La Voyageuse de nuit

Laure Adler · Annexe

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La Voyageuse de nuit

Exergue

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« J’ai attendu impatiemment de devenir vieux. Parce

que cela pouvait être un moyen d’échapper à ce que les

gens attendent de vous. »

Lars NORÉN

 

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C’est l’heure de la sieste un jour de plein été. Tout le monde dort

dans la maison de vacances. Je monte le raidillon qui conduit, par un

chemin de ronces, aux rochers d’où l’on peut plonger. Devant moi un

homme fait son jogging. Débardeur, short, le tout moulant. Malgré la

chaleur il ne semble pas souffrir. Corps longiligne, muscles dessinés.

Je l’envie et peste contre mon âge qui ne m’autorise plus ce genre de

plaisir. Au sommet de la route l’homme s’arrête devant une voiture,

ouvre le coffre. Je le vois de dos. Il prend une serviette pour éponger la

sueur et se retourne. C’est un monsieur d’un certain âge ou d’un âge

certain, on ne sait plus comment nommer cette frontière invisible,

personnelle, à la fois subjective et objective, à partir de laquelle on

atteint… une contrée où on ne peut plus tricher ni avec soi-même ni

avec les autres. J’ai l’impression d’avoir été trompée. Pourquoi ? Les

vieux n’ont-ils pas le droit de ressembler à des jeunes ? Imitent-ils

désespérément les jeunes parce qu’ils n’acceptent pas leur âge ?

Pourquoi refusent-ils, à tout prix, de paraître vieux, au mépris de la

vérité de leur âge ? Mais que signifie la vérité de l’âge ?

 

Et moi, quel âge j’ai ? Soixante-dix. Bientôt la vieillesse, même si

une part de moi-même ne veut pas y penser. Je sais que j’ai un certain

âge justement et pas encore, je l’espère, un âge certain. Je suis dans

une sorte de sas. Les conséquences de l’âge ne m’ont pas encore trop

atteinte, même si certaines cicatrices de la vie, à la fois physiques et

psychiques, ne s’effaceront jamais. Je m’allonge sur les rochers.

Pourquoi ai-je l’outrecuidance de penser que je fais plus corps avec

moi-même que l’homme qui fait comme s’il avait toujours trente ans ?

Je m’endors en me demandant quel âge j’aimerais avoir si l’on m’en

donnait la possibilité. Vingt ans, sûrement pas. J’ai tout fait trop vite,

trop tôt. À vingt ans j’étais déjà une vieille adulte avec des

responsabilités d’adulte et vivant avec des personnes beaucoup plus

âgées. Je singeais les adultes et n’y arrivais pas. Comme le dit Paul

Nizan : « Tout menace de ruine un jeune homme : l’amour, les idées, la

perte de sa famille, l’entrée parmi les grandes personnes. Il est dur

d’apprendre sa partie dans le monde. » Pour une fille aussi, il est

compliqué d’entrer dans le monde à vingt ans, surtout lorsqu’elle fait

semblant d’ignorer les difficultés et se comporte comme si tout allait

bien. Comme l’auteur de La Conspiration je ne laisserai jamais dire

que vingt ans est le plus bel âge de la vie.

 

Je suis dans un train entre Lyon et Clermont-Ferrand un jour de

canicule. À l’heure du déjeuner je me rends au bar, quasi désert en ce

jour férié. Devant moi un homme. Son portable sonne. Il répond en

ronchonnant et à haute, trop haute voix : « Oui, oui, tout va bien.

Pourquoi donc t’inquiètes-tu ? Tu me prends pour un vieux gaga ou

quoi ? » Le ton monte, la litanie de ses reproches n’en finit pas. Les

rares passagers font semblant de ne rien entendre. Arrivé devant le bar,

il coupe enfin son portable et prend à partie le serveur : « C’était mon

fils. Il me considère comme un débile. Sous prétexte que je suis vieux,

il s’inquiète lorsque je voyage seul. — Vous devriez vous réjouir qu’on

prenne soin de vous », lui répond le jeune homme, avec tant de

solennité et de profondeur que son interlocuteur en reste bouche bée. Il

n’y avait peut-être jamais pensé.

 

Qui s’occupe des vieux dans notre société ? Des vieux vraiment

vieux ? Autrefois on disait les vieillards, maintenant on n’ose plus. Ce

sont généralement leurs enfants qui en ont la charge. À quel prix ?

Comment ? À partir de quand s’occuper de ses propres parents alors

qu’ils redeviennent de grands enfants ? En prendre la responsabilité

devient un mode de vie, une obsession, un tourment, une recherche qui

vous fait réévaluer malgré vous l’échelle des âges et votre rapport au

temps. Dans quelle société vivons-nous où l’aveuglement face à la

réalité – plus de quinze millions de personnes aujourd’hui ont plus de

soixante ans – le dispute à la mauvaise foi des instances politiques qui,

non sans professions de foi humanistes, quelquefois, veulent nous faire

croire qu’elles s’occupent d’un quart d’entre nous – en fait laissé à

l’abandon avec les familles en première ligne ?

