart. Elle repère trois cadavres, laissés dans les habitacles, probablement morts lors du carambolage.

Une camionnette contient cinq bidons rouges remplis de gazoline. Parfait ! Pas besoin d’al er plus loin. El e les récupérera plus tard. Dans la voiture suivante, une longue valise rigide attire l’attention de Max. La coquil e a été fracassée lors de l’accident.

El e l’ouvre. C’est un fusil de calibre 12. Le canon est brisé au-dessus de la gâchette, mais Max s’en fout : el e vient de trouver six boîtes de cartouches. C’est comme gagner à la loterie.

• • •

Quand elle pousse la porte de la maison, Thomas est déjà installé dans le salon, sur le divan.

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CHAPITRE 42 — un roman dont vous êtes la victime

— Tsé, la première fois que je t’ai vue toute seule, après la discussion sur le viaduc ? Ben, c’est dans la maison d’à côté que j’étais. J’avais renversé le divan et la table à café parce que je m’étais laissé surprendre par un hurleur.

Le visage de Max s’éclaire.

— Oh, je comprends ! C’est toi qui as lancé le râleux dans les escaliers du sous-sol ! Il portait une camisole, non ?

— Je voulais que tu penses que c’était un accident.

— J’avais pas le temps de faire une enquête, mais c’était bizarre.

Max retire son nouveau casque et ébroue ses cheveux trempés.

— T’es belle. Même les cheveux mouillés, t’es belle.

Max ne sait pas quoi répondre. Elle rougit probablement sans le vouloir.

— Tu voulais me parler ? Ça tombe bien, moi aussi.

— J’ai pas beaucoup de temps.

Max hausse les épaules.

— Moi non plus.

— OK. Tu t’assois ?

Max hésite entre l’autre place sur le divan et la causeuse, en face de Tom. Elle choisit le divan.

— L’année passée, à cette date-ci, j’étais en cours d’histoire du design. Au début, je pensais que c’était inutile, mais la prof était bonne. Mettons que j’aimerais ça, être en cours, maintenant.

— Je sais. On dirait que ça fait une éternité que la fin du monde est arrivée. Ma saison de volley serait commencée…

je pourrais sortir dans les bars, sans fausses cartes…

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CHAPITRE 42 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 42

Thomas soupire.

— Bon, écoute, dit le jeune homme en tapant sur ses cuisses.

La Communauté va reprendre ses patrouil es à Lorraine.

— Hein ? Pourquoi ?

— Je leur ai donné les infos sur vous. Je leur ai dit que vous faisiez votre travail. J’ai supposé que vous pourriez bloquer la 335, ensuite, un peu comme des sous-traitants.

Mais ça marche pas.

— Ben voyons.

— Ils veulent savoir où vous vous cachez.

— Merde, dit Max. Merde.

— J’ai pensé à votre enseigne…

Max se frappe le front.

— Notre nom est sur la porte. C’est vraiment con, ça.

— Oui, et si la patrouille tombe dessus, je vais avoir l’air d’un con, moi aussi.

— Je comprends. OK, je m’en occupe. De notre côté, on a probablement un plan.

— Oui ?

— Tu me jures que tu me dis la vérité, hein, Tom ? demande Max en mettant sa main sur le genou du jeune homme.

Thomas couvre la main de Max avec la sienne. Le temps leur semble suspendu.

— Je peux pas rester avec la Communauté. Ce qu’ils font… c’est dégueulasse. Je te promets de tout faire pour être utile, si vous me prenez avec vous.

Maxime a l’impression que le ton de Thomas est authen-tique. De toute façon, il n’y a pas de demi-mesure possible – soit elle fait confiance, soit elle se met à mentir 291

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CHAPITRE 42 — un roman dont vous êtes la victime elle-même. Au point où elle en est, Max décide de faire confiance. La main de Tom réchauffe la sienne.

— Si on s’installe dans Lanaudière, mettons à Joliette, est-ce qu’on serait assez loin de la Communauté, tu penses ?

Tom réfléchit. Il hoche la tête de haut en bas.

— Il va falloir beaucoup de temps avant que Matthew sorte de la région. L’idée, c’est de repeupler, pas de conquérir.

— OK. Donc, on pense livrer les têtes de masses le 29, comme prévu, et on va trouver un endroit où déménager.

On a trois minimaisons sur roues…

— Ah oui ! Les minimaisons ! Ça, c’est un concept de design vraiment intéressant. Dans les années 1990, un gars, Mike Petoi–

Tom se tait brusquement.

