Le Fils de Coralie: Comédie en quatre actes en prose
Scène XII
ÉDITH.
Voulez-vous que nous l'attendions au jardin?
DANIEL.
Vous n'avez que des idées charmantes.
Ils sortent lentement.
BONCHAMP, à Godefroy, qui est toujours assis et silencieux.
A quoi penses-tu donc toi?
GODEFROY, se levant et vivement.
Je pense... je pense que je me suis trop occupé de rares vieilleries, et pas assez de ma maison; que l'archéologie est une belle chose, mais qu'il faut de temps en temps redescendre à ses contemporains; je pense qu'on a bien tort de ne pas élever soi-même ses enfants! Enfin, je compare ce qui est avec ce qui pourrait être, et je pense qu'il est bien heureux que ma fille se soit éprise d'un honnête homme!
BONCHAMP.
Bravo! Tu as de temps en temps des bouffées de raison qui font oublier tes folies.
SCÈNE XII
LES MÊMES , LYDIE.
LYDIE, à Césarine.
Bonjour, ma chère demoiselle.
CÉSARINE.
Vous êtes jolie comme un cœur.
GODEFROY.
Vous savez que nous vous gardons à dîner.
LYDIE.
Ce soir?... Mais...
GODEFROY.
Pas de mais. C'est une fête de famille. Édith est fiancée d'aujourd'hui.
LYDIE.
Avec le capitaine, n'est-ce pas?
CÉSARINE.
Vous voyez, ma chère belle, qu'il n'y a pas moyen de refuser. Otez ce chapeau. Qu'y a-t-il de nouveau à Montauban?
Lydie arrange ses cheveux devant la glace sans rien dire.
BONCHAMP, à part.
Elle ne dit rien? (A Lydie.) Est-ce que vous êtes malade, chère madame?
LYDIE.
Non. Pourquoi?
BONCHAMP.
On vous interroge sur les nouvelles, vous avez fait quatorze visites et vous gardez le silence.
LYDIE.
Non pas, monsieur mon ennemi.
BONCHAMP.