Le ranch de l'espoir

Allison B · Chapitre 1 sur 3 · partie 3/4

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Le ranch de l'espoir

Prologue

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 4 parties.

Je me lève du tabouret, enfile ma doudoune et décide d’aller prendre l’air.

Quand tout à coup, une silhouette se dessine devant moi, j’ai l’impression de rêver, que fait-il ici ? C’est impossible ! Il est à l’étranger depuis quelques années déjà…

Pourtant plus cet homme se rapproche, plus il lui ressemble. Il lève enfin les yeux vers moi et me sourit. Merde ! C’est lui. Gênée et surprise de le trouver sur mon territoire, je fuis.

Je pénètre dans l’hôtel et me refugie dans ma chambre comme une enfant apeurée. Parce que oui, j’ai peur, je ne l’ai pas revu depuis trois ans et je ne sais pas ce qu’il vient faire ici. Quelques minutes se sont écoulées avant que quelqu’un vienne frapper à ma porte. J’espère que ce n’est pas lui ! Je ne suis pas prête à l’affronter.

— Gabi, tout va bien ? me demande ma mère.

— Oui… tout va bien… tu as besoin de moi ?

— Je viens de croiser Josh, tu ne peux pas te dissimuler éternellement, je crois qu’il est venu pour toi.

Je sors de ma cachette et attrape la manche de ma mère pour qu’elle entre rapidement.

— Il t’a dit quelque chose ? je la questionne.

— Du calme, Gabi, ne te mets pas dans des états pareils ! Il souhaite uniquement te voir, il vient passer le réveillon ici apparemment.

— Quoi, mais pourquoi ? Tu aurais dû lui dire qu’on est fermé aujourd’hui…

— Avec des clients dans les couloirs ? Sympa l’idée mais il ne m’aurait pas cru une seule seconde. Allez prends sur toi et va l’accueillir, je suis en cuisine je te rappelle.

— D’accord. Laisse-moi une minute et je sors.

— Parfait, rejoins-moi dès que tu auras fini. Je veux que tu me racontes tout, me taquine-t-elle.

J’attends qu’elle referme la porte et je jette un œil sur mon reflet. Je n’ai pas beaucoup changé depuis trois ans. Mes cheveux ont poussé mais pour le reste, je suis toujours la même.

Je décide enfin de sortir de mon repère, et je le vois attendant patiemment mon arrivée. Mon Dieu, ce qu’il est beau. Il paraît plus grand que dans mon souvenir. Ses longues études ont fait de lui un homme raffiné, je peux le remarquer à son style vestimentaire. Il a l’air plus sûr de lui aussi.

Je respire un bon coup en me dirigeant vers lui. Je m’installe derrière le comptoir de l’accueil pour instaurer une certaine distance entre nous.

— Bonjour, Josh.

— Bonjour, Gabi.

Ses yeux se perdent sur mes lèvres et il me sourit tendrement. Je fonds totalement malgré qu’il m’ait laissée tomber pour de mauvaises raisons et en dépit de ces trois années passées sans lui. Il a toujours eu une place spéciale dans mon cœur parce qu’il était mon premier amour. Aujourd’hui, je l’ai oublié mais que se passera-t-il s’il séjourne ici ?

— Comment vas-tu, Gabi ? Tu es toujours aussi jolie.

Je me sens rougir sous son compliment, mais je garde la tête froide, je veux à tout prix savoir ce qui l’amène ici.

— Je vais bien merci et toi ?

— Ca va, merci.

Un silence gênant s’installe avant qu’il n’ajoute :

— Tout est parfait ici, tu t’en sors plutôt bien.

Je ne sais pas ce qu’il veut dire par là, mais j’ai comme un mauvais pressentiment.

— J’aime beaucoup cet endroit effectivement, je lui réponds simplement.

— Gabi, tu te doutes bien que je ne suis pas venu jusqu’ici pour rien. J’aimerais t’inviter à dîner ce soir pour qu’on en discute, si tu veux bien ?

— Ce soir, c’est le réveillon de Noël et j’ai déjà quelque chose de prévu.

— Est-ce que je peux me joindre à toi alors ?

Je réfléchis à sa proposition. Il n’est pas culotté quand même. Trois ans sans dire un mot et il revient la bouche en cœur. Je suis tellement sous le choc et naïve que je fini par lui répondre « oui » sans réfléchir plus longtemps. Je me foutrais bien une claque là !

— Super ! Je veux bien te prendre une chambre dans ce cas, on se revoit ce soir ?

— À ce soir, je lui chuchote tout en lui tendant une clef prise totalement au hasard sur le tableau.

Je le vois qui saisit sa valise sans un regard vers moi. Je ne sais pas ce qu’il manigance, mais je n’ai pas confiance…

Je rejoins ma mère en cuisine. Nous avons exceptionnellement fermé le restaurant aujourd’hui pour préparer le festin gigantesque de ce soir.

Nous discutons de mon entrevue avec Josh et elle est déçue d’apprendre qu’il ne m’a rien dit de plus. Autrefois, elle aimait beaucoup Josh, mais elle n’a jamais accepté qu’il me quitte du jour au lendemain.

Elle me conseille donc de me méfier et de profiter du repas de ce soir pour mettre les choses au clair avec lui. Elle a raison, je ne compte pas me laisser marcher sur les pieds sous prétexte qu’il revient toujours aussi charmant. Je ne dois pas me laisser aveugler par la relation que nous avons eue par le passé.

Après plusieurs heures passées derrière les fourneaux, je vais rendre visite à mes chevaux. Il ne neige plus, j’en profite donc pour les sortir de leur enclos puis je les emmène dans la pâture pour qu’ils profitent un peu de leur liberté.

Quand je rentre enfin, il est plus de dix-huit heures. Il est temps pour moi d’aller me préparer et de rejoindre mes invités.

La soirée s’annonce distrayante entre mon ex, Jonathan qui est amoureux de moi, Florian vers qui mon cœur balance, sans oublier Madame Bonvarlet qui est de loin la reine des commérages, ainsi que les parents de Florian…

Je crois qu’on va bien s’amuser… ou pas.