— Je m’emporte, je m’excuse. J’aime ça, c’est tout. Alors, vous en avez trois ?

Max sourit en coin.

— C’est ça. On a les panneaux solaires. On a aussi au moins trois serveurs remplis de… savoirs, de connaissances.

— Quoi ?

— Mon père. Il a réussi à se connecter sur les systèmes de certaines grandes bibliothèques. Il a téléchargé tout ce qu’il pouvait. On a de quoi apprendre un peu n’importe quoi.

— Oh, c’est génial, ça !

— On part vers le 7 novembre.

Tom se rembrunit.

— C’est presque deux semaines…

— Oui. Non ?

— Oui, je pense que oui.

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CHAPITRE 42 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 42

Max se lève. Tom l’imite. Ils se retrouvent face à face. La main de Tom s’appuie quelques secondes sur l’épaule de Max. Celle-ci ne respire plus.

— Ton père…

— Quoi, mon père ?

— Est-ce qu’il sait, pour moi ?

— Je vais lui en parler après sa livraison, OK ?

— Elles sont belles, les têtes de masses d’armes, au moins ? Ça a de la gueule, finalement ?

• • •

Max regarde Tom s’éloigner.

Elle se dit qu’elle aurait dû l’embrasser. Juste pour voir.

Le soir même, elle convainc Vic de retirer l’enseigne de l’Atelier Verdier.

Rendez-vous au chapitre 32.

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CHAPITRE 43

Jenn passe le reste de la soirée à réfléchir sur ce qu’ele a vu.

Il lui semble que ça change considérablement le regard qu’elle porte sur Vic. Elle essaie de continuer comme si de rien n’était, mais elle revient toujours aux mêmes pensées.

Vic, lui, décide d’aller voir chez Nadia. Il s’inquiète. Cette dernière ne répond plus aux messages.

La porte d’entrée n’est pas verrouillée. Ce n’est pas bon signe.

Vic passe dans le vestibule. Il allume une lampe torche.

Nadia a cessé de répondre aux messages du réseau hier, dans la journée. Vic a supposé qu’elle était occupée par les soins de son fils. Il est difficile de combler les besoins d’un garçon en délire, de le garder en contention pour qu’il ne se blesse pas lui-même, et de continuer à vivre normalement.

Les messages passent probablement en queue de liste.

Malgré son masque N99, l’odeur le frappe. Ça sent lourd, ça sent poisseux.

La maudite Peste-Bleue.

Dans le salon, les semelles des bottes de Vic collent au plancher de bois. Il braque le faisceau de la lampe vers le bas.

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CHAPITRE 43 — un roman dont vous êtes la victime Des litres et des litres de sang ont été répandus sur le sol. La mère et le fils se trouvent enlacés sur le divan rose.

Rose pâle en haut, rose carmin humide en bas.

Nadia a utilisé la machette pour ouvrir la chair de leurs avant-bras de la paume au coude. Les cœurs ont pompé le sang à l’extérieur du corps, comme des ballons remplis d’eau qui se vident lentement.

Vic remarque que les doigts de Nadia sont tachés de bleu.

El e avait raison. Son fils l’a attrapé, et el e aussi. C’était une question de temps. Et l’attente est rude. L’attente tue aussi.

Vic chargera les corps de Nadia et de Ti-Gars dans le pickup.

Je sais même pas son vrai nom… calvaire.

Il ramasse la machette aux pieds de Nadia. C’est vraiment une de ses belles pièces.

Il la laisse retomber sur le plancher et sort de la maison, écœuré.

• • •

Jenn a soupé tardivement avec Vic. Elle s’est demandé, tout le long du repas, comment il faisait pour vivre avec lui-même.

Cet homme n’est plus celui qui l’a ramenée, blessée, ici.

L’annonce de la mort de Nadia et de son fils ne fait rien pour égayer l’ambiance.

— Demain, c’est l’Halloween, dit Vic.

— Déjà ?

— Oui. La fête des morts. Dommage qu’il reste personne pour demander trick or treat…

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CHAPITRE 43 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 43

— Arrête. On a du travail demain, Gros Gil es doit repasser pour la finition des minimaisons.

— Je sais. Tu vas en chercher une autre ?

— Je sais pas comment « piner » une roulotte ou une fifth-wheel, Vic. Encore moins une minimaison.

— T’as pas travaillé comme garagiste ?

