À l'oeil
Par analogie
HISTOIRE D’ÉTÉ
Prologue.
C’était aux heures bénies où j’étais encore étudiant.
Demandez à Dieu, ô familles, que vos fils soient plus studieux que moi et moins débauchés.
De mes années d’études, je n’ai gardé nul souvenir glorieux, nulle lauréation, nulle félicitation de mes maîtres.
Oh ! l’interminable flâneur que je fus, par le Luxembourg, par les quais, par – au soleil – les terrasses des brasseries.
Je ne dis pas ça pour me vanter, car je sais bien que c’est très vilain d’agir de la sorte.
J’ai brisé mon avenir une quinzaine de fois. Il
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en est résulté pour ledit avenir une souplesse de clown pris tout jeune.
Et puis, l’avenir n’étant séparé du passé que par le présent, et le présent n’existant point... alors quoi ?
Enfin, pour tout dire, j’allais au café et je passais dans ce mauvais endroit mainte soirée qui eût été plus fructueusement occupée à des études arides sur le moment, mais, par la suite, rémunératrices.
Entre mes camarades habituels, s’en distinguaient deux qu’on aurait pu appeler les antipodes du tumulte.
L’un Georges Caron ; l’autre, Victor Ducreux.
Georges Caron, vacarmeux comme une chaudronnée de diables cuisant dans l’eau bénite, nous assourdissant par ses réflexions oiseuses, infiniment répétées sur un ton de fausset malplaisant.
Victor Ducreux évoquait l’idée d’un sépulcre soigneusement capitonné. Jamais un mot, sauf, en des cas désespérés, un blasphème bref et sourd.
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