
Le poète assassiné
Un dessin de Rouveyre, dans les pages liminaires de l’édition de 1916, montre Apollinaire en sous-lieutenant. Croniamantal n’a jamais vécu, mais le narrateur tient sa gloire pour universelle et compte cent vingt-trois villes qui revendiquent sa naissance. Turcs, Russes et Scandinaves modifient son nom chacun à leur façon. Le premier chapitre le donne déjà célèbre et déjà mort, avec le rapport du médecin marseillais Ratiboul ; les suivants repartent de la procréation.
Une scène entière se joue en répliques et en vers rimés, entre un acteur, un critique et un chœur de buveurs. Ailleurs, la foule rit du poète : un coup de gourdin, puis une pierre en plein nez. Le livre ne s’achève pas avec Croniamantal. Dans « La Fiancée posthume », dédiée à Louis Chadourne, un jeune Russe passe l’hiver à Cannes, en pension chez un professeur de français.






