Friends - tome 2 (French Edition)
Chapitre 60
« Y a quelqu’un ? »
Je fais exprès de parler d’une voix monocorde tandis que Cameron me suit de près. J’arrive rapidement dans le salon où mon père se redresse de suite en me voyant arriver. Je souris faiblement:
« Alors ? » s’empresse mon père.
Cameron se glisse près de son père qui essaye du regard de lui soutirer des informations.
« Tu devrais t’assoir papa. »
Il fronce les sourcils mais ne s’exécute pas.
« Qu’est-ce qu’il se passe ? »
Je grimace en serrant les bras autour de ma poitrine. Je mérite vraiment un oscar. Un coup d’œil à Cameron me montre qu’il est à deux doigts d’exploser de rire car il s’est assis et a posé le dos de sa main sur sa bouche.
« Jade ? s’inquiète mon père.
— C’est pas bon », je lâche faiblement.
Mon père livide se laisse tomber dans un fauteuil tandis que Pierrick interroge son fils du regard. Je me mords la lèvre inférieure et répète.
« C’est pas bon… C’est excellent ! » j’explose.
Mon père ne comprend pas et relève la tête brusquement mais quand il voit le grand sourire de Cameron, il comprend et me prend dans ses bras.
« Mon bébé. Après le permis, le bac ! Je suis si fière de toi. »
Il me caresse les cheveux tandis que Pierrick crie.
« Champagne ! »
Le bouchon saute avec bruit et bientôt les coupes sont remplies. On avale un repas copieux.
« Au fait Jade, j’aimerais t’inviter au restaurant ce soir », me propose Cameron.
Nos deux pères ne paraissent pas surpris alors que moi je me sens gênée. Je n’aime pas profiter de l’argent de Cameron.
« C’est vrai que ça se fête », approuve Pierrick.
Son fils appuie d’un hochement de tête et je conclus.
« Bon d’accord. »
Je l’ai tanné toute la journée pour savoir où il comptait m’emmener mais rien, pas un indice. J’ai tellement insisté, qu’il a fini par me jeter à l’eau tout habillé dans sa piscine. C’est bon de retrouver cette maison et même si mes cheveux dégoulinent sur mon tee-shirt trempé et donc transparent, je suis heureuse car j’ai tout pour être heureuse. Cameron bronze à côté tandis que je tente de faire sécher mes affaires. Comme à chaque fois que je l’examine trop, je me rappelle à quel point je suis amoureuse de lui et je manque de tomber du transat pour venir l’embrasser par surprise.
Il ouvre un œil suspicieux avant de le refermer pour mettre du cœur dans son baiser. Il me mordille la lèvre, joue avec ma langue et je soupire de plaisir. Je le vois cependant ouvrir un autre œil.
« M’embrasse pas comme ça… Surtout avec ce tee-shirt », dit-il d’une voix rauque.
Nos pères se trouvent non loin d’ici alors je parsème ses joues de baisers et il me fait basculer sur lui.
« Ça suffit, ordonne-t-il hilare.
— Sinon quoi ? » je le défie.
Il ouvre de grands yeux en me demandant si je suis sérieuse.
« Sinon quoi ? Sinon quoi ! »
Je me sens immédiatement soulevée de terre et je lâche un cri de surprise.
Je tente me débattre tandis que je le sens prendre de la vitesse. Je vois la piscine se rapprocher dangereusement et j’ai seulement le temps de crier.
« Non non non. »
Je me retrouve emportée au fond par un corps musclé. Je me débats et remonte à la surface.
Il remonte peu de temps après et me crache de l’eau au visage. Je me venge en lui envoyant une grosse gerbe d’eau qu’il esquive.
« C’est mieux, là au moins t’es moins attirante. On dirait un caniche. »
Je me propulse sur son torse et agrippe sa tête de façon à le faire couler.
Je n’ai réussi qu’en fin d’après-midi alors qu’il se laissait faire, fatigué et lassé que je m’agite pour y parvenir. Nous avons les doigts tout fripés quand nous sortons de l’eau et qu’il m’accueille dans sa serviette. Il frotte mes bras et m’apprend.
« Faut que tu sois prête à 19 h 30. Il te reste deux heures. »
Il embrasse le bout de mon nez.
