Le moyen de parvenir, tome 1/3
III. Paraphrase.
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III. Mes gens sont là qui m'attendent. Sont Messieurs da; ils sont à moi; est-il pas vrai? Ne sommes-nous pas les uns aux autres? Dites-vous pas: bon jour, Monsieur? Il est donc votre sieur; & partant, vous, le maître du chantier où l'on scie. Ainsi nous disons: bon jour, ou adieu, Madame, ma commere; & on nous dit: mon ami, mon hôte; & de même nous sommes aux autres, & nous à eux; pour ce ils sont à moi. Ils sont donc mes gens, qui avec moi, & moi avec eux, nous trouvâmes tous & toutes, chez notre pere se puisse tuer, que Madame avoit choisi pour y célébrer cet admirable banquet. Chacun y entrant avisa à son devoir; par ce moyen, nous exerçâmes un notable conflict de révérences, dont les pétarades sentoient, je ne sais quoi, de la musique ancienne; & pratiquant mille vétilles d'humilités, avec une friponne escopeterie de langage courtisanifié, fîmes plusieurs belles entrées & rencontres, à la façon que l'on porte les barbes, excepté l'institution de la petite Hongrie (Saint Martin en étoit, voilà pourquoi, parmi ses nourriçons, il y a toujours quelque châtré) & trouvant tant de gens de bien assemblés, nous nous sentîmes saisis de quelques menues tranchées de sagesse. Nous fûmes introduits en une belle grande salle parée, comme dit l'autre, autant à l'antique qu'à la moderne; tout y étoit avec grace fort bien rataconné, & avec symmétrie parfaite; & ce, pour donner autorité & lustre à l'aventure & aux discours; & pour enfler notre dessein de plus de majesté, Platon y apporta une siringue impériale, pleine de vent de cour, qu'il avoit autrefois épargnée à la suite de Denys.