Au Hoggar
Du Projet de Transsaharien Souleyre
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APTITUDE DU SOL A RECEVOIR UNE VOIE FERRÉE ET RESSOURCES EN EAU DANS LES PAYS CRÉTACICO-TERTIAIRES SUD-CONSTANTINOIS
(Extrait d’un rapport fait pour M. Fock.)
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=I=
=Aptitude du sol à recevoir une voie ferrée dans les régions du Gassi Touil et du Tinghert.=
a) GASSI TOUIL.
J’ai longé le Gassi Touil par son bord Ouest[14] sur une longueur de 100 kilomètres environ, jusqu’à sa terminaison Sud à Hassi Pujat.
J’ai pu constater que le Gassi Touil offre dans cette partie, qui est sa partie méridionale, à travers les masses considérables de sable du Grand Erg Oriental, un passage dégagé de sable — très large (de 10 à 20 km. en moyenne, parfois 30 km. et même 40) — au sol de cailloutis, de « reg » remarquablement plat.
Dans cette partie du Gassi Touil que j’ai vue, on trouve des îlots de dunes d’une ampleur assez considérable, mais je n’ai pas observé de chaînes de dunes traversant le Gassi Touil d’une rive à l’autre, ainsi que cela est fréquent dans les autres gassis.
Il semble donc que l’on puisse dans cette partie du Gassi Touil se maintenir constamment sur un sol de reg, poser la voie ferrée partout sur du reg.
Je ne puis donner sur le reste du Gassi Touil un avis fondé autrement que sur des renseignements car je ne l’ai pas vu moi-même.
Mes renseignements me donnent lieu d’espérer que le Gassi Touil, au point de vue qui nous intéresse, est de nature homogène et que sa partie septentrionale est assez semblable à la partie méridionale que je connais.
Ainsi donc, le Gassi Touil se prête, par la nature et la forme de son sol, à l’établissement d’une voie ferrée — dans sa partie méridionale, je peux l’affirmer — dans sa partie septentrionale, cela me paraît vraisemblable.
La nature du pays n’est inquiétante qu’au point de vue des suites de cet établissement.
Que résultera-t-il à son point de vue de la naissance de cette voie ferrée dans le Gassi Touil ?
N’est-il pas à craindre que, obstacle opposé au libre déchaînement des vents sahariens dans l’immensité si dépourvue d’aspérités du Gassi Touil et au cœur du vaste pays de sable du Grand Erg Oriental, la voie ne provoque son ensablement ?
Quelle ampleur pourrait prendre cet ensablement ? Arriverait-il à empêcher la circulation des trains, ou resterait-il négligeable ou seulement gênant ?
Au cas où cet ensablement se produirait et deviendrait inquiétant, y aurait-il des moyens de lutter efficacement, y aurait-il moyen de triompher indéfiniment ; si l’on ne pouvait que lutter temporairement, la durée de cette lutte jusqu’au moment inéluctable où la voie deviendrait inutilisable serait-elle suffisamment longue et son prix de revient suffisamment faible pour permettre, malgré cet ensablement prévu, de considérer l’établissement de cette voie ferrée comme légitime cependant et comme une bonne affaire ?
Telles sont les questions qui se présentent immédiatement — et qu’il est nécessaire de soulever au passage dans cet aperçu rapide — questions relatives à l’ensablement éventuel de la voie du Gassi Touil.
J’ai tendance à croire qu’en prenant, par prudence, certaines précautions, en particulier en faisant toujours passer la voie à la distance la plus grande possible des rives du Gassi et des îlots de dunes, l’ensablement de la voie ferrée du Gassi Touil — s’il se produisait — n’arriverait pas à devenir désastreux dans des délais inacceptables.
Mais, pour pouvoir tabler sur des certitudes, il conviendrait de faire l’expérience suivante, par exemple : poser une centaine de mètres de voies ferrées dans le Gassi Touil et observer si un ensablement se produit au bout de quelques mois et ses proportions.
On ne peut guère considérer la voie ferrée Biskra-Touggourt comme susceptible de donner des bases de prévision sur la question ensablement dans le Gassi Touil, ces régions étant peu comparables à ce point de vue spécial.
b) LA RÉGION DU TINGHERT.
J’ai traversé la Hamada de Tinghert par Hassi Pujat et Tanezrouft pour aboutir à Fort Flatters.
