Le château de Coucy

Eugène Amédée Lefèvre-Pontalis · Chapitre 5 sur 14

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Le château de Coucy

La Ville et le Chateau

I

ENCEINTE DE COUCY

La ville de Coucy, fièrement campée sur un promontoire qui domine la vallée de la Lette, affluent de l’Oise, occupe une position stratégique de premier ordre aux confins du Soissonnais et du Laonnais. Son enceinte du XIIIe siècle encore intacte, flanquée de vingt-huit tours en y comprenant celles du château et de sa basse-cour, ne présentait qu’un point faible correspondant au plateau dont l’axe est occupé par la route de Laon. Cette raison suffit à expliquer la valeur défensive exceptionnelle de la porte de Laon qui jouait le même rôle que la porte Saint-Nazaire à Carcassonne. Viollet-le-Duc, qui en a décrit les ingénieuses dispositions avec le plus grand soin l’attribue avec raison à une époque un peu antérieure à celle du château[13].

 

[13] Dictionnaire d’architecture, t. VII, p. 322-335.

 

=Porte de Laon.=—Au XIIIe siècle, cette porte était précédée d’une barbacane en demi-lune où les routes de Laon et de Chauny venaient se réunir en passant chacune entre deux tours pour aboutir à un viaduc coudé[14] qui traversait une tour ronde isolée devant l’entrée de la porte. Cette tour fut remplacée en 1551 par un bastion pentagonal qui coûta la somme de 2.331 livres[15]. De nouvelles galeries de contre-mine dont le plan est très compliqué vinrent alors se souder à celles du XIIIe siècle. Un couloir voûté qui passe entre les anciennes piles du viaduc primitif permet d’y pénétrer, mais au XIIIe siècle ce passage aboutissait à deux ponts à bascule destinés aux défenseurs qui voulaient passer dans l’intérieur de la barbacane sans faire ouvrir la grande porte.

 

[14] On en voit trois arcades en tiers-point dans le verger du

commandant Mangard.

 

[15] Cf. Mandat de paiement du 2 janvier 1552, publié par De

L’Epinois, Histoire de la ville et des sires de Coucy, p. 374.

 

[Illustration:

Viollet-le-Duc del.