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Chapitre 11

 

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Florian

 

déjà le département, mais ils m’ont assuré qu’ils n’avaient jamais entendu J’attends mes parents qui ne devraient plus tarder, j’ai hâte qu’ils découvrent cet endroit. Bien sûr ils connaissent parler de cet hôtel. Je me demande depuis combien de temps Gabrielle est installée ici.

La vue est à couper le souffle. Cela fait un moment que je suis ici, pourtant, je n’ai jamais pris le temps d’admirer tous ces beaux paysages. Je sais que de ma chambre, on aperçoit les montagnes au loin, mais au pied de l’hôtel, le panorama est tout aussi spectaculaire. Il y a un chemin de traverse d’où, j’en suis certain, on peut facilement se laisser tenter par une randonnée en famille. Des chalets bordent le bord la route et une jolie forêt de sapins est située à quelques kilomètres d’ici. Il nous reste encore quelques jours avec Julia pour profiter de cet endroit avant de retourner à la grisaille parisienne.

Cet après-midi, j’ai appelé le propriétaire de mon futur entrepôt Il voulait le laisser à un autre homme d’affaires puisque j’avais complètement oublié de le rappeler pour lui donner ma réponse ! J’aurais pu passer à côté de la plus belle opportunité de ma vie. Je m’en serais mordu les doigts.

Julia me rejoint pour accueillir ses grands-parents, j’entends sa chaise roulante crisser sur le bitume. Elle est toute excitée à l’idée de les retrouver. Nous ne nous sommes pas réunis depuis Noël 2016, autant dire une éternité.

— Salut, papa, tu as remarqué Gabi, là-bas.

Elle me montre le terrain où notre hôtesse se trouve actuellement. Elle promène ses chevaux. En réalité non, je ne l’avais pas vue, d’ailleurs je ne l’ai pas aperçue de la journée. La partie restaurant étant fermée pour le réveillon, nous avons passé toute la matinée à visiter la ville et déjeuner dehors. Nous ne sommes rentrés que depuis quelques minutes.

Nous avons partagé un moment magnifique, le premier depuis huit ans. Julia m’a même confié ses doutes sur son avenir, sur son cursus professionnel notamment. Je l’ai rassurée sur le fait qu’elle avait encore le temps d’y réfléchir, mais j’ai compris que son handicap la freinait dans ses futurs choix. Son rêve de petite fille était de devenir cavalière, aujourd’hui, elle se sent affreusement perdue et je dois en tant que père l’épauler, quelles que soient les craintes qu’elle puisse avoir.

— Je l’envie tellement, tu sais. Elle a l’air si heureuse.

— Tu ne l’es pas toi ? je lui demande en découvrant toute sa peine.

— Peut-être, je ne sais pas trop.

— Si tu as un doute, c’est que peut-être tu n’as pas encore trouvé la recette du bonheur. Tu sais, il suffit de pas grand-chose quelques fois. Juste de se lever le matin et se dire qu’il y a pire dans la vie que soi, c’est déjà se rendre compte de la chance qu’on a.

— Tu es heureux toi, me demande-t-elle à son tour.

Je lui réponds non, sans même y réfléchir.

— Que te manque-t-il alors ?

— Te voir enfin heureuse… et que tu me pardonnes enfin.

— C’est à toi de te pardonner, papa, moi je ne t’en aie jamais tenu rigueur.

Je reste bouche-bée à l’écoute de cette révélation. J’ai toujours cru qu’elle me reprochait d’avoir eu cet accident, de l’avoir privée de sa maman. Aujourd’hui, voilà qu’elle me confesse ne pas m’en vouloir. J’avoue que j’ai du mal à comprendre. Pourquoi est-elle si distante alors ?

Elle poursuit :

— J’ai agi comme une enfant égoïste depuis toutes ces années, si tu savais comme je regrette, commence-t-elle en sanglotant.

Je m’accroupis à ses côtés et la serre dans mes bras. Je lui caresse le dos pour lui faire comprendre qu’elle n’a rien fait de mal. Elle a surmonté la perte de sa maman comme elle a pu et je ne l’ai pas aidée en la couvant comme je l’ai fait. J’ai compris mon erreur et ce qui n’allait pas entre nous, on va pouvoir enfin avancer et vivre plus sereinement.

Je sèche ses larmes à l’aide de mes pouces et lui dépose un baiser sur le front. Elle me sourit et cesse de pleurer.

— Tu n’as plus à t’inquiéter Julia, je comprends enfin comment nous en sommes arrivés là. Tout ira bien maintenant, d’accord ?

Elle hoche la tête et regarde de nouveau les chevaux, au loin. Moi aussi je fixe cette direction, et je pense à cette femme si courageuse qu’est Gabrielle. Elle gère tellement de choses et pourtant elle est toujours si énergique. J’ai hâte d’être à ce soir pour la présenter à mes parents. D’ailleurs, les voilà qui arrivent au volant de leur Skoda Octavia bleue. Ils se garent sur une place de parking encore vide et je les y rejoins avec Julia.

— Mon bébé !

C’est comme ça que ma mère appelle Julia depuis petite. Elle n’a qu’un seul petit enfant et je l’en prive beaucoup trop depuis toutes ces années. Je m’en veux immédiatement.

— Mamie, tu m’as manqué.

Vient l’heure des heureuses retrouvailles, ils me prennent chacun leur tour dans les bras. Ma mère a tellement maigri depuis la dernière fois où je l’ai vue. Ses cheveux sont blancs désormais tout comme ceux de mon père. Ils m’ont manqué plus que je ne le pensais.

— Laissez-moi vous aider à porter vos bagages.

Heureusement ils n’ont emporté qu’une valise mais, comme je le pensais, ils ont embarqué avec eux des tas de plats. Je les accompagne à ma chambre avant de redescendre pour mettre les plats au réfrigérateur. Je tombe sur Marie qui, à cette heure-ci est encore aux fourneaux.

— Bonjour, Marie, mes parents viennent d’arriver et ils vous ont apporté une tonne de nourriture, je peux vous les confier ?

Elle s’arrête un instant de cuisiner et m’ouvre le frigo. Lequel est déjà bien rempli. Je crois que ce soir nous ne manquerons de rien.