A Hassi Pujat et à Tanezrouft, j’ai ainsi eu l’occasion de voir ce que l’on considère comme le lit de l’Igharghar.
Sans doute, il y a là un passage tentant pour l’établissement d’une voie ferrée ; mais il convient de faire remarquer : d’une part, qu’à Tanezrouft l’oued vient avec une grande violence après la pluie[15] et qu’une voie ferrée suivant le fond de la vallée sans dispositifs spéciaux en vue de la venue de l’oued aurait à subir éventuellement de graves dommages[16] ; d’autre part, que certaines des formations des flancs de la vallée, au Nord de Tanezrouft (argiles à gypse), présentent de graves inconvénients pour l’établissement d’une voie ferrée à flanc de coteau (possibilités de glissements, eaux séléniteuses attaquant les ciments, etc. (il est vrai qu’on fabrique maintenant des ciments résistant aux eaux séléniteuses)[17].
Telles sont les difficultés à envisager pour l’établissement d’une voie ferrée à travers la Hamada de Tinghert par la vallée attribuée à l’Igharghar passant à Tanezrouft.
Je n’ai pas suivi la vallée au Sud de Tanezrouft, ayant dû passer à travers la Hamada pour gagner directement Fort Flatters ; je n’en ai eu qu’un aperçu du haut de la gara Tanezrouft : elle va[18] vers le Sud-Ouest, vers la dépression Sud-Tinghert, en s’élargissant, calme et majestueuse et offrant un passage évidemment tentant.
Pour la traversée de la Hamada de Tinghert, après avoir franchi le défilé de Hassi Pujat qui s’impose pour échapper aux sables qui couvrent les premiers plateaux, je crois qu’il serait bon de rechercher un tracé passant sur les plateaux plutôt que par la vallée de Tanezrouft.
Cela nécessiterait quelques travaux d’art pour franchir les krebs, mais on y gagnerait un bon sol de hamada et la tranquillité lors des pluies (on n’aurait plus alors à craindre les crises de violence de l’oued Tanezrouft).
C’est une étude à faire.
=II=
=Ressources en eau.=
Sur le parcours dont je viens d’étudier la viabilité, je conçois l’établissement d’une Centrale d’eau au voisinage de Temassinin.
Centrale d’eau de Temassinin.
a) EAUX ARTÉSIENNES.
Il existe à la Zaouia de Sidi Moussa un puits artésien. A mon passage, j’y ai abreuvé mes chameaux et ai pu constater que l’eau y jaillissait en abondance (pour ces régions).
Je ne saurais donner d’indication précise sur le débit de ce puits, n’ayant fait que passer très rapidement et ayant eu d’autres préoccupations. Ce n’est qu’une vague impression que je peux indiquer ici : ce puits atteindrait un débit d’une dizaine de litres à la seconde que je n’en serais pas surpris.
Le puits artésien de la Zaouia est déjà un élément précieux et peut-être suffisant (j’ignore quels seraient les besoins de la voie ferrée) ; son eau pourrait être amenée, par gravité et par conduites, jusqu’au voisinage immédiat de la voie ferrée (20 km. environ, puisqu’on est obligé de passer à cette distance de Fort Flatters pour éviter les sables).
Il est vraisemblable que des recherches d’eau artésienne auraient du succès dans cette dépression Sud-Tinghert, dans laquelle se trouve Temassinin.
On peut espérer un sondage heureux, mais il faut escompter des déboires et ne pas compter sur le succès du premier sondage.
Les eaux artésiennes sont vraisemblablement emprisonnées dans les niveaux de grès sableux crétacés plus ou moins lenticulaires qui sont pincés dans les marnes et argiles imperméables de la base du Cénomanien ou leur sont inférieurs.
Tous ces niveaux sableux ne sont pas forcément des asiles d’eaux artésiennes ; il faut qu’ils soient dans certaines conditions particulières, et nous ne connaissons pas encore suffisamment le bassin de Temassinin pour donner un diagnostic sûr.
On comprend dès lors que nous déclarions qu’il faut espérer un sondage heureux.
Si l’on désire rechercher des eaux artésiennes dans la dépression Sud-Tinghert, il conviendrait de ne pas agir par coups de sonde désordonnés, ainsi que cela fut trop souvent le cas dans l’oued Rhir.