Elle fige un instant, puis elle hausse les épaules.

— J’étais pompeuse, genre. Je remplissais les voitures de gaz. C’est pas pareil. C’est Gros Gilles qui mène dans ces affaires-là.

Pompeuse à la place de pompiste. El e l’a fait exprès ?

Vic rit un peu. Il la trouve drôle ; un peu bizarre, mais drôle.

Les nouilles sont fades. Jenn laisse Vic lire le reste de la soirée. Il écoute sa musique.

Elle retourne à sa chambre en prétextant qu’elle veut lire, elle aussi, mais sans musique. Elle emporte un roman de la bibliothèque de Vic, pour la forme.

Jenn ferme la porte, dépose le roman sur le lit et elle ouvre la valise réfrigérée. Il n’y a pas de semences dans la valise, mais deux pistolets Glock et quatre chargeurs pleins.

Ils sont frigorifiés.

Jenn a inventé l’histoire des semences de toutes pièces.

Elle ne voulait pas charger sa valise, c’était seulement une boîte de qualité pour garder sa protection près d’elle. Tout ce qu’elle voulait, avec la génératrice, c’était de faire chauffer de l’eau et prendre une douche.

Elle se sentait tellement crottée.

Vic a gobé son histoire. C’est tant mieux.

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CHAPITRE 43 — un roman dont vous êtes la victime Ou tant pis, dépendant de la perspective.

• • •

Gros Gilles retourne chez lui après la journée de travail. Ils ont beaucoup avancé. Vic a sorti quelques sacs de bonbons.

Ces petites attentions font du bien.

Gilles doit rapporter des outils à air comprimé qu’il n’a pas encore transportés à l’Atelier, entre autres. Il veut aussi rassembler ses notes et la machine à écrire que Nadia lui a offerte. Ses premières pages sont bonnes. Elles l’ont aidé à faire le point. Il aimerait continuer à écrire, après le déménagement.

Il conduit sa vieille Mazda vers le sud, sur la montée Gagnon. Il est fatigué. Gilles évite quelques débris sur la route, qui viennent d’apparaître dans la lumière de ses phares, juste après le cimetière.

La nuit est noire. Il bâille. Un camion tourne dans sa direction, à partir du chemin de la Grande-Côte, perpendi-culaire à sa route. L’adrénaline fouette Gil es. Il ne ressent plus la fatigue.

Ses phares ! C’est trop tard. Il n’a pas fait attention. Il les a allumés. On l’a repéré. C’est probablement un maudit camion militaire. Gille pousse un chapelet de jurons.

Il braque sur la gauche, entre la pharmacie et la SAQ. S’il peut rejoindre la 335, il a des chances de semer le camion, dont l’accélération est lente. Il fonce vers la voie d’accès, pen-sant remonter vers le nord, à contresens.

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CHAPITRE 43 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 43

Une Jeep s’ébranle devant lui, l’aveuglant avec ses projec-teurs. La Mazda fait une embardée.

Rendez-vous au chapitre 51.

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CHAPITRE 44

— Qu’est-ce que tu faisais là ?

Max est passée au tutoiement depuis le départ des hommes de la patrouil e. La blessée ne répond pas. El e dode-line selon les cahots de la route. Max la bouscule un peu.

— Hé ! Regarde-moi ! On parle, tu restes consciente.

— Je voulais juste recharger ma glacière, peut-être prendre une douche.

— De quoi tu parles ? C’est quoi ton nom, madame ?

— J’ai pas pris de douche chaude depuis des mois. Juste une maudite douche.

— T’as voulu partir une génératrice pour faire chauffer de l’eau ?

— Jennifer. Je m’appelle Jennifer.

À l’évocation du nom de sa mère, Max reste interdite.

Elle essaie de ne pas penser à ça, d’habitude. C’est plus simple. Elle se dit que Jennifer est blonde, en plus, comme sa maman.

— OK, Jennifer. Moi, c’est Maxime. OK ? Maxime. Tu m’écoutes ?

— Je suis toute sale…

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CHAPITRE 44 — un roman dont vous êtes la victime

— On va te laver, Jennifer. Pas de problème. Où tu vas ?

— Montréal. Je vais à Montréal. Mais je voulais être propre.

Je voulais prendre une…

Max tourne sur le boulevard De Gaul e. Jennifer s’étouffe en crachant du sang. Elle écarquille les yeux devant le dégât qu’elle vient de faire.

