La Chanson des gueux

Jean Richepin · Chapitre 111 sur 125

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La Chanson des gueux

VII Sonnet Orgueilleux

VII

 

SONNET ORGUEILLEUX

 

De son propre malheur l’homme est toujours complice.

La vie est un combat, et parmi ces essaims

De soldats, de bandits, de traîtres, d’assassins,

Tant pis pour qui va nu ! Que le sort s’accomplisse !

Il faut se cuirasser, et que toute arme glisse

Sur le fer qu’on se plaque à même les deux seins.

Chacun doit se forger sa cuirasse, et les saints,

Comme ils n’ont pas d’acier, se bardent d’un cilice.

Moi, pour mieux tenir tête à tous coupe-jarrets,

J’endosse le cilice et la cuirasse après,

Et je mets au défi, mort-Dieu ! qu’on m’assassine.

Ma cuirasse est de pur orgueil, et sans un trou.

Les crins de mon cilice ont pris en moi racine.

Vous qui voulez percer mon cœur, cherchez par où !

 

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