— Vous remercierez vos parents pour moi, c’est très aimable de leur part. Ils vont passer la nuit ici ? finit-elle par me demander.

— Oui, à ce propos, j’ai complétement oublié de leur réserver une chambre, j’espère qu’il n’est pas trop tard ?

— Suivez-moi, nous allons remédier à cela tout de suite.

Elle me donne la chambre située à côté de la mienne. Je la remercie encore une fois. Elle me sourit avant de froncer les sourcils. Je me retourne et découvre un homme, grand, plutôt raffiné, s’approcher du comptoir. Je lui dis à ce soir et les laisse tous les deux. Ils ont l’air de se connaître.

Je rejoins mes parents et Julia, ils sont si heureux tous les trois. Ils le seront encore plus quand je vais leur annoncer la grande nouvelle de notre déménagement.

Quelques minutes plus tard, je leur propose d’aller s’installer dans leur chambre, le temps pour moi de me préparer.

Je sors un costume d’une célèbre marque pour homme, ainsi qu’une chemise blanche. L’ensemble me convient parfaitement.

Je me regarde dans la glace, me coiffe et me rase de près. Quand je suis enfin satisfait et présentable, je vais chercher Julia et mes parents, eux aussi apprêtés pour l’occasion.

Julia a enfilé une jolie robe rouge ainsi que des ballerines assorties, elle s’est également maquillée. C’est bien la première fois que je la vois si sûre d’elle. Elle est resplendissante. Mon père, lui, a opté pour un costume noir et maman une tunique couleur café ainsi qu’un legging noir. Elle aime encore la mode à son âge et elle fait tout pour plaire à mon père chaque jour. J’ai la chance d’avoir des parents qui s’aiment depuis quarante-ans, ce n’est pas donné à tout le monde.

Nous prenons l’ascenseur et nous rejoignons le salon. Mon père pousse le fauteuil de Julia tandis que je tiens ma mère par le bras.

— Tu avais raison, Florian, cet endroit est magnifique, me glisse ma mère à l’oreille.

Pour le réveillon, tous les meubles ont été déplacés. La grande table est joliment décorée, la salle est harmonieuse.

J’entends déjà une mélodie de Noël, sortir de la chaîne hifi. Des brouhahas me parviennent et je vois des personnes en pleine discussion. Je reconnais Jonathan qui s’est mis sur son trente-et-un, certainement pour impressionner Gabi. Il discute avec une dame âgée, probablement cette Madame Bonvarlet, la voisine. J’aperçois également Marie qui est très élégante ce soir, mais la maitresse de cérémonie n’est pas encore là.

Je présente mes parents à Marie, quand soudain je ressens des picotements dans le dos. Comme si quelqu’un m’observait.

Je me retourne et je découvre la jolie Gabrielle. Elle me sourit tandis que ses joues prennent une coloration rosée. Elle est stupéfiante ! Plus rien n’existe autour de nous quand nos pas nous dirigent l’un vers l’autre. Lorsqu’elle est tout près de moi je lui chuchote :

— Vous avez l’air d’un ange.

Elle me rétorque :

— Ce n’est qu’une apparence, et elle me fait un clin d’œil.

Elle ressemble vraiment à un ange. Elle a frisé ses longs cheveux qui tombent en cascade dans le dos. Gabi a opté pour une robe blanche qui met parfaitement ses formes délicates en valeur. Le tissu est si fin que je distingue ses sous-vêtements. Je sens mon sexe se tendre, alors que je l’imagine nue dans mon lit. C’est la première fois depuis des années qu’une chose pareille m’arrive.

Bien sûr, je couche avec des femmes, mais il me faut bien plus que la vue d’un soutien-gorge pour que mon désir apparaisse.

Je prends sa main dans la mienne et l’emmène pour la présenter à mes parents. J’ai l’impression d’avoir quinze ans.

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Chapitre 12

 

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Gabrielle

 

envahit mon cœur. Je lui plais, il me l’a dit et c’est réciproque. Seulement, La main de Florian enveloppe la mienne. Un frisson me parcourt l’échine tandis qu’une chaleur qu’allons-nous devenir ?

Dans quelques jours peut-être même quelques heures, il rejoindra Paris et moi je resterai ici. On retrouvera chacun notre petit train-train quotidien et notre parenthèse enchantée sera très vite oubliée. J’ai peur de vivre cette réalité qui va me frapper en plein visage. Je crains qu’il parte sans se retourner et que je me retrouve de nouveau seule. Pourtant, il ne s’est encore rien passé entre nous, et je n’en ressens même pas la nécessité. Bien sûr que j’ai envie qu’il m’embrasse, qu’il pose enfin ses mains sur moi, mais je n’ai pas besoin de tout ça pour savoir que j’ai des sentiments pour lui. Et puis il y a le retour de Josh qui me perturbe un peu.

J’arrive devant les parents de Florian et je me sens tout de suite à l’aise. Il ne m’a toujours pas lâché la main. On dirait même qu’il est fier de me présenter à eux. Ça me plaît beaucoup. Sa maman qui se prénomme Chrystelle me prend dans ses bras, sans chichi. Son père, Henri se contente de me serrer la main, mais il n’en est pas moins chaleureux. Ils sont tous les deux plus âgés que mes parents. Ce qui est logique puisque Florian a déjà trente-cinq ans. Ma mère qui n’a que quarante-trois ans est à peine plus âgée que lui. Ça fait étrange vu comme ça, et je me demande comment maman réagirait si je sortais avec lui. Pas le temps d’y songer plus longtemps que Chrystelle me sort de mes pensées.

— Cet endroit est splendide, Gabrielle, pouvez-vous nous raconter comment vous en êtes devenue l’heureuse propriétaire ?

— Permettez- moi de vous installer confortablement et je vous promets de tout vous expliquer ensuite, lui souris-je.

J’invite tous nos hôtes à prendre un verre et à venir s’asseoir à table. Cela me permettra de saluer tout ce beau monde.

J’embrasse Julia, puis Madame Bonvarlet qui bien évidemment, se glisse à mes côtés pour écouter les derniers potins. Je vois aussi Jonathan qui garde ses distances. Je pense que c’est à cause de la proximité que j’entretiens avec Florian. Chacun prend place et discute avec ses voisins.