« Habille-toi le plus élégamment possible mais à l’aise. »
Je fronce les sourcils alors que les questions sur l’endroit me reviennent. Il me devance et pose furtivement se lèvres sur les miennes.
« Tais-toi et fais ce que je te dis. »
Je fais la moue et lui vole la serviette en me creusant le cerveau. Je ne vois pas où est-ce que l’on pourrait aller ? Je ne l’embête cependant pas plus et me dirige vers la salle de bain où je rince tout le chlore de la piscine avant de laver mes cheveux. Je mets une éternité à les sécher et quand ils sont à peu près présentables, j’envisage un tête-à-tête avec les affaires qu’il me reste ici. Je me félicite d’avoir pensé à laisser des tenues de soirées ici et que Pierrick n’ait pas eu l’idée de réaménager la chambre. Mon choix se porte sur une robe rouge que je n’ai jamais mise. Elle est moulante avec les épaules dénudées et une encolure en cœur. Elle sera parfaite.
Et c’est le cas, elle me va à merveille et je souris devant mon reflet plus que présentable. J’ajoute une touche de mascara et fait quelques vagues dans mes cheveux à l’aide du sèche-cheveux, me voilà prête.
Il n’est que 19 h 15 alors je prends mon temps pour enfiler ma paire d’escarpin. Nous sommes en le 6 juillet et je décide de ne pas prendre de gilet. Nous commençons à entrer dans mes mois favoris.
J’abandonne mon téléphone sur mon ancien lit et descends prudemment les escaliers. Mes pas résonnent si bien que Cameron se retourne dès que j’arrive au salon. Il me scrute de haut en bas avec un regard d’admiration. C’est aussi pour ça que je l’aime, car il me fait me sentir spéciale chaque jour. Son père ne cache pas non plus son admiration en mettant un coup de coude à mon père.
« Vous êtes très beaux tous les deux. »
Je remercie le papa de Cameron avec un léger sourire et détaille mon copain.
Il porte une chemise noire aux manches retroussées. Un classique mais une très belle pièce. En bas, il porte un bermuda en jean ainsi que des Converse. J’en viens à me demander si je ne suis pas trop bien habillée.
« Tu es parfaite, me rassure-t-il à l’oreille.
— Je ne sais pas si je vais te laisser sortir » ironise mon père avec cependant un regard prudent.
Je tente de le rassurer d’un sourire.
« Bon on y va. »
Il me tend le bras que je saisis volontiers et on salut nos pères.
Arrivés à la voiture, Cameron me retient et cherche quelque chose dans la poche arrière de son jean. Il en sort un petit foulard noir qu’il agite.
« C’est une surprise alors je vais te bander les yeux. »
Je me méfie.
« Ne t’en fais pas, pas de sale coup à la Cinquante nuances de Grey. »
Je pouffe et il me fait tourner.
« C’est pas nécessaire…
— Si ça l’est. Fais-moi confiance. »
J’obtempère et bientôt je ne vois que du noir.
« Combien de doigts ?
— 100 ? »
Je l’imagine rouler des yeux.
« Trop drôle. »
Je l’entends déverrouiller sa voiture et prudemment il m’aide à m’y installer. Je boucle la ceinture à tâtons.
Apparemment les sensations sont décuplées quand on n’y voit rien, et bien je peux affirmer que Cameron est le pire chauffeur de cette terre. Je réprimande des haut-le-cœur plusieurs fois tandis que le trajet s’éternise.
Finalement, j’entends les pneus crisser sur du gravier et il s’arrête. J’attends patiemment qu’il m’aide à sortir tandis que j’ai hâte de savoir où nous sommes. Je tends l’oreille et je n’entends rien. Si je ne le connaissais pas je penserais qu’il va me tuer, pourtant ce n’est pas pour ça que mon cœur bat vite.
« C’est bon ? »
Il pose ses mains sur mes épaules:
« Pas encore. »
Je grogne et le laisse guider tandis que la tension est à son comble.
« Attention à la marche. »
Je lève une jambe et m’appuie sur ce qu’il semble être un encadrement de porte.
« Retire le bandeau. »
Je ne me fais pas prier et mes mains viennent butter contre le nœud pour le défaire. Dès que le bandeau tombe dans ma main, j’entends.
« Joyeux anniversaire ! »
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