— Crache, crache, c’est pas grave, dit Max.

— J’ai tout sali.

— Il y a quoi à Montréal, Jennifer ? Hein ? Il y a quoi ?

N’importe quoi pour garder consciente la femme blessée.

— Oh… quoi ?

— Qu’est-ce que tu vas faire à Montréal ?

— Sofia devrait être là-bas, avec Sylvain. Sylvain Karczewski et le vaccin.

— Hein ? Répète ?

— Ma cousine Sofia est toujours propre, elle.

Jennifer tourne de l’œil.

Max accélère. Elle se dit qu’elle n’aurait pas dû perdre de temps avec la carcasse du râleux.

• • •

Vic travaille, la porte de garage grand ouverte. Il préfère toujours aérer son espace de forge à plein, tant que le froid ne s’installe pas. Le temps n’a pas encore pris le virage vers l’hiver. La fin octobre s’annonce clémente.

Pas de MétéoMédia pour confirmer, il va fal oir y al er au jour le jour.

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CHAPITRE 44 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 44

La première minimaison a été transportée de Mascouche, hier. Gros Gil es évalue qu’il peut tout brancher et fignoler en quelques jours. Elle est déjà raccordée au bâtiment principal.

Vic soupire en rassemblant les quelques pièces qu’il a produites pour les masses d’armes de la Communauté. Il jette un regard vers l’étage. L’ordinateur continue ses transferts vers un troisième serveur maison. C’est pénible et long.

Il reste toujours quelques archives connectées au Web, mais le forage de données pertinentes est ardu. Entretemps, le mieux est de se concentrer sur la demande de Matthew Finn.

Pour l’instant, il a terminé. Les pointes sont toutes décou-pées. Il va s’attaquer aux demi-cercles, maintenant. Mais auparavant, le manche de la lance de Max.

Le design de l’arme est inspiré des longues épées elfiques, dans les films de la série Lord of the Ring s. Un gars qui travail e dans les effets spéciaux ne se refait pas à cause d’une pandémie et d’une petite fin du monde… Vic n’a pas pu s’en empêcher : un long manche torsadé, auquel il a fixé une lame à peine courbée, longue de la moitié du manche, pointue et tranchante. C’est joli, mais surtout très utile et polyvalent.

Connaissant ce qu’on raconte sur Peter Jackson, il y a probablement un expert en armes de guerre qui a proposé le design pour que ce soit réaliste.

Vic sélectionne un morceau de bois dur dans sa réserve.

Il commence par découper la forme générale du manche.

— Papa ! Ouvre-moi, vite !

La voix de Max.

Vic abandonne son ouvrage et il ouvre la grande porte automatique dans la clôture. Il est surpris de voir sa fille au 303

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CHAPITRE 44 — un roman dont vous êtes la victime volant d’un camion Ford – et de voir une femme blonde sur le siège passager.

Max fait pénétrer le pickup dans la cour de l’Atelier. Vic constate que le corps d’un gros râleux en veston est attaché à l’arrière. La chair à l’arrière de ses jambes est disparue, arrachée par la friction sur le bitume.

— Max ? Qu’est-ce qui se passe ?

— Un vaccin ! Jennifer a un vaccin, je pense. On la rentre à l’intérieur.

Vic referme la porte pendant que Max contourne le F-150

stationné. El e ouvre la portière du côté passager. Jennifer lui tombe dessus.

— Attends-moi, dit Vic. On va la soulever à deux.

Max ne répond pas.

Jennifer ne respire plus, ses yeux fixent le vide.

Vic ne sait pas comment faire de la réanimation cardio-vasculaire. Max comprend que le râleux a probablement cassé les côtes de la blonde et que ses coups ont atteint les organes internes. Il n’y a plus rien à faire.

— Je suis tellement conne !

— Max… shhhh… voyons, Max…

La jeune femme se met à pleurer de rage.

• • •

Vic lit les notes de Sofia Del Vasto plus attentivement.

Il apprend qu’elle était quelque chose comme une technicienne de laboratoire. Elle parle d’un vaccin et d’un traitement sur lequel elle aurait travaillé au début, juste après la 304

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CHAPITRE 44 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 44

Chute. Si on ajoute ce qu’a dit Jennifer à Max, l’histoire semble moins farfelue, tout d’un coup.

Max est partie se coucher sans manger, dès que le corps du hurleur a été livré aux flammes. Après quelques minutes de lecture, Vic tombe sur une référence qui l’intrigue. Sofia parle d’un Dr K.