— Que désirez-vous boire, je demande à mes convives. Champagne, whisky, sangria ou une boisson sans alcool peut-être ?

— Un whisky ! me répondent en cœur Florian et Henry, tandis que Chrystelle et sa petite-fille me demandent un soda.

Ma mère s’occupe des autres invités tout en nous surveillant du coin de l’œil, je ne sais même pas si elle a fait connaissance avec eux. Puis je commence à leur raconter mes débuts ici.

— J’ai repris la direction il y a environ quatre ans. Mon père est décédé à cette époque et je ne pouvais pas abandonner ma mère avec le travail qu’il y avait à faire. J’ai donc arrêté mes études à l’âge de dix-huit ans pour me consacrer à cet endroit. Avant, l’hôtel s’appelait « le relais du château ». Quand un jour un client m’a évoqué son séjour au canada avec ses « ranchs-hôtels », ça a été pour moi comme une évidence. J’ai toujours adoré les chevaux. J’ai donc eu l’idée de construire le ranch, et j’ai rebaptisé l’endroit : « le ranch de l’espoir ».

Quand je repense à cette époque, je me dis que je suis fière du chemin que j’ai accompli jusqu’ici. J’y ai sacrifié beaucoup de temps et d’argent mais ça en valait la peine. Aujourd’hui, je ne regrette rien, je suis tellement contente de n’avoir jamais rien demandé à personne. C’est tellement gratifiant d’avoir réussi sa vie professionnelle à la sueur de son front.

Alors que je termine mon récit sur la naissance du ranch, je sens des mains posées sur mes épaules. Je vois Florian froncer les sourcils, donc je pense savoir de qui il s’agit. D’ailleurs, mes épaules se contractent dès que je le sens trop proche de moi.

— Gabi a toujours été une fonceuse, elle aurait pu faire de grandes études si elle ne s’était pas arrêtée là. J’ai essayé de la faire changer d’avis, mais elle était déjà butée à l’époque.

Je me retourne pour le pousser à retirer ses mains de moi. Son sourire s’illumine à la vue de ma tenue. Il ne se gêne pas pour me reluquer, ce qui me met mal à l’aise. Son regard s’attarde un peu trop sur mon décolleté. Autant le regard de Florian est bien veillant, que le sien est répugnant.

Je me lève alors pour être à sa hauteur. J’étais tellement heureuse de rencontrer la famille de Florian que j’en avais oublié sa présence. Comme à son habitude, Madame Bonvarlet se mêle de ce qui ne la regarde pas. Je ne peux pas lui en vouloir, à côté de ça c’est une femme tellement gentille.

— Oh mais qui est ce jeune homme, Gabi, vous nous le présenter ?

Le présenter ? Mais comment ? Il s’agit juste de Josh, mon ex-petit-ami que j’aurais voulu oublier mais qui revient soudainement. Ce n’est jamais bon de présenter son ex à son futur potentiel petit-ami.

Josh prend la main de la vieille dame et lui fait un baisemain. Je lève les yeux au ciel, ce qui n’échappe pas à Florian puisqu’il me dévisage depuis l’arrivée de l’opportuniste.

— Je suis Josh, le petit-ami de Gabi.

Je manque de m’étrangler et je ne parle même pas de Florian qui change de couleur tout à coup en me fusillant du regard.

— Ex-petit-ami, précise ma mère, qui vient à ma rescousse.

Merci, maman !

— Oui, ex-petit-ami, répète-il, mais ce n’est qu’un détail.

Un détail ? Non mais il n’est pas culotté celui-là ! Un détail qui date de trois ans tout de même !

Florian semble se détendre peu à peu, mais je le vois rester sur la réserve. Je compte bien demander à Josh ce qu’il attend de moi afin qu’il déguerpisse d’ici au plus vite.

Chacun reprend sa place et retourne à ses discussions. Je suis désormais en face de Florian et Josh. Mon futur, je l’espère, et mon passé, ça c’est certain. Ma mère se lève et se dirige en cuisine pour apporter l’entrée. Tout le monde a préparé quelque chose pour ce soir, nous ne sommes pas prêts de mourir de faim.

Je la rejoins sans perdre une seconde, j’ai besoin d’air. Je sens les regards de Florian, Josh et même Jonathan qui me suivent, mais aucun d’eux ne prend le risque de me retenir. Je m’accoude à l’ilot central et souffle un bon coup, ce qui fait rire ma mère.

— Il n’est pas gonflé celui-là, dit-elle en désignant bien sûr Josh.

— À qui le dis-tu ! je lui réponds à mon tour.

— Tu ne sais toujours pas ce qu’il fait là ?

— Non mais je ne vais pas tarder à le lui demander. Il ne fera pas de moi son jouet. C’est moi qui mène la danse et je compte bien le lui faire savoir.

Ma mère rit de nouveau devant ma repartie. Je commence à dresser les plats et je les sors du réfrigérateur. Quand j’ouvre la porte de celui-ci, je suis stupéfaite devant toute cette nourriture. Il y aura sûrement du gâchis avec tout ça !

— Mon dieu, mais c’est pire que je l’imaginais !

— Oui, c’est également ce que je me suis dit. Mais ce n’est rien, on pourra finir les restes demain.

— Repasser une soirée comme celle-ci, non merci ! Ce sera sans moi.

— Sans Josh ?

— Sans Josh, je lui confirme.

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Chapitre 13

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Florian

 

à une soirée pareille ! Gabrielle se lève et part rejoindre sa mère en cuisine. Elle me laisse seul avec son ex. Si je m’attendais

 

Je suis en colère de ne pas lui avoir demandé si elle était totalement libre. Après avoir découvert que son ami d’enfance est fou amoureux d’elle, voilà maintenant l’arrivée d’un ex qui sort du placard. Le pire dans tout cela c’est que je lui en veux aussi à elle, de ne pas avoir été assez claire avec moi. Merde ! Voilà que je m’attache enfin à une femme et celle-ci n’est pas totalement célibataire… enfin je n’en sais strictement rien, mais cette situation est déjà assez compliquée sans qu’un autre obstacle vienne s’ajouter.

