Contes et poésies de Prosper Jourdan: 1854-1866

Prosper Jourdan · Chapitre 3 sur 6

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Contes et poésies de Prosper Jourdan: 1854-1866

Chapitre 1865

PREMIERES LARMES

 

J’admire ces étoiles lentes;

J’y vois même, en rêvant un peu,

Comme des gouttes d’or tremblantes

D’un ton divin sur un fond bleu.

 

J’écoute avec charme, ô nature!

Qu’est-ce donc qu’un coeur d’amoureux?

Ce bruit de cailloux, quand murmure La source au fond du ravin creux;

 

Quand la brise, sur la montagne,

Soupire en inclinant les fleurs:

Et me voilà, par la campagne,

Dieu me pardonne, tout en pleurs!

 

Je crois même, quelle folie!

Qu’un rossignol ou qu’un pinson

Me rend plein de mélancolie.

Las! qui me rendra ma raison?

 

D’où vient, j’ose à peine le dire,

Que je me suis, seul dans les bois, Surpris quatre fois à sourire

Quand je pleurais tout à la fois?

 

Est-ce l’amour? Sans m’y connaître, Je le crois quand je pense à vous.

Mais, non; l’amour ne doit pas être Si cruel, hélas, ni si doux!