Non ? C’est possible ?

Vic se rabroue mentalement.

Réfléchis. Commence donc par lire la fin du carnet.

Sofia confie qu’el e a peur. El e rêve d’une solution à toute la crise. El e croit que c’est à Montréal que se sont réfugiés les chercheurs. Elle pense que « ceux de Rawdon » ne se sont jamais rendus à destination, malgré la minicentrale hydroélectrique qu’il y a là-bas et qui règlerait tant de problèmes.

Vic referme le carnet.

Sofia et… Jennifer. Tu parles d’une maudite coïncidence.

Il n’aura pas le temps d’enterrer la dépouille de la femme blonde. Il la brûlera demain.

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CHAPITRE 45

Vic a décidé de sortir de l’Atelier pour faire un peu de ménage, lui qui ne fait que forger depuis quelques jours. Il a besoin de bouger pour réfléchir.

Gros Gilles et Max ont réussi à transporter trois minimaisons et à les installer sur le terrain de l’Atelier. L’idée a réjoui tous les membres du groupe. Ils veulent être ensemble. C’est une bonne première étape. Idéalement, ensuite, il aurait fallu relier la clôture de l’Atelier et celle de la pépinière, abattre la clôture qui sépare les deux terrains, puis déplacer les minimaisons un peu plus loin. Le scénario parfait : de l’autonomie en ressources et en énergie, un petit village juste à eux.

Le scénario parfait, sans compter la Communauté. Ces gens-là vont finir, inévitablement, par les trouver et lancer une purge.

Max a raison, on ne pourra jamais éviter ça.

Les minimaisons demeurent donc sur leurs roues. Elles étaient isolées, avec les raccordements électriques et de plomberie, prêtes pour la vente. Il ne manquait que la finition, au choix des acheteurs. Gilles termine ce travail à l’intérieur. Il faut trouver un camion puissant de plus pour les tirer.

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CHAPITRE 45 — un roman dont vous êtes la victime Le F-150 peine à supporter ce poids, alors que le cybertruck et le Sierra Heavy Duty de Mendez en sont capables. Le F-150 pourra traîner une grande remorque, tout court, avec le plus de denrées et d’équipements possible. Max se charge de résoudre ces problèmes.

Présentement, Nadia et son fils sont installés dans la première minimaison. À son arrivée, la maman était radieuse. Le bandage à l’oreille de Ti-Gars ne saigne plus, il n’y pas de complication, « juste » une oreille disparue entre les dents d’une râleuse. Nadia a tout désinfecté avant de quitter la maison. Vic l’imagine, en train de récurer les choses que Ti-Gars a pu toucher… Nadia ne semble rien faire à moitié.

Qu’elle est belle.

Vic se dit qu’il faut reproduire le plan des minimaisons ailleurs ; vers Lanaudière, dans le coin de Joliette, peut-être.

Il y a de la place et des équipements abandonnés dans ce coin-là, c’est certain. Ou Rawdon…

Il y avait un « groupe de Rawdon » dans les notes de Sofia, me semble. C’est pas loin. El e parlait d’une centrale hydroélectrique.

Ça pourrait être bon.

Une fois instal és, il va fal oir être très prudents pour la contamination, bâtir une meil eure station de désinfection pour être sûr de ne pas rapporter la peste de l’extérieur, mais ce sera quand même mieux que de vivre en séparation comme des ermites.

Vic roule lentement en sortant de l’Atelier. Il va vers le sud, là où Max dit qu’elle a vu davantage de râleux. Il se donne une heure, puis il revient à la maison.

Peut-être que je pourrais inviter Nadia à souper. On a du poulet dans le congélateur. El e aimerait peut-être faire changement.

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CHAPITRE 45 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 45

Vic, t’es ben colon. À quoi tu joues ? T’es pas sur Tinder.

Le souvenir des seins de Nadia sur sa poitrine lui donne des bouffées de chaleur.

Du calme, bonhomme, t’as quel âge ? Seize ans ? Prends ça mollo.

Ce qui est sûr, c’est que de chasser le râleux va lui faire du bien. On se crée de petites habitudes sans s’en rendre compte, même après la Chute.

• • •

Max voit que la grande porte automatique s’ouvre. Son père revient trop rapidement à son goût. Il avait besoin de temps pour lui, mais il est de retour après moins d’une heure.