Je ne sais rien de leur relation ni ce qu’elle ressent, encore moins la date de leur séparation. Est-ce récent ou est-ce de l’histoire ancienne ? Laura est un fantôme du passé qui ne pourra pas se mettre entre Gabi et moi, alors que ce Josh est bel et bien vivant. De plus, il n’est pas le seul à convoiter la jolie Gabrielle ! J’ai beaucoup de concurrence avec tous ces hommes qui ne veulent qu’une chose : la mettre dans leur lit. Pour ma part, ce n’est pas ce que je cherche avec elle. Je voulais qu’on apprenne à se découvrir un peu plus, même si j’ai déjà la sensation de la connaître par cœur. J’aimerais tellement croire que le bonheur me sourit à nouveau. Voilà que mon plan de l’inviter à dîner tombe à l’eau.

Ma mère, assise à mes côtés me demande si j’étais au courant de cette histoire et si je ne me trompe pas au sujet de Gabrielle. Je suis certain que c’est juste un malentendu, elle n’aurait pas pu me mentir à ce point. J’ai bien vu qu’une alchimie s’était créée entre nous, ça ne peut être que réel. Mais après tout, je peux me tromper, qu’est-ce que je sais d’elle au fond ?

Voilà que ce « Josh » m’adresse la parole.

— Vous êtes un ami de Gabi ?

— Juste un client de passage, dis-je en serrant les dents.

— Oh alors vous êtes « de passage », je pensais que vous étiez bien plus. Tant mieux si je me suis trompé.

— Pourquoi « tant mieux » ?

— Et bien, pour tout vous avouer je suis revenu pour elle, j’aimerais lui demander sa main ce soir. J’ignorais si elle avait refait sa vie, alors tant mieux si j’ai encore ma chance, vous voyez ?

Oui je vois très bien, Ducon ! Alors leur relation est bien plus sérieuse que je ne l’imaginais. Cette fois je n’ai plus qu’à m’incliner. Comment j’ai pu être aveugle à ce point ? Heureusement que je ne lui ai pas révélé mon coup de cœur pour elle, au moins je ne me suis pas ridiculisé…

Sur ces confidences, la revoilà qui revient les bras chargés. Plus je la vois et plus je la trouve belle. J’espère qu’il sait la chance qu’il a d’avoir une merveilleuse femme comme elle à ses côtés.

Elle dépose les plats et nous demande à tous de nous servir le temps d’aller chercher le reste du repas. Je n’arrive pas à savoir si elle est heureuse de retrouver cet homme. Pour le moment, elle ne laisse aucun sentiment transparaître, mais quand il a annoncé devant tout le monde qu’il était son « petit ami », elle n’a pas démenti, c’est sa mère qui est intervenue. A-t-elle été prise au dépourvue ?

Je passe le plateau à mes parents puis à Julia. Quant à moi, je ne sais pas si j’arriverais à toucher à toute cette nourriture, j’ai l’appétit coupé avec toute cette histoire. Je ne devrais pas prendre tout ça à cœur, mais je suis comme ça, c’est plus fort que moi. Ou plutôt plus fort que mes sentiments…

J’essaye de sourire pour mes parents qui ont fait l’effort de venir, mais ma comédie sonne faux. Seule Julia semble me comprendre, je le vois à ses yeux qui ne cessent de passer de moi à mon voisin. Elle a vécu le changement de son père au contact de Gabrielle, elle sait qu’elle ne m’est pas indifférente. C’est même Julia qui m’a poussé à tenter ma chance avec elle. Elle aimerait tellement que je reprenne goût à la vie. J’étais pourtant sur le point de percevoir ce nouveau départ, mais un connard a débarqué.

Je passe le reste du dîner à discuter avec mes parents, je bavarde même avec cette drôle de Madame Bonvarlet ainsi qu’avec Jonathan que j’apprends à connaître et qui m’a l’air plus sympathique à côté de l’autre abruti de Josh.

La soirée se passe plutôt bien et Monsieur Ducon ne m’adresse plus la parole. Il faut dire qu’il est occupé avec la jolie fille en face de nous. Il lui fait la cour et je suis convaincu que tout le monde l’a remarqué.

Je prête une oreille attentive à ce qu’ils se disent quelque fois, mais ils ont l’air de se remémorer leur bons souvenirs alors je préfère ne plus les écouter.

J’attends avec angoisse qu’il lui demande sa main pour enfin être fixé sur mon sort.

Les plats défilent, tandis qu’il ne s’est toujours pas dévoilé. Ce n’est qu’au moment du dessert, une bonne buche glacée, qu’il se jette à l’eau. Genou à terre, bague à la main, il avait vraiment tout prévu. Je reste là, figé, écoutant sa belle déclaration d’amour. Celle qui aurait pu sortir de ma bouche un jour, peut-être, s’il m’en avait laissé l’occasion.

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Chapitre 14

 

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Gabrielle

 

— Tu devais me parler il me semble, Josh. Je t’ai invité à ce repas pour que tu m’expliques ton retour.

Je n’ai pas la tête à discuter avec mon ex, mais il faut que les choses soit claires, et j’ai hâte qu’il s’en aille pour que je puisse de nouveau ressentir ces picotements qui m’ont envahie quand j’ai glissé ma main dans celle de Florian. Je ne pense plus qu’à lui et depuis que Josh est arrivé, il ne m’a plus adressé un mot, c’est limite s’il ne me tourne pas le dos…

— Gabi…

Quoi ? Oh non ! Il a fait le tour de la table et commence à poser un genou à terre et extirpe une bague de sa poche. Oh non, pitié pas ça ! Pas devant tout le monde, pas devant Florian !

Il commence à me sortir tout son baratin alors que je n’ai qu’une envie, c’est qu’il arrête de se ridiculiser. J’entends des « Oh mon dieu », « Il va la demander en mariage » tandis qu’il prononce ses premiers mots.

— Il y a environ quatre ans, tu as bouleversé ma vie. Nous étions heureux tous les deux, inséparables, parfaitement semblables. J’ai remercié Dieu de t’avoir mis sur mon chemin et même si nos routes ont pris des directions différentes, je n’ai cessé de penser à toi. Tu es devenue une personne importante à mes yeux et rien au monde ne pourra empêcher mon cœur de battre pour toi. Gabi je t’aime depuis toujours, acceptes-tu de devenir ma femme ?