Il conviendrait, croyons-nous, de pousser des sondages méthodiquement, c’est-à-dire faire un premier sondage à un emplacement indiqué sur le terrain par un géologue ayant quelque expérience à ce sujet.
Faire suivre le sondage par le géologue en question qui serait en observateur sur les lieux. Ce géologue aurait qualité pour arrêter le sondage lorsqu’il estimerait que, par suite de l’âge ou de la qualité des formations atteintes, il n’y a plus lieu de continuer.
Puis, avec l’enseignement de ce premier sondage, il pourrait en être entrepris d’autres aux emplacements désignés par lui et toujours suivis.
Le géologue se prononcerait également sur l’opportunité de poursuivre chacun de ces sondages ou de les arrêter.
Ainsi, on évitera : de poursuivre un sondage alors que scientifiquement il n’y a plus d’espoir d’un ordre dont on puisse tenir compte ; de ne pas tirer de chaque sondage la leçon précieuse qu’il peut procurer pour les recherches ultérieures ou en cours.
Enfin, en cas d’insuccès répétés, dès qu’il estimera avoir suffisamment d’éléments pour juger de la question, le géologue se prononcera sur la nécessité de poursuivre l’ensemble des recherches ou de les arrêter.
Au besoin, il pourra être adjoint un sourcier au géologue, l’expérience ayant montré que, malgré beaucoup d’insuccès, les indications de certains baguettisants peuvent parfois se trouver justes, quoique la réalité de la sensibilité à l’eau ne soit pas encore démontrée scientifiquement.
Le géologue pourrait choisir de préférence les points de sondage qui lui seraient indiqués comme particulièrement propices à la fois par sa science et par le sourcier. Cela pour mettre le plus de chances de son côté.
Mais il conviendrait, croyons-nous, de donner tout pouvoir au géologue, qui ne tiendrait compte des indications du sourcier que s’il hésitait entre plusieurs emplacements également indiqués au point de vue scientifique.
Le sourcier ne serait nullement nécessaire. Le géologue absolument nécessaire si l’on veut travailler méthodiquement et arriver au succès par le moins grand nombre de sondages.
Le géologue devrait auparavant se familiariser avec les recherches, très spéciales, d’eaux artésiennes dans l’oued Rhir par exemple, en suivant quelques sondages et en consultant les archives des sondages passés, car les recherches d’eaux artésiennes ne sont pas si simples qu’il paraît à première vue : un sondage placé à 15 mètres d’un autre qui a trouvé l’eau à 50 mètres pourra ne la trouver qu’à 70 mètres, etc.
Je n’ai pas la place dans ce rapport rapide de tenter d’exposer comment il peut en être ainsi, mais je tiens à attirer l’attention sur la complexité de la recherche des eaux artésiennes.
Il est vrai que dans les archives on ne trouverait peut-être pas de renseignements géologiques bien précis sur les couches rencontrées par chaque sondage ; la méthode du géologue observateur n’ayant malheureusement pas, à ma connaissance, été suivie avec continuité dans l’oued Rhir.
Cette campagne de recherches d’eaux artésiennes, en cas de succès, pourrait avoir une grande importance pour le développement de la région de Temassinin.
Elle pourrait également, éventuellement, dans ces conditions, nous révéler des choses intéressantes sur les ressources du sous-sol.
PROFONDEUR DES SONDAGES. — Il me semble me rappeler que le sondage heureux de la Zaouia de Temassinin ne dépasse pas 20 mètres.
Quoi qu’il en soit, ainsi que je l’ai indiqué plus haut, les eaux artésiennes semblent se rencontrer à la base du Cénomanien.
Il en est de même en différents endroits du pourtour de la vaste cuvette crétacico-tertiaire du Sud-Constantinois.
Les formations primaires, jusqu’à maintenant, ne se sont pas révélées dans ces régions, d’une façon positive, détentrices d’eaux artésiennes.
C’est donc aux formations primaires qu’il conviendrait d’arrêter les sondages dans ces recherches d’eaux artésiennes.
Or, l’épaisseur des formations qui surmontent le Primaire dans la dépression Sud-Tinghert ne semble pas considérable, quoique les sables cachant le contact en surface au Sud de Temassinin empêchent de donner des précisions avec sûreté.
Je crois qu’elles peuvent être considérées en moyenne comme d’une épaisseur inférieure à 70 mètres, au maximum à 100 mètres.