Quand Vic sort du véhicule, Max craint le pire. Il est couvert de sang des pieds à la tête.

— Papa ?

— Pas de panique, Max, ça va. Je suis juste tombé sur un… sur un nid…

— Hein ? Quoi ?

— J’arrive sur l’avenue Morhange, comme tu m’avais dit.

En plein milieu de la rue, je vois trois hurleurs qui se mangent entre eux. J’en revenais pas.

— Trois en même temps ? C’est ben débile.

— Je sais. J’ai pris la machette et j’ai frappé. Beaucoup.

Vic se rembrunit.

— J’ai un peu perdu le contrôle. En tout cas. On a trois carcasses à brûler. Je rentre prendre une douche. Peux-tu les jeter dans le four ?

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CHAPITRE 45 — un roman dont vous êtes la victime Max hoche la tête à l’affirmative.

— Ça a fait du bien, au moins ? demande-t-elle.

Vic réfléchit un instant.

— Oui. J’en avais besoin. C’est bizarre, non ?

— Pas tant que ça.

Vic s’éloigne.

— Papa ?

— Oui ?

— J’ai invité Nadia et Ti-Gars à manger avec nous, OK ?

Tant qu’à les avoir ici…

Vic fait signe à sa fille qu’il est d’accord. Intérieurement, il a l’impression d’être un livre ouvert pour Max.

• • •

La douche fait des miracles. Vic économise l’eau, mais il se récure à fond. Il ne veut pas contaminer les non-immunisés.

Il se souvient qu’il a encore plusieurs caisses de kits pour faire des tests. En plus du kit pour savoir si une personne est immunisée, il a aussi celui pour savoir si le virus est présent dans l’organisme. Ce n’est pas parfait : une bande sur laquel e il faut faire pipi, puis comparer la couleur du bâtonnet avec le guide sur la bouteille.

On pourrait au moins tester les deux Bégin.

Bégin ? Ti-Gars doit pas porter ce nom-là. C’est quoi son nom ?

Je le sais même pas. Son prénom ? Merde.

Vic se résout à éclaircir tout ça au souper. Ça fera un bon brise-glace. Il y a tellement longtemps qu’il n’a pas vécu un repas social. Il a peur de ne pas se rappeler comment on fait.

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CHAPITRE 45 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 45

Il s’installe devant ses vinyles. Il choisit un disque au hasard : Rubber Soul, des Beatles. Parfait. Vic ouvre le roman d’Alexandre Dumas trouvé dans les affaires de Sofia. Ça va le refaire tomber en enfance.

Il se verse un verre de la bouteille de vin de la veille. (Un Stags’ Leap 2000, il faut quand même le faire.) Il ouvre le livre au son de Drive My Car.

Quelques minutes passent rapidement, plongé dans cette intrigue qui se passe à Berlin, dans les années 1930.

Une longue plainte douloureuse dérange Vic pendant I’m looking Through You, au milieu du côté B. La gaffe est toujours à portée de main.

Pas un hostie de râleux ici ?

Vic se lève, en rogne.

Il entend quelqu’un grimper les marches rapidement. Ça n’a pas l’allure d’un hurleur, trop mesuré. Nadia débarque dans la grande pièce de l’étage, essoufflée, les yeux rougis.

— Nadia ? Ça va ?

— As-tu de l’ibuprofène ?

— Oui, dans la salle de bain. Attends.

Vic récupère la bouteille de cachets. Il retrouve Nadia, effondrée sur le divan.

— Tu vas pas, toi. Qu’est-ce qui se passe ? Crache le morceau.

— Mon fils fait de la fièvre. Câlisse. Cââââ-lisse ! Tu comprends ?

— Ça pourrait être n’importe quoi, come on.

— Il a été bouffé par un hurleur, Vic. Il l’a, c’est sûr. Je vais perdre mon bébé. Je l’ai peut-être aussi.

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CHAPITRE 45 — un roman dont vous êtes la victime Ce n’est pas le moment de lui parler des kits de test.

— Ton garçon est fort, donne-lui une chance. On verra demain. Il a les veines bleues ?

— Non.

— Bon, tu vois, pas de panique.

Vic remet la bouteille à Nadia et lui fait signe de se dépêcher à apporter à son fils les médicaments dont il a besoin.

La maman redescend.

Vic termine son verre d’un trait. Il est beaucoup plus inquiet qu’il ne le laisse paraître. Il ne reprend pas sa lecture.