On vit dans un pays de vieux, qui va devenir de plus en plus vieux,

et on fait semblant de ne pas s’en apercevoir – au cours des trente

dernières années l’espérance de vie a augmenté de 30 % et 80 % de ces

années sont vécues sans incapacité notoire. En 2050, cinq millions de

femmes seront nonagénaires. En 2070, une personne sur deux aura

plus de soixante-cinq ans et, en 2100, l’espérance moyenne de vie sera

de quatre-vingt-quinze ans. Pas question, ici, de collectionner les

chiffres des démographes, des statisticiens, des gérontologues… mais

pourquoi vit-on ce qui devrait être une avancée démocratique et un

saut qualitatif – car je ne parle pas ici de vieilles et de vieux qui

souffrent mais qui sont en bonne santé – comme une catastrophe

collective, un chagrin national, un signe de déshérence de notre société

qui serait « accaparée », « gangrenée » par les vieux, qu’on craint plus

qu’on ne les vénère, qu’on cache plus qu’on ne les écoute. Pourquoi ?

A-t-on honte ? Quelle partie de nous-mêmes perdons-nous en

l’acceptant silencieusement ? « L’homme n’est pas une chose ; il n’est

pas, par conséquent, un objet qui peut être traité simplement comme

moyen, mais il doit, dans toutes ses actions, être considéré comme une

fin en soi. » Emmanuel Kant le disait il y a trois siècles. En

considérant les vieux comme à mettre au rebut, comme quantité en

surplus, on perd de notre humanité. Pourquoi nous particulièrement,

alors que dans d’autres pays européens la vieillesse est un sujet de

sollicitude, pour reprendre le vocabulaire kantien, alors qu’ici les vieux

sont devenus des corps encombrants et un sujet si peu intéressant, et

même gênant, qu’on préfère mettre la poussière sous le tapis et ne pas

en parler. Vieillesse, silence assourdissant. Vieillesse, désespoir

hurlant. Vieillesse, pourtant, sujet vital, sujet principiel qui nous

concerne toutes et tous, quel que soit notre âge. Vieillesse citoyenne.

Vieillesse, bienveillance. Vieillesse, don de soi. Vieillesse : éminent

principe de droit qui conditionne notre rapport aux autres. Nous

sommes toutes et tous en droit et en capacité de vouloir devenir

vieilles et vieux sans avoir à être jetés aux poubelles de l’histoire

postmoderne.

 

Combien de fois ne m’a-t-on pas dit au cours de cette enquête,

lorsque j’en donnais le thème : mais tu n’as pas peur ? mais comme

c’est triste comme sujet ! tu es maso ou quoi ? et pourquoi tu

t’obstines ? Personne ne veut en entendre parler… Pourtant je me suis

bien amusée tout au long de cette recherche et je ne fais que –

modestement – reprendre le thème qui a obsédé Simone de Beauvoir

au cours du dernier cycle de sa vie. Dans son ouvrage remarquable,

mais qui reçut un accueil plutôt discret lors de sa publication, intitulé

tout simplement La Vieillesse, elle voulait briser la conspiration du

silence et s’inquiétait de la dangerosité d’une société qui méprisait et

malmenait ses vieux. Aujourd’hui, force est de constater que le bilan

s’est aggravé, que l’indifférence gagne, que les inégalités économiques

et sociales s’accentuent de manière criante et que prendre de l’âge est

devenu… un défaut au mieux pour les plus riches qui ont les moyens

de lutter, une malchance et une diminution pour la plupart d’entre

nous, et une vie calamiteuse pour les plus fragiles. Cette mise hors jeu

symbolique de notre devenir est inquiétante à plus d’un titre :

politique, économique, social, mais aussi pour la définition et la

compréhension de ce que veut dire vivre, être au monde. Allons-nous

continuer à assister à une déshumanisation systématique de classes

d’âge – il y a un nombre croissant de très très très vieux – sans résister

et préconiser des solutions qui existent ailleurs ? Je ne le crois pas tant

les aidantes et les aidants dans notre pays sont nombreux, silencieux,

exemplaires et l’ont montré et démontré admirablement durant la

pandémie, tant les structures familiales résistent encore

remarquablement, tant les réseaux associatifs se multiplient tout en

étant de plus en plus imaginatifs et créatifs, tant les médecins et les

chercheurs progressent chaque jour dans la découverte de nouveaux

moyens de prendre soin de cette population rendue invisible.

On est toujours la vieille ou le vieux de quelqu’un. Autant s’y

préparer.