Il me présente un joli solitaire dans un écrin d’une très grande marque de bijoutier. Elle est magnifique cette bague, d’ailleurs mes yeux ne la quittent plus, mais elle n’est pas faite pour moi. Il est parti depuis tellement longtemps et contrairement à lui, je l’avais oublié. Mon cœur ne bat plus pour Josh. Il s’emballe pour la personne qui est de l’autre côté. J’aurais dû lui dire tous ces mots, à la place je me suis levée, j’ai pris Josh par la main et je l’ai emmené dehors pour que l’on discute. Prenant cet aparté pour un encouragement, il me prend dans ses bras et tente de m’embrasser. Je refuse et repousse son torse fermement.

— Non, Josh, je t’en prie.

— Gabi, je sais que tout ça peut te sembler étrange et le moment est peut être mal choisi. Je ne sais pas où en sont tes sentiments, mais s’il te plaît, prends le temps qu’il te faudra. Je n’ai pas changé tu sais, je suis toujours celui dont tu es tombée amoureuse.

— Justement, Josh, tu oublies que tu m’as quittée à cause du ranch. Qui me dit que tu ne me laisseras pas un jour parce que je ne serai pas d’accord sur tel ou tel sujet ? Et puis là n’est pas la question, je… je ne veux tout simplement pas t’épouser.

— Mais laisse-moi une chance, Gabi. Je t’ai quittée c’est vrai, mais aujourd’hui, j’ai mûri. Je devais partir faire mes études à l’étranger et obtenir mon diplôme, mais c’est terminé tout ça. Je ne partirai plus, je te promets d’être celui que tu veux que je sois.

— Je ne veux pas que tu deviennes quelqu’un d’autre pour moi. Tu ne comprends pas, lui dis-je les mains tremblantes.

J’en ai assez de toute cette discussion j’ai envie qu’il comprenne qu’il n’a plus sa place auprès de moi.

— Josh, je reprends. Je ne t’aime plus, je ne suis plus la Gabi que tu as connue. J’aspire à autre chose et tu ne fais pas partie de l’avenir dont j’ai envie.

— Alors tu brises tout en un clin d’œil, ce que l’on a vécu ? Tu ne veux même pas savoir ce que j’avais à te proposer ?

Je m’adosse au mur pour m’éloigner de lui le plus possible. J’en ai assez entendu ce soir et en plus il m’annonce qu’il y a encore quelque chose derrière tout ça. Je me sens épuisée d’un coup.

— C’est toi qui nous as brisés il y a trois ans. Tu as pris cette décision seul. On ne peut pas récoler des morceaux qui ont été abimés. Je veux que tu partes, dès ce soir.

— Gabi, en t’épousant on aurait pu s’associer, j’ai appris beaucoup à l’étranger, je voudrais t’aider dans la gestion de l’hôtel. On pourrait en faire un endroit de luxe et très rentable. À deux, on sera plus fort.

Cette fois, je n’en peux plus, je me mets à hurler devant son audace. Comment j’ai pu être amoureuse d’un homme comme lui. Il ne voit dont pas le problème ?

— Je veux que tu quittes ma maison, TOUT DE SUITE !

— Mais…

— Dégage, je te dis !

— Je… d’accord.

Il repart la queue entre les jambes. Je me laisse glisser le long du mur et pose mon visage entre mes genoux. Comment a-t-il pu croire que j’accepterais de l’épouser et de laisser mon ranch entre ses mains. Il est devenu fou, ce n’est pas possible. Il m’a humiliée devant tous mes amis, je vais devoir me justifier et leur expliquer à tous que cette demande en mariage n’était qu’un malentendu.

Je reste un moment dehors à contempler le ciel étoilé. Il a de la chance que mon père ne soit plus là pour voir cette mascarade, il serait reparti avec un bon coup de pied aux fesses.

Je me sens bien ici, je ne ressens même plus le froid qui engourdi mon corps. J’aimerais rester là toute la nuit pour éviter le regard des gens qui sera inévitable à mon retour. Il va falloir que je m’explique auprès de Madame Bonvarlet avant que tout le village ne soit au courant. Et Florian ? Que va-t-il penser de tout ça ? Est-ce qu’il ressent la même chose que moi ? Si c’est le cas, il a dû se sentir trahi. Ce sera la seconde personne avec qui je devrais m’expliquer. Et enfin ma mère, j’espère qu’elle ne croit pas que j’ai accepté sa demande. Je rejette cette idée, ma mère me connait trop bien pour penser une telle chose.

Après de longues minutes à réfléchir à ce que j’allais bien pouvoir leur dire, je rejoins enfin le salon. La différence de température me fait frissonner, mais pas autant que lorsque je m’aperçois que tout le monde est parti. J’ai gâché l’ambiance, super ! Ou plutôt Josh a gâché l’ambiance, moi je n’y suis pour rien après tout. Il ne reste que ma mère que j’entends dans la cuisine

— Maman ?

— Gabi, tu es gelée, me dit-elle saisissant mes mains pour les réchauffer.

— Ça va, ne t’inquiète pas. Où sont passés les autres ?

Elle quitte la cuisine et revient quelques minutes plus tard avec un plaid que je m’empresse d’enfiler sur les épaules. Je subis le contrecoup de cette soirée, je tremble de tous mes membres à présent.

— Laisse-moi t’aider, maman.

— Hors de question ! Laisse-moi nettoyer tout ça et ensuite on ira se coucher. Gabi, rassure-moi…

— Tu sais très bien que non, maman.

— Je sais, mais je voulais que tu me le confirmes.

Elle parle de cette demande en mariage. Je savais qu’elle allait me demander la confirmation de mon refus, malgré qu’elle connaisse déjà la réponse au fond d’elle.

Je débarrasse ce qu’il reste pendant qu’elle entame la vaisselle, de toute façon je ne pourrais pas le faire moi-même, je n’arrive pas à stopper mes tremblements.