Nadia remonte après quelques minutes. Elle retourne sur le divan.

— Et puis ?

— Ta fille m’a chassée de la minimaison…

— Elle a fait ça, hein ?

— Elle m’a dit que, si César a la peste, je devrais pas risquer ma vie à moi. Je m’en fous complètement, mais elle a raison, ta fille.

César. Je comprends qu’il préfère son surnom, lui aussi.

— Ouin. C’est souvent comme ça. Après la Chute, Max est devenue une adulte. Pouf ! Pas de transition. Une ado le samedi, une femme le dimanche.

— Il l’a pas, hein, Vic ?

L’homme s’assied auprès de la maman et lui serre les épaules. Nadia se permet quelques larmes.

— On sait pas, Nadia. Mais on peut le savoir.

— Quoi ?

— J’ai des kits de test.

Nadia devient livide.

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CHAPITRE 45 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 45

— Sers-moi un verre.

Vic termine la bouteille dans un verre propre. Nadia en prend une gorgée. Il ouvre une deuxième bouteille tout de suite, parce qu’il sent que ce n’est pas le seul verre que Nadia va boire.

Il lui laisse du temps pour penser.

— Non, oublie ça, dit-elle.

— OK. OK.

— Il a de la difficulté à se lever. Pas question de le faire uriner sur une bandelette. Et pis, ça donnerait quoi de plus ?

Il l’a, ou il l’a pas. De toute façon, c’est trop tard. Et moi, c’est pareil. J’aime mieux pas savoir. C’est pas comme si ça chan-geait quelque chose pour toi.

— Je l’aime beaucoup, ton gars, Nadia. Je t’apprécie, toi aussi. Tu penses que ça me ferait rien ?

— Je voulais juste dire que t’as les maudites taches de mercurochrome sur la main, toi. C’est tout.

— Je sais ce que tu voulais dire. Moi non plus, j’y peux rien. C’est comme ça et c’est pas juste.

— Non. C’est pas juste. C’est terriblement injuste.

Vic se rassoit avec une nouvelle bouteille. L’odeur du poulet qui cuit commence à flotter dans l’air du studio.

— On va manger tout seuls, on dirait bien. J’apporterai une portion à Maxi-doo avant qu’on passe à table.

— Maxi-doo ?

— Ouin, j’avais Fred-doo aussi… Une niaiserie de quand les filles étaient petites. T’as rien à dire avec un nom comme César, OK ?

Nadia pouffe malgré elle.

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CHAPITRE 45 — un roman dont vous êtes la victime

— Son père était argentin. On a argumenté longtemps.

J’ai perdu. Au moins, ça sonne bien, César Ruiz-Bégin.

Nadia parvient à sourire. Parler des morts permet souvent de se détacher un peu de la réalité, surtout quand les souvenirs douloureux sont en partage. El e prend une longue gorgée de vin.

— C’est vrai que tu m’apprécies ? Tu peux pas faire mieux que ça ?

— Toi, tu voudrais que je fasse mieux ? C’est pas assez ?

• • •

Le lendemain matin, après une courte nuit, Vic prépare du café.

Nadia lui a dit : « Je veux baiser, tu comprends ? Je veux baiser pour me sentir vivante. » Vic l’avait emportée dans son lit. Il allait devoir changer les draps ce matin. Les faire aérer, au moins.

La femme sort de la chambre, déjà rhabillée.

— Café ? demande Vic.

— Oui, et deux ibuprofènes aussi. J’ai mal un peu partout. Je t’avais dit de me baiser pour que je me sente en vie, mais là, t’as failli me tuer, Verdier. Je manquais de pratique.

C’est sensible, ici, dit-elle, pointant son entrejambe et en faisant une grimace en coin.

Vic éclate de rire. Cette femme est fantastique. Après la Chute, les gens qui manquent de résilience ne font pas long feu.

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CHAPITRE 45 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 45

• • •

Nadia donne un coup de main à Gilles pendant que Max est au chevet de Ti-Gars. La mère se défonce au travail, pour penser à autre chose. Tous deux portent des N99 qu’ils changent après une demi-journée.

Vic a bien progressé dans le découpage des pièces d’acier.

Il commence l’assemblage des têtes de masses d’armes. Il faudra ensuite un gros coup de meule. L’ouvrage avance.

Beaucoup plus tard, vers 21 h, Max revient à l’appartement. Vic et Nadia, qui l’entendent arriver, se distancent un peu l’un de l’autre pour préserver les apparences.