 

Je nage dans le couloir réservé à la brasse dans la piscine municipale

de mon quartier.

J’y vais le dimanche en fin d’après-midi, moment peu fréquenté par

les baraqués tatoués qui pratiquent avec ostentation le dos crawlé. Une

dame de mon âge double tranquillement un trentenaire. Une fois, deux

fois, trois fois. Pour être aussi gracieuse qu’efficace dans ses

mouvements, je me dis qu’elle doit être une ancienne championne. Le

jeune type lui bloque le passage au beau milieu de la piscine pour la

contraindre à ralentir. Elle prend son inspiration et lui passe dessous

puis continue. Il la bloque à l’autre extrémité, enlève ses lunettes, lui

crache à la figure en criant : « Va te faire baiser, vieille salope, au lieu

de nous emmerder à faire croire que tu vaux mieux que nous. » La

dame monte à l’échelle sans dire un mot, prend ses tongs et disparaît.

 

Des choses vues, pour citer Victor Hugo, qui a si magnifiquement

parlé de la vieillesse, il y en aura dans ce texte, qui s’apparente plus à

un carnet de notes, à un vagabondage amoureux au pays de la

littérature et de la poésie, à une enquête dans des lieux dits de

« retraite », ouverte au charme des rencontres et au hasard des

questionnements qu’à un livre savant.

 

Ai-je pris de l’âge ? Comment ça se « prend » ? Pourquoi ne veut-on

pas, la plupart du temps, s’en apercevoir ? À quels signes se dit-on

qu’on a franchi un cap ? Qu’on a réussi à franchir la « barre », telle

celle de l’océan Atlantique qui permet ensuite de nager en haute mer

en toute sécurité ?

 

Je me souviens que, toute petite, mon arrière-grand-tante venait fêter

le 15 août chez mes grands-parents, en Auvergne. C’était une vieille

fille, comme on disait, habillée de gris, avec de gros bas en laine qui

tirebouchonnaient et une odeur de violettes un peu fanées. Signe

particulier : elle avait des poils autour de la bouche. Et comme elle

m’apportait des gâteaux, venait le moment où il fallait l’embrasser

pour la remercier. De l’effroi éprouvé alors, je n’ai jamais dit mot, tant

il eût été indécent de parler ainsi des vieux et des vieilles à haute voix.

 

Ma grand-mère a été veuve jeune. Elle est devenue vieille dès la

mort de son mari. Elle portait ce qu’on appelait un « costume de

vieillard » qu’elle avait acheté à Paris à La Belle Jardinière au rayon

spécialisé. La seule fantaisie qu’elle s’autorisait était un bijou en jais

accroché à son costume. Elle ressemblait à toutes les autres vieilles

dames. Sous leurs costumes on ne pouvait deviner leur âge.

 

Suis-je vraiment vieille, et aux yeux de qui ? Pour moi-même, cela

dépend des jours et des circonstances. Cela fluctue. Mais dans le

regard des autres mon sort est scellé, sans doute depuis longtemps ?

 

S’il y a bien une chose sur laquelle je n’ai pas de prise, c’est mon

âge. Bien sûr je peux tricher – j’en connais qui prennent le risque de

falsifier leurs papiers d’identité – je peux mentir ou ne pas le dire. Il

est intéressant de noter que certains comédiens et certaines

comédiennes refusent dans leur curriculum vitæ de donner leur date de

naissance tout en sachant qu’ils ne l’oublieront jamais. Jeune pour les

autres, vieille pour soi ? Il y a l’expression « faire son âge ». Elle

semble particulièrement absurde. On ne fait jamais son âge. On croit,

selon les jours, qu’on « le fait » ou qu’on « ne le fait pas (encore) ». Je

peux me dire que, oui, j’ai bien l’âge de mon état civil, sans pour

autant le réaliser et/ou y croire. En fait, j’ai tous les âges à l’intérieur

de moi et, sur mon visage, celui que les autres me donnent. Ce n’est

pas moi qui décide.

 

Marguerite Duras était hors âge à la fin de sa vie comme elle a été

hors catégorie dans la littérature. Elle disait qu’elle était vieille depuis

l’âge de vingt ans, que son visage avait été détruit pour toujours à ce

moment-là de son existence. Comme elle le savait, elle n’en souffrait

pas. Elle en a même tiré avantage en choisissant des amants beaucoup

plus jeunes qu’elle, attirés par les vieilles dames. Du coup elle n’a pas

eu la sensation de vieillir. Au début de L’Amant, elle écrit : « Un jour,

j’étais âgée déjà, dans le hall d’un lieu public, un homme est venu vers

moi. Il s’est fait connaître et il m’a dit : “Je vous connais depuis

toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque vous étiez

jeune, je suis venu pour vous dire que pour moi je vous trouve plus

belle maintenant que lorsque vous étiez jeune, j’aimais moins votre

visage de jeune femme que celui que vous avez maintenant,

dévasté.” »

 

Une amie, hier, au marché en bas de chez moi, voyant un très vieux

monsieur passer devant elle dans la queue sans s’excuser, commence à

pester à haute et intelligible voix : « Ah ces vieux, jamais je n’ai pu les

supporter. Depuis que je suis petite je les ai pris en grippe et ça

continue aujourd’hui. » Je n’ose dire à mon amie de soixante-dix-huit

ans – bon pied bon œil mais tout de même soixante-dix-huit ans –

qu’elle fait partie depuis longtemps de cette catégorie.