— Je ne veux plus jamais le revoir. Cette demande n’était pas tout à fait anodine tu sais ?

— Ah bon, raconte.

— Il voulait que nous devenions associés en quelque sorte. Il s’est justifié en disant qu’il avait le diplôme requis etc... Quel enfoiré je te jure !

— Il est devenu fou, ou quoi ?

— C’est aussi ce que j’ai pensé, mais finalement est-ce qu’il n’avait pas prémédité de me voler mon hôtel depuis trois ans ?

— C’est possible… en tout cas tu as bien fait de le repousser.

— Maman, je dois te confier quelque chose que j’ai sur le cœur.

J’ai besoin de me livrer à ma mère sur mes sentiments envers Florian, elle est ma seule confidente et j’ai besoin de savoir ce qu’elle pense de tout ça. Mes tremblements commencent à se calmer tandis que je me lance. Ma mère stoppe toute activité et s’essuie les mains pour m’écouter attentivement, comme elle l’a toujours fait.

— J’aime beaucoup Florian, enfin plus qu’un ami, tu vois ?

Elle lève les yeux au ciel, et me répond :

— Je me demandais quand tu allais me l’avouer. Je crois que je l’avais deviné depuis votre première rencontre. Vous refusez de l’admettre tous les deux. Même Julia est venue m’en parler.

— Julia, vraiment ?

Alors, elle aussi avait remarqué. C’est fou quand même. Mais, minute ! Quand est-ce qu’elle en a parlé avec Florian ? J’ai du mal à comprendre.

— Maman, je doute beaucoup. Premièrement parce qu’il ne vit pas ici, et qu’il va bientôt repartir. Deuxièmement, il a trente-cinq ans, un passé difficile et une ado à s’occuper.

— Là, tu te trouves des excuses ! C’est vrai qu’il habite Paris, mais tu ne m’as pas dit qu’il allait déménager dans quelques temps ? En ce qui concerne son âge, oui il est plus vieux que toi et sans doute plus mature, mais qu’est-ce que ça change ? L’amour n’a pas de barrière, crois-moi. Ni l’âge, ni la nationalité et pas même le rang social ne peuvent séparer deux personnes qui s’aiment. Pour Julia, ne t’inquiète pas, elle t’aime beaucoup.

Je prends ma mère dans mes bras et la remercie de m’avoir ouvert les yeux ou plutôt de m’aider à surmonter ce que je pensais être une barrière entre Florian et moi. Que ferais-je sans l’amour de ma maman ? Je crois que je ne serais pas grand-chose sans elle. C’est une femme forte et indépendante, elle a surmonté bien des épreuves dans la vie et pourtant, elle est toujours aussi optimiste. J’aimerais lui ressembler à son âge.

Il est trois heures du matin et des poussières lorsque nous terminons le nettoyage de ce repas de fête raté et la mise en place du service du lendemain.

— Allez, fonce, je crois que tu dois discuter avec quelqu’un.

Je lui souris et pars rejoindre l’homme que je désire plus que tout.

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Chapitre 15

 

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Florian

 

Gabi l’a saisi par la main et ils sont sortis. Je ne sais pas pourquoi, ni Cette fois c’est terminé. Je n’ai plus aucune chance avec Gabi. Après la déclaration que lui a faite ce Josh, combien de temps ça va durer, mais je dois partir avant qu’ils ne reviennent.

C’est trop pour moi, je ne veux pas assister à leur bonheur. Je me lève précipitamment sous le regard inquiet de mes parents. Je ne peux pas leur expliquer ce que je ressens pour Gabi, ils ne comprendraient pas, alors je rassure ma mère et lui dis que je suis simplement fatigué. Je n’en ai rien à faire que les gens autour de cette table me regardent curieusement. Leur dissension sur la réponse que donnera Gabi me répugne. Ce sont pourtant ses amis, ils devraient se taire et attendre le verdict, tout comme moi.

Je monte dans la chambre qui est devenue mon chez moi depuis plusieurs jours. En quittant Paris, jamais je n’aurais imaginé que la situation aurait tourné dans ce sens. Je n’aurais même pas cru pouvoir être à nouveau heureux. Pourtant, je l’ai été, juste quelques jours, quelques heures, quelques minutes. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et il est temps pour moi de fermer cette parenthèse.

Je me prépare à filer sous la douche quand on vient frapper à ma porte. C’est certainement Julia ou mes parents qui s’inquiètent pour moi.

J’ouvre et je suis surpris de découvrir Marie.

— Je peux entrer s’il vous plaît ? Je ne vous dérangerai pas longtemps.

Je lui fais signe de passer devant moi.

— Écoutez, je me mêle sûrement de ce qui ne me regarde pas, mais je ne peux pas vous laisser dans l’ignorance.

Je suis très surpris de l’entendre parler comme cela, on ne s’est pour ainsi dire, jamais adressé la parole. Je suis curieux de la tournure que va prendre cette conversation, alors je l’incite à continuer.

— Gabi vous aime beaucoup, elle ne s’en rend pas compte parce qu’elle est comme ça, ma Gabi, mais il ne faut pas lui en vouloir. Elle a toujours eu du mal à exprimer ses sentiments.

— Elle va se marier, Marie que voulez-vous que j’y fasse ?

— Ne dites pas de bêtises. Josh c’est du passé et comme je la connais, elle est sûrement en train de lui dire de foutre le camp. Ils ont eu un passé en commun, mais il l’a fait souffrir. Gabi ne l’aime plus, j’en suis certaine, en trois ans, elle n’a plus jamais reparlé de lui.

Est-ce que je peux lui faire confiance ? Après tout elle connaît sa fille mieux que moi, Je ne sais pas quoi penser, je suis perdu. Il suffit que sa mère vienne me parler pour que je sois de nouveau en proie à plusieurs sentiments contradictoires.

— S’il vous plaît, Florian, laissez-lui une chance de s’expliquer, insiste-elle.

Je grince des dents et tourne en rond, j’ai peur qu’elle revienne pour m’annoncer qu’elle va se marier. Je ne sais pas si je peux encore la croire.

— Je vais partir ce soir. Ce sera mieux pour tous les deux.