Max hoche la tête, très sérieuse, en fixant Nadia. Elle ouvre les mains comme celle qui est impuissante.

— Il l’a ? dit la maman.

— J’ai vu les premières veines bleues. Il dort.

L’espace entre Vic et Nadia disparaît. Le cri de la mère a de quoi effrayer même les hurleurs. Vic doit l’empêcher de descendre. Elle se débat, mais il la berce dans ses grands bras.

• • •

Le lendemain, Nadia accepte de passer le test.

Si el e est infectée, el e pourra rejoindre son fils et attendre l’inévitable avec lui. La Peste-Bleue, une fois en marche, ne s’arrête pas. El e peut avancer rapidement, ou plus lentement, mais el e ne s’arrête pas.

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CHAPITRE 45 — un roman dont vous êtes la victime Vic regarde le bout de la bandelette éponge sur l’îlot de la cuisine. Il retient son souffle. S’il n’en tenait qu’à Nadia, el e préférerait probablement avoir la peste, elle aussi.

J’aimerais mieux ne pas le savoir, mais je sais ce qu’el e ressent parce que je suis passé par là. Présentement, c’est ce qu’el e espère.

C’est normal. Ce serait terminé et, quelque part, el e serait soulagée.

Dans quelques mois, quand la perte de son fils sera derrière el e, Nadia va se rendre compte qu’el e ne voulait pas mourir, dans le fond.

La bandelette ne change pas de couleur. Nadia n’est pas infectée. C’est Vic qui est soulagé.

La maman, elle, ne réagit pratiquement pas. Nadia vit dans un engourdissement dont il sera difficile de sortir.

El e marche lentement vers la minimaison. El e parle à son fils à travers la fenêtre. Max aide le garçon à se tenir debout.

Ti-Gars ne pleure pas. Il est un peu confus, c’est la fièvre.

Nadia répète cent fois qu’elle l’aime. Je t’aime, je t’aime, je t’aime, jusqu’à ne plus avoir de salive.

Le garçon se recouche. Son état est stable.

Il n’y a plus qu’à attendre.

Si Max n’a pas fait confiance à Tom, rendez-vous au chapitre 32.

Si Max a accordé sa confiance à Tom, rendez-vous au chapitre 42.

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CHAPITRE 45 — un roman dont vous êtes la victime CHAPITRE 46

Le 1er novembre, Vic se réveille avec une neige fondante qui tombe en travers de la fenêtre de la chambre.

Nadia a pris un somnifère. El e dort encore à poings fermés.

La veil e, après le départ de Gros Gil es, ils ont récapitulé.

L’action semble faire du bien à Nadia. Elle avait déjà récuré la minimaison et mis les effets personnels de Ti-Gars dans un bac de plastique.

Max, Nadia et Vic sont d’accord. Il faut 1) terminer la finition intérieure de la troisième minimaison, 2) désinstaller les panneaux solaires, 3) charger les denrées et l’équipement dans la remorque, sans oublier les serveurs, cachés dans une pièce derrière des étagères, au sous-sol. On a distribué les tâches : 1) Gilles et Max, 2) Vic, 3) Nadia. Le départ sera pour le 3 novembre. Il faut annoncer la nouvel e sur le réseau.

On va ajouter les changements de pneus pour l’hiver à notre liste de tâches.

• • •

— Il est pas chez lui, dit Max.

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CHAPITRE 46 — un roman dont vous êtes la victime

— Ben voyons, répond Vic. Sa voiture ?

— Non plus. Il y avait ses papiers, la machine à écrire, ses vêtements et les outils pneumatiques.

Nadia se ronge un ongle.

Comme Gilles ne s’est pas présenté ce matin, mais qu’il n’avait pas non plus participé à la répartition des tâches, Vic et Max se sont attelés à l’ouvrage sur les panneaux solaires Tesla. Les connexions étaient compliquées et Vic voulait les documenter pour pouvoir les reproduire ailleurs. Nadia s’est lancée sans retenue à la sélection des équipements, allant jusqu’à anticiper la croissance des enfants Mendez pour les vêtements à emporter.

Le travail a avancé lentement, mais le temps, lui, a filé trop vite. La question de l’absence de Gilles est revenue sur le tapis seulement au moment de penser au lunch du midi.

Max a décidé d’aller voir chez lui.

Il est passé 18 h quand elle revient à l’Atelier.

Continuer : partie 2 sur 2