Friends - tome 2 (French Edition)

Marie-Charlotte François · Chapitre 50 sur 69

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Friends - tome 2 (French Edition)

Chapitre 49

 

 

Quelques semaines plus tard…

Nous sommes vendredi midi, et nous sommes officiellement en vacances pour deux semaines, dont une que je vais passer à Paris chez ma grand-mère. J’ai mon avion à 15 heures et, contrairement à mes plans de début d’année, je pars seule. Pas de Cameron pour voisin dans l’avion, pour compagnon dans les rues de la capitale de la mode, pour amoureux. Je n’ai pas de nouvelles de lui depuis la fois où je suis allée le voir à son appart. Mis à part un appel une fois, à 4 heures du matin, où il me marmonnait des mots incompréhensibles, probablement trop bourré. Je ne l’ai pas recontacté. Il faut que j’apprenne à avancer sans lui. Dire que j’ai tourné la page serait un mensonge éhonté ; il me manque atrocement. Je n’ai pas fait le deuil de notre relation et, quelque part, je n’en ai pas envie. Pourtant, il faudrait, car le voir faire la une sur les réseaux sociaux me fait toujours aussi mal. D’autant plus lorsqu’il s’affichait avec Johanna, ce qui n’a pas duré longtemps…

« J’ai cru que ces vacances n’arriveraient jamais. »

Je sursaute, et un sourire éclaire mon visage à la vue d’Evan.

Beaucoup de choses ont changé depuis le soir où j’ai appris la vérité sur Eva et Laure. Evan a décidé de ne plus traîner avec elles et reste désormais avec nous. Il sort d’ailleurs avec Rose, c’est encore timide entre eux, mais ils sont mignons. Lucie a arrêté les cours, et je dois dire que c’est un soulagement. Eva et Laure, quant à elles, ne me parlent plus. Elles ont bien essayé, mais je leur ai vite fait comprendre que ce n’était pas la peine, j’ai mis du temps à me relever de ces épreuves. Maintenant, j’ai du mal à m’ouvrir aux gens que je ne connais pas.

« Et le pire c’est qu’elles vont passer méga vite », geint Olivia.

Je ris.

« Arrêtez de vous plaindre et profitez.

— Facile à dire pour toi tu t’en vas à Paris, meuf, s’exclame Rose en se collant à Evan. Nous, on reste dans ce trou perdu. »

Florian fait mine de humer l’air.

« Je sens déjà le parfum de l’ennui. »

Tristan secoue la tête en riant et lui soupirant un : « T’es con. »

« Ça va ! Vous avez la mer au moins. »

Ils me regardent tous avec des yeux de merlan frit.

« En octobre ? Intelligente, la petite », se moque Flo.

Je lui donne un coup de coude et il me supplie tandis que nous sortons du lycée.

« Pitié, emmène-moi. Ne me laisse pas avec eux. »

Je secoue la tête.

« Hors de question. T’es un véritable casse-pied. »

Il ouvre de grands yeux.

« Alors là, je suis vexé. »

Je secoue la tête.

« T’as ton avion à qu’elle heure ? » demande Evan.

— 15 heures, je crois. »

Tristan checke Florian, et Rose annonce :

« Bon, on y va. On se capte pendant les vacances. »

Elle m’embrasse.

« Amuse-toi bien et, à ton retour, j’exige un rapport détaillé des boîtes de nuit parisiennes. »

Elle se dandine devant moi avant d’embrasser les autres et de partir en nous faisant un signe de la main.

« Je vais y aller aussi, soupire Florian, mon père a commencé des travaux à la maison, et je dois l’aider. »

Il tire la tête.

« Courage, monsieur Plaza. »

Il fait mine d’être épuisé et tombe dans mes bras. Je le supporte tant bien que mal, et il nous salue avant de partir à son tour.

Je considère les deux amoureux à côté de moi.

« Bon, je vais y aller aussi, faudrait pas que je loupe mon avion.

— Te connaissant, t’as plus de chance qu’il s’écrase », ricane Evan.

— Ou qu’on se fasse tuer par un tsunami. »

Je m’indigne.

« Moquez-vous ! Je penserai même pas à vous en faisant les bouti… »

Je suis coupée par le bruit d’un crissement de pneu. On se retourne, tous ébahis, pour admirer une magnifique Porsche s’insérer un peu rapidement dans le parking. Les vitres sont teintées, aussi on ne voit pas le conducteur, mais j’en déduis que c’est un sacré malade. La voiture fait le tour du parking. Elle vient se garer à la place la plus proche du lycée, c’est–à-dire à quelques mètres de nous, et Evan passe un bras protecteur autour des épaules de Rose. Je suis curieuse de savoir qui est le conducteur d’une telle voiture.

La portière claque, une silhouette se dessine, et mon sang se glace. Un beau brun très bien habillé verrouille la voiture sous le regard admiratif des plusieurs personnes. Un beau brun que je ne connais que trop bien, avec des yeux si bleu que l’océan en est jaloux. J’ai un mouvement de recule quand je réalise que Cameron est là, juste devant moi. Il avance décidé, tel un félin, et j’en ai le souffle coupé. J’ai l’impression que ça fait une éternité que je ne l’ai pas vu.

Qu’est-ce qu’il fait ici ? Il doit sûrement venir récupérer des documents au lycée. Ce scénario paraît moins probable lorsque je me rends compte qu’il s’approche vers moi, vers nous.

Le visage inexpressif, les yeux fermés, je tremble de tous mes membres, je suis pétrifiée. Evan, qui a appris ce qui s’est passé au fil du temps, à mesure que l’on devenait de plus en plus amis, capte mon malaise et s’impose dès que Cameron arrive à notre hauteur. Il paraît bien petit à côté.

« Qu’est-ce que tu fous là ? » agresse Evan.

Cameron lève un sourcil, presque las.

« On se connaît ? »

Sa voix me fait frissonner, si rauque, si sexy. En le voyant, je retrouve toute les raisons pour lesquelles je suis tombée amoureuse de lui, et ça me fait flancher. Rose me jette un regard inquiet. Cameron ne me lâche pas des yeux et ignore Evan.

« Moi je te connais et je peux te dire que t’as rien à faire ici. »

Cameron réfléchit et semble avoir une illumination.

« Ah si, je vois. Tu es la petite baltringue qui passait son temps à tromper Jade et qui a essayé de la récupérer. »

Il le prend de haut et ne cache pas son mépris.

« Cameron. »

Ma propre voix me surprend, elle sonne comme un avertissement et attire son attention. Ses yeux semblent prendre vie une fraction de seconde avant de redevenir deux puits glacés.

Il fait un pas de côté pour contourner Evan, mais celui-ci ne compte pas laisser tomber.

« Casse-toi d’ici. »

Cameron le transperce du regard, les muscles tendus.

« En plus d’être con et moche, t’es chiant, le gros lot, tiens. »

Evan s’approche menaçant.

« C’est quoi ton problème ? »

J’observe mes deux ex se toiser méchamment, Evan bombe le torse et ses mots ne sont que des sifflements.

« Là ? Ta présence, s’amuse Cameron. Mon poing me démange aussi atrocement. »

Evan bombe le torse.

« Ça suffit ! » je crie.

Ils se retournent tous les deux vers moi.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? »

Je tente de paraître sûre de moi, mais il n’en est rien. Sa présence m’impressionne et rouvre des blessures en moi, tout comme elle réveille ma colère et ma tristesse. Notamment quand il répond.

« Je viens te chercher, Jade. »

 

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