— C’est à vous de décider mais permettez-moi de vous dire que la fuite n’est pas la solution. J’espère qu’elle sera revenue avant votre départ. Tout n’est pas perdu Florian.

Marie vient de franchir ma porte, tandis que je commence à plier bagages. Sa phrase me hante sans cesse « Tout n’est pas perdu, Florian ». C’est ce que me répétait sans cesse Laura quand je doutais à l’époque où l’on a fondé notre entreprise.

Une fois les valises prêtes, j’envoie un sms à mes parents pour leur demander pardon d’être parti aussi vite. Ma mère me répond que ce n’est pas grave et qu’elle comprend. Evidemment, ma mère me connaît par cœur. Elle est consciente de la moindre de mes faiblesses et Gabi en fait désormais partie. Pourquoi les sentiments que je ressens envers elle sont si soudains ? Même avec Laura, ça ne s’était pas passé aussi vite.

Je m’étends sur le lit, les mains derrière la tête et je réfléchis. J’essaye de me poser les bonnes questions, moi qui d’habitude aime tout contrôler. Est-ce le bon choix de partir ou est-ce que je dois lui laisser une chance ? Suis-je prêt à refaire ma vie ? Tant de questions restent sans réponse tandis que deux heures se sont écoulées et qu’elle n’est toujours pas revenue.

Je me réveille en sursaut. Je viens de faire un drôle de rêve. Laura était là et elle m’apportait un cadeau J’entends sa voix si douce me demander de reprendre ma vie en main et qu’elle sera toujours là pour veiller sur moi.

Je retire ma chemise trempée de sueur. Il est plus de trois heures du matin.

On frappe à la porte. Est-ce ce bruit qui m’a réveillé ? J’attends de voir si je ne suis pas encore en train de somnoler. Mais non on toque encore.

Je me lève en frottant mes yeux et vais ouvrir.

Celle que j’attendais est là devant moi. Décoiffée, son maquillage a coulé sur ses joues, mais elle est plus magnifique que jamais. Son regard s’attarde un peu sur mon torse, j’avais oublié que je m’étais déshabillé. Je lui dis d’entrer et enfile ma chemise.

— Florian, je suis désolée pour cette soirée merdique, je ne pensais pas que ça se terminerait ainsi.

— Tu n’as pas à t’excuser.

— Bien sûr que si, c’est Noël et j’ai gâché la fête. Enfin ce n’est pas vraiment de ma faute, mais quand même.

Puis elle remarque ma valise et s’arrête de parler.

— Quand pars-tu ?

— Je devais disparaitre cette nuit, mais je me suis endormi.

— S’il te plaît, Florian.

Je me rapproche et lui pose cette question. J’ai besoin de savoir.

— S’il te plaît quoi ?

— Reste, murmure-t-elle.

Je plonge dans son regard et y découvre une étincelle de vie, celle qui me manquait depuis tant d’années et qui me fait respirer de nouveau.

Je l’attrape par les hanches tandis qu’elle me déboutonne ma chemise. Nos corps s’aimantent, nos lèvres se cherchent et se frôlent. Je touche le moindre centimètre de sa peau. Son visage, son cou, ses épaules dénudées.

Je la retourne délicatement et descends le zip de sa robe. Je ne peux plus me contrôler, mon corps la désire, mon être la réclame. Je me sens revivre après tant d’années. La voilà en sous-vêtements et mes yeux se posent sur le velouté de sa peau.

J’imprime la moindre seconde passée avec elle. Nous savons tous les deux, que demain tout sera terminé. Dès que le jour sera levé, je serais parti et plus rien n’aura de sens.

Je l’allonge sur le lit, embrasse son ventre puis je descends sur ses hanches tout en embrassant ses parties intimes. Elle est délicieuse et j’ai de plus en plus de mal à contenir mon envie d’elle. Je la lèche et ses gémissements délicieux me font perdre la tête. Je me redresse et déboutonne mon pantalon, puis je baisse mon caleçon.

— Je n’ai pas de…

Elle me repousse et tend son bras vers la table de chevet, elle en sort un préservatif. Je la regarde, sourcils levés.

— Je suis prévenante envers mes clients, me glisse-t-elle avec clin d’œil.

Je m’empare de sa bouche, la dévore. Elle retire son soutien-gorge, dernier vêtement qui lui reste, pendant que j’enfile le latex. Notre envie est trop violente pour prendre notre temps. Il est impératif que je la pénètre, qu’elle soit enfin à moi, juste pour une seule nuit.

Son visage s’illumine quand elle fait l’amour, elle est si belle que la caresser et être en elle ne suffit pas à me rendre heureux. Je voudrais qu’elle me parle, qu’elle me dise à quel point elle en a envie, à quel point elle ressent la même chose que moi. Je voudrais tellement lui dire ces choses-là moi aussi, mais je n’y arrive pas. C’est trop dur de penser à notre séparation, alors je me tais et je profite du moment présent.

Je la pénètre encore quelques minutes, avant de me laisser aller et de jouir en elle. J’ai aimé ses ongles qui s’enfoncent dans ma peau, sentir son cœur s’affoler contre le mien, sa chaleur m’envahir, j’ai aimé l’aimer… Juste pour cette nuit.

Nos corps se détendent, s’apprivoisent et l’on finit par s’endormir silencieusement.

Pendant quelques heures, j’ai entrevu la sensation de ne plus être seul.

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Chapitre 16

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Gabrielle

 

froids. Cette nuit fut la plus belle de ma vie malgré le fait qu’elle avait très Le réveil fut difficile lorsque j’ai touché les draps près de moi et qu’ils étaient désespérément mal commencé.

Je suis tombée amoureuse de l’homme qui m’a fait l’amour hier. Florian. Je pensais pouvoir construire une vraie relation ensemble, mais il est parti. Il a paniqué. Je ne le reverrai plus c’est fini. Il n’a même pas laissé un mot pour s’expliquer, il m’a quitté comme un lâche alors que je lui ai offert mon cœur et mon corps. Je n’aurais jamais pensé ça de lui, il est droit et gentleman, pourtant, il l’a fait. Finalement, il est comme tous ces hommes, il a eu ce qu’il voulait et m’a abandonnée au petit matin.

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