Dr. Ice Cold (French Edition)

Cassie Love · Chapitre 1 sur 33

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Dr. Ice Cold (French Edition)

1. Scarlet

Chapitre 1

 

 

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Scarlet

 

Lorsque j'ai posé les yeux sur le Dr. Rémy Kerr pour la première fois, je me suis dit bêtement, je suis tellement contente d'être venue en Ecosse. Comment pourrais-je ne pas l'être ? Je ne suis pas sûre de connaître une seule personne qui ne se serait pas immédiatement perdue dans ses vagues auburn brillantes et ses yeux noisette mousseux. Il était un véritable rêve avec un sourire professionnel si chaleureux qu'il aurait pu faire fondre les calottes glaciaires. Je me suis souvent demandée à quoi aurait ressemblé un sourire authentique sur son visage, car même son sourire habituel était incroyablement charmant.

C'est pourtant ce que je pensais avant de travailler avec le Dr Kerr - ou, comme moi et les autres membres du personnel médical "modeste" l'appelons, Dr Kertin. C'est le meilleur moyen que nous avons trouvé pour le qualifier de crétin sans pour autant offenser les patients.

Mais maintenant, ses mèches fauves ressemblent plus à des flammes qu'à de charmantes tresses de cheveux bien entretenues. Les États-Unis me manquent tellement. Ce n'est pas une maison avec des repas chauds ou des visages aimables qui me manquent, mais simplement le fait d'être loin, très loin du Dr Kerr. J'ai travaillé dans le commerce de détail pendant mes études, souvent dans de grands magasins, et être près de lui, c'est comme travailler le jour du black friday. L'anxiété est telle qu'elle rend malade, chaque collègue est tendu et supplie pour rentrer, et personne n'est capable de se rappeler la dernière fois qu'il a utilisé les toilettes ou mangé quelque chose. Le Dr Kerr est propriétaire de son cabinet, et prend tout cela très, très au sérieux.

"Vous avez vu la façon dont il m'a regardé hier quand je suis tombée sur lui dans la salle des fournitures ?" Une des assistantes médicales s'adresse au groupe dans la salle de photocopie en l’imitant. Nous nous retrouvons ici deux fois par semaine pour nos séances de thérapie informelles.

"Non, je suis certaine que c’est comme ça qu’il t’a regardé", ajoute une autre. Elle déforme son visage pour ressembler à un méchant de dessin animé, avec un sourcil excessivement haut, et ses lèvres plissées en une profonde grimace.

Les femmes dans la pièce gloussent avant qu'une autre ne prenne la parole. "Comment un homme qui a tout pour lui peut être si malheureux ?"

Les accents écossais ne vieillissent jamais. Leur langue me semble toujours étrange, comme si chaque syllabe se battait pour ne pas être prononcée. À l'exception, bien sûr, des voyelles, dont chacune est une explosion exagérée de passion. Il y a certains membres du personnel et certains patients que je ne peux pas vraiment comprendre sans leur demander, aussi poliment que possible, de se répéter. Et même dans ce cas, je dois souvent deviner ce qu'ils veulent dire à partir du langage corporel, car leurs mots sont tout simplement prononcés de manière incompréhensible.

Cependant, aussi horrible et méchant que puisse être le Dr Kerr, son propre accent est séduisant. Il a l'air sophistiqué quand il parle, sa langue roulant sur chaque syllabe au lieu de se débattre avec elle. Je peux imaginer que sa voix est plutôt apaisante dans d'autres contextes où il n'aboie pas des ordres. Comme la narration d'un livre audio ou d'une vidéo de cuisine. Ouais, je pense qu'il pourrait en fait avoir une voix apaisante, s'il arrivait à ne pas être si malpoli.

"Qu'est-ce que c'est ?" Une voix appelle de la porte. "Vous devriez avoir honte de parler ainsi du docteur !" Hallie, l'une des plus récentes employées, s'énerve en entrant. Elle agite ses bras vers les assistantes médicales et moi-même comme si elle voulait éteindre un feu. Certains membres du personnel s'en vont, bien que leurs visages se crispent d'agacement. Ils ne veulent pas céder, mais ils ne veulent pas non plus avoir affaire à elle.

Je fais rouler mes yeux et jette un regard à Cora, mon amie et assistante médicale principale. Elle fait également rouler ses yeux. Nous partageons toutes une même peur et insatisfaction envers le Dr Kerr, excepté quelques privilégiées qui semblent l'idolâtrer. La plupart des employées ont un pari en cours pour déterminer qui, selon elles, a couché ou non avec le docteur. Je ne participe jamais, mais je ne peux m'empêcher de m'interroger sur le statut réel de Hallie, qui se tient là, les mains sur les hanches, comme si elle croyait avoir l'autorité.