Le succès peut évidemment se révéler avant cette profondeur, puisqu’à la Zaouia, ainsi que je l’ai indiqué plus haut, il me semble me rappeler qu’il fut obtenu avant 20 mètres.
Mais il est sage, pour le premier sondage, de partir de la prévision de 100 mètres, c’est-à-dire partir avec un tubage de diamètre suffisamment grand pour atteindre cette profondeur avec un bon calibre.
En cas d’insuccès de ce premier sondage, c’est-à-dire au cas où l’on aurait atteint les formations primaires sans rencontrer d’eaux artésiennes, on pourra en déduire pour les autres sondages à quelle profondeur approximative on rencontrera pour chacun le Primaire et ainsi la profondeur approximative à laquelle on devra pousser chaque sondage tant qu’il ne rencontrerait pas d’eaux artésiennes, avant de l’arrêter.
Quant à pousser plus profond que le contact crétacico-primaire, cela serait évidemment intéressant et satisferait la curiosité de certains, mais ce ne serait pas les eaux artésiennes qui ont « montré le nez » à la Zaouia, qui sont donc bien une réalité — dont on ignore seulement l’extension et la répartition — que l’on rechercherait, ce seraient des eaux artésiennes qui, si elles existent, n’ont encore « montré le nez » nulle part d’une façon décisive, dont on n’a encore aucune preuve de l’existence, dont l’on peut tout juste prétendre considérer comme des indices certains points d’eau situés dans le Carbonifère et certaines sources très timides qui se rencontrent au contact des Pays pré-tassiliens et de l’Enceinte tassilienne, contre les Grès supérieurs des Tassilis, lorsqu’ils se dressent pour former les bombements ou plateaux de l’Enceinte tassilienne, tels que Aïne Ksob, Aïne Redjem, Tanelak, Tazzait, etc.
Et en admettant que ces points d’eaux et sources soient en relation avec des eaux artésiennes en pression dans et sous les formations des Pays pré-tassiliens, dans la région de Temassinin ces eaux ne pourraient être rencontrées qu’à une grande profondeur, et on ne peut conseiller la recherche d’eaux encore hypothétiques à cette profondeur. Il faudrait qu’il n’y en ait pas d’autres à envisager, ce qui n’est pas le cas, ou que l’on tienne à s’édifier sur les ressources en eau de ces formations primaires.
Si l’on peut perdre quelque argent pour s’édifier à ce sujet, l’on pourra pousser le premier sondage très profond (300 m.). Quant aux autres sondages, naturellement il conviendra toujours — à moins que le premier sondage n’ait révélé du nouveau — de les arrêter aux formations primaires, car la recherche jusqu’à ces formations est seule conseillée par la réalité.
On devra, dans le choix des emplacements de sondages, choisir de préférence, à chance égale, les emplacements les plus près de la voie ferrée.
Au total, pour la Centrale d’eau de la dépression Sud-Tinghert, comme eaux artésiennes :
1º On peut compter sur un débit assez sérieux déjà existant à la Zaouia de Sidi Moussa à Temassinin et que l’on pourrait amener par conduite jusqu’à la voie ferrée ;
2º On peut espérer légitimement, par une campagne de sondages méthodiques, faire jaillir d’autres eaux artésiennes.
Dans la dépression Sud-Tinghert, et en étant plutôt pessimiste (car j’ai été volontairement plutôt pessimiste), on peut espérer que la profondeur des sondages n’aura pas à dépasser 100 mètres.
b) EAUX NON ARTÉSIENNES.
En plus de ces eaux artésiennes, il convient d’indiquer qu’il existe un puits à Fort Flatters, d’une profondeur, à mon lointain souvenir, d’environ 80 mètres, fournissant une excellente eau potable.
On peut compter sur le succès certain de puits du même ordre de profondeur dans la dépression Sud-Tinghert et, en raison de l’existence de puits beaucoup moins profonds (Tab-Tab), il est très fondé de l’espérer à une profondeur beaucoup moindre, tout en étant plutôt pessimiste, comme je m’en fais un devoir dans cette étude, afin de ne pas exposer à des désillusions.
L’emplacement exact en devrait être désigné autant que possible par un géologue.
c) CONCLUSIONS.
On voit que les ressources en eaux, dont pourrait disposer la Centrale d’eau de la dépression Sud-Tinghert, sont très satisfaisantes, soit par les éléments déjà existants, soit par ceux que l’on est en droit d’espérer.
d) RECHERCHES D’EAU DANS LE GASSI TOUIL.