 

On ne se sent pas vieillir. Est-ce un accroissement ou un

amoindrissement de la vie ? Est-ce une sédimentation d’expériences ou

une série de coups portés à notre vitalité ?

On ne sait toujours pas à quel âge commence la vieillesse et on ne le

saura probablement jamais. Marcel Proust a été celui qui a su nous

introduire dans une donnée spatio-temporelle qui nous fait éprouver le

flux et le reflux des battements de l’existence. Il nous conduit à

l’intérieur de notre psyché et, grâce à ses mots, nous constatons –

quelquefois avec une délicieuse méchanceté – comment les autres

vieillissent sans prendre garde que nous aussi, nous sommes

embarqués dans la même histoire. En tout cas dans le regard des

autres. Pas forcément à l’intérieur de soi-même. Comment savoir quel

âge on fait dans une société qui vous intime l’ordre en permanence, par

ses images, ses slogans, ses diktats depuis quatre décennies, que seule

la jeunesse est non un modèle mais LE modèle, qu’elle seule est

désirable, qu’elle seule incarne nos valeurs, aiguillonne nos goûts, et

qu’elle seule est capable de représenter nos espoirs et nos espérances

dans un dépassement constant de nous-mêmes ?

 

Et si certains jeunes étaient déjà, depuis leurs vingt ans, devenus des

petits vieux ? Et si nous, les vieux, nous étions aussi et autant capables

de dessiner notre futur et pas seulement celui restreint que l’on prépare

pour nous ? Nous sommes en droit de revendiquer, ainsi que d’espérer.

Arrêtons d’accepter d’être traités – et quelquefois dès l’âge de

cinquante ans – comme des non-sujets, comme ces denrées périmées

que les employés des supermarchés viennent, à la nuit tombée, jeter

dans la benne à ordures.

 

J’appartiens à une génération qui a vu ses propres parents et la sœur

de ma mère prendre en charge, accueillir, protéger, prendre soin de ma

grand-mère maternelle, atteinte, assez jeune – soixante ans il y a

cinquante ans – d’une grave dépression qui l’empêchait de se mouvoir

et de communiquer ; la seule chose qu’elle faisait c’était sourire. Je me

souviens de ses yeux très bleus et de la tristesse de ce sourire dans le

fauteuil du salon où elle se tenait immobile toute la journée.

 

Il y a quelques jours j’ai appelé ma mère pour lui souhaiter son

anniversaire. Elle n’a pas apprécié, m’expliquant d’abord que c’était

un non-événement, et surtout, qu’atteindre quatre-vingt-douze ans

devenait obscène. Obscène, c’est le mot qu’elle a prononcé. Constatant

que je ne comprenais pas la violence de cet adjectif elle a corrigé :

ridicule si tu veux. Comme si elle s’excusait d’être encore dans ce

monde. Hors d’âge, hors limite, hors temps. Quatre-vingt-douze ans,

c’est trop, beaucoup trop, a-t-elle ajouté en riant.

L’été dernier, à la fin de l’après-midi, sur la place déserte devant le

beffroi, assis sur un banc public, un très vieux monsieur tenait sur ses

genoux un petit enfant de huit, neuf mois. Dans cette ville médiévale

de la Suisse alémanique, l’ambiance était à la fête, dans les cafés on

buvait en chantant. Seuls ces deux-là conversaient en silence, en

regardant l’horizon.

 

Il y a pire qu’un vieux sans signe distinctif. C’est une vieille. Il y a

pire qu’une vieille. C’est un vieux pauvre. Il y a pire qu’un vieux

pauvre : c’est une vieille pauvre. Et aujourd’hui ce sont ces femmes –

de plus en plus nombreuses – qui constituent la classe la plus fragile,

la plus exposée aussi. Elles deviennent des sujets de non-droit avec des

pensions minuscules ou inexistantes et n’arrivent pas à vivre dans des

conditions décentes malgré les efforts des associations caritatives.

C’est aussi pour elles et pour toutes celles que j’ai rencontrées dans

des hôpitaux publics ou des EHPAD, et qui m’ont tant donné par leur

regard, leur espoir d’être mieux traitées, que j’écris ce livre.

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