Est-ce qu'elle a baisé avec lui et pense désormais être la responsable ? Sa contribution ici est-elle nécessaire, ou même souhaitée ? Je suis peut-être un peu trop têtue pour mon propre bien, mais je ne céderai pas à son attitude sans fondement. Plutôt que de suivre mes collègues, je croise les bras et m'adosse à la photocopieuse. Je la vois m'observer, un feu s'enflammant dans son regard. Sa bouche tressaute, désireuse de me donner un autre coup de langue.

Cependant, avant même qu'elle ne puisse se décider à cracher son venin, Cora s'interpose entre nous. "Qui es-tu pour donner des ordres à quelqu'un comme ça, Hallie ? La dernière fois que j'ai vérifié, c'est moi qui dirigeais ici."

"Alors tu devrais mieux faire ton travail", rétorque Hallie, ses yeux glacés se rétrécissant.

"Est ce qu’il faut que je te fasse un mot pour que tu t’en aille ? Scarlet, tu as un stylo sur toi ?" Elle me pose la question par-dessus son épaule.

"Je m'en vais. Mets-toi cet écrit dans le cul !" Les lèvres d'Hallie se retroussent comme un défi, elle tourne les talons et part. Nous la regardons sortir de la pièce en tapant dans nos mains, l'air de rien.

Cora et moi partageons un regard, puis rions et secouons la tête. "Ce travail n'est pas si mal, n'est-ce pas ?" Je demande alors que je rassemble enfin mes affaires. Un coup d'oeil à ma montre me dit que mon prochain patient devrait arriver d'une minute à l'autre. Le Dr Kerr refuse d'étendre son cabinet pour permettre à d'autres médecins de le rejoindre, mais il est tout à fait disposé à me donner, à moi, son assistante, une charge de travail presque équivalente.

"Pas tous les jours. " Cora sourit et me tapote l'épaule alors que nous quittons enfin la pièce. "Aujourd'hui, c'est vendredi." Cette remarque nous fait à nouveau rire toutes les deux.

Le simple fait de marcher dans les couloirs de ce bâtiment me rappelle que mon travail n'est vraiment pas si horrible. En Amérique, j'avais fait des stages et travaillé dans des cliniques gratuites et des hôpitaux de campagne. Cela ne veut rien dire pour les Écossais, mais les gens de chez nous comprennent. Ces deux types d'établissements médicaux ont généralement deux choses en commun : un faible financement et une mauvaise gestion.

Je ne sais pas à quoi ressemblent généralement les soins de santé en Écosse, mais le cabinet du Dr Rémy Kerr est à la pointe de la technologie. "Presque tout est automatisé et épuré, et la coordination est une nécessité absolue. L'ensemble du bureau a pour thème le gris clair et le blanc immaculé, avec seulement une touche occasionnelle de vert émeraude. Le Dr Kerr va apparemment jusqu'à l'extrême pour que tout soit coordonné. Les infirmières ont fait quelques recherches en ligne et ont découvert que les distributeurs de savon verts avaient dû être commandés sur mesure, et qu'ils n'étaient donc pas bon marché. Des distributeurs de savon.

Mis à part l'attitude terrible du Dr Kerr, travailler ici est vraiment un rêve devenu réalité. Mais, hélas, je sais qu'il ne faut pas croire que quelque chose de bien puisse m'arriver sans conditions. À chaque fois que je partage l’histoire de ma vie avec quelqu’un, la réponse est toujours quelque chose du genre : "ta vie ferait un bon scénario pour une série télévisée".

Comme si je ne le savais pas déjà.

Les petits marqueurs de couleur en haut des portes de la salle d'examen indiquent que mon dernier patient de la journée m'attend. Je fais un sourire et un signe de la main à Cora, et je me dirige vers la salle, m'arrêtant seulement pour frapper légèrement à la porte et prendre le bloc-notes dans la fente.

"Bonjour, Mme McMillan, comment puis-je..."

Mes mots se figent dans ma gorge lorsque je regarde ma patiente et que je vois des larmes couler sur son visage. Elle lève ses mains pour me montrer ses doigts, qui sont légèrement tordus de façon non naturelle et fortement enflés.

Je sais que c'est horrible que ma première pensée ne soit pas de l’empathie envers cette pauvre femme, ni même l'envie d'aller l'aider. Non, il n'y a qu'une seule pensée qui résonne dans ma tête à ce moment-là.

J’ai fait une erreur et le Dr Kerr va me tuer.

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