La Symphonie Pastorale

André Gide · Chapitre 15 sur 18

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La Symphonie Pastorale

22 mai.

Seigneur, je ne sais plus… Je ne sais plus que Vous. Guidez-moi. Parfois il me paraît que je m’enfonce dans les ténèbres et que la vue qu’on va lui rendre m’est enlevée.

 

Gertrude est entrée hier à la clinique de Lausanne, d’où elle ne doit sortir que dans vingt jours. J’attends son retour avec une appréhension extrême. Martins doit nous la ramener. Elle m’a fait promettre de ne point chercher à la voir d’ici-là.

 

22 mai.

 

Lettre de Martins : l’opération a réussi. Dieu soit loué !

 

24 mai.

 

L’idée de devoir être vu par elle, qui jusqu’alors m’aimait sans me voir – cette idée me cause une gêne intolérable. Va-t-elle me reconnaître ? Pour la première fois de ma vie j’interroge anxieusement les miroirs. Si je sens son regard moins indulgent que n’était son cœur, et moins aimant, que deviendrai-je ? Sei-gneur, il m’apparaît parfois que j’ai besoin de son amour pour vous aimer.

 

27 mai.

 

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