Le Fils de Coralie: Comédie en quatre actes en prose

Acte Troisième

 

Même décor.

Une grande table au milieu de la scène, le lendemain, de jour.

 

SCÈNE PREMIÈRE

GODEFROY, CÉSARINE.

Césarine lisant un journal de romans.—Godefroy furette dans ses vitrines.

 

GODEFROY, lui montrant un objet.

Sais-tu ce que c'est que ça?

CÉSARINE, prenant l'objet et le tournant avec dédain.

Ça?

GODEFROY.

Oui, un paysan m'a apporté hier soir ce morceau de fer rouillé et bossué: tout autre n'aurait vu là dedans...

CÉSARINE, l'interrompant.

Qu'une vieille boîte de sardines!

GODEFROY.

C'est une lampe à crochet du douzième siècle, entends-tu? Tu ignores sans doute qu'à cette époque les habitants du Montalbanais étaient sous la dépendance des abbés de Montauriol; ceux-ci, voulant continuer à exercer leur droit de...

CÉSARINE.

Tiens! laisse-moi tranquille; tu m'agaces.

GODEFROY.

Césarine!

CÉSARINE.

Veux-tu que je te dise la vérité? Tu me rappelles cet avoué de Toulouse que Bonchamp a beaucoup connu. Un jour qu'il se promenait au Pirée, il ramassa une coquille d'huître énorme, et la mit dans sa vitrine, en écrivant dessous: «Elle servit peut-être à exiler Aristide!»

GODEFROY.

Et dire qu'elle est ma sœur!

CÉSARINE.

Au lieu de débiter des sornettes, parlons raison. Quand doit venir madame Dubois?

GODEFROY.

Pour le contrat? d'un moment à l'autre... Bonchamp, étant le seul occupé, a choisi son heure, hier soir, en nous quittant.

CÉSARINE.

Lui as-tu révélé?...

GODEFROY.

Quoi?