Cette eau pourra être refoulée sur une hauteur de la Hamada de Tinghert pour alimenter par gravité la voie du Gassi Touil, car au Nord de Tanezrouft, dont l’étude suit, l’étude des puits existants, d’ailleurs rares et souvent morts[19], n’encourage pas beaucoup à faire des recherches d’eau dans ces régions. Elles ne donneraient probablement, vers 80 ou 100 mètres seulement semble-t-il, que des eaux très mauvaises, non artésiennes, peut-être peu abondantes et dont on ne peut affirmer qu’elles dureraient longtemps, et au delà, si elles parvenaient à des eaux artésiennes, ce qui serait sans précédent dans la région, ces recherches n’obtiendraient vraisemblablement ce succès qu’à une profondeur difficile à estimer en l’absence de précédents, mais que l’on ne peut guère espérer, je crois, devoir être inférieure à 200 mètres (profondeur à laquelle on peut espérer rencontrer les argiles à niveaux sableux de la base du Cénomanien), si l’on ne veut pas se bercer d’espoirs trop optimistes et s’exposer avec de grandes probabilités à des déceptions douloureuses.
e) POINT D’EAU ACCESSOIRE DE TANEZROUFT.
Dans la Hamada de Tinghert, au Nord de la dépression Sud-Tinghert dans laquelle il me paraît indiqué de placer une « Centrale d’eau » en raison de la qualité, de l’abondance et, pour une part, du caractère jaillissant des eaux existantes et éventuelles, je dois attirer l’attention sur le point d’eau de Tanezrouft qui serait sur le tracé même de la voie telle qu’on me l’a indiquée.
Là, à une faible profondeur (2 ou 3-4 m. au maximum), on trouve, d’après mes renseignements indigènes[20], de l’eau dans une certaine abondance, mais extrêmement chargée en sels calcaires, magnésiens et sodiques, impropre à l’alimentation et inutilisable pour les chaudières sans distillation préalable (eau analogue à celle d’El-Biodt probablement, et sans doute apparentée à celles des puits du Gassi Touil qui proviendraient du même niveau aquifère). Cette eau pourrait provenir en partie d’un niveau aquifère affleurant dans le voisinage, en partie des eaux de précipitation ; toutes ces eaux se rassemblent dans le fond de la cuvette de Tanezrouft par gravité.
Quoi qu’il en soit, il y a là une cuvette assez humide, ainsi que l’atteste d’ailleurs une belle végétation de tamarix, coloquintes et autres plantes, et il n’est pas douteux que deux ou trois puits de quelques mètres de profondeur, bien placés, fourniraient une quantité d’eau appréciable, mais mauvaise.
C’est un appoint qu’il convenait de signaler ici.
Mais l’importance des eaux de Tanezrouft ne peut être mise en parallèle avec celle des eaux de la dépression Sud-Tinghert envisagées précédemment — qui est beaucoup plus considérable et susceptible d’un tout autre développement.
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[Note 14 : En raison de l’obligation où j’étais, pour nourrir mes chameaux, de rester dans les régions de sable qui offrent quelques ressources en pâturages alors que les gassis en sont dépourvus.]
[Note 15 : J’ai passé après une « venue » de l’oued et j’en parle en connaissance de cause.]
[Note 16 : Il convient en outre de signaler dans la cuvette de Tanezrouft la présence de petites dunes. Mais elles ne constituent pas un obstacle bien important : elles pourront être soit tournées soit traversées facilement.]
[Note 17 : On trouvera sur le flanc Est de la vallée de Tanezrouft, après le coude que domine la gara Tanezrouft, un banc de calcaires massifs que l’on pourra exploiter pour moellons et peut-être pour pierres de taille.]
[Note 18 : Je n’entends par cette expression nullement indiquer le sens dans lequel coule l’oued dans cette partie de son cours, mais simplement la direction de la vallée.]
[Note 19 : A mon passage, en janvier 1922, dans la région du Gassi Touil, les puits Hassi Pujat, Hassi Tartrat, Hassi de la Roque étaient morts.]
[Note 20 : Lorsque j’ai passé à Tanezrouft, une « venue » récente de l’oued avait comblé le puits et laissé une daia à laquelle furent abreuvés les chameaux. Je ne puis donc parler du puits de Tanezrouft que par renseignements.]