Friends - tome 2 (French Edition)
Chapitre 4
« Tu savais ! »
Je le lui lance en m’approchant de la voiture. Cameron a le regard empli d’incompréhension face à mon mécontentement. Il est simplement appuyé sur son véhicule, les bras croisés, perdu. Je ne me laisse pas distraire par son charme naturel pimenté par ses cheveux légèrement ébouriffés et me fait plus claire :
« Tu savais que ta psychopathe d’ex redoublait et tu ne m’as rien dit ! »
Je l’assassine du regard et sa bouche s’ouvre tandis que son regard prend un air coupable :
« Oups, lâche-t-il.
— Oups ? je l’imite. Réellement ? »
Il soupire en ouvrant sa portière avant de s’engouffrer côté conducteur. Je gagne ma place moi aussi en claquant soigneusement la portière car je sais qu’il a horreur de ça. Je lui fais face tandis que lui fuit mon regard :
« Cameron ! »
Il roule des yeux en bouclant sa ceinture :
« Sérieusement ? On va vraiment en faire toute une histoire, là ?
— Je te rappelle qu’on se déteste et aux dernières nouvelles elle voulait ma peau. »
Il démarre en me corrigeant :
« On la déteste.
— Raison de plus ! »
Mon ton monte de plus en plus alors qu’il emprunte le chemin pour aller chez lui si bien qu’il adopte une autre stratégie les yeux fixés sur la route :
« D’accord je le savais et peut être que j’aurais dû te le dire mais ça aurait changé quoi au fond ? T’aurais changé de lycée ? Non. Ça lui aurait donné son bac ? Non. »
Je le sens se crisper et ça se remarque aux jointures de ses doigts qui blanchissent sur le volant. Je m’enfonce dans mon siège, les bras croisés :
« Ça aurait tout changé, je marmonne loin de lâcher l’affaire. J’aurais pu me préparer psychologiquement. »
Cameron laisse échapper un rire nerveux :
« Oui et tu te serais rajouté une source de stress ! »
Je secoue la tête même si je sais qu’il n’a pas tort :
« Écoute bébé, je ne te l’ai pas dit parce que je te connais par cœur, tu n’avais pas besoin d’une nouvelle pression dans tes préparatifs de rentrée. »
Il ralentit et nous nous arrêtons à un feu. Il fixe la route le bras tendu sur le volant. Son autre main vient se poser sur ma cuisse et il chuchote :
« Et puis c’était tellement bien entre nous ces derniers temps après toute cette histoire que je n’ai pas voulu tout gâcher. »
Mon cœur se serre et je dois admettre à contre-cœur que son excuse fait fondre ma colère. Comme je ne réponds toujours rien, il se met à me fixer avec un doux sourire.
« Tu dois seulement te concentrer sur ton diplôme et rien d’autre, d’accord? «
Je hoche machinalement la tête et je me gronde intérieurement de ne pas être capable de lui résister. Et pour ne rien arranger, il se penche jusqu’à moi malgré la ceinture de sécurité et embrasse doucement mes lèvres en glissant une main dans ses cheveux ce qui a le don d’effacer tout résidu de colère en moi.
Un coup de klaxon s’élève derrière nous et je sursaute, en effet le feu est passé au vert. Cameron se détache avant de lancer un doigt d’honneur magistral par sa fenêtre ouverte et de démarrer sur les chapeaux de roues :
« Ça va bien se passer, ok ? » finit-il par murmurer au bout d’un certain temps.
Je le dévisage, peu convaincue :
« Tu la connais alors ne me donne pas de faux espoirs… Elle va me faire vivre un enfer.
— Fais profil bas et évite toute confrontation et ça devrait bien se passer. »
Je secoue la tête :
« C’est ma dernière année, je suis censée profiter, pas me cacher… »
Il me lance un regard teinté de peine :
« Épargne-moi ta pitié, s’il te plaît.
— Promets-moi que s’il se passe quoi que ce soit tu m’en parleras ?
— Je suis assez grande pour me défendre seule. »
Il me fusille du regard :
« Promets-le Jade !
— Ouais ça va, ça va. »
Il crispe la mâchoire avant de se reconcentrer sur la route :
« Et du coup tu me pardonnes ?
— Non », je mens.
Il me lance un regard en biais avec un petit sourire et je sais que comme pour moi cette atmosphère tendue entre nous ne lui plaît pas. Et je le remercie intérieurement de détendre l’ambiance.
« Même si je te fais du risotto à midi ? »
Il a touché la bonne corde. Ce plat est désormais mon préféré depuis que j’y ai goûté et je ne peux pas nier qu’il sait très bien le préparer. Je me redresse :
« On ne m’achète pas avec de la nourriture, monsieur Kent.
— Bon et bien ce sera pâtes à la carbo alors », lance-t-il malicieusement.
Je secoue la tête avec une ébauche de sourire sur mes lèvres :
« Tu es un monstre Cameron », je rigole.
Je ris même si la menace Lucie se place dans un coin de ma tête. Je décide de l’oublier le temps d’un week-end.
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