Le Fils de Coralie: Comédie en quatre actes en prose

Acte Premier

 

Chez Godefroy. Un salon donnant sur un jardin.

A droite et à gauche des vitrines remplies de curiosités

archéologiques.

Il fait jour.

 

SCÈNE PREMIÈRE

CÉSARINE, MONTJOIE jouant au trictrac; GODEFROY à droite, endormi,

un journal à la main.

 

MONTJOIE.

Vous me préviendrez quand je pourrai faire ma demande?

CÉSARINE.

Soyez tranquille. (Jetant les dés.) 6 et 5: un trou et deux de mieux.

MONTJOIE.

Vous êtes ma bonne fée. (Jetant les dés.) Bezet.

CÉSARINE.

Je vous adore!... (Jetant les dés.) Quine!... Je bats votre coin... Je vous adore, parce que vous êtes un homme romanesque. (Jetant les dés.) 2 et as. Ma nièce sera bien heureuse avec vous.

MONTJOIE.

Je voudrais que votre frère, M. Godefroy, qui dort là si profondément, fût de votre avis. (Jetant les dés.) Carnes!... Mais il en tient pour mon rival, le capitaine Daniel.

CÉSARINE.

Que vous importe, si la tante... (Jetant les dés.) Encore 2 et as: je vais remplir... Si la tante et la nièce sont avec vous?

MONTJOIE.

La tante... oui. Mais la nièce?

CÉSARINE.

Ça viendra. Du reste, nous avons à causer sérieusement.

MONTJOIE, souriant.

Si sérieusement?

CÉSARINE.

Je crois bien! (Jetant les dés.) Double as: je tiens par un doublet. J'ai gagné.

Quatre heures sonnent.

GODEFROY, s'éveillant.

Il doit être quatre heures. (Tirant sa montre.) En effet. Comment, vous jouez toujours?

MONTJOIE, posant son cornet et se levant.

Nous finissons à l'instant. Je suis battu.

GODEFROY.